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Au-pays-de-Goewin.over-blog.com

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Les livres de Goéwin

historique

Publié le par Goéwin
Publié dans : #Biographie, #Vies de saints, #Babelio, #Historique, #Littérature, #Littérature jeunesse, #Hagiographie

Résumé :

« Je vais tenter de coucher sur le parchemin la vie de Vincent Ferrier, qui fut le meilleur de mes confesseurs, le plus avisé de mes conseillers et le plus fidèle de mes amis. Jamais je n'aurais dû me séparer de lui. Ce sera sans doute l'un des seuls personnages de mon entourage que l'Histoire placera dans la litanie des saints. Alors je veux consacrer mes dernières forces à lui rendre hommage. »

L'auteur a imaginé qu'au soir de sa vie, quasi centenaire, l'antipape d'Avignon Benoît XIII fait le récit de sa longue amitié avec frère Vincent.

Né en 1350 à Valence en Espagne et mort le 5 avril 1419 à Vannes en Bretagne, Vincent Ferrier entre à l'âge de 17 ans chez les Dominicains. Il devient très vite populaire grâce à ses prédications et aux nombreux prodiges qui les accompagnent. L'Église a recensé pas moins de 873 miracles lors de son procès en canonisation !

Si saint Vincent Ferrier est un saint comme le Moyen Âge les aime, il a porté douloureusement le problème de l'unité des chrétiens et sa vie fait écho à certains de nos problèmes contemporains.

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥

Un ange de paix et un ange du Jugement !

« Saint Vincent Ferrier Prédicateur des temps derniers » de Véronique Duchâteau s'adresse en priorité aux jeunes à compter de 10 ans mais il plaira tout autant aux adolescents et aux adultes. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un roman mais d'une biographie, il se lit comme un roman. Véronique Duchâteau donne la parole au pape Benoît XIII — ou plutôt l'anti-pape qui fut le dernier représentant de la papauté à Avignon — et c'est lui qui nous conte la vie de ce frère dominicain qui fut un de ses amis.

J'ai découvert la vie de ce saint domicain grâce à une masse critique de Babelio et je les remercie ainsi que les Éditions Pierre Téqui pour l'envoi de ce service presse. Vincent Ferrier est né le 23 janvier 1350, à Valence en Espagne, durant l'année Sainte, c'est-à-dire une année consacrée à Dieu afin d'obtenir la fin de la terrible épidémie de peste qui sévit dans toute l'Europe. Une pauvre femme aveugle à qui la mère de Vincent apportait des secours a prophétisé : « Heureuse mère ! C'est un ange que vous portez. » Il entre chez les Dominicains à 17 ans. À cette époque, l'Église est déchirée par ce qui a été appelé le "Grand Schisme" : un pape à Avignon et un autre à Rome. Frère Vincent va soutenir les papes d'Avignon et tout particulièrement Benoît XIII dont il devient le conseiller et le confesseur, de 1395 à 1398. Mais avant toute chose, Vincent se caractérise par son humilité, son amour de la pauvreté, de l'obéissance, une intelligence supérieure et les fastes de la Cour papale l'oppressent. Il tombe malade et en songe, il a une apparition du Christ, accompagné de saint Dominique et de saint François, qui le guérit et lui ordonne d'aller prêcher de par le monde. Il va alors, durant vingt ans, parcourir la France, l'Italie et la Suisse, d'abord à pied puis à dos d'âne lorsqu'il deviendra trop âgé pour marcher. Sa renommée est immense, les foules le suivent ; son éloquence ainsi que ses vertus et les miracles qui l'accompagnent provoquent les conversions. St Vincent Ferrier ne cesse d'exhorter à se convertir, il conseille des rois et des princes auxquels il apporte la paix  et il annonce le proche retour du Christ. Il mourra à Vannes en Bretagne le 5 avril 1419. "Partout où il a prêché, les populations, qui le vénéraient déjà de son vivant, l'invoquent après sa mort."

Véronique Duchâteau nous offre une belle lecture émouvante et captivante. Avec des mots simples, une écriture limpide, elle donne vie à ce frère dominicain du XIVe siècle. Elle nous montre l'essentiel et a su nous restituer toute une époque finalement pas si différente de la nôtre.

Le pape Benoît XIII

 

Saint Vincent Ferrier

 

Saint Vincent Ferrier

 

Saint Vincent Ferrier

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Romance, #Romance historique, #Fantasy, #Fantasy médiévale, #Amour, #Suspense, #Historique

Résumé :

Après avoir failli périr dans l’incendie de son château, Deijan de Bucail se remet lentement de ses blessures et se prépare à mener les batailles les plus importantes de son existence : d’abord, traquer ceux qui ont enlevé sa femme, afin de la retrouver. Puis, surtout... la reconquérir.
Mais sera-t-il capable de s’affranchir du passé ? Car ce n’est pas l’amour, qui rend aveugle. C’est la peur de l’amour.

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

 
Coup de cœur ! Passionnant, totalement addictif.
 
Ifhoras le Ciseleur, l'écumeur, quitte le château de Bucail avec sa troupe de bandits et Guilendria qui demeure sa prisonnière. Mais avant cela, il fait enfermer tous les habitants du château dans une pièce sans fenêtres, clouer la porte et mettre le feu. Il ignore qu'il existe un passage secret qui va leur permettre d'échapper au sort affreux auquel il les a condamnés. Le retour à la santé et à la vie est douloureux pour Deijan. Conscient de tout ce que sa conduite a eu d'odieux envers Guilendria mais aussi envers ses gens et ses vassaux, il souhaite guérir au plus vite afin de délivrer sa femme et se venger. Mais plus que tout, il souhaite la reconquérir. Y parviendra-t-il ?
 
J'ai retrouvé avec joie l'univers envoûtant de Nordie et ses héros. Guilendria est vraiment un magnifique personnage de femme. Fragile et forte à la fois, sa douceur et son courage forcent l'admiration. Malgré tout ce qu'elle a souffert par Ifhoras et ses sbires, elle se refuse à les croire totalement perdus pour le Bien. « Peut-être que quelque part au fond d’eux survivait encore une part de l’enfant qu’ils avaient été ? Fermant les yeux, je priai Esca que ce fût le cas, et que la déesse me donne assez de force et d’amour pour le découvrir. [...] Toutefois je me souvins de la promesse que je m’étais faite : les écumeurs prendraient peut-être ma vie, mais ils n’auraient pas ma haine. Ils auraient ma compassion. Et mon pardon. » Pendant ce temps, Deijan qui est en convalescence, ne rêve que de vengeance et châtiments. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'est pas un patient docile ; ses démêlés avec les sœurs d'Esca qui le soignent sont un régal. Ifhoras se révèle bien plus complexe dans ce second tome et malgré toutes les horreurs commises, je me suis surprise à éprouver de la sympathie pour lui.
 
Cécile Ama Courtois nous offre un récit captivant. Le monde qu'elle a créé est brutal, cruel et tous les sentiments sont exacerbés. Elle dépeint à merveille la psychologie de ses personnages, qu'il s'agisse d'Ifhoras confronté à la grossesse de Guilendria, de Deijan aux prises avec ses remords, ou encore des trois face à l'amour qu'ils éprouvent par exemple... Tout est d'une grande justesse et sa plume empreinte de délicatesse nous émeut et nous transporte. L'intrigue est passionnante et l'auteure ne cesse de nous surprendre par des retournements de situation. Elle nous fait ressentir les émotions de Guilendria, Deijan, Ifhoras. Nous souffrons avec eux, nous espérons avec eux et nous tournons fébrilement les pages avec l'espoir que tout se finira bien pour eux. Malgré la gravité des situations, l'humour est très présent et il apporte une note de légèreté à l'ensemble. Nous suivons pas à pas le retour de Deijan à la santé ainsi que ses réactions au fur et à mesure qu'on lui dévoile la vérité. Il est très différent du Deijan du premier tome et c'est un homme nouveau qui devra faire face à Guilendria. Parviendront-ils à se retrouver ?
 
J'ai été totalement séduite par ma lecture ponctuée d'émotions, de suspense et qui multiplie les surprises jusqu'à la fin. Un magnifique roman d'amour qui vous emportera très loin et qu'on a du mal à quitter. Je me réjouis de retrouver prochainement l'univers de Nordie dans une nouvelle partie.

