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Au-pays-de-Goewin.over-blog.com

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Les livres de Goéwin

cetro

Publié le par Goéwin
Publié dans : #Thriller, #SDF, #Gaspillage, #Surconsommation, #Ordures, #Décharge, #Société, #CETRO

Résumé :

Oubliés.
Rejetés.
Jetés.

Des gens sans importance, tombés un jour à la rue et dans la déchéance, animaux gênants et nuisibles aux yeux de la société.

Simples denrées périssables ou consommables jetables, auxquels on accorde la même place qu'aux ordures, ils suivent la même voie que les déchets produits en quantités astronomiques par l'organisme insatiable qu'est la mégalopole.

Gaspillage insensé, destruction de ce monde, tout se périme et se jette, tout lasse et s'abandonne pour finir entassé dans ce bourrier immonde, dans la décharge-monde.

À perte de vue s'étend un océan de déchets, alimenté en permanence par d'interminables caravanes de tombereaux aux ventres lourds et pleins, intarissables confluents et dégueulasses effluents qui se déversent ici en une ininterrompue affluence.

Les camions viennent vomir sur ce dépôtoir, y dégueuler en abondance le fruit mal digéré de la consommation de masse.

Nouvel asile pour les plus démunis, nouvelle terre promise où tout est à nouveau possible sans le regard accusateur de ceux qui ont et qui possèdent, ils veulent à nouveau être, pousser dans ce terreau fertile sur lequel la vie va reprendre racine et les abandonnés se reconstruire.

Se réorganiser, retrouver fierté et vie sociale, ils recyclent à leur avantage ces excédents de production et font du gaspillage une bénédiction.

Tout se récupère et se revalorise, tout se mange ou s'utilise.

Et si aux yeux de certains les miséreux eux-mêmes avaient soudain une valeur marchande ?

Tourisme de la misère, impunité totale... le recyclage est en marche.

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Un thriller percutant, addictif, des personnages attachants que vous ne voudrez plus quitter, un renard qui va vous faire fondre...

Une nouvelle fois, Cetro frappe fort, très fort et on ressort de la lecture de « Recyclés » le cœur et l’esprit en vrac. Ce diable d’homme possède le don de vous faire basculer dans son monde dès les premières pages et de vous faire réfléchir, de vous toucher en plein cœur. Lire « Recyclés », c’est entrer dans le monde des sans-voix, des SDF, de ceux que l’on ne regarde plus ou pas, parce qu’ils nous dérangent, nous inquiètent ou nous culpabilisent. Alors nous préférons détourner la tête ou leur donner une pièce pour nous donner

bonne conscience à peu de frais. C’est qu’il est très facile de basculer et de se retrouver à la rue. Mais Cetro dénonce également une autre catégorie de personnes qui vont utiliser la misère des uns pour donner le frisson aux autres, les nantis, en organisant une sorte de tourisme de la misère ; on va voir les nuisibles de la décharge comme on va au zoo.

Et puis, il y a un groupe de malades qui enlève des SDF tous les soirs après les avoir passés à tabac. Ce qui les anime : nettoyer la ville de ceux qu’ils

considèrent comme des détritus, des ordures, une sous-espèce. Et cela m’a mise extrêmement mal à l’aise, m’a rappelé certains discours entendus, certaines prises de position, certaines dispositions prises par des villes qui ont installé du mobilier conçu pour empêcher les vagabonds de s’y installer… Cela commence comme ça.

De l’autre côté, vous avez une communauté de gens de la rue qui se sont regroupés à côté de la décharge et qui ont appris à vivre ensemble. Adam et Simon, dix ans, deux gamins espiègles aux yeux pleins d’étoiles, en font partie ainsi que Rouroux, le renard apprivoisé. Là, nous retrouvons le Cetro chaleureux qui trempe sa plume dans la tendresse et habille ses phrases

d’humour et de poésie. Il nous offre de merveilleux personnages auxquels je me suis attachée : Nathalie, une jeune femme solaire, la mère des enfants ; Joshua, le patriarche, qui guide sa communauté sur les chemins de l’entraide ; Psy le visionnaire qui transmute la réalité et transcende la vie de tous les jours ; Maya, une adorable petite fille de 8 ans et sa poupée de chiffon Peter qui figure sur la couverture du livre ; Erwan tellement humain et qui par amour se montre courageux… Et naturellement, ils vont être confrontés à notre bande d’ignobles assassins. Mais Cetro va encore plus loin et crée un personnage d’une noirceur et d’une perversité incroyables, le comble du cynisme.

J’avoue que j’ai autant adoré ce livre que je l’ai détesté. Il y a eu des moments où je me suis dit : “Stop, j’arrête, je ne lirai pas une ligne de plus” tant j’étais écœurée par ce qui se passait, tant l’humanité telle qu’elle était

décrite était abominable. Et ce d’autant plus que c’est tout à fait crédible,

réaliste… Et puis avec l’art et le talent qui le caractérisent, Cetro m’offrait une pépite de tendresse, d’humour, de poésie, et de nouveau charmée, séduite, je continuais.

Au final, du grand Cetro. Le lire, c’est basculer dans un tsunami d’émotions. Ce diable d’homme nous confronte une fois de plus à une réalité douloureuse et nous fait réfléchir sur notre manière de consommer, sur la mentalité actuelle qui mesure la valeur des personnes à leur pouvoir d’achat, sur notre société d’égoïstes et sur ce qu’est en train de devenir notre humanité si on ne s’y oppose pas. Mais il nous bouleverse également par l’humanité de ses personnages, par son écriture ciselée et son humour assaisonné de tendresse. Alors n’hésitez pas, foncez acheter ce livre, vous ne le regretterez pas et vous n’aurez qu’une envie, celle de découvrir toutes les autres œuvres de l’auteur. Le lire, c’est l’adopter, en faire un ami !

Les rebuts, repoussés parce qu'ils sont pauvres, dépossédés de tout bien, inadaptés à cette vie consumériste par manque de moyens, et surtout parce qu'ils gênent, font peur, et véhiculent ce sentiment de culpabilité et d'injustice qui nuit à la tranquillité d'esprit des gens "bien". Ils sont le fantôme de ce que tout le monde redoute de devenir, et exacerbent toutes les peurs.

