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Au-pays-de-Goewin.over-blog.com

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Les livres de Goéwin

antisemitisme

Résumé :

Jérôme Cordelier est parti à la rencontre de ces chrétiens, catholiques, protestants, orthodoxes qui résistèrent aux nazis et dont les rôles sont de nos jours minimisés.
On a souvent souligné les compromissions avec Pétain et le régime de Vichy des chefs des Églises, à raison, mais sans se souvenir que plusieurs d’entre eux furent aussi reconnus Justes pour avoir sauvé des juifs. On a oublié, surtout, que de nombreux prêtres, pasteurs, religieux, religieuses et une multitude de simples croyants furent parmi les premiers à se dresser contre l’occupant. Certains ont agi sur le devant de l’Histoire – de Gaulle et Leclerc, au premier chef –, la plupart dans un secret absolu.
De la Corrèze jusqu’à Yad Vashem à Jérusalem, cette enquête de terrain, très documentée et nourrie des confidences de survivants, met l’accent sur ces femmes et ces hommes qui se sont engagés, parfois sacrifiés, pour la liberté, leur patrie mais aussi avec la haute idée qu’ils se font de l’humanité. Au nom d’un idéal qui guidait leur vie, ils se sont battus pour que leurs contemporains vivent la leur. Ils n’ont pas toujours combattu au nom de leur foi, mais celle-ci les a pétris, a été constitutive de leur vision du monde et les a soutenus à travers les épreuves. Ces grands témoins peuvent éclairer de leur halo de lumière nos chemins cabossés.

Chronique : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Passionnant et instructif : des témoignages lumineux porteurs d’espérance !

Tout d’abord je remercie Nicolas Hecht de Babelio Masse Critique ainsi que les Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et l’envoi de ce service presse.

Quand on se penche sur la Résistance et le rôle de l’Église durant l’Occupation, on a tendance à se souvenir surtout de la neutralité du Pape Pie XII qui a veillé à conserver des liens diplomatiques avec tous les régimes, y compris celui des nazis, dans le souci de préserver l’Église allemande et par crainte d’aggraver la situation des catholiques dans tous les pays occupés. Mis au courant des camps de concentration, il condamne les actes mais sans nommer les victimes et les coupables. Il refuse de prendre parti comme en témoigne cette phrase : « Nous laissons aux pasteurs en fonction sur place le soin d'apprécier si, et dans quelle mesure, le danger de représailles et de pressions, comme d'autres circonstances dues à la longueur et à la psychologie de la guerre, conseillent la réserve — malgré les raisons d'intervention — afin d'éviter des maux plus grands. C'est l'un des motifs pour lesquels nous nous sommes imposé des limites dans nos déclarations. » Néanmoins, dans l’ombre, il fait tout son possible pour protéger les Juifs d’Italie et grâce à son action discrète, une rafle sera suspendue et 4 000 Juifs de Rome trouveront asile dans des couvents et collèges catholiques. Ou encore on se rappelle que la grande majorité des évêques français a soutenu le régime de Vichy. Même si là encore, certains, tout en encensant le maréchal Pétain, protégeaient leurs prêtres et religieux actifs dans la Résistance.

Mais en se focalisant sur le Haut Clergé, on fait l’impasse sur la multitude de prêtres, religieux et religieuses, simples croyants, catholiques, protestants, orthodoxes, qui ont tout risqué pour s’opposer à l’Occupant, protéger et cacher des familles et des enfants juifs, organiser des filières d’évasion, faire passer des messages… Et cela était d’autant plus difficile que Vatican II n’était pas encore passé par là. L’obéissance aux supérieurs était la règle. Quant aux femmes, elles n’avaient pas encore obtenu le droit de vote et dépendaient entièrement d’un père, d’un frère, d’un mari. Même si la foi n’est pas forcément le motif premier de leur engagement, elle fait partie de ces hommes et de ces femmes et elle est indissociable de leur action, de leur idéal de liberté, de leur conception de l’humain.