Peut-être que quelque part au fond d’eux survivait encore une part de l’enfant qu’ils avaient été ? Fermant les yeux, je priai Esca que ce fût le cas, et que la déesse me donne assez de force et d’amour pour le découvrir. [...] Toutefois je me souvins de la promesse que je m’étais faite : les écumeurs prendraient peut-être ma vie, mais ils n’auraient pas ma haine. Ils auraient ma compassion. Et mon pardon.

Nordie Tome 2 Deijan

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Historique, #Celtes, #Druides, #roi Arthur, #Romance, #Amour

Résumé :

450 après J.C. Les Romains quittent la Bretagne, laissant le pays fragilisé par de longues années d’occupation. Malheureusement, de nouveaux ennemis se pressent déjà sur les côtes bretonnes. Enora, nièce du roi Vollon de la tribu des Brigantes, est une jeune guerrière courageuse et impétueuse. Envoyée combattre les Saxons sur les frontières de l’est, elle ne se doute pas que complots et trahisons se fomentent au sein même des différentes tribus celtes. Il ne reste qu’un espoir aux Bretons : s’unir pour faire face à leurs ennemis communs et élire un grand chef capable de diriger une armée unique.

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Une lecture captivante, une belle intrigue et de superbes personnages… j’ai adoré !

Je remercie Véronique Casanova pour l’envoi de ce livre broché dont la couverture est magnifique. J’ai adoré cette histoire. Cela commence par une préface qui nous donne un bref et lumineux aperçu historique de la Civilisation Celte, 450 ans après JC. Les Romains ont cessé l’occupation du territoire de la Bretagne mais les Celtes ne vivent pas en paix pour autant. Divisés, ils sont les victimes des ambitions pictes et surtout des Saxons qui cherchent à s’approprier leurs terres. Un homme, le roi Artus, aidé du druide Myrdhin, va parvenir à unifier sous sa bannière les différents royaumes et tribus celtes leur permettant ainsi de vaincre leurs attaquants.

J’ai particulièrement apprécié ma lecture. Dès réception, je me suis plongée dans ce livre et je ne l’ai plus lâché jusqu’à la fin. L’écriture de l’auteure est agréable et fluide, on sent qu’elle maîtrise son sujet. Nous découvrons la vie d’Enora, la belle princesse celte à la chevelure flamboyante, une guerrière mais également une femme à l’écoute de son cœur et très indépendante, un très beau personnage auquel je me suis attachée de suite. Les autres protagonistes sont tout autant attachants, empreints de bienveillance, sauf les traîtres bien entendu et guidés par la sagesse des druides et les chants des bardes. J’ai découvert la vie quotidienne des Celtes rythmée par les saisons et les fêtes, Samain, Imbolc… Bien qu’il y ait des combats et des guerres, j’ai trouvé ce livre apaisant par l’harmonie qui existe entre les Celtes et la Nature. Véronique Casanova a su faire revivre toute une époque où les êtres vivaient au rythme des saisons, respectaient les animaux et la Nature et où les activités se pratiquaient en fonction de l’heure et du temps.

J'ai passé un excellent moment et tout oublié le temps de ma lecture. C'est à regret que j'ai quitté Enora et son monde, j'ai hâte de la retrouver et de découvrir la suite de ses aventures.

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Résumé :

Abandonné à la naissance, Antoine Boulan fuit l’orphelinat et tente de survivre en restant sur le droit chemin pour tenir une promesse. Rattrapé par l’époque, il sombre dans les cambriolages et se voit condamné au bagne par erreur. Quand la guerre éclate, il revient en France pour prendre les armes et traversera le conflit en courant désespérément après son pardon. Du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni aux plages de Dunkerque, à Paris puis dans le Loiret et enfin à Auschwitz Birkenau en Pologne, vous allez suivre pas à pas le destin d’un orphelin à qui la vie n’a fait aucun cadeau et qui deviendra, malgré lui, un héros de guerre.

(juillet 1942 - décembre 1944)

Traqué par la Gestapo, Antoine fuit Paris et se réfugie auprès du groupe de Gustave Jandart, Honneur du Loiret. Il en devient vite le lieutenant et s’installe dans la ferme abandonnée où transitent les candidats au passage de la ligne de démarcation. Cependant, les arrivées massives de Juifs, internés dans les camps de Beaune-la-Rolande et de Pithiviers, l’interpellent. Le jeune résistant mène alors une enquête qui le conduira aux portes de l’enfer…

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Jusqu’au bout de l’inimaginable, de l’indicible… Un livre déchirant mais qui devrait être lu par tout le monde !

Sa tête mise à prix, obligé de rester caché, Antoine ne chôme pas. Mais malgré tout ce qu’il apporte au réseau de Gustave dans le Loiret, il se désole car pour lui rien ne vaut le terrain. Il cherche plus que jamais la rédemption. Non seulement il ne parvient pas à se pardonner ses fautes anciennes mais il se sent de plus responsable de la mort des êtres aimés. Il se pose également beaucoup de questions et cherche à comprendre pourquoi les nazis continuent à traquer et arrêter les Juifs alors qu’ils sont vainqueurs et pourquoi les femmes et les enfants… et sa quête de vérité l’entraînera loin, très loin, jusqu’aux portes de l’enfer.

Dans ce troisième tome, Antoine est de plus en plus fou au sens de téméraire, rien ne l’arrête ni ne le fait reculer. Il a toutes les audaces. Et plus que jamais, il prend toutes les responsabilités sur lui et s’accuse des morts de ceux qui l’entourent. Il a perdu son innocence, désormais il ne recule pas devant une exécution et lorsqu’il le fait, il montre une froideur, un détachement glaçants. Il se montre absolument impitoyable. La deuxième version des Larmes de Satan est encore plus dure que la première et les sentiments qu’il éprouve sont poussés à leur paroxysme. Antoine est d’une grande humilité, il n’a aucune conscience d’être devenu un héros, il s’en veut plus que jamais et pour trouver une réponse à ses questions, il décide d’aller à Auschwitz pour savoir ce qui s’y cache. (Il a également d’autres raisons mais ce sera à vous de les découvrir en lisant le livre.) Et il a un plan complètement dingue !

Gilles Milo-Vacéri ne le ménage pas et nous non plus par la même occasion. Il nous offre un suspense diabolique. À partir du moment où Antoine part pour Auschwitz, la situation se détériore encore plus, j’en ai perdu le souffle et j’ai tremblé pour lui tout du long, même si je connaissais déjà l’histoire, tant c’est intense. Antoine se montre d’un sang-froid à toute épreuve, ce que je traduirai par complètement cinglé ! Il est bluffant. Mais en même temps, je ne pouvais m’empêcher de le plaindre, il était tellement loin de s’imaginer la réalité des camps. Et sa réaction lorsqu’il découvre ce qu’est réellement Auschwitz est déchirante. L’auteur arrive à nous faire ressentir sa douleur et c’est vraiment atroce. Il nous fait basculer au plus profond de l’horreur. Mais il y a également quelques pépites, des témoignages d’amitié, de soutien, admirables. De plus, Antoine, quelles que soient ses souffrances, reste un homme d’honneur. Il reste fidèle à lui-même, n’hésitant pas à désobéir aux ordres pour sauver un blessé.

Ce dernier tome a été le plus dur, le plus éprouvant à lire tant on bascule dans l’horreur des camps, de la Shoah, tant la barbarie des hommes est insoutenable et la souffrance ressentie intense ; et puis j’ai senti comme jamais la solitude de l’homme face au Mal, à l’inimaginable. La prière d’Antoine m’a fait verser des larmes et m’a broyé le cœur, je me suis sentie impuissante comme jamais. Et ce d’autant plus, qu’aujourd’hui encore, la barbarie, l’horreur, règnent en maître dans tellement de pays. On aurait pu croire que l’expérience nous aurait servi de leçon, mais non, les génocides continuent, les guerres aussi et l’humanité déborde d’imagination lorsqu’il s’agit de faire souffrir, de torturer, d’assassiner…

Le retour d’Antoine à Paris est bouleversant. Le contraste est tellement énorme avec la violence des combats, la barbarie et ses retrouvailles avec un Paris libéré. J’ai eu l’impression d’avoir du mal physiquement, émotionnellement, à m’habituer. La transition était trop brutale et c’est tout le talent de Gilles Milo-Vacéri de nous faire vivre les émotions de ses personnages et de nous faire changer quelque part. Il nous a relaté les quatre années de l’Occupation et des combats d’Antoine et j’ai eu l’impression qu’une éternité s’était écoulée. Je ne vois plus les choses de la même façon qu’avant, quelque part il m’a fait grandir. Il y aurait encore énormément à dire et je me sens incapable de rendre réellement justice à ce roman. Je ne peux que vous engager à le lire.