Recyclés

Tout commence toujours par des mots, Erwan. Toujours. Les pires horreurs commises dans l'histoire ont d'abord été formulées. Sans élaboration d'éléments de langage visant à habituer les populations à une vision des choses, rien ne serait possible, aucune abomination ne serait communément admise, elles soulèveraient les indignations et les révoltes. Mais en préparant le terrain par l'oralité, alors les mots deviennent les plus meurtrières des armes. Les pensées changent en profondeur, les populations finissent par adopter les mots qui crachent et nient l'humanité des cibles visées pour les faire leurs. Une fois ce travail accompli, une fois les esprits modelés, une fois les pensées privées de mots pour se structurer autrement que par le discours répandu, alors, il est possible de passer à l'acte sans soulever l'indignation qui serait de mise. Car l'acte ne s'adresse plus à des humains, mais à un groupe sans identité, sans humanité, que l'on a appris à insulter, mépriser, détester. J'ai vécu l'installation des premiers mobiliers anti SDF. Anti pauvres, anti compassion. Ils ont peu à peu gagné la ville entière, et toutes les villes, de ce que j'en sais. Personne n'a trouvé à y redire. Il était admis comme juste de vouloir empêcher les crasseux de se poser devant tel ou tel commerce, dans tel ou tel quartier. Normal de vouloir se prémunir contre ces invasions barbares, de vouloir pousser la pauvreté et ses souillures ailleurs, hors de la vue. Car le discours était passé, entré chez les gens par les écrans de télé, le soir devant leur dîner, dans leur intimité, comme un ami digne de confiance. Au fil des mois, plus aucun endroit d'ordinaire squatté par nos camarades n'était accessible.

Recyclés

« Recyclés » de Cetro — Auto-édition
« Recyclés » de Cetro — Auto-édition
« Recyclés » de Cetro — Auto-édition
« Recyclés » de Cetro — Auto-édition
« Recyclés » de Cetro — Auto-édition
« Recyclés » de Cetro — Auto-édition
« Recyclés » de Cetro — Auto-édition
« Recyclés » de Cetro — Auto-édition
« Recyclés » de Cetro — Auto-édition

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Roman, #Roman noir, #Polar, #Rédemption, #Psychologie, #Drogue, #Guerre de gangs, #CETRO

Résumé :

Maximilien Devot n'est plus, depuis bien des années.
Ne reste que Max, dealer éduqué et moderne, craint et redouté à défaut d'être respectable et respecté.
Sans scrupules ni regrets, épaulé par Fabio, son associé, il règne sur une partie de la ville d'une batte de fer et de la main des affaires, et entend conserver le haut du pavé.
Entre camés et prostituées, habitants sans avenir ni projets, dans ces rues jonchées de seringues et de capotes usagées, souffle un hiver mordant de cruauté.
Dans cette crasse organisée ne poussent plus que malheur et inhumanité.
Seule une personne dans ce quartier, rescapée de ce naufrage généralisé, semble avoir toujours pied, ne pas sombrer dans cet océan de misère sociale et humaine, et ne pas se préoccuper des activités de Max et de Fabio le déjanté.
Une vieille personne. Droite en dépit du poids des années, droite malgré ce monde qui s'effondre et se dérobe sous ses pieds.
Une rencontre dont Max ne pouvait soupçonner l'importance.
Un simple regard échangé qui va dès lors le hanter et l'obséder.
Qu'est-ce qui anime cette vieille femme ?

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Coup de ♥ ! Un livre féroce et tendre, bluffant et complètement addictif !

Je remercie Cetro pour sa confiance et pour m’avoir envoyé « Après la neige » en avant-première. Et me voilà bien embêtée pour faire ma chronique tant ce livre m’a retourné le cerveau. Waouh ! c’est du grand CETRO ! Et j’ai bien peur de ne pas trouver les mots pour rendre justice à son livre.

Tout commence par une scène d’une extrême violence. Alex qui appartient à la bande du gros Fred s’est fait surprendre sur le territoire des Pitts. Or, le territoire, c’est sacré et malheur à celui qui cherche à empiéter… Alex va en faire la douloureuse expérience qui lui coûtera ses jambes. Dès les premières lignes, le ton est donné et malgré la gravité des faits, on ne peut s’empêcher de sourire tant le style de Cetro empli de gouaille et de dérision fait mouche. Les Pitts, c’est d’abord Max et Fabio, vingt-sept ans, deux amis à la vie à la mort, les jumeaux, Hugo et Georges, deux “gorilles” d’un gabarit impressionnant qui sont les hommes de main, plus Aziz et Sam et quelques autres. Et puis il y a cette vieille femme, Marijo, qui détonne dans le quartier, elle semble n’avoir peur de rien, marche la tête haute et son regard est plein d’une vie qui a depuis longtemps quitté les êtres qui hantent cette jungle de camés où seule la loi du plus fort règne. Elle a perdu son petit-fils Damien, mort d’une overdose. Néanmoins, dans cette jungle, il règne une certaine déontologie, il y a un certain sens de l’honneur et de la loyauté, bon d’accord pas pour tout le monde mais quand même… Ainsi, Auguste qui est simple d’esprit n’a rien à craindre, il fait les courses pour tous les gens du quartier. Max est obsédé par Marijo et il éprouve de la culpabilité pour la mort de Damien dont il se sent indirectement responsable à cause de toute la drogue qu’il deale. Il se met à la suivre pour tenter de comprendre pourquoi elle l’obsède autant. « Marijo s’occupe des anges », dixit Auguste.

« Après la neige » nous fait entrer dans le monde impitoyable et misérable de la drogue, des trafiquants et des camés, des prostituées et des guerres de territoire entre chefs de gangs. Ce ne sont certes pas des enfants de chœur, ils en sont même très loin, mais je ne peux m’empêcher de ressentir de la tendresse pour eux. La faute à Cetro qui sait nous les rendre attachants. C’est ainsi qu’on fait la connaissance de Bronx, l’American Bully de Max. Le chapitre qui lui est consacré vaut son pesant d’or. Et puis il y a Séraphine, la mère paralysée des jumeaux : alors que ce sont de véritables brutes, ils deviennent touchants dans la manière dont ils la soignent et la dorlotent.

