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Au-pays-de-Goewin.over-blog.com

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Les livres de Goéwin

litterature

Publié le par Goéwin
Publié dans : #Littérature, #Roman, #Camps de concentration, #Shoah, #Holocauste, #Babelio

Résumé :

Avril 1945. Daniel, jeune rabbin venu d’Amérique, s’est engagé auprès des troupes alliées pour libérer l’Europe. En Allemagne, il est l’un des premiers à entrer dans les camps d’Ohrdruf et de Buchenwald et à y découvrir l’horreur absolue. Sa descente aux enfers aurait été sans retour s’il n’avait croisé le regard de cet enfant de quatre ou cinq ans, qui attend, dans un silence obstiné, celui qui l’aidera à retrouver ses parents.


Quand un homme de foi, confronté au vertige du silence de Dieu, est ramené parmi les vivants par un petit être aux yeux trop grands.

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Un roman bouleversant qui vous touche en plein cœur !

Daniel, un jeune rabbin américain de 28 ans, s'est engagé comme aumônier auprès des Forces armées. Nous sommes en avril 1945 et rien ne l'a préparé à la barbarie à laquelle il va être confronté. Il se retrouve en Allemagne et est appelé de toute urgence à Ohrdruf où se trouve un camp de concentration rattaché à Buchenwald. Là, il va croiser le regard d'un enfant de 4-5 ans environ, mutique, à qui il va faire la promesse de retrouver ses parents. Cet enfant, sur lequel il va veiller, lui donnera la force de tenir face à l'horreur et l’innommable.

Je remercie les Éditions Buchet Chastel ainsi que Babelio qui m'ont proposé ce livre. Tout comme l'auteur et son personnage, je ne cesse de me poser des questions sur le pourquoi et le comment on peut en arriver à cette barbarie. Mais également si on a la foi, sur le silence de Dieu. Comment peut-Il laisser se perpétrer de telles horreurs ? Et pourquoi cette haine des Juifs, toujours vivante malheureusement, ce désir de les anéantir ?

« Le Temps des orphelins » est un roman qui nous plonge dans la barbarie des camps de concentration. Avec Daniel, nous allons participer à la libération des camps d'Ohrdruf et de Buchenwald.  La seule chose qu'il peut faire, c'est écouter les témoignages des survivants et tenter de les aider à retrouver leurs familles en notant leurs coordonnées. Les sauveteurs sont également confrontés à leur impuissance. Impossible de nourrir les détenus correctement : ils sont tellement affaiblis qu'une nourriture trop riche ou importante les tue. Impossible de les libérer des camps immédiatement, ils provoqueraient des épidémies comme celle du typhus.

L'histoire du peuple Juif n'est qu'une longue suite de destruction, déportation, exil... J'ai été frappée par la manière dont certains psaumes datant du roi David correspondent de manière troublante avec ce que vivaient les Juifs dans les camps :

« Éternel, pourquoi Te tiens-Tu éloigné,

Pourquoi Te caches-Tu quand la détresse est là ?

Sans honte, le méchant exploite les pauvres ;

les voilà pris grâce à ses machinations.

[…] Ses méthodes sont toujours efficaces ;

les jugements de Dieu ne l’affectent pas.

D’un souffle, il balaie ses adversaires.

[…] en cachette, il assassine l’innocent.. »

Comment ne pas être bouleversés par les questions du capitaine Reuben : « Pourquoi ne vient-Il pas nous aider, Rabbi ? Ne voit-Il pas que Son peuple est en train de crever, de disparaître, d'être exterminé jusqu'au dernier ? Qu'attend-Il pour les sauver, vous pouvez me le dire ? Qu'il n'en reste plus un, plus un seul ? N'avait-Il pas promis à Moïse de nous protéger et de nous aimer sur mille générations ? Ne sommes-nous pas Son peuple élu, celui avec lequel Il est censé avoir passé une alliance censée ne jamais finir ? » Et comme Daniel, nous n'avons pas d'autre explication que la liberté que nous laisse Dieu d'agir comme nous le voulons. Laurent Sagalovitsch nous atteint en plein cœur avec cette interrogation de Daniel : « Que pouvait-il y avoir de si détestable chez nous autres Juifs pour être haïs de la sorte, au point qu'on veuille exterminer jusqu'au dernier de nos enfants ? » L'auteur alterne les chapitres qui concernent Daniel avec les lettres que lui envoie son épouse Ethel. Le contraste est frappant et apporte une note de douceur à l'ouvrage tout en montrant le gouffre qui sépare Ethel et tous ceux qui continuent à vivre une vie "normale" de ceux qui savent.

« Le temps des orphelins » est un livre d'une grande humanité qui ne cesse d'interroger le silence de Dieu. Il nous parle du pire et du meilleur de l'être humain. Il n'apporte pas de réponse et nous ne pouvons que continuer à nous demander comment il est possible à l'homme de se transformer en monstre et à espérer — hélas, je n'y crois pas trop — que plus jamais nous ne vivrons ou accepterons une telle barbarie et que l'antisémitisme n'existera plus.

Que pouvait-il y avoir de si détestable chez nous autres Juifs pour être haïs de la sorte, au point qu'on veuille exterminer jusqu'au dernier de nos enfants ? Comment nous autres qui n'étions rien, qui ne possédions ni terre, ni pays, ni administration, juste l'héritage d'une mémoire transmise de génération en génération, une peuplade égarée aux quatre coins du monde, en perpétuel exil, sans armée ni soldats, pouvions-nous inspirer un tel dégoût, une aversion si profonde qu'elle emportait tout sur son passage, la raison comme la morale, la bonté autant que la pitié ? Savaient-ils seulement, tous ces gens assez lâches pour nous enfermer au fin fond de leur camp, que nous étions comme eux ? Leurs peurs étaient nos peurs, leurs larmes ressemblaient aux nôtres, nos cœurs battaient..

Le temps des orphelins, page 190

La libération d'Ohrdruf

 

Grille de la porte d’entrée du camp de Buchenwald « Jedem das Seine » : « A chacun son dû »

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Biographie, #Vies de saints, #Babelio, #Historique, #Littérature, #Littérature jeunesse, #Hagiographie

Résumé :

« Je vais tenter de coucher sur le parchemin la vie de Vincent Ferrier, qui fut le meilleur de mes confesseurs, le plus avisé de mes conseillers et le plus fidèle de mes amis. Jamais je n'aurais dû me séparer de lui. Ce sera sans doute l'un des seuls personnages de mon entourage que l'Histoire placera dans la litanie des saints. Alors je veux consacrer mes dernières forces à lui rendre hommage. »

L'auteur a imaginé qu'au soir de sa vie, quasi centenaire, l'antipape d'Avignon Benoît XIII fait le récit de sa longue amitié avec frère Vincent.

Né en 1350 à Valence en Espagne et mort le 5 avril 1419 à Vannes en Bretagne, Vincent Ferrier entre à l'âge de 17 ans chez les Dominicains. Il devient très vite populaire grâce à ses prédications et aux nombreux prodiges qui les accompagnent. L'Église a recensé pas moins de 873 miracles lors de son procès en canonisation !

Si saint Vincent Ferrier est un saint comme le Moyen Âge les aime, il a porté douloureusement le problème de l'unité des chrétiens et sa vie fait écho à certains de nos problèmes contemporains.

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥

Un ange de paix et un ange du Jugement !

