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Les livres de Goéwin

biographie

Publié le par Goéwin
Publié dans : #Autobiographie, #Biographie, #Dalaï-lama, #Bouddhisme, #Tibet, #Inde, #Chine, #Non-violence, #Politique, #Mémoires, #Témoignage

Résumé :

« Lama Kewtsang Rinpoché, du monastère de Sera, était habillé pauvrement, mais il avait au cou un rosaire ayant appartenu au XIIIe dalaï-lama. L’enfant parut reconnaître le rosaire et demanda qu’on le lui donne. Le lama le lui promit s’il devinait qui il était, et le garçon répondit : “Sera-Aga”, ce qui, en dialecte local, signifiait “un lama de Sera”.

Le lama passa une journée entière à observer l’enfant avec un intérêt grandissant, jusqu’à l’heure du coucher. Tout le groupe passa la nuit dans la maison. Au petit matin, alors qu’ils se préparaient au départ, le garçon sortit de son lit et demanda à partir avec eux.

Cet enfant, c’était moi. »

Tenzin Gyatso, XIVe dalaï-lama

Chronique : ♥ ♥ ♥ ♥

Le témoignage bouleversant du dalaï-lama sur sa vie au Tibet avant d’être contraint à l’exil.

Le jeune Tenzin Gyatso, XIVe dalaï-lama

« Mon pays et mon peuple » est l’autobiographie de Tenzin Gyatso, XIVème dalaï-lama, publiée en 1962, alors qu’il vient de fuir le Tibet et que commence son long exil en Inde. C’est un témoignage sur le Tibet en même temps qu’un document politique sur l’invasion chinoise et le soulèvement du pays. Le but de cette biographie est de défendre la liberté du Tibet.

Le dalaï-lama commence par nous décrire son pays et plus particulièrement son village et ses traditions d’une plume empreinte de poésie. Les Tibétains sont avant toute chose des bouddhistes et ils forment un peuple heureux et paisible malgré des conditions de vie difficiles et un système féodal. On ne peut que ressentir l’amour que le dalaï-lama éprouve pour son peuple et sa terre.

Le Potala, le lieu le plus sacré du Tibet

C’est à l’âge de quatre ans et demi qu’il fut reconnu comme la réincarnation de Thupten Gyatso, le XIIIème dalaï-lama. Lorsqu’il atteint ses six ans, commence son éducation et on ne peut qu’être impressionné par le système éducatif tibétain. Le dalaï-lama expose avec beaucoup de clarté et de simplicité en quoi consistent ses convictions et sa foi en Bouddha : la réincarnation, la Loi du Karman, le Nirvana, la bouddhéité…

À 16 ans, alors qu’il n’a pas encore terminé son  apprentissage et qu’il ignore pratiquement tout de la politique, on lui demande de prendre le gouvernement du pays pour faire face à l’invasion communiste chinoise. Le Tibet se retrouve seul face à la Chine, abandonné par des Nations qu’il considérait comme amies, victime de son isolement et de sa méconnaissance des relations internationales.

Durant les neuf années qui vont suivre, le dalaï-lama va tout tenter pour préserver son peuple et son pays. Afin de lui éviter le pire, il acceptera le 23 mai 1951 de reconnaître un accord en dix-sept articles établissant que le Tibet faisait partie de la Chine, en contrepartie de l'engagement par celle-ci à ne remettre en cause ni la religion ni le gouvernement du pays, accord extorqué par la force et les menaces à la délégation tibétaine. Il choisit la non-violence et la collaboration avec l’espoir d’amener pacifiquement les Chinois à respecter leurs accords. Il accepte de se rendre en Chine et de rencontrer le fondateur et dirigeant de la république populaire de Chine, Mao Zedong, qui lui fit forte impression. Dans ses écrits, le dalaï-lama dit avoir eu « la certitude que lui, personnellement, n’utiliserait jamais la force pour convertir le Tibet au communisme. » Et lorsque les faits vont lui démontrer le contraire, il écrira : « mais j’ai encore de la peine à croire que cette oppression avait l’aval et l’appui de Mao Zedong lui-même. » Et lorsque ce même Mao lui déclare : « Je comprends très bien votre point de vue. Mais, croyez-moi, la religion est un poison. Elle a deux gros défauts : elle affaiblit une race et elle freine le progrès. Deux victimes : le Tibet et la Mongolie ont été contaminés par elle », le dalaï-lama ajoute : « Je savais bien sûr qu’il devait être un farouche ennemi de la religion ; et pourtant je le sentais sincèrement bienveillant, voire affectueux à mon égard. »

Malgré tous ses efforts pour maintenir son peuple dans la non-violence, la coexistence pacifique entre Chinois et Tibétains se révèle impossible. Dès 1956 la résistance armée s’organise, durement réprimée par l’armée d’occupation. Le nombre de victimes dans le peuple ne cesse d’augmenter jusqu’au 10 mars 1959. Persuadés que le gouvernement chinois a décidé d’enlever le dalaï-lama, les habitants de Lhassa le retiennent à l’intérieur du palais d’été alors que dans les rues la foule manifeste sa colère contre la domination chinoise. La riposte ne se fait pas attendre et le 17 mars, deux coups de canon sont tirés alors que de nombreuses rumeurs font état de la volonté chinoise de bombarder le palais. Il le sera d’ailleurs le 21 mars et la répression sera terrible.

En mars 1959, les Tibétains se rendent aux troupes chinoises à Lhassa, devant le Potala.