Le monde que nous décrit l’auteur est féroce. Il nous plonge dans l’enfer de la drogue et nous montre sans concessions les ravages qu’elle provoque, ses effets dévastateurs : dépendance, atrophie du cerveau, destruction de la famille, violence conjugale et familiale, agressions, fausses couches et malformations du fœtus… Et tout cela au nom du sacro-saint profit d’une poignée de trafiquants pour asseoir leur pouvoir diabolique. Cetro dénonce également la manie que nous avons de tout filmer et surtout l’inconcevable pour pouvoir poster sur internet, être vu, ou encore les méfaits de la télévision à outrance. Nous sommes tellement habitués à voir la violence, la mort en direct que nous en devenons insensibles. Plus rien ne nous touche ou nous atteint.

L’auteur pose un regard plein d’humanité sur cette “cour des miracles”. À travers Max, nous découvrons comment un enfant aimé et élevé au sein d’une famille dite normale a pu faire les mauvais choix et se retrouver chef de gang. Il va faire une douloureuse prise de conscience de sa responsabilité. Pourra-t-il se racheter ? N’est-il pas déjà trop tard ? Et surtout de quelle façon ? Et c’est là que Cetro montre son génie. Non seulement, il nous offre une magnifique histoire de rédemption, poignante, bouleversante, mais en plus Max trouve une façon de se racheter tout simplement incroyable et terriblement émouvante.

« Après la neige », c’est encore une remarquable étude de la psychologie des différents protagonistes. L’auteur dépeint à merveille la psychologie de ses personnages. Son écriture est un régal, il utilise un langage imagé et plein de poésie. Les dialogues sont pleins d’humour et malgré la dureté du monde qu’il décrit, je n’ai pas cessé de sourire et même de rire. C’est aussi un polar assez particulier et là, Cetro se montre machiavélique, un manipulateur hors pair. Il nous roule dans la farine. Il m’a complètement bluffée. C’est un véritable magicien et je vous mets au défi de deviner la fin, une véritable apothéose…

J’espère vous avoir donné envie de découvrir ce livre. Vous ne le regretterez pas, c’est de l’émotion à l’état pur ce qui est un peu la marque de fabrique de l’auteur. Vous en ressortirez complètement chamboulés, ne sachant plus si vous devez vous réjouir ou au contraire pleurer…

Mais les circonstances révèlent le monstre qui sommeille en chacun de nous.

Après la neige

C’est pas en regardant le monde aller mal et en se morfondant dessus que les choses s’amélioreront. Je veux le changer, alors j’y apporte mes petites touches de changement, à mon niveau. Chaque bienfait apporté, à qui ou quoi que ce soit, déteint un peu sur le monde, j’en suis sûre, et si je peux convertir une ou deux personnes à ma façon d’appréhender la vie, puis elles à leur tour deux ou trois, et ainsi de suite, alors on arrivera à repousser la laideur du monde que les salauds comme lui guident et dirigent. C’est par une somme de petits moments suspendus, de petites joies et satisfactions qu’on créera des lendemains ensoleillés.

Après la neige

Certaines personnes, rares, débordent d’une humanité renversante, et leur présence vous met à nu. Tout ce que vous avez profondément enfoui resurgit alors avec force, et vous révèle votre réelle personnalité, non plus ce rôle que vous vous évertuez à jouer au quotidien.

Après la neige

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Littérature, #Roman, #Famille, #Amour, #Amitié, #Suspense, #CETRO, #Drame, #Deuil

Résumé :

Soyez prêts à vivre d'intenses moments de lecture en immersion totale. Retenez votre souffle, économisez-le... car vous allez en manquer ! Nostalgie, sourires, rires, chagrins et peines, prenez dès aujourd'hui rendez-vous avec vos sentiments les plus profonds et puissants, retrouvez-vous face à vous-même.


"Nostalgie, puissance évocatrice des souvenirs.
Après dix ans d'absence, me voici de retour sur les terres qui m'ont vu naître, pour accompagner mon père dans ses derniers instants.

Tout revient peu à peu avec une force inouïe. Mes joies d'enfant aimé et heureux, mais aussi mes terribles peines, celles que j'aurais préféré voir rester enterrées à jamais.

Qu'est-ce qui m'a forcé à partir, voilà maintenant dix ans?

Qu'ai-je donc fui?"

Mon avis : ✯ ✯ ✯ ✯ ✯

Coup de cœur ! De l’émotion à l’état pur.

À dire vrai, je n’étais pas vraiment emballée à l’idée de lire « Je reviendrai hier ». Le résumé ne m’avait pas vraiment attirée, un homme qui revient dix ans après dans sa famille pour assister aux derniers moments de son père et qui se remémore ses souvenirs d’enfance, en règle générale, je fuis ce genre de littérature susceptible de me rappeler des moments que je préfère oublier. Seulement, c’est du Cetro et ça fait toute la différence.

Lire Cetro, c’est plonger dans un maelström d’émotions, les ressentir sans garde-fou. Pas de place pour la tiédeur ! L’auteur est un amoureux de la

Nature et il sait nous faire partager son émerveillement devant la splendeur d’une orchidée sauvage, la beauté d’un étang sous le soleil. Il nous rappelle combien le temps nous est compté ainsi que l’importance d’être présents pour nos proches et de leur dire notre amour tant que nous le pouvons, tant qu’ils sont encore présents.

Ses descriptions de la nature sont d’une telle précision et délicatesse que j’ai eu l’impression de me retrouver aux côtés de Franckie et de voir par ses yeux. J’entendais presque l’accent du sud-ouest en lisant les dialogues. L’amour qui unit ses parents, mais également celui qu’il éprouve pour eux m’a bouleversée, cet amour qui se cache pudiquement derrière l’humour et que Cetro sait tellement nous partager.

Cetro

Derrière les phrases, j’ai senti battre le cœur de l’auteur.

J’ai fondu devant l’image du gosse mal dans sa peau qui compensait sa solitude dans la contemplation de la nature et j’ai ri à ses frasques. Cetro se fait poète pour revivre ses joies d’enfant, ses mésaventures avec son meilleur ami Didier, dit Didou, la tendresse et l’innocence de son premier amour pour Fanny, sa Fanette comme il l’appelle, la complicité avec son frère Chris. Et puis il y a son amour d’amitié pour Jules, le frère de Fanny. De retour auprès du lac qui a bercé ses aventures, Franckie se remémore le passé au point de lui donner vie et j’ai cru voir danser les fées d’eau de l’étang dans un rayon de soleil.