« Saint Vincent Ferrier Prédicateur des temps derniers » de Véronique Duchâteau s'adresse en priorité aux jeunes à compter de 10 ans mais il plaira tout autant aux adolescents et aux adultes. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un roman mais d'une biographie, il se lit comme un roman. Véronique Duchâteau donne la parole au pape Benoît XIII — ou plutôt l'anti-pape qui fut le dernier représentant de la papauté à Avignon — et c'est lui qui nous conte la vie de ce frère dominicain qui fut un de ses amis.

J'ai découvert la vie de ce saint domicain grâce à une masse critique de Babelio et je les remercie ainsi que les Éditions Pierre Téqui pour l'envoi de ce service presse. Vincent Ferrier est né le 23 janvier 1350, à Valence en Espagne, durant l'année Sainte, c'est-à-dire une année consacrée à Dieu afin d'obtenir la fin de la terrible épidémie de peste qui sévit dans toute l'Europe. Une pauvre femme aveugle à qui la mère de Vincent apportait des secours a prophétisé : « Heureuse mère ! C'est un ange que vous portez. » Il entre chez les Dominicains à 17 ans. À cette époque, l'Église est déchirée par ce qui a été appelé le "Grand Schisme" : un pape à Avignon et un autre à Rome. Frère Vincent va soutenir les papes d'Avignon et tout particulièrement Benoît XIII dont il devient le conseiller et le confesseur, de 1395 à 1398. Mais avant toute chose, Vincent se caractérise par son humilité, son amour de la pauvreté, de l'obéissance, une intelligence supérieure et les fastes de la Cour papale l'oppressent. Il tombe malade et en songe, il a une apparition du Christ, accompagné de saint Dominique et de saint François, qui le guérit et lui ordonne d'aller prêcher de par le monde. Il va alors, durant vingt ans, parcourir la France, l'Italie et la Suisse, d'abord à pied puis à dos d'âne lorsqu'il deviendra trop âgé pour marcher. Sa renommée est immense, les foules le suivent ; son éloquence ainsi que ses vertus et les miracles qui l'accompagnent provoquent les conversions. St Vincent Ferrier ne cesse d'exhorter à se convertir, il conseille des rois et des princes auxquels il apporte la paix  et il annonce le proche retour du Christ. Il mourra à Vannes en Bretagne le 5 avril 1419. "Partout où il a prêché, les populations, qui le vénéraient déjà de son vivant, l'invoquent après sa mort."

Véronique Duchâteau nous offre une belle lecture émouvante et captivante. Avec des mots simples, une écriture limpide, elle donne vie à ce frère dominicain du XIVe siècle. Elle nous montre l'essentiel et a su nous restituer toute une époque finalement pas si différente de la nôtre.

Le pape Benoît XIII

 

Saint Vincent Ferrier

 

Saint Vincent Ferrier

 

Saint Vincent Ferrier

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Littérature, #Suspense, #Résilience, #Thriller, #Enlèvement, #Angoisse

Résumé :

Comment retrouver son chemin quand on a tout perdu ?

Annabelle a une vie merveilleuse. Un mari qui l'aime, deux petites filles adorables, une famille soudée.
Jusqu'à ce jour de septembre où elle est brutalement arrachée à ses proches, laissée pour morte au milieu de la forêt. Lorsqu'elle reprend conscience, sa mémoire s'est effacée. Plus de traces... Pour remonter le fil de sa vie, Annabelle va devoir affronter la face cachée d'un bonheur qu'elle croyait parfait.

Avec une extrême sensibilité, Sophie Renouard explore les zones d'ombre d'une existence ordinaire. Captivant.

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Un thriller bouleversant de sensibilité.

Annabelle et Philippe ont réuni autour d'eux leur famille à l'occasion du baptême de leur fille Violette âgée de six semaines. Ils sont les heureux parents d'une autre petite fille, Zélie, quatre ans. À la fin de la journée de festivités, Annabelle avec ses deux filles quitte Paris pour rejoindre son père et son frère à Lyons, en Normandie, un voyage de 106 kilomètres qu'elle connaît par cœur. Violette ayant faim, la jeune femme s'arrête dans un café pour lui donner un biberon. Alors qu'elle se lave les mains dans les toilettes, elle est violemment agressée, enlevée puis laissée pour morte à l'autre bout de la France, dans une forêt du Pays Basque. Elle est sauvée par Émile, un vieil ermite de quatre-vingt douze ans qui va soigner ses blessures et la recueillir. La jeune femme ne se souvient de rien, elle est devenue totalement amnésique.

Je remercie Babelio Masse Critique ainsi que les Éditions Albin Michel pour l'envoi de ce service presse qui m'a permis de découvrir Sophie Renouard. « On n'efface pas les souvenirs » est son premier livre et une fois commencé, je n'ai pas pu le lâcher. Elle débute très fort, le premier chapitre est glaçant. Puis nous faisons la connaissance d'Annabelle et de toute sa famille. J'ai aimé l'amour qui les unit, la tendresse qu'ils n'hésitent pas à partager. Les personnages sont vraiment attachants. Et puis tout va basculer brutalement et on prend conscience de la fragilité du bonheur, de la vie. Sophie Renouard a beaucoup de talent. Alors que tout semble normal, elle parvient à distiller l'angoisse. D'une plume pleine de délicatesse et de sensibilité, elle nous raconte une histoire, avec des mots simples. En l'espace de quelques secondes, elle nous fait plonger dans l'horreur. Quel est le mobile de l'agression ? Celui de l'enlèvement et de la tentative de meurtre ? Aucune rançon n'est demandée. Au soir d'une journée de fête, Annabelle a disparu et on partage la douleur et l'incompréhension de Zélie, de Gaspard son mari, de sa famille... L'auteure nous dépeint admirablement la psychologie de ses personnages. Cela pourrait être nous. Et c'est poignant, bouleversant, la douleur des proches est tellement bien rendue.

Parallèlement nous suivons le sauvetage d'Annabelle, amputée de ses souvenirs, sa lente reconstruction. Nous faisons la connaissance d'Émile et de son chien "Va t'en". C'est un sacré personnage. Solitaire qui ne parle qu'à son chien, on ne sait pas trop s'il souffre d’Alzheimer ou de misanthropie aigüe. Il va sauver et recueillir Annabelle, la cacher pour la protéger dans sa bergerie qui n'a pas l'électricité mais possède malgré tout l'eau courante. Émile est un sage et sa manière d'exister nous transmet une sérénité, ce qui est une chose plutôt rare dans un thriller. Il a pour seule famille un neveu, Iban, un autre beau personnage.

Même si on commence à comprendre et à deviner qui se cache derrière ce crime, Sophie Renouard parvient à maintenir le suspense jusqu'à la fin. L'angoisse augmente et elle maîtrise à la perfection l'art du page-turner jusqu'à la fin où elle nous réserve quelque surprise.

Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce livre et je compte bien suivre cette auteure. Je vous recommande "On n'efface pas les souvenirs". Une fois terminé, on n'oublie pas ses personnages tant ils nous ont touché.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Littérature, #Augustin, #Netgalley France, #Histoire, #Guerre de 14-18

Résumé :

Le 11 novembre 1918 à 5h15, la France et l’Allemagne signent l’armistice. Mais l’état-major français décide d’attendre onze heures, en ce onzième jour du onzième mois, pour que cessent les combats.
A 10h45, le soldat de première classe Augustin Trébuchon est tué.
Il est le dernier soldat français tué.
Alexandre Duyck a fouillé les archives militaires et civiles, retrouvé tout ce qu’on pouvait savoir sur ce  berger devenu soldat et imaginé le reste  : les pensées de cet homme courageux, observateur, taiseux, blessé deux fois, qui fut de tous les combats, ne prit en 4 ans qu’une seule permission et obéi aux ordres jusqu’au bout.