Gilles, tu es un grand auteur. Tu nous offres des personnages inoubliables et tellement humains qu’ils en sont bouleversants et qu’ils nous transforment. Tu donnes vie à ce que tu écris. « Les Larmes de Satan » sont un témoignage. Bien que ce soit une fiction, c’est de l’Histoire à l’état pur. Ce livre nous rappelle tous ces morts oubliés, ces héros anonymes, à qui nous devons notre liberté. Il fait mémoire de cette abomination qu’a été la Shoah, ces cinq à six millions de Juifs qui ont été exterminés uniquement parce qu’ils étaient juifs et ce, au mieux dans l’indifférence générale, au pire avec notre complicité. « Soit les deux tiers des Juifs d'Europe et environ 40 % des Juifs du monde ». Rien que pour cela et malgré la dureté des faits, il devrait être lu par tous.

Il y a bien des manières de résister, Myriam. La guerre est une horreur et nous y perdons tous notre âme.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Quelque chose ne tournait pas rond et son instinct lui dictait de prendre la fuite. Depuis longtemps, il avait appris que l’affolement paralysait les réflexes et, par conséquent, il se forçait à respirer profondément pour apaiser son angoisse.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Il y a un temps pour tout et la guerre était incompatible avec un sentiment amoureux.
[...] Antoine, ce n’est pas parce que ça s’est mal passé une fois que ça risque de se reproduire. Je sais parfaitement que tu veux me protéger, que tu as peur, mais je suis une grande fille. Et ce n’est pas à toi que je vais t’apprendre que…
Elle se pencha et lui fit un baiser léger.
— La peur n’évite pas le danger.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Il ne devait pas céder à ce mirage qui risquait de les tuer tous les deux. Aimer était devenu une interdiction, la guerre n’était pas finie et il fallait descendre de ce nuage trop beau pour l’enfer.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Je crois surtout que la guerre est le meilleur révélateur de la nature profonde des âmes humaines, car en temps de paix, on ne peut en mesurer toute la pourriture

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

En faisant ça, sombre idiot, tu ne vaux pas mieux que les Boches. Tu es là pour défendre ton pays et rendre justice à tes frères d’armes, mais certainement pas pour torturer nos compatriotes, même si ce sont des collabos ou des traîtres !

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Dans son esprit, un principe demeurait gravé comme une règle d’or. Plus c’était gros, dingue, absurde et farfelu, mieux ça fonctionne !

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Ne dis rien de plus. L’amour, c’est peut-être la seule arme qui te permettra de venir à bout d’Auschwitz, de la guerre et de ton destin. Je pense avoir compris quelle force t’animait.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Tu vas vraiment venir avec moi ?
— À ton avis ? Je n’ai pas oublié la petite Arlette dans ce bus de malheur. Pour nous sauver, elle a donné sa vie, sans hésiter. C’est la plus belle leçon de courage que l’on m’ait donnée. Alors oui, mon vieux, on rentrera dans cet enfer et on en reviendra ensemble.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Il fut ravi de retrouver son arme fétiche [...] Ce pistolet avait été de toutes les opérations jusqu’à présent et quand on n’a plus rien, dans la vie comme dans la guerre, on se rattache à n’importe quoi.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

— Je ne sais même plus me signer… je ne me souviens plus des prières… J’ai tout oublié. Je suis désolé… Ils ont tué votre fils, à vous aussi, alors vous devez pouvoir me comprendre et si vous existez, alors ma mère, Alice sont avec vous.
Il reprit son souffle et s’éclaircit la voix.
— Je viens devant vous trois pour faire une prière. Je sais… Je ne le fais pas assez souvent, mais ai-je vraiment eu le choix ? Vous le savez, vous qui voyez tout… Ils m’ont déjà tué tant de fois… Sa voix s’était brisée sur les derniers mots.
Tête basse, les larmes du combattant serpentaient sur ses joues marquées de cicatrices.
— Il faut m’écouter, je vous en conjure ! Par pitié, faites que je les retrouve vivantes et que je puisse les sortir de cet enfer, ne les abandonnez pas. Protégez mes amis, ce sont des braves et ils ne méritent pas de payer mes fautes. Je suis le seul coupable !
Son visage se releva vers la Vierge.
— Et s’il vous faut une vie, alors, prenez la mienne… moi, j’ai déjà tout perdu, ce n’est pas grave. Je suis déjà mort…
Puis Antoine s’accroupit avant de se rouler en boule sur le pavage glacial de la chapelle. La tête réfugiée sous ses bras, on n’entendait plus que ses sanglots et des paroles Un nom, un seul restait audible… Maman. Devant l’horreur, le combattant de l’ombre, redevenu l’enfant qu’il n’avait jamais pu être, implorait sa mère disparue, avec des mots déchirants incompréhensibles.
Un nom, un seul restait audible… Maman.
Devant l’horreur, le combattant de l’ombre, redevenu l’enfant qu’il n’avait jamais pu être, implorait sa mère disparue, avec des mots déchirants.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Jacek contempla ses hommes s’affairer alors qu’ils rassemblaient le matériel nécessaire. C’était sans doute pour cela qu’ils finiraient un jour par gagner la guerre. Ils n’avaient pas la puissance de feu de l’ennemi, ils étaient bien moins nombreux, mais tous avaient ce petit plus qui faisait la différence. Au fond de leur cœur, ils avaient tous ce courage si particulier de se battre pour la liberté, cette rare abnégation et l’oubli total de soi pour que le bien triomphe du mal. [...] Cette cohésion altruiste était la meilleure preuve que leur engagement ne serait jamais vain

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Pasteur Martin Niemöller (1892-1984)

 

Denise Vernay, née Jacob (1924-2013)

 

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Résumé :

Abandonné à la naissance, Antoine Boulan fuit l’orphelinat et tente de survivre en restant sur le droit chemin pour tenir une promesse. Rattrapé par l’époque, il sombre dans les cambriolages et se voit condamné au bagne par erreur. Quand la guerre éclate, il revient en France pour prendre les armes et traversera le conflit en courant désespérément après son pardon. Du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni aux plages de Dunkerque, à Paris puis dans le Loiret et enfin à Auschwitz Birkenau en Pologne, vous allez suivre pas à pas le destin d’un orphelin à qui la vie n’a fait aucun cadeau et qui deviendra, malgré lui, un héros de guerre.

(juillet 1940 - octobre 1941)

Après la diffusion des tracts et les missions de renseignements, Antoine est devenu un membre du Groupe Opéra sur qui on peut compter. Après une première exfiltration réussie, avec son ami Jean-Paul Mazières, ils doivent récupérer un camion chargé d’armes et de munitions qui les attend dans le Loiret afin de le ramener à Paris. S’ils réussissent, en plus du Groupe Opéra, ils pourront aider d’autres réseaux parisiens à s’armer…

 

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Coup de cœur ! Amour, guerre, barbarie… l’homme confronté à sa vérité ! Un second tome encore plus bouleversant, réaliste, addictif !

Dans ce second tome, Gilles Milo-Vacéri débute en transcrivant le « Discours du Maréchal Pétain » et l’ « Appel du 18 juin 1940 » du Général de Gaulle. Où serions-nous sans ces hommes et ces femmes courageux et méconnus qui ont répondu à cet appel du 18 juin ?

Antoine ne cesse de monter en puissance, en folie téméraire… Il est devenu un spécialiste des exfiltrations et des missions dangereuses. Nous le retrouvons dans une nouvelle opération suicidaire : récupérer et ramener à Paris un chargement d’armes, munitions, explosifs, faux papiers et tout ce qu’il faut pour imprimer sans oublier du matériel de radio ce qui équivaut à quatre tonnes de matériel environ. Et on peut dire que l’auteur s’en donne à cœur joie avec Antoine ! Il a de ces idées ! Complètement fou et plus c’est fou, plus ça marche ! Les morceaux de bravoure s’enchaînent mais en même temps ses personnages sont toujours profondément humains, avec toutes leurs faiblesses qu’ils dominent… ou pas, ce qui les rend touchants et nous bouleverse d’autant plus. Et le pire, c’est qu’avec cette tête de pioche d’Antoine, dès qu’on respire un peu, qu’on se dit « ouf ! il s’en est sorti », eh bien non, cette forte tête au courage complètement hallucinant se précipite dans un danger encore pire.