Petit étang entre Pauillac et Cissac

Comme souvent avec Cetro, le malheur et la souffrance ne sont jamais loin. Il aborde les thèmes de l’enfance maltraitée et dénonce la différence qui suscite le rejet et fait de celui qui en est l’objet un coupable idéal. Il m’a fait passer de l’attendrissement à l’émerveillement, du rire aux larmes. J’ai été révoltée par l’injustice de certaines situations. Jusqu’à l’apothéose du final qui m’a laissée complètement sonnée.

« Je reviendrai hier » est pour moi le livre le plus abouti de l’auteur, le plus bouleversant. Cetro est un magicien, il nous prouve qu’il peut tout écrire. C’est également un maître manipulateur qui nous surprend, nous retourne. Il passe de l’univers magique de l’imaginaire d’un enfant à ce qu’il peut y avoir de plus sordide chez l’être humain, il nous parle d’amour avec pudeur et délicatesse, sa plume se fait poésie, magie puis il nous plonge dans l’impensable.

Conclusion : je ne peux que vous recommander ce livre qui est d’une richesse insondable, d’une beauté bouleversante. Il vous parlera de la vie, de l’amour et de l’amitié, de la famille et de tellement plus…

Pauillac

Pauillac

« Je reviendrai hier » de Cetro — Auto-édition
« Je reviendrai hier » de Cetro — Auto-édition

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Thriller, #Fantastique, #CETRO, #Amour, #Suspense, #Horreur, #Paranormal, #Société

Résumé :

La suite de "Au nom de l'art".
Au nom de l'art ou de tout autre concept présenté comme étant d'intérêt supérieur (science, patrie, religion, ...), certains sont prêts à tout, y compris au pire.
Au nom de la vie, la leur et celle de leurs proches, d'autres sont prêts à se surpasser, jusqu'à se mettre en péril.
Asseyez-vous, préparez votre cœur... et lisez.

Mon avis : ✯ ✯ ✯ ✯ ✯

Coup de cœur même si… Bouleversant ! L’amour plus fort que la mort.

Je remercie Cetro pour sa confiance. Il m’a envoyé Au nom de la vie en Service Presse et j’ai eu l’impression d’embarquer sur des montagnes russes émotionnelles. Cette deuxième partie est encore meilleure que la première. En orfèvre confirmé, l’auteur joue avec nos émotions et nous fait passer de l’amour à la haine, de la vengeance au pardon, de l’angoisse la plus noire à l’espoir le plus vif. D’ailleurs, je n’ai pas cessé de penser à « la petite fille espérance » de Charles Péguy : « Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’espérance. Et je n’en reviens pas. Cette petite espérance qui n’a l’air de rien du tout. Cette petite fille espérance. Immortelle. »

Cédric Veto maîtrise la langue française à la perfection, c’est un magicien des mots. Il peut passer du langage le plus pur au vocabulaire le plus ordurier et cela ne fait que rendre son texte plus addictif tant cela colle à l’intrigue. Il nous offre des textes magnifiques, dignes de figurer dans Les lettres de l’âne Cetro, de véritables pépites. Je pense en particulier à un passage sur la peur de vieillir ; il dénonce notre société égoïste et le regard déshumanisant que nous portons sur les SDF qui croisent notre route. Il stigmatise notre société qui “abandonne les plus faibles” et dont nous nous faisons “tous les complices en détournant les yeux”. Et plus que tout il dénonce l’incroyable capacité de l’homme à nuire “au nom de Dieu, de la patrie, de la science, ou de l'art...”

Mais Au nom de la vie est également une magnifique ode à l’Amour, l’amour fraternel de Soraya pour Noah, amour qui la pousse à se dépasser, se surpasser, à tout risquer pour le protéger, amour qui transcende la peur, la souffrance, la mort. Soraya est un merveilleux personnage de femme, de jeune femme plutôt, d’un courage et d’une témérité extraordinaires. Je ne suis pas prête de l’oublier. C’est aussi une superbe reconnaissance de l’amour d’une mère pour ses enfants qu’elle aimera envers et contre tout, amour qui se sacrifie pour leur bonheur et leur bien-être, un amour pour lequel rien n’est impossible. L’auteur sait également dépeindre à merveille l’innocence d’un enfant et nous bouleverser avec la petite Virginie.

C’est également un magnifique portrait de nos compagnons à quatre pattes avec Jack, un petit chien qui est une merveille d’amour inconditionnel et de confiance, mais aussi Nestor. Cetro sait nous communiquer son amour des animaux.

Alors bien sûr, nous retrouvons les pourritures du premier tome. S’y ajoutent même des nouveaux, Emmanuel et Brigitte en particulier, ce qui m’a bien fait rire, une Madame C, Sandra de son prénom, qui est vraiment abjecte. Et puis, Cetro a créé un nouveau personnage, Estelle Jorgensen, journaliste au "Petit Auvergnat retors", tout à fait attachante, avec sa quête de justice et son souci de venir en aide aux personnes en détresse. De plus, elle possède un don, celui de percevoir les choses, de ressentir l’état d’esprit des victimes.

Et n’oublions pas l’humour partout présent malgré l’horreur des situations. L’auteur a un don pour les formules, les situations humoristiques et j’ai bien ri à certaines de ses réflexions en particulier celles concernant le Dr Delarace et sa complice ou encore des tirades comme “On ne juge pas de l'intelligence d'un poisson rouge à sa capacité à grimper aux arbres” ou “Il a dû sacrément battre les cartes et s'emmêler les pinceaux, là-haut, le créateur...” La description du sac d’Estelle vaut son pesant d’or et je crois que beaucoup d’entre nous s’y retrouveront.

Un thriller implacable où l’horreur se conjugue avec des moments bouleversants d’humanité, haletant, intense, addictif, un suspense diabolique mais un roman parfois plein de poésie, de tendresse, un concentré de Cetro qui vous touchera et que vous ne pourrez oublier.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #CETRO, #Harcèlement, #Thriller, #Fantastique

Résumé :

« David, 14 ans, ne connaît pas l'insouciance de l'adolescence.
Sa vie est rythmée par le harcèlement dont il est victime, les humiliations et les coups que lui dispensent ses pairs sans compter. Le monde qui l'entoure n'a que mépris pour lui, et c'est dans l'indifférence générale qu'il vit un cauchemar au quotidien.