Le dalaï-lama décide alors de fuir caché sous l’habit d’un soldat, il réussit à quitter le palais avec sa famille, ses ministres et ses précepteurs, protégés par des guerriers tibétains. Après une longue marche harassante et périlleuse à travers l’Himalaya, ils parviendront à échapper à l’armée chinoise et à franchir la frontière pour se réfugier en Inde, le 31 mars 1959. Depuis cette date, il y réside, à Dharamsala, avec des dizaines de milliers de Tibétains fuyant le génocide organisé par les Chinois et il y a fondé le gouvernement tibétain en exil. Depuis il n’a cessé de lutter pour que les droits des Tibétains soient reconnus et pour trouver des appuis.

Le dalaï-lama est mondialement connu et est une personnalité très aimée. J’ai lu plusieurs de ses livres et j’ai toujours été très marquée par sa bienveillance, sa compassion et surtout par son pardon face aux exactions et horreurs commises par les Chinois. Dans cette autobiographie, je reconnais que j’ai eu du mal à comprendre son parti-pris favorable à Mao, mais cela n’engage que moi. Tout comme j’admire sa non-violence même si je me sens acquise à ceux qui ont choisi de résister. Par contre, j’ai eu du mal à comprendre tous les paragraphes concernant la politique et j’ai eu très envie de les sauter. Quant aux appendices, bien que très instructifs, j’avoue avoir fait l’impasse après avoir lu quelques lignes.

Cette autobiographie est très intéressante car elle nous fait découvrir toute la jeunesse du dalaï-lama ainsi que ses pensées au moment de l’invasion chinoise. Il fait revivre le Tibet d’avant. Cela dit, je comprends tout-à-fait ceux qui n’ont pas admis certaines de ses positions.

Je remercie les Éditions de L’Archipel ainsi que Babelio Masse Critique pour l’envoi de ce livre qui m’a permis de découvrir les jeunes années d’un homme remarquable qui n’a jamais cessé de combattre de façon non-violente pour que vive le Tibet et que soient reconnus ses droits face à la Chine communiste et des Nations scandaleusement indifférentes face à l’agonie d’un peuple pacifique.

Des conceptions humanitaires et un amour sincère pour tous les êtres ne peuvent être que le résultat d’une bonne perception de la substance de la religion. Peu importe le nom de celle-ci, sa compréhension et sa pratique sont le fondement d’un esprit paisible, et par conséquent d’un monde paisible. Si le calme ne règne pas en soi-même, il ne peut y avoir de paix dans l’approche d’autrui, et donc pas de relations pacifiques entre individus ou entre nations.

Mon pays et mon peuple, page 5

 

Le jeune dalaï-lama

 

La famille du 14ème dalaï-lama

 

 

7 septembre 1959 : Le 14ème dalaï-lama, Tenzin Gyatso, souverain spirituel et temporel du Tibet, arrive à Delhi, lors de sa première visite dans la capitale indienne depuis qu'il a demandé l'asile.

 

Le palais du Potala

 

Le palais du Potala

 

Sa Sainteté lors de ses examens finals de Guéshé Lharampa qui eurent lieu à partir de l’été 1958 jusqu’au mois de février 1959 à Lhassa, au Tibet

 

Zhou Enlai, le Panchen-Lama, Mao Zedong et Sa Sainteté le Dalaï Lama en 1956 à Beijing, en Chine.

 

Tenzin Gyatso (14e dalaï-lama), en compagnie de Mao Zedong et de Choekyi Gyaltsen, (10e panchen-lama) à Pékin en 1954

 

En mars 1959, les Tibétains se rendent aux troupes chinoises à Lhassa, devant le Potala.

 

Le Dalaï-lama et Gandhi, même combat : la non-violence.

 

La communauté tibétaine de l'Inde, Dharamsala

 

Dharamsala

 

Sa sainteté le Dalaï-lama en 2017

 

SS le dalaï-lama

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Biographie, #Vies de saints, #Babelio, #Historique, #Littérature, #Littérature jeunesse, #Hagiographie

Résumé :

« Je vais tenter de coucher sur le parchemin la vie de Vincent Ferrier, qui fut le meilleur de mes confesseurs, le plus avisé de mes conseillers et le plus fidèle de mes amis. Jamais je n'aurais dû me séparer de lui. Ce sera sans doute l'un des seuls personnages de mon entourage que l'Histoire placera dans la litanie des saints. Alors je veux consacrer mes dernières forces à lui rendre hommage. »

L'auteur a imaginé qu'au soir de sa vie, quasi centenaire, l'antipape d'Avignon Benoît XIII fait le récit de sa longue amitié avec frère Vincent.

Né en 1350 à Valence en Espagne et mort le 5 avril 1419 à Vannes en Bretagne, Vincent Ferrier entre à l'âge de 17 ans chez les Dominicains. Il devient très vite populaire grâce à ses prédications et aux nombreux prodiges qui les accompagnent. L'Église a recensé pas moins de 873 miracles lors de son procès en canonisation !

Si saint Vincent Ferrier est un saint comme le Moyen Âge les aime, il a porté douloureusement le problème de l'unité des chrétiens et sa vie fait écho à certains de nos problèmes contemporains.

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥

Un ange de paix et un ange du Jugement !

« Saint Vincent Ferrier Prédicateur des temps derniers » de Véronique Duchâteau s'adresse en priorité aux jeunes à compter de 10 ans mais il plaira tout autant aux adolescents et aux adultes. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un roman mais d'une biographie, il se lit comme un roman. Véronique Duchâteau donne la parole au pape Benoît XIII — ou plutôt l'anti-pape qui fut le dernier représentant de la papauté à Avignon — et c'est lui qui nous conte la vie de ce frère dominicain qui fut un de ses amis.