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Passionnant et révoltant par la bêtise criminelle de certains gradés !

Je dis un grand merci à Netgalley France et aux Éditions JC Lattès pour l'envoi de ce service presse. "Augustin", c'est l'histoire d'un homme courageux, mort à quarante ans pour avoir voulu servir la "Mère Patrie" et rendre Strasbourg à la France. Berger en Lozère, il aurait pu se dispenser de faire la guerre mais il aurait trouvé cela honteux. Il est le dernier soldat français tué ce jour-là.

Alexandre Duyck nous offre une autobiographie imaginée de ce berger taiseux et illettré qui rêvait de partir en Argentine et qui a survécu à quatre années d'enfer dans les tranchées. Il avait fait Verdun, vu ses camarades mourir les uns après les autres. Il a toujours obéi aux ordres et était devenu soldat de première classe. Il aurait dû rentrer au pays. Malheureusement pour lui, un capitaine a décidé qu'il devait à tout prix porter un message un quart d'heure avant que soit déclaré l'armistice, un message de première importance comme vous pouvez en juger : « Rendez-vous à Dom-le-Mesnil pour la soupe à 11 h 30. » Et Augustin Trébuchon va tomber, victime d'un « tireur allemand qui ne sait pas que la guerre est terminée depuis 5 h 15. Ou qui ne le sait que trop et enrage, il tuera jusqu’à la fin, il sèmera la terreur jusqu’à l’ultime seconde et même au-delà si on lui en laisse le loisir. » Car l'armistice a été signé à 5 h 15 ce matin-là. Mais le maréchal Foch a décidé qu'elle n'entrerait en vigueur qu'à 11 h, à la onzième heure du onzième jour du onzième mois de l’année 1918 (1561e jour de la guerre). Et c'est ce que je trouve révoltant ! À cause de cela, des hommes ont continué à mourir entre 5h15 et 11 h ; est-ce que cela en valait la peine ?

« Augustin » est un magnifique roman historique qui nous introduit dans la Grande Guerre et nous fait vivre les dernières heures avant l'armistice. Il plaira à tous les amoureux de l'Histoire.

 

 

« Augustin » d'Alexandre Duyck — JC Lattès

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Fantastique, #Humour, #Littérature, #Fantôme, #Aura, #Mort

Résumé :

Couvrir un salon scientifique affreusement mortel ? Presque une habitude ! Sixtine a su rendre haletant un congrès de mathématiques, ce n’est pas une exposition sur le repos éternel qui lui fera peur. Ou alors seulement un tout petit peu…

La pétillante journaliste d’ActuParis rendosse son ciré jaune, bien décidée à relever le défi même si elle ne sait pas vraiment par où commencer… Jusqu’à ce qu’elle voit un drôle de jeune homme, affublé d’un équipement digne des ghosbusters, se faire exclure manu militari de la soirée d’inauguration. Bingo ! Sixtine tient son scoop. Avant cela, la jolie brune et son photographe Melchior vont devoir se débarrasser des charlatans et autres vautours qui se dressent sur leur chemin, quitte à traîner dans les morgues et les cimetières passé minuit. Mais qu’importent les risques quand il s’agit de répondre à la question que l’humanité entière se pose depuis ses origines : existe-t-il une vie après la mort ?

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Coup de cœur et que de fous rires à me représenter les scènes !

Je remercie Roxane Dambre ainsi que les Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et l’envoi de ce service presse. Lire Roxane Dambre, c’est l’assurance de passer un excellent moment hors du temps, empli de rires. Nous retrouvons la délicieuse Sixtine en butte à la mesquinerie des trois affreux journalistes qui publient sous le pseudo unique de Marcus Meilleur. Ils ne supportent pas son talent qui leur fait de l’ombre et dans l’espoir de lui nuire, ont proposé qu’elle traite le sujet sur Le Salon La vie après la mort. Mais Sixtine ne se laisse pas intimider et accompagnée de Melchior, son fidèle et talentueux stagiaire photographe, elle se rend à la soirée d’inauguration de l’exposition à La Maison des Curiosités. Les thèmes abordés vont de l’expérience de mort imminente à la maison la plus hantée du monde, en

Dame blanche

passant par les Dames blanches et les Mythes et mystifications. C’est alors qu’un étrange individu arrive et perturbe le discours d’ouverture avant de se faire jeter dehors par le Service de sécurité. Il n’en faut pas davantage à Sixtine, elle vient de trouver celui qui va lui permettre de faire son article.

J’ai vraiment passé un excellent moment de lecture et j’ai bien ri. D’ailleurs j’en ris encore lorsque je me remémore certaines scènes. Les personnages sont presque tous attachants (excepté les trois Marcus) et en particulier le commissaire Châteaudun que nous retrouvons et qui derrière un aspect bougon cache une immense tendresse pour celle qu’il s’obstine à appeler “journaliste” et pour toute son équipe. Sixtine, Melchior et Dimitri, le perturbateur amoureux et constructeur d’une machine digne des meilleurs chasseurs de fantôme, n’ont peur de rien, pas même de forcer les grilles d’un cimetière… Leurs recherches les conduiront à démasquer des charlatans mais ils feront également des découvertes troublantes.

L’écriture de Roxane Dambre est toujours aussi addictive et son récit mêle science et mystère pour notre plus grand bonheur. L’auteure a un don pour mettre à notre portée ce qui relève de la science et pour nous captiver. Sixtine et ses vêtements aux couleurs pleines de peps est touchante dans son amour

et ses relations avec Maminou qui souffre d’Alzeihmer. Melchior et ses réflexions pleines de bon sens se montre de plus en plus un ami de plus en plus précieux. La mort, le deuil, la maladie, l’âme sont traités avec beaucoup de délicatesse par Roxane Dambre. Elle parvient à traiter ces thèmes difficiles avec une légèreté pleine de respect et on ressort de cette lecture avec le sourire. Sixtine est un être lumineux, sa fraîcheur et sa façon de vivre sont telles que l’on souhaiterait la rencontrer dans la vie et en faire une amie, ce qu’elle est déjà grâce à la plume de son auteure.

Je vous recommande non seulement cette lecture mais celle de tous les livres de Roxane, sans exception. Elle fait vraiment partie de mes auteurs chouchous et c’est à chaque fois une belle découverte. À lire sans modération et même à relire car ses livres font du bien et rendent la vie plus belle.

 

 

Aura humaine

 

 

La Dame blanche

 

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Résumé :

Abandonné à la naissance, Antoine Boulan fuit l’orphelinat et tente de survivre en restant sur le droit chemin pour tenir une promesse. Rattrapé par l’époque, il sombre dans les cambriolages et se voit condamné au bagne par erreur. Quand la guerre éclate, il revient en France pour prendre les armes et traversera le conflit en courant désespérément après son pardon. Du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni aux plages de Dunkerque, à Paris puis dans le Loiret et enfin à Auschwitz Birkenau en Pologne, vous allez suivre pas à pas le destin d’un orphelin à qui la vie n’a fait aucun cadeau et qui deviendra, malgré lui, un héros de guerre.

(juillet 1942 - décembre 1944)

Traqué par la Gestapo, Antoine fuit Paris et se réfugie auprès du groupe de Gustave Jandart, Honneur du Loiret. Il en devient vite le lieutenant et s’installe dans la ferme abandonnée où transitent les candidats au passage de la ligne de démarcation. Cependant, les arrivées massives de Juifs, internés dans les camps de Beaune-la-Rolande et de Pithiviers, l’interpellent. Le jeune résistant mène alors une enquête qui le conduira aux portes de l’enfer…

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Jusqu’au bout de l’inimaginable, de l’indicible… Un livre déchirant mais qui devrait être lu par tout le monde !