Il ne doit son salut mental qu'à ces moments où, seul, il se retire dans un petit bois abritant un étrange gouffre, sorte de puits naturel apparemment sans fond.

Il se déleste là, dans la profondeur et l'obscurité de la terre, de ses chagrins et ses mauvaises pensées.

Mais que recèle vraiment ce gouffre, nommé par les locaux le "chaudron du mal"? Quels effets auront sur lui ces descentes quotidiennes sous la surface ? »

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Diabolique ! Un thriller bouleversant !

Cetro nous offre encore une fois un thriller qui est un maelström d’émotions. Je viens de terminer « Abîme » et je suis complètement sous le choc, ce qui est toujours le cas avec les livres de Cédric que je remercie pour l’envoi de ce service presse.

« Abîme » c’est l’histoire de David, 14 ans et demi, odieusement harcelé par d’autres collégiens. Sa souffrance est telle qu’il ne se voit que comme une merde qui mérite ce qui lui arrive et continuer à vivre lui fait horreur. Et la couverture choisie par l’auteur illustre magnifiquement son impression de ne pas exister aux yeux des autres. Depuis la mort de son père alors qu’il avait neuf ans, David a changé du tout au tout et sa vie est devenue un cauchemar. Ses meilleurs moments, il les passe dans la forêt, face à un gouffre à la très mauvaise réputation mais qui, pour lui, se révèle bénéfique : il a l’impression lorsqu’il y descend que cet abîme le purge de toutes les pensées négatives et douloureuses qui l’habitent. Mais qu’en est-il réellement ? Et quelle mystérieuse influence ce gouffre exerce-t-il sur lui ?

Autant dire que nous sommes pris aux tripes dès les premières pages. La souffrance d’un enfant est absolument intolérable. Et c’est pire quand nous sommes dans sa tête comme c’est le cas avec David. Et puis il y a ces moments bouleversants de tendresse et d’amour lorsque David joue la comédie pour ménager sa mère : les stratagèmes et mensonges qu’il invente pour la protéger de la réalité nous émeuvent aux larmes.

Cetro est un magicien. Dès les premières phrases, je suis envoûtée par son style inimitable, mélange de poésie et de crudité. Dans « Abîme » il dénonce le rejet cruel de ceux qui sont différents, la bêtise humaine qui va souvent de pair avec la méchanceté et plus particulièrement le harcèlement dont est victime David. Blessé par la disparition de son père, peut-être trop protégé par Amélie sa mère, doué d’une grande sensibilité, il est devenu la proie rêvée pour des petits caïds dont la bêtise et la méchanceté ont remplacé l’intelligence. Et même s’il est évident que le comportement de David, qui est tétanisé par la peur dès qu’il croise leur regard, les pousse à aller toujours plus loin, où pourrait-il puiser suffisamment d’assurance et de courage pour se rebeller ?

Et puis il y a ces moments poignants où nous sourions attendris comme lors de la rencontre de David avec la famille Lerouge et où nous voulons croire comme lui que la vie va enfin lui sourire et que l’horreur est désormais derrière.

Révoltants encore l’aveuglement et l’inertie des professeurs et surveillants qui laissent faire. Comment peut-on rester indifférents à la souffrance d’un enfant maltraité par ses congénères ? Comment peut-on fermer les yeux ? Ne pas exercer une surveillance, veiller sur lui sachant qu’il a déjà été violenté ? La dernière agression subie par David est insoutenable et il est scandaleux qu’elle ait pu se produire dans l’enceinte du collège. Et j’ai eu envie de hurler « mais putain faites quelque chose ». Qu’au moins quelqu’un réagisse quand David complètement détruit passe devant ses camarades de classe qui ne savent que se moquer, au mieux détourner les yeux !

Cetro dénonce également ces médias qui se repaissent de l’horreur et ne cessent de la mettre en exergue, s’appuyant sur les plus bas instincts d’une humanité qui se complait dans l’horreur des faits divers relatant crimes et infamies. Ces médias répètent à l’infini ces informations qui assurent leur audimat et qui permet à ses lecteurs/téléspectateurs/auditeurs de se révolter et se donner bonne conscience par procuration.

Bouleversant et dérangeant également la prise de conscience que notre cerveau, notre inconscient peuvent être notre pire ennemi. David s’imagine savoir ce que manigancent sa mère et Marc. Et il est effrayant de voir comment leurs paroles, leurs actes sont compris par lui et détournés de leur véritable signification.

Et puis nous basculons dans une autre forme d’horreur avec ce gouffre, nous passons dans le domaine du fantastique, du surnaturel. Et nous avons encore plus peur pour David, le suspense est de plus en plus angoissant. Jusqu’à la fin qui est une grande claque !

Du grand Cetro encore une fois ! L’auteur a une écriture fluide, élégante et efficace. Ses personnages sont attachants — je pense en particulier à David et à sa mère — et vivants. Nous les voyons vivre devant nous. Nous partageons leurs sentiments, nous comprenons leur psychologie. Cetro nous fait vivre de vrais moments de tendresse et il est tout aussi doué pour nous faire basculer dans l’horreur. Les situations qu’il décrit sont criantes de vérité et nous atteignent en plein cœur.

Merci Cetro pour ta plume addictive, pour ton talent à dénoncer les horreurs de notre monde mais aussi pour cette tendresse, cette humanité qui habitent chacun de tes livres.

Je n'existe vraiment qu'à travers leurs brimades.

Abîme

Mais s'ils ont pu te faire tout ça, c'est que tu as accepté. Et moi, je n'accepterai jamais, tu m'entends, jamais. Ils ne peuvent rien contre nous si nous nous rebellons. Leur seul pouvoir leur est conféré par le silence et la résignation de leurs victimes.

Abîme

Leur seul courage résidait dans ma propre lâcheté, et je viens de m'en délester.