Gilles Milo-Vacéri nous dépeint l’humanité dans ce qu’elle a de pire et de meilleur. Il nous plonge dans la réalité de la guerre où les hommes et les femmes se découvrent face aux privations et aux horreurs, les conduisant aux pires des trahisons mais aussi à effectuer des actes de bravoure insensés. Et je me répète mais ils sont terriblement humains. C’est vraiment frustrant, je ne veux pas dévoiler l’histoire, mais il y a des personnages qui ne sont pas tout à fait du bon côté et qui vont faire le bon choix, d’autres qui vont vous émouvoir et certains vous briser le cœur… L’auteur a un véritable don pour dépeindre la psychologie de ces hommes et femmes emportés dans la tourmente. Tout est possible et Gilles Milo-Vacéri ne cesse de nous surprendre. De plus, extrêmement bien documenté, il nous offre un grand roman Historique avec un grand « H ». Il nous rend proches ces hommes et ces femmes, il nous les rend attachants et surtout tellement compréhensibles dans leurs réactions car rien n’arrive par hasard. Et Antoine déjà tellement blessé par tout ce qu’il a vécu va vivre l’enfer… Je ne veux pas en dire davantage mais croyez-moi c’est vraiment l’horreur et il y aura un avant et un après… L’auteur parvient à nous immerger dans la guerre, dans ce qu’elle a de plus atroce et on se sent affreusement mal, témoin impuissant, le cœur broyé, empli de colère et de rage… Et le pire du pire, c’est que l’on se doute que ça va encore empirer !

Côté Histoire, il nous parle du réseau Honneur – Police qui était un groupe de policiers résistants au sein de la Préfecture de Police de Paris. Il nous fait toucher du doigt le manque de coordination et d’organisation entre les différents réseaux de la Résistance qui la plupart du temps s’ignoraient. À cette occasion j’ai découvert — oui, je suis très ignorante sur cette période — que Londres préférait les FFL (Forces Françaises Libres) qui appartenaient à l’Armée et que la Résistance n’était pas très bien vue par elle. C’est là que nous retrouvons un grand homme, un héros, Jean Moulin, un grand résistant. C’est grâce à lui que tout a changé, c’est lui qui a unifié, coordonné les différents mouvements de la Résistance en France. À l’inverse, nous avons La Carlingue ou Gestapo Française composée de malfrats et de flics français ainsi que les “Comtesses” qui couchaient et espionnaient pour la Gestapo.

Pour terminer, j’espère vous avoir donné envie de découvrir Antoine et tous ceux qui l’entourent, envie de vous plonger dans Les larmes de Satan malgré mon impuissance à rendre tout ce que j’ai ressenti. Je ne suis pas satisfaite de cette chronique, j’ai l’impression de ne pas être parvenue à vous partager mes sentiments. Cette lecture a été tellement bouleversante émotionnellement que c’en est impossible à transcrire et Antoine est un des personnages les plus déchirants de l’auteur.

— C’est de l’hébreu et ça dit à peu près ceci : qui donne ne doit jamais s’en souvenir. Qui reçoit, ne doit jamais oublier.
Abel lui sourit.
— Ils m’ont simplement redonné le goût de vivre. Que Dieu les protège !

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Épuisé, il cacha son visage entre ses genoux et croisa les bras sur la tête pour empêcher le monde de l’atteindre. Il se réfugiait souvent dans sa citadelle même si celle-ci devenait de plus en plus fragile, avec des murs qui s’écroulaient à mesure que ses illusions disparaissaient. Qu’étaient donc devenus ses beaux rêves de liberté ? Des fantômes qui le fuyaient et des mirages qu’il devrait oublier. Un sanglot déchira sa poitrine et Antoine lâcha enfin prise. Il pleura à son tour.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

L’impuissance devant la barbarie était un poison qui rongeait lentement celui qui avait une conscience.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Marjorie, fais ce que tu crois être juste. Quant à la peur, nous la connaissons tous, c’est normal. On n’y peut rien, nous ne sommes que des êtres humains.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

La guerre les avait transformés en monstres sanguinaires, en êtres implacables et impitoyables, assoiffés de justice, de vengeance, baignant dans l’amertume et la rancune quotidienne tandis que la haine des Allemands les poussait toujours plus loin vers le pire de l’âme humaine.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

C’étaient des bêtes, des monstres sans âme que la Gestapo avait recrutés et leur carte les autorisait à toutes les exactions possibles sans qu’on puisse s’y opposer.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Je réciterai la prière des morts, je ne la connais qu’en hébreu, mais peu importent les prières et la religion, Dieu reste Dieu, pour tous les hommes de bonne volonté. Je ferai le nécessaire.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

C’était la première fois qu’il s’adressait à Dieu, la première fois qu’il osait l’implorer, le supplier, quémander une grâce et ce n’était même pas pour lui. La première fois de toute sa vie. Et Dieu n’entendit pas sa prière. Il reposa la tête sur elle et abandonna le combat. Vaincu et anéanti. Le diable avait dû détourner les yeux devant cette folle absurdité et même les larmes de Satan seraient impuissantes à lui rendre l’amour de sa vie.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Laisse donc les ans s’épuiser.
Que de larmes pour un baiser,
Que d’épines pour une rose !

Le temps qui s’écoule fait bien ;
Et mourir ne doit être rien,
Puisque vivre est si peu de chose.

François Coppée

La Carlingue ou la Gestapo Française

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Seconde Guerre mondiale, #Littérature, #Historique, #Occupation, #Résistance, #Gilles Milo-Vacéri, #Guerre

Résumé :

Abandonné à la naissance, Antoine Boulan fuit l’orphelinat et tente de survivre en restant sur le droit chemin pour tenir une promesse. Rattrapé par l’époque, il sombre dans les cambriolages et se voit condamné au bagne par erreur. Quand la guerre éclate, il revient en France pour prendre les armes et traversera le conflit en courant désespérément après son pardon. Du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni aux plages de Dunkerque, à Paris puis dans le Loiret et enfin à Auschwitz Birkenau en Pologne, vous allez suivre pas à pas le destin d’un orphelin à qui la vie n’a fait aucun cadeau et qui deviendra, malgré lui, un héros de guerre.

(juin 1917 - juillet 1940)

Antoine est un adolescent qui a appris à souffrir en silence. Grâce à sœur Charlotte, sa mère de substitution, il survit à ses premières années au sein de l’orphelinat. Quand il fuit les Enfants Trouvés, il multiplie les métiers et pour manger à sa faim, devient un voleur réputé sur Pigalle. Jugé à tort pour meurtre, la justice le condamne au bagne. Quand la guerre éclate, il saisit sa chance et revient en volontaire sur les plages de Dunkerque…

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Le premier tome d’une trilogie puissante, bouleversante, à lire absolument !

Gilles Milo-Vacéri a le don de donner vie à des personnages inoubliables et Antoine Boulan est sans conteste l’un des plus attachants et bouleversants. J’avais lu la première version éditée de « Les larmes de Satan » et j’avais été très touchée par ce livre dont l’action se situe pendant la Seconde Guerre mondiale, plus particulièrement durant l’Occupation, et qui nous rappelle le devoir de mémoire afin que plus jamais ça ! Mais justement, ayant aimé ce texte, je suis plus que ravie que l’auteur l’ait repris et complètement réécrit en mettant l’accent sur Antoine qui en devient encore plus humain et réel. Il pourrait tout à fait avoir existé. De plus l’auteur a développé la narration, rendant son texte encore plus frappant. La trame est la même mais c’est encore mieux, encore plus émouvant et c’est édité en trois tomes.

Dans sa préface, Gilles Milo-Vacéri nous explique pourquoi il a écrit « Les larmes de Satan ». Il nous rappelle le devoir de mémoire qui est le nôtre pour que tous ceux qui sont morts au nom de la Liberté, soldats, déportés, Juifs, résistants, ne soient pas morts en vain. Personnellement j’ajouterai qu’on en a besoin aujourd’hui plus que jamais au vu de certains faits d’actualité et paroles de gouvernants. Puis il a mis en exergue un extrait du magnifique Chant des Partisans (j’ai ainsi appris que les paroles françaises étaient de Joseph Kessel et Maurice Druon) ainsi qu’un extrait du Discours du transfert des Cendres de Jean Moulin au Panthéon prononcé par André Malraux.