Sa tête mise à prix, obligé de rester caché, Antoine ne chôme pas. Mais malgré tout ce qu’il apporte au réseau de Gustave dans le Loiret, il se désole car pour lui rien ne vaut le terrain. Il cherche plus que jamais la rédemption. Non seulement il ne parvient pas à se pardonner ses fautes anciennes mais il se sent de plus responsable de la mort des êtres aimés. Il se pose également beaucoup de questions et cherche à comprendre pourquoi les nazis continuent à traquer et arrêter les Juifs alors qu’ils sont vainqueurs et pourquoi les femmes et les enfants… et sa quête de vérité l’entraînera loin, très loin, jusqu’aux portes de l’enfer.

Dans ce troisième tome, Antoine est de plus en plus fou au sens de téméraire, rien ne l’arrête ni ne le fait reculer. Il a toutes les audaces. Et plus que jamais, il prend toutes les responsabilités sur lui et s’accuse des morts de ceux qui l’entourent. Il a perdu son innocence, désormais il ne recule pas devant une exécution et lorsqu’il le fait, il montre une froideur, un détachement glaçants. Il se montre absolument impitoyable. La deuxième version des Larmes de Satan est encore plus dure que la première et les sentiments qu’il éprouve sont poussés à leur paroxysme. Antoine est d’une grande humilité, il n’a aucune conscience d’être devenu un héros, il s’en veut plus que jamais et pour trouver une réponse à ses questions, il décide d’aller à Auschwitz pour savoir ce qui s’y cache. (Il a également d’autres raisons mais ce sera à vous de les découvrir en lisant le livre.) Et il a un plan complètement dingue !

Gilles Milo-Vacéri ne le ménage pas et nous non plus par la même occasion. Il nous offre un suspense diabolique. À partir du moment où Antoine part pour Auschwitz, la situation se détériore encore plus, j’en ai perdu le souffle et j’ai tremblé pour lui tout du long, même si je connaissais déjà l’histoire, tant c’est intense. Antoine se montre d’un sang-froid à toute épreuve, ce que je traduirai par complètement cinglé ! Il est bluffant. Mais en même temps, je ne pouvais m’empêcher de le plaindre, il était tellement loin de s’imaginer la réalité des camps. Et sa réaction lorsqu’il découvre ce qu’est réellement Auschwitz est déchirante. L’auteur arrive à nous faire ressentir sa douleur et c’est vraiment atroce. Il nous fait basculer au plus profond de l’horreur. Mais il y a également quelques pépites, des témoignages d’amitié, de soutien, admirables. De plus, Antoine, quelles que soient ses souffrances, reste un homme d’honneur. Il reste fidèle à lui-même, n’hésitant pas à désobéir aux ordres pour sauver un blessé.

Ce dernier tome a été le plus dur, le plus éprouvant à lire tant on bascule dans l’horreur des camps, de la Shoah, tant la barbarie des hommes est insoutenable et la souffrance ressentie intense ; et puis j’ai senti comme jamais la solitude de l’homme face au Mal, à l’inimaginable. La prière d’Antoine m’a fait verser des larmes et m’a broyé le cœur, je me suis sentie impuissante comme jamais. Et ce d’autant plus, qu’aujourd’hui encore, la barbarie, l’horreur, règnent en maître dans tellement de pays. On aurait pu croire que l’expérience nous aurait servi de leçon, mais non, les génocides continuent, les guerres aussi et l’humanité déborde d’imagination lorsqu’il s’agit de faire souffrir, de torturer, d’assassiner…

Le retour d’Antoine à Paris est bouleversant. Le contraste est tellement énorme avec la violence des combats, la barbarie et ses retrouvailles avec un Paris libéré. J’ai eu l’impression d’avoir du mal physiquement, émotionnellement, à m’habituer. La transition était trop brutale et c’est tout le talent de Gilles Milo-Vacéri de nous faire vivre les émotions de ses personnages et de nous faire changer quelque part. Il nous a relaté les quatre années de l’Occupation et des combats d’Antoine et j’ai eu l’impression qu’une éternité s’était écoulée. Je ne vois plus les choses de la même façon qu’avant, quelque part il m’a fait grandir. Il y aurait encore énormément à dire et je me sens incapable de rendre réellement justice à ce roman. Je ne peux que vous engager à le lire.

Gilles, tu es un grand auteur. Tu nous offres des personnages inoubliables et tellement humains qu’ils en sont bouleversants et qu’ils nous transforment. Tu donnes vie à ce que tu écris. « Les Larmes de Satan » sont un témoignage. Bien que ce soit une fiction, c’est de l’Histoire à l’état pur. Ce livre nous rappelle tous ces morts oubliés, ces héros anonymes, à qui nous devons notre liberté. Il fait mémoire de cette abomination qu’a été la Shoah, ces cinq à six millions de Juifs qui ont été exterminés uniquement parce qu’ils étaient juifs et ce, au mieux dans l’indifférence générale, au pire avec notre complicité. « Soit les deux tiers des Juifs d'Europe et environ 40 % des Juifs du monde ». Rien que pour cela et malgré la dureté des faits, il devrait être lu par tous.

Il y a bien des manières de résister, Myriam. La guerre est une horreur et nous y perdons tous notre âme.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Quelque chose ne tournait pas rond et son instinct lui dictait de prendre la fuite. Depuis longtemps, il avait appris que l’affolement paralysait les réflexes et, par conséquent, il se forçait à respirer profondément pour apaiser son angoisse.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Il y a un temps pour tout et la guerre était incompatible avec un sentiment amoureux.
[...] Antoine, ce n’est pas parce que ça s’est mal passé une fois que ça risque de se reproduire. Je sais parfaitement que tu veux me protéger, que tu as peur, mais je suis une grande fille. Et ce n’est pas à toi que je vais t’apprendre que…
Elle se pencha et lui fit un baiser léger.
— La peur n’évite pas le danger.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Il ne devait pas céder à ce mirage qui risquait de les tuer tous les deux. Aimer était devenu une interdiction, la guerre n’était pas finie et il fallait descendre de ce nuage trop beau pour l’enfer.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Je crois surtout que la guerre est le meilleur révélateur de la nature profonde des âmes humaines, car en temps de paix, on ne peut en mesurer toute la pourriture

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

En faisant ça, sombre idiot, tu ne vaux pas mieux que les Boches. Tu es là pour défendre ton pays et rendre justice à tes frères d’armes, mais certainement pas pour torturer nos compatriotes, même si ce sont des collabos ou des traîtres !

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Dans son esprit, un principe demeurait gravé comme une règle d’or. Plus c’était gros, dingue, absurde et farfelu, mieux ça fonctionne !