Abîme

Ce genre de vermine a toujours existé et sévi dans les écoles et autres établissements publics. Tant qu'ils ne rencontrent pas la personne pour les stopper, ils continuent. Ils se nourrissent du malheur des autres, ce sont des nuisibles.

Abîme

Il faut que tu leur montres que tu n'as pas peur d'eux, David. C'est important. Je sais que c'est plus facile à dire qu'à faire, mais il peut en aller de ta survie. Ces personnes vont toujours plus loin. Ils n'hésitent pas à s'en prendre à la famille, pour obtenir toujours plus. Je sais de quoi je parle, j'ai vécu ça, enfant.

Abîme

Ne pas accepter, jamais.

Abîme

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #CETRO, #Nouvelle, #Humour noir, #Tueur en série

Résumé :

« Nouvelle... courte, mais intense.
Les apparences sont parfois trompeuses. A qui se fier réellement?
Des disparitions inquiétantes défrayent les chroniques d'une petite ville. Qui est le meurtrier? Ou qui sont-ils? »

Mon avis :

Une tuerie au propre et au figuré ! Bravo !

Cela commence avec un petit vieux de 102 ans qui a l’air inoffensif et qui s’inquiète des disparitions d’enfants dans son quartier. Cetro nous offre un tableau saisissant de la vieillesse. Sauf que Monsieur Berlot a des colères dévastatrices… dont il oublie tout, sorte de Dr Jekill and Mr Hyde.

Puis nous faisons la connaissance de l’enfant qui nous décrit ce qu’elle ressent avec l’innocence des âmes pures… sauf que…

Et pour savoir la suite, vous devrez vous procurer cette nouvelle ou mieux encore « Les lettres de l’âne Cetro » où elle figure à la suite de ses billets d’humeur. Du Cetro en grande forme qui joue avec nous pour mieux nous faire basculer ensuite dans l’horreur. Du grand art !

Mon corps part en quenouille, mais ma tête hurle ma jeunesse éternelle. Parce qu’il faut quand même vous dire que, aussi fripé et ratatiné soit-on, on reste pour toujours l’enfant ou le jeune homme que l’on a été.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #CETRO, #Société, #Humour, #Satire, #Nouvelles

Résumé :

« Cetro est un animal étrange. Atteint d'une anomalie génétique, il est impossible de lui faire fermer son insondable clapet sur tous les sujets du quotidien. Il ne peut s'empêcher de tout tourner en dérision, lui-même avant toute chose. Rarement sérieux, il sait toutefois se faire tendre lorsque cela arrive. Car il aime à en crever ce monde qu'il moque sans trêve. Il aime l'humain dont il dépeint les travers, se servant pour cela de ses propres démons et contradictions. Ce recueil, publié à la demande expresse des lectrices et lecteurs qui le suivent, regroupe ses billets d'humeur, ses coups de gueule et de cœur. En fin d'ouvrage, deux de ses nouvelles vous sont aussi proposées. »

 

Mon avis :

Waouh ! Un concentré de Cetro ! Un régal !

Depuis que j’ai découvert Cetro et sa plume sans pareille, je n’ai jamais été déçue et ce recueil m’a une fois de plus emportée par la verve incroyable de son auteur. Cetro est avant tout un auteur pudique à l’extrême et jamais il ne manifeste mieux sa tendresse et son cœur d’ « ours en guimauve » que lorsqu’il manie un humour mordant, grinçant, graveleux même.

Ses billets d’humeur sont de petites merveilles. Pour ceux et celles qui le suivent, nous avons la joie de les lire chaque jour sur sa page facebook. Mais un énorme merci à ceux et celles qui l’ont convaincu de les réunir dans ce livre. Cetro manie le verbe avec dextérité, il peut aborder tous les genres avec un égal succès. Il vous fait tordre de rire et l’instant d’après vous êtes tellement ému que vous vous retrouvez à verser des larmes d’émotion. Puis il vous fait frissonner de peur et vous glace, je pense en particulier à l’une des nouvelles qu’il nous offre à la fin de son livre. Vous pensez qu’il se moque de tout et il vous surprend par ses cris du cœur et sa défense des opprimés : infirmières, SDF, solitude des personnes âgées, ouvriers… Il a également l’âme d’un poète.

Alors un seul conseil, lisez ce petit livre et vous n’aurez qu’une envie, c’est de découvrir toutes les autres œuvres de Cetro.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #CETRO, #Polar
Résumé :
 
"Prix des lecteurs obtenu au salon du livre de paris, dans le cadre du prix du polar 2016.

Ce texte peut heurter les sensibilités par sa violence et son absence de concessions faites au politiquement correct.
Univers déjanté, outrancier, déconseillé aux personnes trop sensibles et bien sûr aux enfants de moins de 16 ans.

On pourrait qualifier ce roman de post apocalyptique... sauf que le grand boom nucléaire n'a pas eu lieu.

La seule explosion à déplorer ici, est celle des consciences et des valeurs, annihilées par la folie des médias. Le monde vire au cauchemar, à grands coups d'émissions barbares, télé ou internet, ne vantant les mérites que de ceux qui agressent, dénigrant les victimes.

Plus de règles établies, la boucherie est ouverte, et le plus gros scandale ne sera pas chevalin ni même Findusien. Autrui n'est plus qu'objet, et la cruauté de divertissement est omniprésente.
Ceux qui ont connu le Cetro des forum consacrés aux psittacidés retrouveront ici sa plume (ben ouais) et toute son excentricité, sa volubilité.

Pour ceux qui auraient lu les premiers romans de Cetro, qui étaient écrits pour correspondre à tout public, celui-ci est tout à fait différent. Vous retrouverez bien sûr par moment l'écriture connue et usitée dans la série Astimov, mais dans beaucoup de chapitres, elle traduit les pensées et paroles d'hommes dérangés, n'éprouvant pas la pitié. Autant dire qu'ils ne s'expriment pas comme le duc de Montmorency ou la baronne de mes deux fibres. Ici, les belles princesses ne font plus de jolis enfants ni de vieux os. Leurs princes charmants seraient plus enclin à leur distribuer du GHB qu'à leur prodiguer de chastes baisers.