Ensuite, nous entrons dans l’histoire de la vie d’Antoine et dès les premières lignes, nous avons le cœur serré par la douleur de cette mère obligée d’abandonner son enfant. En quelques phrases, Gilles Milo-Vacéri ressuscite un temps où il ne faisait pas bon s’écarter du chemin d’une stricte morale et où une fille-mère était systématiquement condamnée et rejetée. À l’Hôpital

Hôpital des Enfants Trouvés

des Enfants Trouvés, la supérieure Sœur Evelyne est un vrai chameau. Heureusement il y a la douce Sœur Charlotte ; c’est elle qui fournira son identité à Antoine Boulan, qui l’aimera et lui donnera une forte éducation avec des valeurs d’honneur. C’est grâce à elle qu’il survivra à seize années d’orphelinat qui n’ont été qu’une suite de brimades et d’injustes corrections car Sœur Evelyne — maudite soit-elle ! — en a fait son souffre-douleur. À 16 ans, Antoine, surnommé respectueusement Le Silencieux par ses camarades, fuit l’Hôpital et commence à travailler en tant qu’apprenti boulanger. Hélas, la mort de Sœur Charlotte lui brise le cœur et il laisse tout tomber. Commence alors pour lui une vie de misère. Pour ne pas mourir de faim, malgré son désir de devenir quelqu’un de bien pour que Sœur Charlotte soit fière de lui, il devient cambrioleur mais il ne vole que les riches et ne porte pas d’arme. Antoine aurait pu continuer longtemps sa vie de voleur s’il n’avait pas été rattrapé par sa promesse faite à Sœur Charlotte et les valeurs d’honnêteté, justice, solidarité et respect de l’humain qu’elle lui a inculquées. Victime d’une

Cayenne - Bagne de Saint-Laurent-du-Maroni

lamentable erreur, il est accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis et condamné aux travaux forcés à perpétuité au bagne de Cayenne. Quand la guerre éclate, sa rencontre avec le directeur du bagne, le colonel Pierre de Maranches, qui lui propose de rentrer en France pour défendre son pays contre l’Allemagne et qui va être le premier à croire à son histoire et à son innocence, va lui permettre de reprendre sa vie en mains et d’entamer son chemin de rédemption.

Disons-le de suite, « Les larmes de Satan » c’est de l’émotion à l’état pur.  Gilles Milo-Vacéri nous offre un roman d’une grande puissance. C’est un roman mais les faits qu’il raconte se sont effectivement passés. Au fil de la narration, j’ai été émue par la bonté de certains de ses personnages ; j’ai eu envie de prendre Antoine dans mes bras et de le serrer fort pour le consoler, le protéger, le défendre ; j’ai maudit l’auteur lors de sa condamnation. Une malchance pareille, un tel enchaînement de circonstances et je ne vous dis pas tout… Et combien j’ai aimé Pierre de Maranches pour avoir cru à son innocence et lui avoir tendu la main ! Le récit de la bataille de Dunkerque est

Dunkerque

d’un réalisme incroyable et Antoine a un comportement exemplaire dès le début. L’auteur nous le rend encore plus attachant et humain ; ce n’est pas un surhomme mais il montre le vrai courage des âmes bien nées, celui qui vous fait agir malgré la peur parce que c’est ce qu’il faut faire. Et cela va le mener très loin. Il ne renonce jamais, quel que soit l’obstacle ou la difficulté. Antoine, c’est l’honneur, le respect de la parole donnée, le sens du devoir. Son moteur, c’est l’amour et la recherche de la rédemption car il ne se pardonne pas son passé de voleur. Dans la France de l’Occupation, il va découvrir les horreurs de la guerre et du comportement des nazis. Combien de fois me suis-je demandée si les exactions rapportées étaient vraies tant j’étais révulsée par ce que je lisais tout en sachant que l’auteur ne disait que la vérité et me demandant avec lui où était Dieu à ce moment-là, que faisait-il ? Antoine, devenu un combattant de l’ombre à 23 ans a toute la fougue de la jeunesse et ses idées pour remplir une mission… Waouh ! c’est quelque chose ! Et je peux vous certifier que vous en oublierez de respirer.

Conclusion : lisez « Les larmes de Satan », même si vous avez lu la première version. C’est un livre magnifique, avec des personnages bouleversants, des valeurs qui vous feront chaud au cœur. Prévoyez néanmoins quelques mouchoirs car je ne doute pas que vous serez ébranlés, touchés, émus, affligés… De l’émotion à l’état pur je vous dis !

La guerre efface le respect dû aux morts, de la même manière qu’elle plonge dans l’oubli, les identités, les visages, les souvenirs de chacun. Une monstruosité.

Chapitre VI 29 mai 1940 France - Au large de Dunkerque, Mer du Nord - À bord de La Martinière

Le courage frôlait parfois l’héroïsme et la témérité ne se mesurait pas au grade ou selon l’âge. Antoine contempla longuement ces soldats qui donnaient leur vie pour que d’autres puissent survivre et un profond sentiment de respect naquit en lui. C’étaient des hommes d’honneur, des braves et il se promit de les imiter pour en avoir la même trempe.

Chapitre VI 29 mai 1940 France - Au large de Dunkerque, Mer du Nord - À bord de La Martinière

Bombardements et mitraillages étaient devenus si fréquents que l’on ne se demandait plus qui ou comment, mais plus simplement quand viendrait son tour. Encore une triste leçon pour Antoine qui fit sienne, une devise qu’il n’entendait que trop souvent : va où tu veux, meurs où tu dois. Si ce fatalisme, teinté d’un réalisme sordide, n’évitait pas la mort, au moins, il permettait de moins subir sa peur.

Chapitre VII 30 mai 1940 France - Mer du Nord - À bord de La Martinière

Ainsi, l’amour d’une mère ne souffrait pas le retard, ne connaissait ni la peur ni le déséquilibre et pouvait affronter toutes les armées du monde.

Chapitre VII 30 mai 1940 France - Mer du Nord - À bord de La Martinière

— Ne t’écoute pas. Tu n’as pas mal et tout va bien. Maintenant, marche ou crève, soldat ! s’encouragea-t-il. Les premiers pas furent hésitants, puis la force de la jeunesse prit le dessus sur l’épuisement. Le sergent avançait. Lentement, en serrant les dents, mais il marchait à nouveau.

Chapitre VIII 31 mai 1940 France - Mer du Nord - Sur une plage inconnue

Il savait déjà qu’Alice serait importante dans sa vie et sans tergiversation, il décida de tout lui raconter, même si certains épisodes de sa vie n’allaient pas le mettre à l’honneur. Dire la vérité est toujours une bonne chose ! répétait inlassablement sœur Charlotte et il avait déjà compris qu’il ne cacherait jamais rien à Alice.

Chapitre XVI 26 juin 1940 Paris IXe - Quartier Opéra - Palais Garnier

On n’abandonne jamais un homme derrière soi.

Chapitre XVII 27 juin 1940 Paris IXe - Quartier Opéra - Palais Garnier

Pourtant, ça pourrait bien fonctionner, votre truc ! C’est dingue et plus c’est dingue, mieux ça marche.

Chapitre XXIII 31 juillet 1940 Loiret - Sainte-Madeleine - Ferme des Jandart

Alors, Antoine se dit que chacun avait ses raisons de s’engager dans la Résistance et de porter des coups à l’ennemi, en fonction de ses moyens. Toutefois, si l’on grattait le vernis, si l’on oubliait les apparences ou les vérités trop vite proclamées, on comprenait qu’au fond, la seule vraie raison de se battre relevait de l’attachement à de vraies valeurs et, par-dessus tout, au respect de la Liberté de tous.
À chacun sa croix, souvent trop lourde et pour tous ces braves, le sentiment absolu de devoir défendre la patrie au péril de sa vie. Telle était l’étrange alchimie de ces combattants anonymes, perdus dans l’ombre de la clandestinité, ne recevant ni honneur ni gloire, et qui pourtant donnaient tout, sans jamais réfléchir ni hésiter.