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Ne dis rien de plus. L’amour, c’est peut-être la seule arme qui te permettra de venir à bout d’Auschwitz, de la guerre et de ton destin. Je pense avoir compris quelle force t’animait.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Tu vas vraiment venir avec moi ?
— À ton avis ? Je n’ai pas oublié la petite Arlette dans ce bus de malheur. Pour nous sauver, elle a donné sa vie, sans hésiter. C’est la plus belle leçon de courage que l’on m’ait donnée. Alors oui, mon vieux, on rentrera dans cet enfer et on en reviendra ensemble.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Il fut ravi de retrouver son arme fétiche [...] Ce pistolet avait été de toutes les opérations jusqu’à présent et quand on n’a plus rien, dans la vie comme dans la guerre, on se rattache à n’importe quoi.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

— Je ne sais même plus me signer… je ne me souviens plus des prières… J’ai tout oublié. Je suis désolé… Ils ont tué votre fils, à vous aussi, alors vous devez pouvoir me comprendre et si vous existez, alors ma mère, Alice sont avec vous.
Il reprit son souffle et s’éclaircit la voix.
— Je viens devant vous trois pour faire une prière. Je sais… Je ne le fais pas assez souvent, mais ai-je vraiment eu le choix ? Vous le savez, vous qui voyez tout… Ils m’ont déjà tué tant de fois… Sa voix s’était brisée sur les derniers mots.
Tête basse, les larmes du combattant serpentaient sur ses joues marquées de cicatrices.
— Il faut m’écouter, je vous en conjure ! Par pitié, faites que je les retrouve vivantes et que je puisse les sortir de cet enfer, ne les abandonnez pas. Protégez mes amis, ce sont des braves et ils ne méritent pas de payer mes fautes. Je suis le seul coupable !
Son visage se releva vers la Vierge.
— Et s’il vous faut une vie, alors, prenez la mienne… moi, j’ai déjà tout perdu, ce n’est pas grave. Je suis déjà mort…
Puis Antoine s’accroupit avant de se rouler en boule sur le pavage glacial de la chapelle. La tête réfugiée sous ses bras, on n’entendait plus que ses sanglots et des paroles Un nom, un seul restait audible… Maman. Devant l’horreur, le combattant de l’ombre, redevenu l’enfant qu’il n’avait jamais pu être, implorait sa mère disparue, avec des mots déchirants incompréhensibles.
Un nom, un seul restait audible… Maman.
Devant l’horreur, le combattant de l’ombre, redevenu l’enfant qu’il n’avait jamais pu être, implorait sa mère disparue, avec des mots déchirants.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Jacek contempla ses hommes s’affairer alors qu’ils rassemblaient le matériel nécessaire. C’était sans doute pour cela qu’ils finiraient un jour par gagner la guerre. Ils n’avaient pas la puissance de feu de l’ennemi, ils étaient bien moins nombreux, mais tous avaient ce petit plus qui faisait la différence. Au fond de leur cœur, ils avaient tous ce courage si particulier de se battre pour la liberté, cette rare abnégation et l’oubli total de soi pour que le bien triomphe du mal. [...] Cette cohésion altruiste était la meilleure preuve que leur engagement ne serait jamais vain

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Pasteur Martin Niemöller (1892-1984)

 

Denise Vernay, née Jacob (1924-2013)

 

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Résumé :

Abandonné à la naissance, Antoine Boulan fuit l’orphelinat et tente de survivre en restant sur le droit chemin pour tenir une promesse. Rattrapé par l’époque, il sombre dans les cambriolages et se voit condamné au bagne par erreur. Quand la guerre éclate, il revient en France pour prendre les armes et traversera le conflit en courant désespérément après son pardon. Du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni aux plages de Dunkerque, à Paris puis dans le Loiret et enfin à Auschwitz Birkenau en Pologne, vous allez suivre pas à pas le destin d’un orphelin à qui la vie n’a fait aucun cadeau et qui deviendra, malgré lui, un héros de guerre.

(juillet 1940 - octobre 1941)

Après la diffusion des tracts et les missions de renseignements, Antoine est devenu un membre du Groupe Opéra sur qui on peut compter. Après une première exfiltration réussie, avec son ami Jean-Paul Mazières, ils doivent récupérer un camion chargé d’armes et de munitions qui les attend dans le Loiret afin de le ramener à Paris. S’ils réussissent, en plus du Groupe Opéra, ils pourront aider d’autres réseaux parisiens à s’armer…

 

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Coup de cœur ! Amour, guerre, barbarie… l’homme confronté à sa vérité ! Un second tome encore plus bouleversant, réaliste, addictif !

Dans ce second tome, Gilles Milo-Vacéri débute en transcrivant le « Discours du Maréchal Pétain » et l’ « Appel du 18 juin 1940 » du Général de Gaulle. Où serions-nous sans ces hommes et ces femmes courageux et méconnus qui ont répondu à cet appel du 18 juin ?

Antoine ne cesse de monter en puissance, en folie téméraire… Il est devenu un spécialiste des exfiltrations et des missions dangereuses. Nous le retrouvons dans une nouvelle opération suicidaire : récupérer et ramener à Paris un chargement d’armes, munitions, explosifs, faux papiers et tout ce qu’il faut pour imprimer sans oublier du matériel de radio ce qui équivaut à quatre tonnes de matériel environ. Et on peut dire que l’auteur s’en donne à cœur joie avec Antoine ! Il a de ces idées ! Complètement fou et plus c’est fou, plus ça marche ! Les morceaux de bravoure s’enchaînent mais en même temps ses personnages sont toujours profondément humains, avec toutes leurs faiblesses qu’ils dominent… ou pas, ce qui les rend touchants et nous bouleverse d’autant plus. Et le pire, c’est qu’avec cette tête de pioche d’Antoine, dès qu’on respire un peu, qu’on se dit « ouf ! il s’en est sorti », eh bien non, cette forte tête au courage complètement hallucinant se précipite dans un danger encore pire.

Gilles Milo-Vacéri nous dépeint l’humanité dans ce qu’elle a de pire et de meilleur. Il nous plonge dans la réalité de la guerre où les hommes et les femmes se découvrent face aux privations et aux horreurs, les conduisant aux pires des trahisons mais aussi à effectuer des actes de bravoure insensés. Et je me répète mais ils sont terriblement humains. C’est vraiment frustrant, je ne veux pas dévoiler l’histoire, mais il y a des personnages qui ne sont pas tout à fait du bon côté et qui vont faire le bon choix, d’autres qui vont vous émouvoir et certains vous briser le cœur… L’auteur a un véritable don pour dépeindre la psychologie de ces hommes et femmes emportés dans la tourmente. Tout est possible et Gilles Milo-Vacéri ne cesse de nous surprendre. De plus, extrêmement bien documenté, il nous offre un grand roman Historique avec un grand « H ». Il nous rend proches ces hommes et ces femmes, il nous les rend attachants et surtout tellement compréhensibles dans leurs réactions car rien n’arrive par hasard. Et Antoine déjà tellement blessé par tout ce qu’il a vécu va vivre l’enfer… Je ne veux pas en dire davantage mais croyez-moi c’est vraiment l’horreur et il y aura un avant et un après… L’auteur parvient à nous immerger dans la guerre, dans ce qu’elle a de plus atroce et on se sent affreusement mal, témoin impuissant, le cœur broyé, empli de colère et de rage… Et le pire du pire, c’est que l’on se doute que ça va encore empirer !

Côté Histoire, il nous parle du réseau Honneur – Police qui était un groupe de policiers résistants au sein de la Préfecture de Police de Paris. Il nous fait toucher du doigt le manque de coordination et d’organisation entre les différents réseaux de la Résistance qui la plupart du temps s’ignoraient. À cette occasion j’ai découvert — oui, je suis très ignorante sur cette période — que Londres préférait les FFL (Forces Françaises Libres) qui appartenaient à l’Armée et que la Résistance n’était pas très bien vue par elle. C’est là que nous retrouvons un grand homme, un héros, Jean Moulin, un grand résistant. C’est grâce à lui que tout a changé, c’est lui qui a unifié, coordonné les différents mouvements de la Résistance en France. À l’inverse, nous avons La Carlingue ou Gestapo Française composée de malfrats et de flics français ainsi que les “Comtesses” qui couchaient et espionnaient pour la Gestapo.