Tom a tout pour être heureux. Une femme aimante et d'une beauté à saigner du nez, un enfant intelligent et beau comme un astre, un succès mérité en tant qu'écrivain.
Jusqu'au jour où, emportés par un accident de la route, sa famille disparaît, et lui tombe dans un profond Coma.
Lorsqu'il se réveille, 12 ans plus tard, bien des choses ont changé. Il va alors vivre un cauchemar éveillé.

Entre éclats de pleurs, de sang et de rire. Y a d'la tripe qui vole, de la barbaque sur les murs. De la tendresse malgré tout, des moments d'émotion. Des lecteurs test ont pleuré, d'émotion et de rire. Ils ont aussi tremblé, d'effroi et de stupeur.
Attention, ça risque de piquer. "
 

Mon avis :

Tom, Anna et leur fils de 5 ans, Matt ont un accident de voiture alors qu’ils rejoignaient des amis au restaurant. C’est alors que ce qui avait commencé comme un conte de fées bascule dans l’horreur : la voiture bascule dans le ravin ; au lieu de leur porter secours, le couple qu’ils avaient croisé sur leur route filme leurs derniers instants. Cela fait froid dans le dos.

12 ans plus tard, seul survivant, Tom sort d’un coma végétatif et récupère toutes ses facultés augmentées d’une force colossale. Il retrouve ses amis de toujours, Paolo et Maewa ainsi que leur petite fille Maewen, surnommée Bouille à bisous. Et heureusement qu’ils existent ! C’est grâce à eux que j’ai pu lire le livre.

Car Cédric Veto nous confronte à un monde de cynisme, de cruauté et d’indifférence où le viol n’est qu’une anecdote, où la téléréalité et le crime sont la norme pour une partie de la population, où mettre en scène et filmer l’horreur, la torture, l’humiliation, la mort, rapporte une fortune. Le contraste est frappant avec les amis de Tom, l’amour et la tendresse qui existent entre notre héros, les membres de la famille de Paolo, et cet amour de petite fille « bouille à bisous ». Rien que ce nom veut tout dire.

Cetro nous offre un livre féroce qui dénonce la vague de téléréalité qui est en train de nous submerger, la culture de la « cruauté de divertissement », la manie que nous avons de tout filmer et même l’inconcevable pour pouvoir poster sur internet, être vu, faire du chiffre. Par moments, le suspense est insoutenable et on lit les chapitres en appréhendant la suite. Et en même temps, il nous offre un livre plein d’humour et de tendresse. Il y a des moments de légèreté et de joie qu’on rêverait éternels.

C’était mon premier livre de Cetro mais ça ne sera certainement pas le dernier. J’ai ri, j’ai tremblé pour Paolo, Tom, Maewa et bouille à bisous à cause des monstres qu’ils côtoient sans le savoir. J’ai fondu complètement devant bouille à bisous et devant les chiens. Mais j’ai eu aussi envie de vomir à certains passages et j’ai eu du mal à m’endormir, j’ai aussi pleuré à la fin.

Un grand livre, bouleversant, qui fait mal et qui nous fait réfléchir sur ce qu’est en train de devenir notre humanité si on ne s’y oppose pas. Mais la question que je me pose est la suivante : n’est-il pas déjà trop tard ?

– avec Cédric Veto et Le p'tit monde de Cetro.

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #CETRO, #Sciences humaines, #Vieillesse, #Solitude
Résumé :

« Enfermé dans un service de soins aux personnes âgées, Frank est un vieil homme. Très vieux.
Bientôt 100 ans, physiquement dépendant, la somme de ses douleurs pourrait emplir un océan.
Pourtant, une seule le fait horriblement souffrir: celle, mentale, liée à sa solitude, à l'abandon dont il est l'objet.
Il attend donc la fin, sans horizons autres que les murs de sa chambre.
Jusqu'au jour où une étincelle va lui redonner espoir.
La visite régulière d'une jeune femme, aussi inattendue que rêvée, va le tirer de son morne quotidien, ré-ouvrir les fenêtres scellées, bouffée d'air frais et luminosité retrouvée.
Il pourra enfin se confier, déterrer des souvenirs précieusement enfouis et conservés.
La magie va alors opérer. »
 

Mon avis :

Ce livre est une merveille avec un brin de fantastique. Je l’ai terminé en larmes, complètement bouleversée et malgré tout avec un sourire dans le cœur.

Cédric Veto est un magicien. Non seulement il écrit très bien mais il nous dépouille de tous nos faux-semblants, de nos défenses pour nous atteindre en plein cœur. Avec Frank, il dénonce la terrible solitude de la personne âgée qui n’a plus personne pour s’inquiéter d’elle ou pour la visiter. Il nous découvre la solitude qui est la nôtre face à la maladie, la souffrance, la mort. Mais la rencontre de Frank avec Camille Delune va tout changer.

Cetro avec un humour rempli de tendresse nous offre un magnifique plaidoyer pour réunir les générations. Avec une indulgence attendrie, il va donner vie à Frank Carlotti, 99 ans, totalement dépendant, Frank qui va raconter sa vie à Camille et plus particulièrement l’été de ses 12 ans. Et par la grâce de son écriture, j’ai totalement basculé dans son monde.

Frank et son petit frère Anthony plus jeune de 2 ans vivent dans une ferme où se pratique l’élevage et l’agriculture bio respectueux des êtres et de l’environnement, avec leurs parents, leur grand-père paternel et grand-mère maternelle. Cette ferme, j’ai rêvé qu’elle existait avec ses animaux intelligents avec une « âme » qui en remontrerait à la plupart d’entre nous – je pense en particulier à la truie Eglantine, au veau Thor – ses habitants tellement pleins d’amour qu’ils en débordent et nous bouleversent. Et en même temps ils sont si simples et si vrais qu’on voudrait que nos familles leur ressemblent. Eglantine et Thor nous démontrent l’intelligence et le cœur de ceux que nous appelons bêtes avec notre aveugle et imbécile sentiment de supériorité.

Frank attendant la visite de Camille m’a fait penser au renard dans « Le Petit Prince » et j’ai ressenti à travers lui le douloureux désir d’exister pour quelqu’un.

Avec la visite de Camille, tout l’étage revit, il y a un regain d’énergie inexplicable. Jusqu’à Patrick le voisin de lit grabataire de Frank qui retrouve l’envie de parler, le goût d’échanger. C’est une grande vague de joie qui déferle sur tous les malades et soignants. L’amour déborde des mots, des phrases et Frank et Patrick sont pris d’une envie de vivre inédite.