J'ai découvert la vie de ce saint domicain grâce à une masse critique de Babelio et je les remercie ainsi que les Éditions Pierre Téqui pour l'envoi de ce service presse. Vincent Ferrier est né le 23 janvier 1350, à Valence en Espagne, durant l'année Sainte, c'est-à-dire une année consacrée à Dieu afin d'obtenir la fin de la terrible épidémie de peste qui sévit dans toute l'Europe. Une pauvre femme aveugle à qui la mère de Vincent apportait des secours a prophétisé : « Heureuse mère ! C'est un ange que vous portez. » Il entre chez les Dominicains à 17 ans. À cette époque, l'Église est déchirée par ce qui a été appelé le "Grand Schisme" : un pape à Avignon et un autre à Rome. Frère Vincent va soutenir les papes d'Avignon et tout particulièrement Benoît XIII dont il devient le conseiller et le confesseur, de 1395 à 1398. Mais avant toute chose, Vincent se caractérise par son humilité, son amour de la pauvreté, de l'obéissance, une intelligence supérieure et les fastes de la Cour papale l'oppressent. Il tombe malade et en songe, il a une apparition du Christ, accompagné de saint Dominique et de saint François, qui le guérit et lui ordonne d'aller prêcher de par le monde. Il va alors, durant vingt ans, parcourir la France, l'Italie et la Suisse, d'abord à pied puis à dos d'âne lorsqu'il deviendra trop âgé pour marcher. Sa renommée est immense, les foules le suivent ; son éloquence ainsi que ses vertus et les miracles qui l'accompagnent provoquent les conversions. St Vincent Ferrier ne cesse d'exhorter à se convertir, il conseille des rois et des princes auxquels il apporte la paix  et il annonce le proche retour du Christ. Il mourra à Vannes en Bretagne le 5 avril 1419. "Partout où il a prêché, les populations, qui le vénéraient déjà de son vivant, l'invoquent après sa mort."

Véronique Duchâteau nous offre une belle lecture émouvante et captivante. Avec des mots simples, une écriture limpide, elle donne vie à ce frère dominicain du XIVe siècle. Elle nous montre l'essentiel et a su nous restituer toute une époque finalement pas si différente de la nôtre.

Le pape Benoît XIII

 

Saint Vincent Ferrier

 

Saint Vincent Ferrier

 

Saint Vincent Ferrier

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #biographie, #livres jeunesse, #religion, #spiritualité, #catholicisme

Résumé :

« Après tout, écrit l'impératrice Zita en 1925, on est heureux d'avoir eu beaucoup d'épreuves : d'abord, elles sont passées et, surtout, on est heureux d'avoir quelque chose à donner au Bon Dieu. »

Née en 1892 et morte en 1989, c'est presque un siècle que Zita a traversé, des fastes de la cour d'Autriche-Hongrie à la pauvreté de l'exil. Succédant à la célèbre Sissi, la dernière impératrice d'Autriche a marqué son court règne (à peine deux ans), durant la Première Guerre mondiale, par sa générosité, sa bonté, son attention aux soldats blessés et aux populations victimes de la guerre. Quand l'Empire s'effondre en 1918, Charles et Zita sont chassés d'Autriche et exilés sur l'île de Madère.

Devenue veuve de l'empereur Charles à trente ans, seule avec ses huit enfants, Zita fait front avec courage et dignité, puisant sa force dans l'Eucharistie et la prière. En 1982, après soixante années d'exil qu'elle a vécues au service de la construction européenne, elle est autorisée à revenir en Autriche, sa « chère patrie ». Elle meurt en Suisse à l'âge de 96 ans, mais c'est en Autriche que ses funérailles officielles ont lieu, en présence d'une foule émue de six mille personnes.

La cause pour la béatification de Zita est introduite depuis décembre 2009.

 

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Une belle découverte, la biographie d’une femme vraiment extraordinaire.

Je remercie Babelio Masse Critique ainsi que Pierre Téqui Éditeur pour l’envoi de ce service presse. Grâce à eux, j’ai découvert la vie d’une femme vraiment hors du commun. Zita fut la dernière impératrice d’Autriche après Sissi. Sa vie commença comme un conte de fées. Après une enfance heureuse et choyée, elle rencontre à seize ans l’archiduc Charles de Habsbourg-Lorraine qui succédera à l’empereur François-Joseph. Tous deux se marièrent deux ans après leur rencontre, un mariage d’amour ce qui était plutôt rare dans les familles régnantes. Après deux ans de règne qui furent marqués par la Première Guerre mondiale et la lutte incessante de Charles pour obtenir la paix, le 11 novembre 1918, il signe une renonciation temporaire au pouvoir. « C’est la fin de l’empire d’Autriche-Hongrie, après sept siècles d’existence. » Obligés de fuir, ils trouveront d’abord refuge en Suisse, puis à Madère. Ils vont vivre dans la misère et connaîtront la faim et le froid. Charles meurt le 1er avril 1922, laissant sept enfants ainsi que Zita enceinte du dernier. Toute la famille va alors s’installer en Espagne, puis sept ans après en Belgique. Au moment de la Seconde Guerre mondiale, Zita s’installera au Canada. Elle va mettre toutes ses forces dans la lutte pour venir en aide à son pays, l’Autriche, qui a été annexée par l’Allemagne, et ensuite se battra pour la construction de l’Europe. Elle meurt le 14 mars 1989 à l’âge de quatre-vingt-seize ans.