Pour terminer, j’espère vous avoir donné envie de découvrir Antoine et tous ceux qui l’entourent, envie de vous plonger dans Les larmes de Satan malgré mon impuissance à rendre tout ce que j’ai ressenti. Je ne suis pas satisfaite de cette chronique, j’ai l’impression de ne pas être parvenue à vous partager mes sentiments. Cette lecture a été tellement bouleversante émotionnellement que c’en est impossible à transcrire et Antoine est un des personnages les plus déchirants de l’auteur.

— C’est de l’hébreu et ça dit à peu près ceci : qui donne ne doit jamais s’en souvenir. Qui reçoit, ne doit jamais oublier.
Abel lui sourit.
— Ils m’ont simplement redonné le goût de vivre. Que Dieu les protège !

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Épuisé, il cacha son visage entre ses genoux et croisa les bras sur la tête pour empêcher le monde de l’atteindre. Il se réfugiait souvent dans sa citadelle même si celle-ci devenait de plus en plus fragile, avec des murs qui s’écroulaient à mesure que ses illusions disparaissaient. Qu’étaient donc devenus ses beaux rêves de liberté ? Des fantômes qui le fuyaient et des mirages qu’il devrait oublier. Un sanglot déchira sa poitrine et Antoine lâcha enfin prise. Il pleura à son tour.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

L’impuissance devant la barbarie était un poison qui rongeait lentement celui qui avait une conscience.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Marjorie, fais ce que tu crois être juste. Quant à la peur, nous la connaissons tous, c’est normal. On n’y peut rien, nous ne sommes que des êtres humains.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

La guerre les avait transformés en monstres sanguinaires, en êtres implacables et impitoyables, assoiffés de justice, de vengeance, baignant dans l’amertume et la rancune quotidienne tandis que la haine des Allemands les poussait toujours plus loin vers le pire de l’âme humaine.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

C’étaient des bêtes, des monstres sans âme que la Gestapo avait recrutés et leur carte les autorisait à toutes les exactions possibles sans qu’on puisse s’y opposer.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Je réciterai la prière des morts, je ne la connais qu’en hébreu, mais peu importent les prières et la religion, Dieu reste Dieu, pour tous les hommes de bonne volonté. Je ferai le nécessaire.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

C’était la première fois qu’il s’adressait à Dieu, la première fois qu’il osait l’implorer, le supplier, quémander une grâce et ce n’était même pas pour lui. La première fois de toute sa vie. Et Dieu n’entendit pas sa prière. Il reposa la tête sur elle et abandonna le combat. Vaincu et anéanti. Le diable avait dû détourner les yeux devant cette folle absurdité et même les larmes de Satan seraient impuissantes à lui rendre l’amour de sa vie.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Laisse donc les ans s’épuiser.
Que de larmes pour un baiser,
Que d’épines pour une rose !

Le temps qui s’écoule fait bien ;
Et mourir ne doit être rien,
Puisque vivre est si peu de chose.

François Coppée

La Carlingue ou la Gestapo Française

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Seconde Guerre mondiale, #Littérature, #Historique, #Occupation, #Résistance, #Gilles Milo-Vacéri, #Guerre

Résumé :

Abandonné à la naissance, Antoine Boulan fuit l’orphelinat et tente de survivre en restant sur le droit chemin pour tenir une promesse. Rattrapé par l’époque, il sombre dans les cambriolages et se voit condamné au bagne par erreur. Quand la guerre éclate, il revient en France pour prendre les armes et traversera le conflit en courant désespérément après son pardon. Du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni aux plages de Dunkerque, à Paris puis dans le Loiret et enfin à Auschwitz Birkenau en Pologne, vous allez suivre pas à pas le destin d’un orphelin à qui la vie n’a fait aucun cadeau et qui deviendra, malgré lui, un héros de guerre.

(juin 1917 - juillet 1940)

Antoine est un adolescent qui a appris à souffrir en silence. Grâce à sœur Charlotte, sa mère de substitution, il survit à ses premières années au sein de l’orphelinat. Quand il fuit les Enfants Trouvés, il multiplie les métiers et pour manger à sa faim, devient un voleur réputé sur Pigalle. Jugé à tort pour meurtre, la justice le condamne au bagne. Quand la guerre éclate, il saisit sa chance et revient en volontaire sur les plages de Dunkerque…

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Le premier tome d’une trilogie puissante, bouleversante, à lire absolument !

Gilles Milo-Vacéri a le don de donner vie à des personnages inoubliables et Antoine Boulan est sans conteste l’un des plus attachants et bouleversants. J’avais lu la première version éditée de « Les larmes de Satan » et j’avais été très touchée par ce livre dont l’action se situe pendant la Seconde Guerre mondiale, plus particulièrement durant l’Occupation, et qui nous rappelle le devoir de mémoire afin que plus jamais ça ! Mais justement, ayant aimé ce texte, je suis plus que ravie que l’auteur l’ait repris et complètement réécrit en mettant l’accent sur Antoine qui en devient encore plus humain et réel. Il pourrait tout à fait avoir existé. De plus l’auteur a développé la narration, rendant son texte encore plus frappant. La trame est la même mais c’est encore mieux, encore plus émouvant et c’est édité en trois tomes.

Dans sa préface, Gilles Milo-Vacéri nous explique pourquoi il a écrit « Les larmes de Satan ». Il nous rappelle le devoir de mémoire qui est le nôtre pour que tous ceux qui sont morts au nom de la Liberté, soldats, déportés, Juifs, résistants, ne soient pas morts en vain. Personnellement j’ajouterai qu’on en a besoin aujourd’hui plus que jamais au vu de certains faits d’actualité et paroles de gouvernants. Puis il a mis en exergue un extrait du magnifique Chant des Partisans (j’ai ainsi appris que les paroles françaises étaient de Joseph Kessel et Maurice Druon) ainsi qu’un extrait du Discours du transfert des Cendres de Jean Moulin au Panthéon prononcé par André Malraux.

Ensuite, nous entrons dans l’histoire de la vie d’Antoine et dès les premières lignes, nous avons le cœur serré par la douleur de cette mère obligée d’abandonner son enfant. En quelques phrases, Gilles Milo-Vacéri ressuscite un temps où il ne faisait pas bon s’écarter du chemin d’une stricte morale et où une fille-mère était systématiquement condamnée et rejetée. À l’Hôpital

Hôpital des Enfants Trouvés

des Enfants Trouvés, la supérieure Sœur Evelyne est un vrai chameau. Heureusement il y a la douce Sœur Charlotte ; c’est elle qui fournira son identité à Antoine Boulan, qui l’aimera et lui donnera une forte éducation avec des valeurs d’honneur. C’est grâce à elle qu’il survivra à seize années d’orphelinat qui n’ont été qu’une suite de brimades et d’injustes corrections car Sœur Evelyne — maudite soit-elle ! — en a fait son souffre-douleur. À 16 ans, Antoine, surnommé respectueusement Le Silencieux par ses camarades, fuit l’Hôpital et commence à travailler en tant qu’apprenti boulanger. Hélas, la mort de Sœur Charlotte lui brise le cœur et il laisse tout tomber. Commence alors pour lui une vie de misère. Pour ne pas mourir de faim, malgré son désir de devenir quelqu’un de bien pour que Sœur Charlotte soit fière de lui, il devient cambrioleur mais il ne vole que les riches et ne porte pas d’arme. Antoine aurait pu continuer longtemps sa vie de voleur s’il n’avait pas été rattrapé par sa promesse faite à Sœur Charlotte et les valeurs d’honnêteté, justice, solidarité et respect de l’humain qu’elle lui a inculquées. Victime d’une

Cayenne - Bagne de Saint-Laurent-du-Maroni

lamentable erreur, il est accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis et condamné aux travaux forcés à perpétuité au bagne de Cayenne. Quand la guerre éclate, sa rencontre avec le directeur du bagne, le colonel Pierre de Maranches, qui lui propose de rentrer en France pour défendre son pays contre l’Allemagne et qui va être le premier à croire à son histoire et à son innocence, va lui permettre de reprendre sa vie en mains et d’entamer son chemin de rédemption.