Chapitre XXIII 31 juillet 1940 Loiret - Sainte-Madeleine - Ferme des Jandart

Hôpital des Enfants Trouvés

 

Rue Pigalle

 

 

Le La Martinière

 

Guyane - Cayenne - Bagne de Saint-Laurent-du-Maroni

 

Bagne de Saint-Laurent-du-Maroni - Cellule

 

Bataille de Dunkerque

 

Dunkerque : embarquement des troupes

 

Amiens sous les bombes

 

Amiens sous les bombes

 

Carte de démembrement de la France sous l'Occupation allemande

 

Deux enfants juifs

 

L'exode

 

Exode de civils français sur une route de campagne. 1940

 

Quartier Pigalle

 

Ausweis

 

Des drapeaux nazis accrochés à la façade du Palais Garnier

 

Hitler à Paris

 

Paris sous l'occupation

 

Une colonne de soldats Allemands marche dans Paris

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Historique, #Femmes célèbres, #Biographie, #Personnages historiques, #Antiquité, #Nazisme, #Cinéma

Résumé :

Aphrodite, Aliénor d'Aquitaine, Jeanne d'Arc, la Montespan, la Pompadour, Magda Goebbels, Grace Kelly ont été, pour des raisons différentes, célébrées pour leur blondeur. Chacune de ces femmes a eu une vie exceptionnelle. Etait-ce parce qu'elles étaient blondes ? Sans doute pas. Mais leurs cheveux d'or sont restés dans nos mémoires et Agnès Grossmann nous raconte ici leur destin hors normes, souvent scandaleux, toujours passionnant.
Succombez aux charmes d'Aphrodite, la déesse de l'amour, sur le mont Olympe ; restez dans le sillage d'Aliénor d'Aquitaine, deux fois reine, des deux côtés de la Manche ; vibrez avec Jeanne d'Arc à la tête d'une armée de douze mille hommes ; faufilez-vous à la cour de Louis XIV puis de Louis XV où la Montespan et la Pompadour ont été des favorites au pouvoir immense ; suivez la jeune Grace Kelly dans les studios d'Hollywood à la conquête d'Hitchcock et d'elle-même ; et enfin, après tout cet éclat, entrez dans l'ombre de Magda Goebbels, la première dame du Ille Reich, pour tenter de comprendre la folie meurtrière qui l'a poussée à assassiner ses six enfants dans le bunker d'Hitler : voici sept portraits captivants de femmes blondes, souvent lumineuses, parfois sombres, bien loin de tous les préjugés attachés à la blondeur.

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥

Belles, intelligentes, puissantes et… blondes !

C’est triste à dire et à écrire, mais lorsqu’on parle de blondes, trop souvent, on imagine une femme belle mais complètement stupide. Il n’y a qu’à voir le succès des blagues sur les blondes. Et d’un autre côté, la blondeur nous attire, elle est synonyme de beauté, d’innocence, de douceur, de bonté ; les princesses des contes de fées sont souvent blondes, l’iconographie religieuse nous offre souvent des saints et des anges blonds… Pour tout cela, j’étais curieuse de lire « Les blondes de l’histoire » et je remercie Babelio ainsi que les Éditions Acropole qui m’ont envoyé ce service presse grâce à une Masse Critique.

Dans un avant-propos passionnant, Agnès Grossmann nous découvre en quelques lignes le pouvoir et l’attrait que la blondeur a toujours exercé. Puis elle nous relate avec beaucoup de talent la vie de sept femmes exceptionnelles, célèbres pour leur blondeur, et elle met un grand coup de pied aux préjugés qui veulent qu’une blonde soit fragile et stupide.

La naissance de Vénus

L’auteure nous invite à remonter le temps et nous fait assister à la naissance d’Aphrodite, la déesse de l’Amour et de la Beauté : blonde aux yeux bleus. Mais si le blond était assimilé à la beauté, il était aussi la couleur des cheveux des prostituées à Athènes, dans l’Antiquité ; nous retrouvons donc cette ambivalence. La vie d’Aphrodite n’est qu’une longue suite d’aventures, d’amours adultères, de jalousies… « une fille à emmerdes » conclura Agnès Grossmann. Nous découvrons ensuite Aliénor d’Aquitaine. Le rouge est sa

Alienor d'Aquitaine

couleur et c’est une lionne qui n’en fait qu’à sa tête. À 15 ans, elle épouse le roi de France Louis VII pour lequel elle sera d’ailleurs une très mauvaise conseillère et dont elle divorcera en 1152 pour se remarier deux mois après avec Henry Plantagenêt, comte d’Anjou et duc de Normandie, qui deviendra roi d’Angleterre en 1154. Aliénor, c’est la « tornade blonde » ambitieuse qui aime l’amour, la politique et les Arts.

Jeanne d'Arc

Avec Jeanne d’Arc, nous entrons dans un autre registre, celui de la sainteté. Encore un destin extraordinaire ! Ensuite nous nous retrouvons à la Cour de Louis XIV et nous suivons les pas de sa flamboyante maîtresse, Athénaïs de Montespan, l’ambitieuse, la très belle Montespan, dont l’esprit était célèbre et célébré. Puis Agnès Grossmann nous conte la vie d’une autre célèbre favorite, l’ambitieuse Jeanne-Antoinette Poisson plus connue sous le nom de marquise de

Madame de Pompadour

Pompadour. À noter qu’elle est d’origine bourgeoise et non noble. De plus, elle restera la confidente et l’amie de Louis XV alors qu’elle n’est plus sa maîtresse. Après, nous faisons un grand bond en avant et nous atterrissons au XXe siècle avec la sinistre blonde, Magda Goebbels. Celle qui fut la première dame platonique du IIIe Reich fut élevée par un beau-père juif et son premier amour fut pour un jeune homme juif russe. Mais dans son désir de devenir riche et membre de la haute société à tout prix, elle tournera le dos sans état d’âme à son passé

La famille Goebbels et Adolphe Hitler

pour adopter avec ferveur toutes les idées du IIIe Reich et devenir une des disciples les plus ferventes d’Hitler. Épouse de Joseph Goebbels, un homme dont le physique était aux antipodes de l’idéal nazi — il était brun, petit et contrefait — elle préfèrera se donner la mort et tuer ses six enfants à la chute du Führer. Enfin, nous terminerons avec « la blonde

Grace Kelly

hitchcockienne », la ravissante et talentueuse Grace Kelly devenue la princesse Grace de Monaco par son mariage avec le prince Rainier.

C’est un livre qui se lit très vite et chaque chapitre correspond à un portrait. Agnès Grossmann a une écriture limpide et sait nous captiver. De plus, c’est très original de choisir de mettre en valeur sept femmes célèbres à partir de cette caractéristique physique qu’est leur blondeur pour démonter les préjugés. Elle a largement gagné son pari. Ces sept blondes ont certes brillé par leur beauté mais surtout par leur intelligence et leur force de caractère. Elles ont su se construire une vie à leur goût et n’ont rien de la petite chose fragile à protéger. Leur vie est passionnante et l’auteure m’a donné envie de les découvrir un peu plus car elle n’a pu que survoler leur parcours tout en sachant nous en dire l’essentiel.

C’est donc un livre que je recommande, une lecture estivale à savourer.

Aphrodite and Eros - Giovanni Antonio Pellegrini 1675 - 1741

 

La naissance de Vénus de Botticelli.jpg

 

Aphrodite de Cnide — Praxitèle

 

 

Alienor d'Aquitaine
Alienor d'Aquitaine

 

Aliénor d'Aquitaine — Gisant de Fontevraud

 

Entrée de Jeanne d’Arc à Orléans by Jean-Jacques Scherrer

 

Jeanne d'Arc

 

Madame de Montespan

 

Athénaïs par un peintre anonyme – Tableau conservé au Palais Pitti, Florence

 

François Boucher. Portrait de la marquise de Pompadour (1756)

 

Maurice Quentin de la Tour. Portrait en pied de la marquise de Pompadour (1752-55)

 

Magda Goebels

 

La famille Goebbels et Adolphe Hitler

 

Grace Kelly actrice

 

Grace Kelly et Gary Cooper — Le train sifflera trois fois

 

Grace Kelly et Cary Grant dans "La main au collet"

 

Grace Kelly, Clark Gable & Ava Gardner in 'Mogambo', 1953

 

Rencontre de Grace Kelly avec le prince Rainier

 

Grace Kelly et le prince Rainier

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Aztèques, #Littérature, #Harem, #Roman, #Historique

Résumé :

"Teotitlan, 1517,

Ameyal, fille de chef téméraire, fière et impulsive, est enfin admise comme concubine.
Le rêve qui se cache derrière son regard de jade : s’évader du harem d’Ahuizotl, le monstre aquatique.
Mais pour y parvenir, elle devra payer le prix.