Ce qui m’a marquée d’un bout à l’autre de ma lecture, ce sont la foi et le courage ainsi que l’abandon à la volonté divine qui habitaient Charles et Zita. Jamais ils ne se sont plaints dans leurs épreuves. Avant toute chose, ils étaient deux chrétiens qui mettaient leur foi en action. D’une profonde charité, ils étaient vraiment au service de leur peuple, d’une grande générosité pour leur venir en aide. Zita sera d’ailleurs appelée « l’ange gardien de tous ceux qui souffrent ». Devenue veuve après dix ans de vie commune, elle restera fidèle à Charles jusqu’à sa mort, pensant à lui chaque jour et lui parlant intérieurement. Quatre ans après la mort de Charles, elle deviendra Oblate bénédictine à Saint-Pierre de Solesmes. C’était « une âme sacerdotale » qui éprouvait un grand amour pour l’Eucharistie. « La cause pour la béatification de Zita est introduite depuis décembre 2009 » et Charles a été béatifié le 3 octobre 2004 par le pape Jean-Paul II.

« L’impératrice Zita » est un livre qui s’adresse en priorité aux jeunes mais il intéressera tout autant les adultes. Odile Haumonté a un style fluide, agréable et elle a su me captiver tout au long du récit. Elle m’a même donné envie d’en découvrir davantage.

 

L'impératrice Zita

 

Le mariage de Zita et Charles, 21 octobre 1911

 

Zita et Charles

 

LE DERNIER EMPEREUR D'AUTRICHE CHARLES 1ER ET L' IMPÉRATRICE

 

Zita et ses huit enfants

 

 

la Villa Saint Joseph des Soeurs de Sainte Jeanne d'Arc à Sillery au Québec où l'impératrice Zita et ses enfants ont vécu de 1940 à 1948.

 

Imperatrice-Zita-et-Jean-Paul-2

 

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Historique, #Femmes célèbres, #Biographie, #Personnages historiques, #Antiquité, #Nazisme, #Cinéma

Résumé :

Aphrodite, Aliénor d'Aquitaine, Jeanne d'Arc, la Montespan, la Pompadour, Magda Goebbels, Grace Kelly ont été, pour des raisons différentes, célébrées pour leur blondeur. Chacune de ces femmes a eu une vie exceptionnelle. Etait-ce parce qu'elles étaient blondes ? Sans doute pas. Mais leurs cheveux d'or sont restés dans nos mémoires et Agnès Grossmann nous raconte ici leur destin hors normes, souvent scandaleux, toujours passionnant.
Succombez aux charmes d'Aphrodite, la déesse de l'amour, sur le mont Olympe ; restez dans le sillage d'Aliénor d'Aquitaine, deux fois reine, des deux côtés de la Manche ; vibrez avec Jeanne d'Arc à la tête d'une armée de douze mille hommes ; faufilez-vous à la cour de Louis XIV puis de Louis XV où la Montespan et la Pompadour ont été des favorites au pouvoir immense ; suivez la jeune Grace Kelly dans les studios d'Hollywood à la conquête d'Hitchcock et d'elle-même ; et enfin, après tout cet éclat, entrez dans l'ombre de Magda Goebbels, la première dame du Ille Reich, pour tenter de comprendre la folie meurtrière qui l'a poussée à assassiner ses six enfants dans le bunker d'Hitler : voici sept portraits captivants de femmes blondes, souvent lumineuses, parfois sombres, bien loin de tous les préjugés attachés à la blondeur.

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥

Belles, intelligentes, puissantes et… blondes !

C’est triste à dire et à écrire, mais lorsqu’on parle de blondes, trop souvent, on imagine une femme belle mais complètement stupide. Il n’y a qu’à voir le succès des blagues sur les blondes. Et d’un autre côté, la blondeur nous attire, elle est synonyme de beauté, d’innocence, de douceur, de bonté ; les princesses des contes de fées sont souvent blondes, l’iconographie religieuse nous offre souvent des saints et des anges blonds… Pour tout cela, j’étais curieuse de lire « Les blondes de l’histoire » et je remercie Babelio ainsi que les Éditions Acropole qui m’ont envoyé ce service presse grâce à une Masse Critique.

Dans un avant-propos passionnant, Agnès Grossmann nous découvre en quelques lignes le pouvoir et l’attrait que la blondeur a toujours exercé. Puis elle nous relate avec beaucoup de talent la vie de sept femmes exceptionnelles, célèbres pour leur blondeur, et elle met un grand coup de pied aux préjugés qui veulent qu’une blonde soit fragile et stupide.

La naissance de Vénus

L’auteure nous invite à remonter le temps et nous fait assister à la naissance d’Aphrodite, la déesse de l’Amour et de la Beauté : blonde aux yeux bleus. Mais si le blond était assimilé à la beauté, il était aussi la couleur des cheveux des prostituées à Athènes, dans l’Antiquité ; nous retrouvons donc cette ambivalence. La vie d’Aphrodite n’est qu’une longue suite d’aventures, d’amours adultères, de jalousies… « une fille à emmerdes » conclura Agnès Grossmann. Nous découvrons ensuite Aliénor d’Aquitaine. Le rouge est sa

Alienor d'Aquitaine

couleur et c’est une lionne qui n’en fait qu’à sa tête. À 15 ans, elle épouse le roi de France Louis VII pour lequel elle sera d’ailleurs une très mauvaise conseillère et dont elle divorcera en 1152 pour se remarier deux mois après avec Henry Plantagenêt, comte d’Anjou et duc de Normandie, qui deviendra roi d’Angleterre en 1154. Aliénor, c’est la « tornade blonde » ambitieuse qui aime l’amour, la politique et les Arts.