J’ai énormément apprécié « L’espérance est un risque à courir ». Jérôme Cordelier a effectué un énorme travail de recherche et il fait revivre pour nous ces témoins courageux autant que modestes. J’ai été frappée  par leur simplicité et leur humilité. Dans leur esprit, ils n’ont rien fait d’extraordinaire et ont souvent gardé le secret sur leur engagement. Cette parole de saint François de Sales leur convient tout particulièrement : « le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit ». D’ailleurs, à part quelques exceptions, comme le général de Gaulle ou le maréchal Leclerc (de son vrai nom Philippe de Hauteclocque) qui ont occupé le devant de la scène, le père Jacques de Jésus qui est connu du grand public grâce au film « Au-revoir les enfants », le père Maximilien Kolbe canonisé par Jean-Paul II en 1982 ou le père Franz Stock qui accompagna des centaines de prisonniers sur le lieu de leur exécution, la plupart sont très peu connus, voire pas du tout. Même si plusieurs d’entre eux ont été déclarés « Justes parmi les nations » et ont vu leur nom inscrit au mémorial de Yad Vashem.

Au fil des pages, Jérôme Cordelier nous partage ses rencontres avec les témoins encore en vie ainsi que les fruits de ses recherches. Il nous dresse le portrait de ces hommes et de ces femmes discrets qui se sont dressés contre la barbarie. Même s’ils n’en avaient pas forcément conscience, l’espérance était leur moteur. Cette petite fille espérance que Charles Péguy décrit dans « Le porche de la deuxième vertu » : « L'Espérance voit ce qui n'est pas encore et qui sera. Elle aime ce qui n'est pas encore et qui sera dans le futur du temps et de l'éternité. » Et je terminerai par ces phrases de Georges Bernanos dans sa conférence de 1945 qui est trop belle et que je citerai donc intégralement : « Qui n’a pas vu la route, à l’aube entre deux rangées d’arbres, toute fraîche, toute vivante, ne sait pas ce que c’est que l’espérance. L’espérance est une détermination héroïque de l’âme, et sa plus haute forme est le désespoir surmonté.
On croit qu’il est facile d’espérer. Mais n’espèrent que ceux qui ont eu le courage de désespérer des illusions et des mensonges où ils trouvaient une sécurité qu’ils prennent faussement pour de l’espérance. L’espérance est un risque à courir, c’est même le risque des risques. L’espérance est la plus grande et la plus difficile victoire qu’un homme puisse remporter sur son âme…

On ne va jusqu’à l’espérance qu’à travers la vérité, au prix de grands efforts. Pour rencontrer l’espérance, il faut être allé au-delà du désespoir. Quand on va jusqu’au bout de la nuit, on rencontre une autre aurore. Le démon de notre cœur s’appelle « À quoi bon ! ». L’enfer, c’est de ne plus aimer. Les optimistes sont des imbéciles heureux, quant aux pessimistes, ce sont des imbéciles malheureux. On ne saurait expliquer les êtres par leurs vices, mais au contraire par ce qu’ils ont gardé d’intact, de pur, par ce qui reste en eux de l’enfance, si profond qu’il faille chercher. Qui ne défend la liberté de penser que pour soi-même est déjà disposé à la trahir.

Si l’homme ne pouvait se réaliser qu’en Dieu ? si l’opération délicate de l’amputer de sa part divine – ou du moins d’atrophier systématiquement cette part jusqu’à ce qu’elle tombe desséchée comme un organe où le sang ne circule plus – aboutissait à faire de lui un animal féroce ? ou pis peut-être, une bête à jamais domestiquée ? Il n’y a qu’un sûr moyen de connaître, c’est d’aimer.

Le grand malheur de cette société moderne, sa malédiction, c’est qu’elle s’organise visiblement pour se passer d’espérance comme d’amour ; elle s’imagine y suppléer par la technique, elle attend que ses économistes et ses législateurs lui apportent la double formule d’une justice sans amour et d’une sécurité sans espérance. »

Il y aurait encore beaucoup à dire, tout particulièrement sur ces magnifiques témoins méconnus de la résistance, mais j’espère vous avoir donné envie de les découvrir par vous-même en lisant « L’espérance est un risque à courir ».