D’un côté, la liberté et la vie. De l’autre, la mort ou la prison. Entre les deux, un parterre de fleurs sublimes et vénéneuses.
Des rivales et ennemies qui ne lui laissent aucun répit.
Un Maître qui la poursuit.
Une alliée folle de désir.
Une déesse qui l’a choisie pour servir d’obscurs desseins.
Comment s’échapper de cette cage dorée ?

Laissez-vous emporter dans un grand voyage, un ailleurs et un autrefois caché au sein d'une civilisation aussi fascinante qu'effrayante. "

Extrait :
« Regard de jade.
Ameyal savoure ce nom qui est le sien sans vraiment l’être. L’air pur de l’extérieur soulève ses cheveux et la conversation résonne en elle à nouveau. Ainsi, non contente de la vouvoyer et de la servir, celle qui auparavant était sa Maîtresse tente désormais de la flatter.
Necahual, toutefois, se trompe sur un point. La différence entre la théorie et la pratique est une chose à laquelle elle se sent déjà familiarisée. Il s’agit même de la raison pour laquelle elle a prétexté vivre dans le cadre des Lois.
Or, comme le dit Xalaquia, à quoi la Loi sert-elle, si ce n’est pour dominer les faibles et protéger les forts ? Quel est son but, si ce n’est d’être outrepassée ? N’est-ce pas justement ce qui donne le sel à la vie ?
La jeune fille serre le poing. Quelques gouttes de sang s’écoulent de ses doigts, mais qu’importe. Elle sera bientôt guérie. Non, elle ne va pas se contenter de faire plier les règles, comme le font les quelques femmes qui composent la main droite du harem.
Elle va les tordre jusqu’à ce que le Maître lui donne ce qu’elle veut. »

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Un troisième tome tout aussi éblouissant et passionnant que le précédent.

Ameyal a atteint son premier objectif, elle a obtenu le statut de concubine et le Maître Ahuizotl lui a donné son nouveau nom, Regard de Jade. Mais il ignore qu’elle n’a toujours qu’un seul but, s’évader du harem, retrouver sa liberté, son village et son peuple, à tout prix.

Si elle espérait que les choses soient plus faciles maintenant qu’elle est devenue concubine, Ameyal n’a pas tardé à déchanter. Sa situation est encore plus délicate que précédemment. Ses “camarades” loin d’avoir désarmé vont au contraire gravir une marche de plus dans l’escalade aux menaces et à la violence. Les alliances qu’elle a conclues vont se révéler sources de tension et de danger accru. De plus elle joue un jeu dangereux avec Ahuizotl car elle doit maintenir l’intérêt et le désir qu’il éprouve pour elle tout en parvenant à lui résister sans susciter sa colère.

Éric Costa nous plonge toujours plus profondément dans la civilisation aztèque et il nous fait découvrir le harem de l’intérieur. Grâce à ses connaissances et son talent, nous vivons les scènes d’ « Aztèques » comme si nous y étions et j’ai continué de trembler pour et avec Ameyal. Sa situation est toujours aussi précaire et ses ennemies ne désarment pas. S’y ajoute son talent tout personnel pour se mettre dans les situations les plus critiques. Le luxe, la splendeur et la volupté du harem ne font que recouvrir la haine et la jalousie qui animent épouses et concubines. Elles ne reculent devant rien, pas même devant un assassinat.

La plume de l’auteur est toujours aussi agréable et empreinte de poésie. Je suis de plus en plus envoûtée par l’histoire d’Ameyal et de ceux et celles qui l’entourent. Éric Costa m’a totalement captivée et je suis devenue accro à son univers d’ « Aztèques ». Je n’ai qu’une hâte, celle de découvrir la suite des aventures de Regard de Jade.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Littérature, #Historique, #Inde, #Colonialisme

Résumé :

Le 29 mars 1849, un garçon de dix ans est introduit dans la salle des miroirs du fort de Lahore. Malgré ses craintes, il s'avance avec dignité : il est le maharajah du Pendjab. Au cours d'une cérémonie aussi fastueuse qu'humiliante, l'enfant va devoir reconnaître sa soumission à la Couronne britannique et céder à la reine Victoria non seulement l'un des territoires les plus riches de l'Inde, mais aussi l'objet le plus précieux du sous-continent, le célèbre diamant Koh-i-Noor, la Montagne de Lumière. Soucieux de lui établir un pedigree, les Anglais passent aussitôt commande d'une "biographie" de la pierre précieuse. Pour s'acquitter de sa tâche, le jeune fonctionnaire désigné par la Compagnie des Indes orientales a visiblement couru les bazars de Delhi, réunissant toutes les légendes et sornettes que colportait la tradition. L'histoire du Koh-i-Noor de William Dalrymple et Anita Anand dissipe les brumes de la mythologie, mais ce qu'elle révèle au lecteur d'aujourd'hui n'en est pas moins romanesque, avec son lot de meurtres et de trahisons : une archéologie de la cupidité, où se rejoignent les passions privées des maharajahs et la folie collective de l'impérialisme occidental. Craché par un volcan primaire, charrié par le fleuve Krishna jusqu'à Golconde, le Koh-i-Noor ira jusqu'en Afghanistan, avant de venir se loger dans la couronne de la reine Victoria.

Mon avis :  ♥ ♥ ♥

Un livre passionnant qui nous entraîne sur les traces du diamant le plus

célèbre du monde, le Koh-i-Noor.

Je remercie Les Éditions NOIR sur BLANC ainsi que Babelio qui m’ont envoyé cet ouvrage grâce à une Masse Critique. Même si je n’y suis jamais allée, l’Inde m’a toujours fascinée. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que je me suis plongée dans la lecture de « L’histoire funeste du diamant le plus célèbre du monde ». Le livre se divise en deux parties. La première, écrite par William Dalrymple, nous conte la vie mouvementée du Koh-i-Noor avant qu’il ne soit “offert” à la reine Victoria. La seconde partie, rédigée par Anita Anand, nous relate comment ce diamant fut extorqué à un enfant de dix ans par la puissance coloniale britannique.

Quoi qu’en disent les légendes plus ou moins farfelues à son sujet, ce n’est qu’à compter de 1739 que le Koh-i-Noor est nommément cité. Il est possible qu’on en ait parlé avant mais on n’a aucune certitude historique. Néanmoins, il semblerait qu’il ait été découvert en Inde par Babur, un prince-poète, fondateur de la dynastie moghole, dans les années 1520. Sa valeur est alors estimée à « deux jours et demi de vivres pour le monde entier ». De tout temps, on a attribué aux gemmes et plus particulièrement aux diamants des vertus magiques, surnaturelles. Mais pour les Moghols, les pierres de couleur telles les émeraudes, les rubis, surpassaient les diamants. Ce que l’on peut dire avec certitude, c’est que l’histoire du Koh-i-Noor est liée à une longue succession de crimes, guerres et vengeances. Ses différents possesseurs ne manquaient pas d’imagination lorsqu’il s’agissait de torturer ou de tuer ceux qu’ils considéraient comme traîtres ou ennemis.

En 1628, son nouveau possesseur, Shah Jahan, fit façonner un trône en or massif, — le Trône aux Joyaux ou Trône du Paon — recouvert de pierres précieuses, au sommet duquel se trouvaient un ou deux paons. Il est

couramment admis que le Koh-i-Noor en faisait partie. Il tomba ensuite dans les mains de Nadir Shah et se retrouva en Iran. Quelques décennies plus tard, il est la propriété d’Ahmad Shah en Afghanistan, puis de Ranjit Singh, maharajah des Sikhs au Lahore, en 1813. Ranjit Singh prit l’habitude de le porter seul et en fit son emblème. À la mort du maharajah du Lahore, ses différents propriétaires connurent tous des morts violentes, jusqu’au maharajah du Pendjab, Dulip Singh, dont le sort ne fut guère plus enviable, puisqu’il dut céder le Koh-i-Noor à la Couronne britannique, « renoncer à son royaume, à sa fortune et à son avenir », le 29 mars 1849. C’était un enfant de dix ans que l’on avait séparé de sa mère. Il passa la majeure partie de son existence en exil. Le comte de Dalhousie, gouverneur général de l’Inde, offrit le diamant à la reine Victoria et depuis lors, le Koh-i-Noor fait partie des bijoux de la Couronne.