« Au bout du chemin » est un livre d’une richesse extraordinaire, il dénonce notre mode de vie qui ne respecte plus rien, les excès de l’industrie agro-alimentaire dont nous sommes complices, les animaux nourris à la chaîne en batteries inhumaines et qui n’ont jamais vu un brin d’herbe, les pesticides et autres polluants qui violent la nature, tout ça au nom du sacro-saint profit ! Le passage sur ce qui se passe à l’abattoir est insoutenable et pose la question déchirante : peut-on se battre pour défendre ses idées, notre humanité, au risque d’être licencié ou au contraire doit-on tout accepter pour continuer à toucher son salaire et nourrir sa famille ?

J’ai été horrifiée par le travail inhumain qu’accomplit le père de Frank aux abattoirs ; j’ai eu envie de vomir à certains moments, à d’autres j’aurais volontiers cassé la figure au directeur tellement j’avais la haine face à son comportement ignoble motivé par le rendement et l’argent. Et j’ai bouilli de colère impuissante face à l’injustice du jugement qui veut que les riches et les puissants aient tous les droits et les pauvres seulement celui de s’écraser.

Cetro dénonce encore le « racisme vestimentaire » qui fait que l’on se moque sans pitié de celui qui est différent, pas à la mode.

Je terminerai avec un grand, un énorme MERCI à Cetro qui nous rappelle qu’« on ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux » (Le Petit Prince). Lisez ce livre, vous en ressortirez différent, certainement bouleversé mais meilleur, plus humain et avec le désir que les choses changent.

– avec http://www.cetro.fr/, Cédric Veto, https://www.facebook.com/Le-ptit-monde-de-Cetro-717729394922284/ et https://www.amazon.fr/cetro/e/B00G9I9Y40/ref=ntt_dp_epwbk_0.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #CETRO, #Thriller
Résumé :

« Fruit du croisement de la violence et la haine, né dans la souffrance et la froideur, il est différent.
Rien, dans son bagage génétique ou acquis, ne le prédestine à connaître les sentiments inhérents au genre humain.
Pour lui, la vie n'a aucune valeur, et lui-même n'a aucune existence légale.
Il se souvient de tout, au-delà des simples souvenirs d'enfance, jusqu'à ce qu'il a vécu dans le ventre de sa génitrice, comme une vie avant naissance.
Cependant, lorsque d'horribles crimes sont commis dans son entourage, sa mémoire se fait étrangement aléatoire. »
 

Mon avis :

Un thriller ébouriffant, bluffant où l’auteur ne cesse de nous manipuler pour le meilleur et pour… l’horreur !

Dès le début, c’est comme se prendre un coup de poing : on est sonné ! Le narrateur nous partage ce qu’il a vécu dans le ventre de sa mère puis son enfance. Le père est une véritable abomination, la mère ne vaut guère mieux. Le seul amour qu’il connaîtra sera celui de son frère Ernest de cinq ans plus âgé, déficient mental léger, qui lui donnera le nom de Fregory et de sa chienne Dolly qui lui procurera chaleur et premiers soins si l’on peut dire.

Fregory va survivre, il n’a pas d’existence légale mais il est très intelligent. C’est un autodidacte, il n’éprouve peut-être aucun sentiment mais il s’est marié pour se donner l’apparence de la normalité. Sa vie est jalonnée de meurtres dont il se souvient et d’autres dont il n’a gardé aucun souvenir. Et tout le talent de Cédric Veto est là : d’abord, bien qu’il soit un meurtrier, j’ai éprouvé de la tendresse pour son Fregory et j’ai passé toute ma lecture à espérer que ce ne soit pas lui le tueur en série.

Et puis il y a Julie jeune bibliothécaire qui a échappé de peu à un tueur en série appelé l’empailleur, son petit ami Quentin qui lui a sauvé la vie lors de cette agression et est DJ. Ils forment un petit couple adorable. Nous faisons également connaissance avec Eglantine une vieille dame assez antipathique, querelleuse et pilier de la bibliothèque ; Alceste un SDF haut en couleurs ; Camille et Mandy, deux étudiantes pétulantes, adeptes de l’amour vache en paroles ; Sébastien le beau gosse rencontré par Mandy au QI pas très élevé. Nous retrouvons le regard plein de tendresse de Cetro sur tout ce petit monde, les dialogues sont ciselés et débordent d’humour virant au noir parfois.

Avec Fregory, Cetro nous livre une critique acide de Facebook et dénonce le danger de se dévoiler permettant à n’importe quel prédateur de tout connaître de notre vie. « Facebook est mon informateur à domicile, mon fournisseur d’accès à la vie des autres, le google map du cambrioleur et le meetic de l’assassin. »
Il dénonce notre société individualiste où chacun vit pour soi et a peur de son ombre, où l’altruisme a disparu. Il pose la question dérangeante de notre obsession morbide pour les monstres, les démons. Et je me suis demandée ce que cela faisait de moi cette fascination pour les thrillers mais je renverse également la question : qu’est-ce qui pousse un auteur à les écrire ?

Donc un roman très très riche comme toujours avec Cetro et très bien écrit ; un thriller où on est au-delà de l’horreur avec un père qui n’a d’humain que le nom, un tueur en série tellement monstrueux qu’on a du mal à l’imaginer et à travers toute cette horreur des pépites d’amour comme celui d’Ernest pour Fregory, de Quentin et de Julie, des dialogues et des réflexions qui sont des petits bijoux d’humour avec des répliques hilarantes. Et un Cetro en grande forme qui nous mène où il veut et nous fait douter de tout et même du nombre de tueurs, un Cetro qui nous fait passer par toute une gamme de sentiments allant du sourire aux larmes, de l’angoisse au rire, de l’envie de vomir à l’émerveillement… Ce livre est en même temps déchirant à cause de toutes ces âmes perdues, déchues de leur humanité à cause d’une enfance, d’une adolescence fracassées ou d’une rencontre avec l’insoutenable.

– avec Cédric Veto, http://www.cetro.fr/ et https://www.facebook.com/Le-ptit-monde-de-Cetro-717729394922284/.

 

 

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