Jeanne d'Arc

Avec Jeanne d’Arc, nous entrons dans un autre registre, celui de la sainteté. Encore un destin extraordinaire ! Ensuite nous nous retrouvons à la Cour de Louis XIV et nous suivons les pas de sa flamboyante maîtresse, Athénaïs de Montespan, l’ambitieuse, la très belle Montespan, dont l’esprit était célèbre et célébré. Puis Agnès Grossmann nous conte la vie d’une autre célèbre favorite, l’ambitieuse Jeanne-Antoinette Poisson plus connue sous le nom de marquise de

Madame de Pompadour

Pompadour. À noter qu’elle est d’origine bourgeoise et non noble. De plus, elle restera la confidente et l’amie de Louis XV alors qu’elle n’est plus sa maîtresse. Après, nous faisons un grand bond en avant et nous atterrissons au XXe siècle avec la sinistre blonde, Magda Goebbels. Celle qui fut la première dame platonique du IIIe Reich fut élevée par un beau-père juif et son premier amour fut pour un jeune homme juif russe. Mais dans son désir de devenir riche et membre de la haute société à tout prix, elle tournera le dos sans état d’âme à son passé

La famille Goebbels et Adolphe Hitler

pour adopter avec ferveur toutes les idées du IIIe Reich et devenir une des disciples les plus ferventes d’Hitler. Épouse de Joseph Goebbels, un homme dont le physique était aux antipodes de l’idéal nazi — il était brun, petit et contrefait — elle préfèrera se donner la mort et tuer ses six enfants à la chute du Führer. Enfin, nous terminerons avec « la blonde

Grace Kelly

hitchcockienne », la ravissante et talentueuse Grace Kelly devenue la princesse Grace de Monaco par son mariage avec le prince Rainier.

C’est un livre qui se lit très vite et chaque chapitre correspond à un portrait. Agnès Grossmann a une écriture limpide et sait nous captiver. De plus, c’est très original de choisir de mettre en valeur sept femmes célèbres à partir de cette caractéristique physique qu’est leur blondeur pour démonter les préjugés. Elle a largement gagné son pari. Ces sept blondes ont certes brillé par leur beauté mais surtout par leur intelligence et leur force de caractère. Elles ont su se construire une vie à leur goût et n’ont rien de la petite chose fragile à protéger. Leur vie est passionnante et l’auteure m’a donné envie de les découvrir un peu plus car elle n’a pu que survoler leur parcours tout en sachant nous en dire l’essentiel.

C’est donc un livre que je recommande, une lecture estivale à savourer.

Aphrodite and Eros - Giovanni Antonio Pellegrini 1675 - 1741

 

La naissance de Vénus de Botticelli.jpg

 

Aphrodite de Cnide — Praxitèle

 

 

Alienor d'Aquitaine
Alienor d'Aquitaine

 

Aliénor d'Aquitaine — Gisant de Fontevraud

 

Entrée de Jeanne d’Arc à Orléans by Jean-Jacques Scherrer

 

Jeanne d'Arc

 

Madame de Montespan

 

Athénaïs par un peintre anonyme – Tableau conservé au Palais Pitti, Florence

 

François Boucher. Portrait de la marquise de Pompadour (1756)

 

Maurice Quentin de la Tour. Portrait en pied de la marquise de Pompadour (1752-55)

 

Magda Goebels

 

La famille Goebbels et Adolphe Hitler

 

Grace Kelly actrice

 

Grace Kelly et Gary Cooper — Le train sifflera trois fois

 

Grace Kelly et Cary Grant dans "La main au collet"

 

Grace Kelly, Clark Gable & Ava Gardner in 'Mogambo', 1953

 

Rencontre de Grace Kelly avec le prince Rainier

 

Grace Kelly et le prince Rainier

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Biographie, #Historique, #Révolution française, #Monarchie, #Politique

Résumé :

La vie, la personnalité et les enjeux entourant l'enfant roi esseulé, emprisonné, sans trône et sans pouvoir, dernier espoir de la monarchie. 

Louis-Charles de France, second fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette d’Autriche, devenu Louis XVII avec la mort de son père, est généralement connu comme l’enfant du Temple, et le « mystère » de sa mort fascine depuis plusieurs générations.
Le propos de cet ouvrage n’est pas seulement de revenir sur ce « mystère », mais d’étudier une figure royale, celle d’un petit prince devenu dauphin puis roi à une époque où la royauté n’est plus le gouvernement officiel de la France. C’est à la fois un roi esseulé, emprisonné, sans trône et sans pouvoir, mais aussi un roi adulé, seul espoir de cette partie de la France qui refuse la Révolution et ses changements politiques. C’est enfin un roi imaginé, réinventé, par la Restauration et par ceux qui, jusqu’au milieu du XIXe siècle, croient en sa survie. A travers la figure méconnue de Louis XVII, c’est la question de la royauté française, de sa crise, de son incarnation et de son légendaire qui est au cœur de ce livre. 
Appuyée sur une documentation profondément renouvelée, l'historienne propose la biographie de référence qui manquait.

Mon avis :

Une étude très complète des dix années de vie du fils de Louis XVI et Marie-Antoinette.

Je remercie NetGalley ainsi que les Éditions Perrin pour l’envoi de ce Service Presse. J’ai toujours été curieuse de savoir ce qu’il en était réellement pour Louis XVII. Était-il mort au Temple ou au contraire était-il parvenu à s’en échapper ? Et si oui, qu’était-il devenu ?