Au final, une lecture passionnante bien qu’un peu aride à cause de la difficulté à me retrouver dans tous les noms indiens. Extrêmement bien documentés, les deux auteurs, William Dalrymple et Anita Anand nous offrent un voyage fascinant et très riche historiquement sur les traces de ce joyau incomparable qu’est le Koh-i-Noor. En même temps, ils nous interpellent sur les ravages dus au colonialisme et la question est plus que jamais d’actualité puisque l’Inde, mais aussi l’Afghanistan, l’Iran, demandent à ce que le diamant leur soit restitué.

 

Le Koh-i-Noor

 

Détail Babur, école moghole, 1640, Musée Guimet

 

Portrait de Shah Jahan sur le Trône du Paon

 

Maharaja Ranjit Singh

 

Reddition du maharajah Dulip Singh

 

Reine Victoria

 

Dulip Singh et la couronne britannique où brille le Koh-i-Noor

 

La Reine Alexandra et sa couronne où est serti le Koh-i-Noor

 

La Reine Alexandra et le Koh-i-Noor

 

Elizabeth (portant le Koh-I-Noor sur la couronne) et sa fille la future Elizabeth II, le jour du couronnement de George VI en 1937

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Thriller, #Ésotérisme, #Fantastique, #Historique, #Légendes

Résumé :

A Aurillac, le capitaine Malo Sinclair s'ennuie... Il faut dire que Malo, jeune as prometteur de la police criminelle du quai des Orfèvres, avait tout pour monter vite et haut dans la hiérarchie... s'il n'avait eu la malheureuse idée de démolir le portrait d'un suspect, fils d'un ministre. Pour le protéger autant que pour le punir, son chef a décidé de le mettre "au vert". Et pour ce faire, quoi de mieux qu'Aurillac, préfecture du Cantal, où l'on compte plus de vaches que d'habitants ? Après deux ans, Malo est à la limite de la dépression. C'est alors qu'on l'appelle pour une affaire de vol sur le chantier de fouille de l'abbaye Saint-Géraud récemment mise à jour. Une tête mécanique, incroyable vestige, presqu'une légende urbaine, a disparu. Enfin une affaire qui sort de l'ordinaire ! Mais, quand les cadavres pleuvent, Malo ne peut se dire qu'une chose : il n'en demandait pas tant... Un polar ésotérique autour du personnage de Gerbert d'Aurillac, le sulfureux Pape de l'an Mil.

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Coup de ♥ ! Un thriller ésotérique aux parfums du Da Vinci Code, Indiana Jones et Tomb Rider…

Le capitaine Malo Sinclair est au bord de la dépression. Il n’en peut plus d’Aurillac, de ses poivrots, de sa délinquance sans envergure et de ses

crimes sans mystères. Lui, il était fait pour les enquêtes et les crimes compliqués qui nécessitaient du flair et de la réflexion. Seulement, voilà, ce jeune policier, plus que prometteur, du quai des Orfèvres s’est laissé emporter par une juste colère et il a refait le portrait d’une petite ordure de violeur qui, malheureusement pour lui, était le fils d’un ministre. Ce haut fait lui a valu un aller simple pour Aurillac. C’est alors qu’il reçoit la visite d’un archéologue au nom prédestiné de Lapierre qui vient déclarer le vol d’une relique sur le chantier des fouilles de l’Abbaye

L’îlot Saint-Géraud en cours de fouilles

Saint-Géraud. Il s’agit de la tête mécanique dont la légende raconte que Gerbert d’Aurillac, le pape sorcier, l’aurait ramenée d’un de ses voyages d’Orient. Et l’instinct de Malo lui dit que c’est peut-être bien l’affaire qui lui permettra de retrouver sa place à la Crim’.

J’ai adoré ce thriller ésotérique, il y a tout ce que j’aime : des personnages attachants et hauts en couleur, de l’humour à chaque page, du suspense, une belle histoire qui plonge ses racines dans le passé, une enquête fertile en rebondissements, des dialogues savoureux et la plume pétillante de l’auteur, Jean-Luc Marcastel.

Malo déprime peut-être mais il a néanmoins deux bons amis pour le soutenir : Karl, le baroudeur, qui tient le bar L’Aventurier et qui réserve ses meilleurs alcools à ses amis et Fred qui n’est autre que le Préfet, ce qui lui sera bien utile pour se faire confier l’enquête. Leurs discussions et leurs chamailleries sont un régal. Et puis, nous avons Mademoiselle Mignon, une bombe dixit Albert, une belle femme mais une belle emmerdeuse d’après Malo qui flashe sur elle, une prof d’histoire-géo au regard qui tue et au caractère explosif. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne faut pas la contrarier et qu’elle a du répondant. Les passes d’armes entre elle et Malo m’ont bien fait rire. Et surtout, il y a Albert, mon personnage préféré, celui qui fait que ce livre ne ressemble à aucun autre, Albert, “l’Attila des terrains de rugby” qui a la carrure d’un ours et l’âme d’un boy-scout, qui ne sait pas parler doucement et dont la moindre parole vous rend à moitié sourd mais qui a des éclairs de génie grâce auxquels Malo pourra progresser dans son enquête et qui a surtout un cœur énorme et la candeur d’un enfant. Tous

Statue du Pape Gerbert par David d'Angers, Aurillac

vont vivre au rythme de l’affaire Gerbert d’Aurillac et quelle affaire ! Grâce à la découverte des Carnets de Gerbert, elle va les entraîner dans une sorte de jeu de piste où les morts s’accumulent de même que les énigmes. Scènes de crime et courses-poursuites vont les conduire d’Aurillac à Paris, puis à Londres, Madrid, pour s’achever à Rome et au Musée Pio Clementino au Vatican.

L’auteur a un don pour nous faire ressentir les ambiances, nous décrire les lieux et il ne peut s’empêcher de nous faire saliver en nous parlant des spécialités culinaires d’Aurillac et de sa région… On sent la passion qui l’anime lorsqu’il écrit et il sait nous la transmettre. La légende de Gerbert d’Aurillac est d’autant plus fascinante qu’il a réellement existé : devenu pape sous le nom de Sylvestre II, c’est un scientifique, un mathématicien hors pair, un technicien, mais également un alchimiste, soupçonné de sorcellerie et Jean-Luc Marcastel a créé une magnifique

Jean-Luc Marcastel et Gerbert d'Aurillac

histoire à partir de cette base. Il nous donne également à réfléchir sur l’Homme, le Mal, la crainte de la mort et sur notre extraordinaire capacité à tout détruire.

Je pourrais encore vous parler longuement de ce livre que j’ai lu pratiquement d’une traite et j’espère vous avoir donné envie de le découvrir ainsi que son auteur. J’ajouterai que Jean-Luc Marcastel est machiavélique et qu’il nous a concocté une fin digne de tout le reste. J’ai un dernier souhait que je lui adresse, celui de retrouver le commandant Malo Sinclair et Albert dans une nouvelle aventure.

 

Jean-Luc Marcastel et Gerbert d'Aurillac

 

Aurillac sur les bords de la Jordane

Aurillac sur les bords de la Jordane

Fouilles de Saint-Géraud

 

Vue générale du site de l’îlot Saint-Géraud en cours de fouilles avec en arrière plan l’église abbatiale

 

Sarcophages monoxyles carolingiens avec leur couvercle

 

Sarcophage monolithe déposé à l’intérieur et contre le mur nord de l’édifice à vocation funéraire

 

Statue du Pape Gerbert par David d'Angers, Aurillac

 

Gerbert, le pape de l'an mil

 

Raymond de Lavaur emmenant Gerbert .

 

Le mystérieux abaque de Gerbert d'Aurillac

 

Calligraphie caroline

 

Saucisse, "la bestiole"

 

Le code César

 

 

Le Shuttle Eurotunnel

Le Shuttle Eurotunnel

Statue de St Pancras

Statue de St Pancras

Museum of natural history Londres

 

Squelette de diplodocus

 

Les Ménines de Diego Vélasquez

 

Musée Pio-Clementino

 

Statue d'Hercule au Musée Pio-Clementino

 

Lamborghini Veneno

 

Cour de la Pigna

 

Cour de la Pigna

 

Sphère dans la sphère de Arnaldo Pomodoro

 

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