Disons-le de suite, « Les larmes de Satan » c’est de l’émotion à l’état pur.  Gilles Milo-Vacéri nous offre un roman d’une grande puissance. C’est un roman mais les faits qu’il raconte se sont effectivement passés. Au fil de la narration, j’ai été émue par la bonté de certains de ses personnages ; j’ai eu envie de prendre Antoine dans mes bras et de le serrer fort pour le consoler, le protéger, le défendre ; j’ai maudit l’auteur lors de sa condamnation. Une malchance pareille, un tel enchaînement de circonstances et je ne vous dis pas tout… Et combien j’ai aimé Pierre de Maranches pour avoir cru à son innocence et lui avoir tendu la main ! Le récit de la bataille de Dunkerque est

Dunkerque

d’un réalisme incroyable et Antoine a un comportement exemplaire dès le début. L’auteur nous le rend encore plus attachant et humain ; ce n’est pas un surhomme mais il montre le vrai courage des âmes bien nées, celui qui vous fait agir malgré la peur parce que c’est ce qu’il faut faire. Et cela va le mener très loin. Il ne renonce jamais, quel que soit l’obstacle ou la difficulté. Antoine, c’est l’honneur, le respect de la parole donnée, le sens du devoir. Son moteur, c’est l’amour et la recherche de la rédemption car il ne se pardonne pas son passé de voleur. Dans la France de l’Occupation, il va découvrir les horreurs de la guerre et du comportement des nazis. Combien de fois me suis-je demandée si les exactions rapportées étaient vraies tant j’étais révulsée par ce que je lisais tout en sachant que l’auteur ne disait que la vérité et me demandant avec lui où était Dieu à ce moment-là, que faisait-il ? Antoine, devenu un combattant de l’ombre à 23 ans a toute la fougue de la jeunesse et ses idées pour remplir une mission… Waouh ! c’est quelque chose ! Et je peux vous certifier que vous en oublierez de respirer.

Conclusion : lisez « Les larmes de Satan », même si vous avez lu la première version. C’est un livre magnifique, avec des personnages bouleversants, des valeurs qui vous feront chaud au cœur. Prévoyez néanmoins quelques mouchoirs car je ne doute pas que vous serez ébranlés, touchés, émus, affligés… De l’émotion à l’état pur je vous dis !

La guerre efface le respect dû aux morts, de la même manière qu’elle plonge dans l’oubli, les identités, les visages, les souvenirs de chacun. Une monstruosité.

Chapitre VI 29 mai 1940 France - Au large de Dunkerque, Mer du Nord - À bord de La Martinière

Le courage frôlait parfois l’héroïsme et la témérité ne se mesurait pas au grade ou selon l’âge. Antoine contempla longuement ces soldats qui donnaient leur vie pour que d’autres puissent survivre et un profond sentiment de respect naquit en lui. C’étaient des hommes d’honneur, des braves et il se promit de les imiter pour en avoir la même trempe.

Chapitre VI 29 mai 1940 France - Au large de Dunkerque, Mer du Nord - À bord de La Martinière

Bombardements et mitraillages étaient devenus si fréquents que l’on ne se demandait plus qui ou comment, mais plus simplement quand viendrait son tour. Encore une triste leçon pour Antoine qui fit sienne, une devise qu’il n’entendait que trop souvent : va où tu veux, meurs où tu dois. Si ce fatalisme, teinté d’un réalisme sordide, n’évitait pas la mort, au moins, il permettait de moins subir sa peur.

Chapitre VII 30 mai 1940 France - Mer du Nord - À bord de La Martinière

Ainsi, l’amour d’une mère ne souffrait pas le retard, ne connaissait ni la peur ni le déséquilibre et pouvait affronter toutes les armées du monde.

Chapitre VII 30 mai 1940 France - Mer du Nord - À bord de La Martinière

— Ne t’écoute pas. Tu n’as pas mal et tout va bien. Maintenant, marche ou crève, soldat ! s’encouragea-t-il. Les premiers pas furent hésitants, puis la force de la jeunesse prit le dessus sur l’épuisement. Le sergent avançait. Lentement, en serrant les dents, mais il marchait à nouveau.

Chapitre VIII 31 mai 1940 France - Mer du Nord - Sur une plage inconnue

Il savait déjà qu’Alice serait importante dans sa vie et sans tergiversation, il décida de tout lui raconter, même si certains épisodes de sa vie n’allaient pas le mettre à l’honneur. Dire la vérité est toujours une bonne chose ! répétait inlassablement sœur Charlotte et il avait déjà compris qu’il ne cacherait jamais rien à Alice.

Chapitre XVI 26 juin 1940 Paris IXe - Quartier Opéra - Palais Garnier

On n’abandonne jamais un homme derrière soi.

Chapitre XVII 27 juin 1940 Paris IXe - Quartier Opéra - Palais Garnier

Pourtant, ça pourrait bien fonctionner, votre truc ! C’est dingue et plus c’est dingue, mieux ça marche.

Chapitre XXIII 31 juillet 1940 Loiret - Sainte-Madeleine - Ferme des Jandart

Alors, Antoine se dit que chacun avait ses raisons de s’engager dans la Résistance et de porter des coups à l’ennemi, en fonction de ses moyens. Toutefois, si l’on grattait le vernis, si l’on oubliait les apparences ou les vérités trop vite proclamées, on comprenait qu’au fond, la seule vraie raison de se battre relevait de l’attachement à de vraies valeurs et, par-dessus tout, au respect de la Liberté de tous.
À chacun sa croix, souvent trop lourde et pour tous ces braves, le sentiment absolu de devoir défendre la patrie au péril de sa vie. Telle était l’étrange alchimie de ces combattants anonymes, perdus dans l’ombre de la clandestinité, ne recevant ni honneur ni gloire, et qui pourtant donnaient tout, sans jamais réfléchir ni hésiter.

Chapitre XXIII 31 juillet 1940 Loiret - Sainte-Madeleine - Ferme des Jandart

Hôpital des Enfants Trouvés

 

Rue Pigalle

 

 

Le La Martinière

 

Guyane - Cayenne - Bagne de Saint-Laurent-du-Maroni

 

Bagne de Saint-Laurent-du-Maroni - Cellule

 

Bataille de Dunkerque

 

Dunkerque : embarquement des troupes

 

Amiens sous les bombes

 

Amiens sous les bombes

 

Carte de démembrement de la France sous l'Occupation allemande

 

Deux enfants juifs

 

L'exode

 

Exode de civils français sur une route de campagne. 1940

 

Quartier Pigalle

 

Ausweis

 

Des drapeaux nazis accrochés à la façade du Palais Garnier

 

Hitler à Paris

 

Paris sous l'occupation

 

Une colonne de soldats Allemands marche dans Paris

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Littérature, #Roman, #Famille, #Couple, #Violence conjugale, #Amour

Résumé :

Au soir de sa vie, Martial, paysan bourru, se remémore le parcours jalonné d’embuches de ses quinze dernières années. Notre vie d’adulte se façonne dans les premières années de notre enfance. Lorsque l’on évoque notre passé, il nous revient le souvenir d’un parent, d’une mamie, que l’on porte dans son cœur, et qui nous a soutenu dans cette étape délicate.
Voici l'histoire de Martial et celle de son petit-fils Antoine, qui, au travers des tourments d’une famille qui se consume et se déchire, vont apprendre à se connaître, et à s’aimer. Un récit intime, peuplé d’émotions, de joies et de chagrins, de peurs et d’amours qui parsèment nos mémoires d’enfants.