Les informations utiles

Parution : 14 avril 2021

Versions : numérique & broché

Pages : 292

Prix version numérique : 12,99 €

Prix version broché : 18,50 €

Les liens d’achat

Amazon Kindle : https://www.amazon.fr/dp/B08ZYQFYL5/ref=dp-kindle-redirect?_encoding=UTF8&btkr=1

Amazon broché :https://www.amazon.fr/Lesp%C3%A9rance-est-risque-courir-r%C3%A9sistants/dp/270216675X/ref=tmm_pap_swatch_0?_encoding=UTF8&qid=&sr=

Kobo : https://www.kobo.com/fr/fr/ebook/l-esperance-est-un-risque-a-courir

Éditeur : https://calmann-levy.fr/livre/lesperance-est-un-risque-courir-9782702166758

 

N'hésitez pas à cliquer sur les images afin d'être redirigés sur le site et découvrir les textes qui les accompagnent.

Edmond Michelet

 

Germain Auboiroux

 

https://avantlapree.hypotheses.org/17525
Capitaine de cavalerie Guillaume d'Ussel

 

Pie XII

 

L'appel du Pasteur Boegner en faveur des Juifs en 1942

 

Pasteur Aimé Bonifas

 

Mgr Jules-Géraud Saliège

 

Odile de Vasselot de Régné

 

https://www.cairn.info/revue-archives-juives1-2007-1-page-100.htm

 

Père Maximilien Kolbe

 

Abbé Roger Derry

 

Père Pierre Bockel

 

Abbé Charles Prévost

 

Pasteur Laurent Olivès

 

Abbé Paul Parguel

 

Paul Petit

 

Georges Bernanos

 

Hans et Sophie Scholl

 

Henri Fertet

 

Berty Albrecht

 

Anatole Lewitsky

 

Alice Ferrières

 

Jacques Renouvin

 

Germaine Ribière

 

Jacqueline Fleury-Marié

 

Les Rochambelles : De gauche à droite, en haut: Edith Vézy, Michette Duhamel, Zizon Sicot, Danielle Heintz, Christiane Petit. En bas: Lucie Delplancke, Arlette d'Hautefeuille, Suzanne Torrès, Nicole Mangini

 

Marie-Rose Gineste

 

Mère Marie Skobtsova

 

Sœur Jeanne Chérer

 

Madeleine Barot

 

Maître Charles Bedos

 

Alix Bedos

 

Marietta Martin

 

Véra Obolensky

 

Hélène Roederer

 

Mère Elisabeth de l'Eucharistie

 

Geneviève de Gaulle-Anthonioz

 

Charles de Gaulle

 

Philippe Leclerc de Hautecloque

 

 

Franz Stock Le séminaire des barbelés

 

Yad Vashem

 

Yad Vashem Le Jardin des Justes

 

Charles Péguy

 

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Résumé :

Abandonné à la naissance, Antoine Boulan fuit l’orphelinat et tente de survivre en restant sur le droit chemin pour tenir une promesse. Rattrapé par l’époque, il sombre dans les cambriolages et se voit condamné au bagne par erreur. Quand la guerre éclate, il revient en France pour prendre les armes et traversera le conflit en courant désespérément après son pardon. Du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni aux plages de Dunkerque, à Paris puis dans le Loiret et enfin à Auschwitz Birkenau en Pologne, vous allez suivre pas à pas le destin d’un orphelin à qui la vie n’a fait aucun cadeau et qui deviendra, malgré lui, un héros de guerre.

(juillet 1942 - décembre 1944)

Traqué par la Gestapo, Antoine fuit Paris et se réfugie auprès du groupe de Gustave Jandart, Honneur du Loiret. Il en devient vite le lieutenant et s’installe dans la ferme abandonnée où transitent les candidats au passage de la ligne de démarcation. Cependant, les arrivées massives de Juifs, internés dans les camps de Beaune-la-Rolande et de Pithiviers, l’interpellent. Le jeune résistant mène alors une enquête qui le conduira aux portes de l’enfer…

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Jusqu’au bout de l’inimaginable, de l’indicible… Un livre déchirant mais qui devrait être lu par tout le monde !