Précisons tout d’abord qu’il ne s’agit pas d’un ouvrage romancé sur la vie de l’enfant martyr du Temple mais d’une étude très sérieuse et approfondie de celui qui vécut choyé et éduqué en tant que prince et duc de Normandie tout d’abord. Il est confié à la favorite de Marie-Antoinette, la duchesse de Polignac. En 1789, la mort de son frère aîné fait de lui le Dauphin et c’est désormais la marquise de Tourzel qui devient sa gouvernante, la duchesse de Polignac ayant choisi d’émigrer. Il est le Dauphin mais il n’y a plus de monarchie, l’Assemblée Nationale s’y étant substituée. Prisonnier, arraché à sa famille, orphelin considéré comme un otage, il mourra au Temple à l’âge de 10  ans.

Hélène Becquet a une écriture précise et incisive. Elle nous relate les faits sans en rajouter. Avec la mort de Louis XVII, c’est le dernier espoir des royalistes qui s’effondrait. Faut-il s’étonner alors que beaucoup se soient accrochés à l’idée d’une évasion du Temple, d’une substitution de l’enfant roi, d’une miraculeuse survie ? L’auteure a enquêté sur tous les prétendants au Trône, nous démontrant les subterfuges utilisés. Nous le savons aujourd’hui avec certitude que l’enfant mort de tuberculose au Temple était bien Louis XVII.

Hélène Becquet a su nous faire entrer dans l’intimité de la famille royale et tout particulièrement dans celle du Dauphin. Elle nous le montre en famille, en train de jouer, en représentation. Elle fait revivre pour nous tous les protagonistes du drame mais également tous les enjeux politiques. Une belle étude historique qui replace les faits dans leur contexte.

« Louis XVII » par Hélène Becquet — Éditions Perrin
« Louis XVII » par Hélène Becquet — Éditions Perrin
« Louis XVII » par Hélène Becquet — Éditions Perrin
« Louis XVII » par Hélène Becquet — Éditions Perrin
« Louis XVII » par Hélène Becquet — Éditions Perrin
« Louis XVII » par Hélène Becquet — Éditions Perrin

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Cinéma, #Hollywood, #Stars, #Biographie, #Témoignage, #Ségrégation, #Avortement

Résumé :

Quatre beautés à perdre la tête. Quatre déesses qui partagent tout, les amants, les fous rires, les coupes de champagne.
Si Lana Turner, Ava Gardner, Grace Kelly et Lena Horne ont des vies de légende, l’histoire de leur bande tient du conte de fées, qui commence dans l’Amérique oubliée des années 1940-1950. Lana, fille d’ouvriers, rencontre Ava, échappée du Sud profond. Perdues dans les studios de la MGM, elles deviennent inséparables. Mêmes soirées, mêmes robes, même réveil à 5 heures pour avoir, à midi, l’éclat que l’on attend d’une star. Bientôt Lena Horne, première égérie noire du cinéma américain, les rejoint. Avec Ava, Grace Kelly, bon chic bon genre qui n’est pas encore princesse, s’autorise elle aussi bien des audaces.
Suivez ces indomptables dans un Hollywood vénéneux qui se joue des interdits. Au gré de leurs chemins de traverse, elles vous feront goûter le vent de la liberté.

Mon avis :

 

Splendeurs et misères de quatre stars hollywoodiennes.

Je remercie NetGalley ainsi que les Éditions Fayard pour ce Service Presse qui m’a permis de découvrir les biographies croisées de Lana Turner, Ava Gardner, Lena Horne et Grace Kelly lorsqu'elles étaient actrices pour la MGM à l’âge d’or d’Hollywood.

Lana Turner a 16 ans lorsqu’elle est repérée dans un bar par un reporter qui lui propose de la recommander auprès des studios de la MGM. Ava Gardner a 19 ans lorsqu’un chercheur de talents flashe sur un de ses portraits. Quant à Lena Horne, elle est la première femme Afro-américaine à être engagée par la MGM. Grace  Kelly se joindra au trio une dizaine d’années plus tard.

Lana, Ava et Lena ont en commun une enfance difficile. La MGM va totalement les “fabriquer”. Lana a dû changer son prénom, à l’origine elle s’appelait Judy, elle doit apprendre sa biographie inventée de toutes pièces par la MGM, abandonner son accent, veiller à la couleur de sa chevelure. Cela prendra 5 ans. Ava est une magnifique sauvageonne qui adore aller pieds nus, a un accent épouvantable et est terrorisée par la caméra. Elle  commencera à boire pour surmonter sa nervosité.  Avec Lana, elles deviennent inséparables et découvriront Lena Horne lors d’une soirée. Pour Lena, rien n’est facile. Nous sommes en pleine Ségrégation, elle est trop blanche pour les Noirs et trop noire pour les Blancs. Toutes les trois vont partager les amants, les maris — je pense en particulier à Artie Shaw, Franck Sinatra — les nuits trop arrosées, les confidences. Plus tard, Grace Kelly les rejoindra et Clark Gable deviendra l’un de leurs partages. Une seule règle : “chacune attend que l’autre en ait fini avec l’amant ou le mari du moment”.

Florence Colombani à travers les biographies de ces quatre stars fait revivre toute une époque et c’est passionnant. Sa plume fluide et limpide, sa parfaite connaissance du sujet donnent vie à ces quatre femmes qui ont marqué plusieurs générations et continuent à nous émouvoir.

Leo le lion est la mascotte du studio hollywoodien Metro-Goldwyn-Mayer.

Leo le lion est la mascotte du studio hollywoodien Metro-Goldwyn-Mayer.