Une histoire qui ne vous laissera pas insensible.

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Coup de cœur ! Une merveilleuse histoire d’amour paternel et grand-paternel !

Martial, 72 ans, est hospitalisé pour un cancer généralisé. Il joue les ronchons avec le personnel soignant et lorsqu’il est seul, se remémore les années passées. C’est l’occasion pour lui de réaliser à quel point il a été un père absent pour sa fille Mylène et de revenir tout particulièrement sur les années de son mariage avec Alex, un homme qu’il n’a jamais aimé ni apprécié. Et la vie, hélas, n’a fait que confirmer ses a priori. Seule la naissance de son petit-fils Antoine l’a rapproché du jeune couple et encore pas beaucoup. Il faut dire que Martial, veuf d’une épouse qu’il adorait, s’est refermé sur lui-même et a perdu le goût de vivre et de communiquer. Son caractère s’est aigri et ce n’est pas la présence de sa gouvernante, Anne, qui va le convaincre de s’adoucir. Mais c’était avant l’arrivée d’Antoine et si l’écorce est rude, le cœur qui bat en dessous est plein de tendresse et d’amour. De délicatesse également. Et c’est ce que nous allons découvrir au fil des pages et des souvenirs égrenés.

Wendall Utroi nous offre une magnifique histoire de famille. D’une plume élégante, avec des mots bien choisis, il dépeint à merveille la psychologie de ses personnages, qu’il s’agisse d’un vieux paysan bougon, d’un jeune enfant traumatisé ou d’une femme battue. Avec beaucoup de délicatesse et de justesse, il nous fait partager les joies et les peines, les efforts de Martial pour rejoindre et venir en aide à sa fille, les réactions et difficultés de Mylène car il est difficile de se reconstruire quand on a été démolie par un pervers. Et surtout il y a Anne, la gouvernante et la fille de cœur de Martial,  qui est un très beau personnage de femme et Antoine, un petit bout d’homme craquant et attachant que l’on va regarder vivre, grandir et se construire de l’âge de cinq ans à seize ans.

La tendresse qui unit le grand-père et le petit-fils est merveilleuse et touchante. L’auteur m’a émue et même bouleversée par moments car il décrit la vie et cela fait mouche. Il faut y ajouter la magie des descriptions, pleines de poésie. « Comme un phare dans la tourmente » est une magnifique histoire d’amours au pluriel, amour d’un père pour sa fille, d’un grand-père pour son petit-fils, d’un petit-fils pour son grand-père, d’un enfant pour sa mère, d’une épouse pour son conjoint mais également des liens qui se tissent, non par le sang mais par le cœur.

De Wendall Utroi, je n’avais lu que « L’enjeu » qui était un thriller et m’avait captivée. Je peux dire qu’il m’a tout autant captivée dans cet autre registre et je vous recommande chaudement ce livre. Laissez-vous toucher par Martial et Antoine, découvrez avec eux à quel point l’amour et la tendresse sont vitaux et peuvent vous transformer, vous ne le regretterez pas.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Aztèques, #Littérature, #Harem, #Roman, #Historique

Résumé :

"Teotitlan, 1517,

Ameyal, fille de chef téméraire, fière et impulsive, est enfin admise comme concubine.
Le rêve qui se cache derrière son regard de jade : s’évader du harem d’Ahuizotl, le monstre aquatique.
Mais pour y parvenir, elle devra payer le prix.

D’un côté, la liberté et la vie. De l’autre, la mort ou la prison. Entre les deux, un parterre de fleurs sublimes et vénéneuses.
Des rivales et ennemies qui ne lui laissent aucun répit.
Un Maître qui la poursuit.
Une alliée folle de désir.
Une déesse qui l’a choisie pour servir d’obscurs desseins.
Comment s’échapper de cette cage dorée ?

Laissez-vous emporter dans un grand voyage, un ailleurs et un autrefois caché au sein d'une civilisation aussi fascinante qu'effrayante. "

Extrait :
« Regard de jade.
Ameyal savoure ce nom qui est le sien sans vraiment l’être. L’air pur de l’extérieur soulève ses cheveux et la conversation résonne en elle à nouveau. Ainsi, non contente de la vouvoyer et de la servir, celle qui auparavant était sa Maîtresse tente désormais de la flatter.
Necahual, toutefois, se trompe sur un point. La différence entre la théorie et la pratique est une chose à laquelle elle se sent déjà familiarisée. Il s’agit même de la raison pour laquelle elle a prétexté vivre dans le cadre des Lois.
Or, comme le dit Xalaquia, à quoi la Loi sert-elle, si ce n’est pour dominer les faibles et protéger les forts ? Quel est son but, si ce n’est d’être outrepassée ? N’est-ce pas justement ce qui donne le sel à la vie ?
La jeune fille serre le poing. Quelques gouttes de sang s’écoulent de ses doigts, mais qu’importe. Elle sera bientôt guérie. Non, elle ne va pas se contenter de faire plier les règles, comme le font les quelques femmes qui composent la main droite du harem.
Elle va les tordre jusqu’à ce que le Maître lui donne ce qu’elle veut. »

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Un troisième tome tout aussi éblouissant et passionnant que le précédent.

Ameyal a atteint son premier objectif, elle a obtenu le statut de concubine et le Maître Ahuizotl lui a donné son nouveau nom, Regard de Jade. Mais il ignore qu’elle n’a toujours qu’un seul but, s’évader du harem, retrouver sa liberté, son village et son peuple, à tout prix.

Si elle espérait que les choses soient plus faciles maintenant qu’elle est devenue concubine, Ameyal n’a pas tardé à déchanter. Sa situation est encore plus délicate que précédemment. Ses “camarades” loin d’avoir désarmé vont au contraire gravir une marche de plus dans l’escalade aux menaces et à la violence. Les alliances qu’elle a conclues vont se révéler sources de tension et de danger accru. De plus elle joue un jeu dangereux avec Ahuizotl car elle doit maintenir l’intérêt et le désir qu’il éprouve pour elle tout en parvenant à lui résister sans susciter sa colère.

Éric Costa nous plonge toujours plus profondément dans la civilisation aztèque et il nous fait découvrir le harem de l’intérieur. Grâce à ses connaissances et son talent, nous vivons les scènes d’ « Aztèques » comme si nous y étions et j’ai continué de trembler pour et avec Ameyal. Sa situation est toujours aussi précaire et ses ennemies ne désarment pas. S’y ajoute son talent tout personnel pour se mettre dans les situations les plus critiques. Le luxe, la splendeur et la volupté du harem ne font que recouvrir la haine et la jalousie qui animent épouses et concubines. Elles ne reculent devant rien, pas même devant un assassinat.

La plume de l’auteur est toujours aussi agréable et empreinte de poésie. Je suis de plus en plus envoûtée par l’histoire d’Ameyal et de ceux et celles qui l’entourent. Éric Costa m’a totalement captivée et je suis devenue accro à son univers d’ « Aztèques ». Je n’ai qu’une hâte, celle de découvrir la suite des aventures de Regard de Jade.

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