Lana Turner Sweater

Lana Turner Sweater

Lana Turner aux jambes interminables

Lana Turner aux jambes interminables

Artie Shaw et Lana Turner

Artie Shaw et Lana Turner

« Les indomptables » par Florence Colombani — Éditions Fayard
Ava Gardner et Mickey Rooney

Ava Gardner et Mickey Rooney

Ava Gardner et Artie Shaw

Ava Gardner et Artie Shaw

Lana Turner et Ava Gardner

Lana Turner et Ava Gardner

Lena Horne

Lena Horne

Lena Horne dans La pluie qui chante (1946)

Lena Horne dans La pluie qui chante (1946)

« Les indomptables » par Florence Colombani — Éditions Fayard
« Les indomptables » par Florence Colombani — Éditions Fayard
Le train sifflera trois fois : Grace Kelly et Gary Cooper

Le train sifflera trois fois : Grace Kelly et Gary Cooper

Mogambo : Grace Kelly, Ava Gardner et Clark Gable

Mogambo : Grace Kelly, Ava Gardner et Clark Gable

Mogambo

Mogambo

Grace Kelly

Grace Kelly

« Les indomptables » par Florence Colombani — Éditions Fayard

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Anthologie, #Biographie, #Marie-Antoinette, #Historique

Résumé :

Cette anthologie rassemble exclusivement des textes écrits par des personnes qui ont connu la plus célèbre des reines de France. Les auteurs en sont, entre autres, sa portraitiste officielle, Elisabeth Vigée Le Brun, le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères de Louis XV, le duc de Choiseul, certaines de ses plus proches amies, comme la princesse de Lamballe, sa femme de chambre madame Campan ou la gouvernante des enfants de France, la duchesse de Tourzel.


Ces témoins de première main racontent Marie-Antoinette comme personnage privé tout autant que comme personnage public. Ils révèlent son intimité, sa parole, ses goûts, mais aussi la nature de ses rapports avec le roi, ses enfants, et ses passions amicales comme celle qu’elle a eue pour la duchesse de Polignac. On découvre comment elle a réagi aux scandales qui l’ont touchée, en particulier la fameuse affaire du collier. On aimait la qualifier de reine sotte et indigne du prestige Versailles ? On la voit défendre la monarchie avec courage et habilité. C’est aussi l’occasion de découvrir des anecdotes rarement relatées, comme sa toute première danse dans la Galerie des glaces, après son mariage avec Louis XVI, ou encore son opiniâtreté lors des interrogatoires par les révolutionnaires, avant son procès, à la prison du Temple. Et nous la suivons dans son calvaire jusqu’à la guillotine.


Voici Marie-Antoinette charmante et irritante, frivole et appliquée, ingénue et déterminée, souvent naïve, parfois calculatrice, toujours attachante.
En annexe, et pour la première fois en volume, on trouvera les deux lettres décryptées en 2016 de Marie-Antoinette à Axel de Fersen : « Je vous aime à la folie et (…) jamais, jamais je ne peux être un moment sans vous adorer. »

L'anthologie est réalisée et préfacée par Arthur Chevallier, déjà auteur dans les Cahiers rouges des anthologies Napoléon raconté par ceux qui l'ont connu et Le Cahier rouge des chats.

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Coup de cœur ! Tout à fait passionnant !

J’ai toujours été fascinée par la vie de Marie-Antoinette et par son tragique destin. Aussi quand j’ai découvert cette anthologie, je me suis précipitée pour me la procurer. J’étais d’autant plus intéressée que sa vie est racontée par ceux qui l’ont connue, qui l’ont côtoyée, ce sont donc des témoignages précieux. Celle que l’on a appelée méchamment « l’Autrichienne » a tout d’abord été adulée par le peuple à son arrivée en France à l’âge de 14 ans pour épouser Louis XVI, alors Dauphin de France. Reine à 18 ans, elle devient mère à 23 ans et est guillotinée alors qu’elle a 38 ans.

La haine envers Marie-Antoinette est d’abord née à la Cour, le soir-même de son mariage, à cause d’une histoire d’étiquette qui a indisposé les Duchesses. Elle n’est encore qu’une enfant dont l’éducation a été superficielle mais elle va se montrer paresseuse et mauvaise élève en ne laissant échapper aucune occasion de fuir ses devoirs. La Dauphine s’ennuie et le montre. Ignorante, moqueuse, méprisant les usages et l’étiquette, Marie-Antoinette va s’aliéner dès les premiers jours les dames de la Cour et les courtisans dont la méchanceté était aussi féroce que célèbre.

« Quand on peut tout ce que l’on veut, il n’est pas aisé de ne vouloir que ce que l’on doit. » écrivait Louis XIV dans un Mémoire pour l’instruction du dauphin. Hélas pour elle, Marie-Antoinette voulait les droits tout en repoussant les devoirs. Elle va multiplier les imprudences. Coquette, frivole, dépensière, « l’Autrichienne » devient « madame déficit » et pour finir « madame veto ».

Et pourtant elle était pleine de charme et de séduction à un point tel que même ses détracteurs le reconnaissaient. Comment ne pas être touché par sa jeunesse et son désir « révolutionnaire » de vivre libre, entourée d’ami(e)s qui lui sont chers, son bonheur d’être mère et de vouloir élever ses enfants ? Mais c’est surtout dans l’adversité que Marie-Antoinette révèlera toute sa grandeur et son courage. Les derniers mois de sa vie la montrent admirable dans la douceur qu’elle a montré face à ses accusateurs et à leurs monstrueuses accusations, la fermeté avec laquelle elle a gravi les marches de l’échafaud.

Aussi je dis un grand merci à Arthur Chevallier qui l’a faite revivre à travers les écrits de madame Campan sa première femme de chambre, du général Dumouriez, de Fouquier-Tinville, de sa portraitiste madame Vigée-Lebrun, de la duchesse de Tourzel, la gouvernante de ses enfants… Et la liste est loin d’être exhaustive.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Biographie

Résumé :

Il y a un an disparaissait Edmonde Charles-Roux.

La première biographie de cette femme aux mille vies.

Elle, c’est Edmonde Charles-Roux. Résistante, grande amoureuse, écrivain à succès, prêtresse de la mode, croisée socialiste, présidente de l’académie Goncourt, égérie d’un groupe de rap… Une femme aux mille vies, passionnée et engagée, romanesque en diable.

Née en 1920, fille d’un ambassadeur à Rome auprès du Saint-Siège, elle est élevée dans des palais italiens, au milieu des artistes, des princes et des papes. Elle semble promise à une vie bien rangée. Mais en 1940, elle s’engage comme infirmière-ambulancière, avant de rejoindre la clandestinité. À la Libération, cette caporal-chef de la Légion étrangère, décorée de la croix de guerre, devient journaliste à Elle, puis révolutionne Vogue. Son premier roman obtient le prix Goncourt. De Gaulle lui confiera : « Madame, vous votez mal mais vous écrivez bien. » Grande bourgeoise aimantée par les marginaux, elle devient la muse d’écrivains célèbres, de peintres et de photographes d’avant-garde. C’est aussi une féministe qui ne craint pas les diables macho. Avec Gaston Deferre, le flamboyant maire de Marseille, ministre de l’Intérieur de Mitterrand, elle forme un couple légendaire qui navigue entre les ors de la République et le monde ouvrier, les bals du gotha et la fête de l’Huma.

Rebelle, courageuse, pétrie de désirs, de talents et de contradictions, Edmonde assume tout. Une femme libre, tout simplement.

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Passionnant ! Mieux qu’une héroïne de fiction, une héroïne dans la vie !

La vie d’Edmonde Charles-Roux est un véritable roman. Jean-Noël Liaut la ressuscite pour nous et avec elle, c’est tout le XXe siècle qui défile. Edmonde est née le 17 avril 1920 et morte le 20 janvier 2016. Entre ces deux dates, nous pouvons dire qu’elle a eu plusieurs vies.

Fille de diplomate, son enfance m’a rappelé les livres de la Comtesse de Ségur. Mais Edmonde est avant tout une rebelle et une femme de convictions. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle a 20 ans, elle est la première femme qui s’engage. Elle servira comme infirmière et ambulancière dans le 11ème régiment étranger d’infanterie de la Légion étrangère. Blessée en mars 1940 alors qu’elle secourt un légionnaire, elle est élevée au rang de caporal-chef de réserve dans la Légion étrangère, décorée de la Croix de guerre et citée à l’Ordre de l’Armée. Durant l’Occupation, elle entre dans la Résistance. Lors de la libération de Marseille, le général de Lattre l’entraîne dans la campagne Rhin et Danube et la nommera assistante sociale divisionnaire de la 5ème Division blindée.

À la Libération, elle a 25 ans et se lance dans le journalisme : elle commence au bas de l’échelle dans l’hebdomadaire Elle puis devient courriériste pour Vogue avant d’en devenir la rédactrice en chef et de révolutionner le magazine. Grâce à elle, la mode et le luxe se démocratisent et elle fait appel aux artistes les plus révolutionnaires de l’époque qu’ils soient écrivains, journalistes, peintres, grands couturiers. Seul le talent est pris en compte.

Jean-Noël Liaut nous dresse le portrait passionnant d’une femme rare qui est un véritable paradoxe. Grande bourgeoise à l’allure distante et réservée, elle aime les hommes, tous les hommes pourvu qu’ils soient intelligents et elle multiplie les aventures, collectionne les amants. Aussi élégante de corps que d’esprit, elle est d’une fidélité sans faille dans ses amitiés et n’hésite pas à monter au créneau pour défendre la réputation d’un André Derain soupçonné à tort de collaboration. En 1966 elle sera licenciée par la maison mère de Vogue pour avoir mis en couverture une femme mannequin noire. Il est plus que probable que ce motif fût un prétexte pour se débarrasser d’une femme dont les prises de position et surtout l’amitié pour les Aragon, communistes notoires dérangeaient fortement.

Edmonde Charles-Roux, c’est encore une femme de lettres, féministe et libre, qui reçut le prix Goncourt pour son roman « Oublier Palerme » quelques mois après son licenciement de Vogue et qui écrivit deux livres sur Coco Chanel ainsi que quelques biographies.

C’est également une femme de la gauche caviar : sa rencontre avec le légendaire Gaston Deferre, maire de Marseille connu pour ses accointances avec le milieu marseillais et plus tard ministre de l’Intérieur sous François Mitterrand va la transformer. Finies les liaisons multiples, elle apprend à se dévouer à un seul homme et ils vont former un couple mythique. Aventurière, grande bourgeoise et amie des communistes, reine du snobisme en tailleur Chanel et collier de perles, elle ne manquait pas une fête de l’Humanité et se rendait ensuite à un dîner chez les Rothschild sans renier une seule de ses convictions.

Je remercie NetGalley ainsi que les Éditions Allary qui m’ont donné l’opportunité de redécouvrir cette grande dame qu’était Edmonde Charles-Roux : une rebelle avant tout, une travailleuse acharnée, une femme libre et anticonformiste, une grande amoureuse et une femme de convictions.

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