Sa tête mise à prix, obligé de rester caché, Antoine ne chôme pas. Mais malgré tout ce qu’il apporte au réseau de Gustave dans le Loiret, il se désole car pour lui rien ne vaut le terrain. Il cherche plus que jamais la rédemption. Non seulement il ne parvient pas à se pardonner ses fautes anciennes mais il se sent de plus responsable de la mort des êtres aimés. Il se pose également beaucoup de questions et cherche à comprendre pourquoi les nazis continuent à traquer et arrêter les Juifs alors qu’ils sont vainqueurs et pourquoi les femmes et les enfants… et sa quête de vérité l’entraînera loin, très loin, jusqu’aux portes de l’enfer.

Dans ce troisième tome, Antoine est de plus en plus fou au sens de téméraire, rien ne l’arrête ni ne le fait reculer. Il a toutes les audaces. Et plus que jamais, il prend toutes les responsabilités sur lui et s’accuse des morts de ceux qui l’entourent. Il a perdu son innocence, désormais il ne recule pas devant une exécution et lorsqu’il le fait, il montre une froideur, un détachement glaçants. Il se montre absolument impitoyable. La deuxième version des Larmes de Satan est encore plus dure que la première et les sentiments qu’il éprouve sont poussés à leur paroxysme. Antoine est d’une grande humilité, il n’a aucune conscience d’être devenu un héros, il s’en veut plus que jamais et pour trouver une réponse à ses questions, il décide d’aller à Auschwitz pour savoir ce qui s’y cache. (Il a également d’autres raisons mais ce sera à vous de les découvrir en lisant le livre.) Et il a un plan complètement dingue !

Gilles Milo-Vacéri ne le ménage pas et nous non plus par la même occasion. Il nous offre un suspense diabolique. À partir du moment où Antoine part pour Auschwitz, la situation se détériore encore plus, j’en ai perdu le souffle et j’ai tremblé pour lui tout du long, même si je connaissais déjà l’histoire, tant c’est intense. Antoine se montre d’un sang-froid à toute épreuve, ce que je traduirai par complètement cinglé ! Il est bluffant. Mais en même temps, je ne pouvais m’empêcher de le plaindre, il était tellement loin de s’imaginer la réalité des camps. Et sa réaction lorsqu’il découvre ce qu’est réellement Auschwitz est déchirante. L’auteur arrive à nous faire ressentir sa douleur et c’est vraiment atroce. Il nous fait basculer au plus profond de l’horreur. Mais il y a également quelques pépites, des témoignages d’amitié, de soutien, admirables. De plus, Antoine, quelles que soient ses souffrances, reste un homme d’honneur. Il reste fidèle à lui-même, n’hésitant pas à désobéir aux ordres pour sauver un blessé.

Ce dernier tome a été le plus dur, le plus éprouvant à lire tant on bascule dans l’horreur des camps, de la Shoah, tant la barbarie des hommes est insoutenable et la souffrance ressentie intense ; et puis j’ai senti comme jamais la solitude de l’homme face au Mal, à l’inimaginable. La prière d’Antoine m’a fait verser des larmes et m’a broyé le cœur, je me suis sentie impuissante comme jamais. Et ce d’autant plus, qu’aujourd’hui encore, la barbarie, l’horreur, règnent en maître dans tellement de pays. On aurait pu croire que l’expérience nous aurait servi de leçon, mais non, les génocides continuent, les guerres aussi et l’humanité déborde d’imagination lorsqu’il s’agit de faire souffrir, de torturer, d’assassiner…

Le retour d’Antoine à Paris est bouleversant. Le contraste est tellement énorme avec la violence des combats, la barbarie et ses retrouvailles avec un Paris libéré. J’ai eu l’impression d’avoir du mal physiquement, émotionnellement, à m’habituer. La transition était trop brutale et c’est tout le talent de Gilles Milo-Vacéri de nous faire vivre les émotions de ses personnages et de nous faire changer quelque part. Il nous a relaté les quatre années de l’Occupation et des combats d’Antoine et j’ai eu l’impression qu’une éternité s’était écoulée. Je ne vois plus les choses de la même façon qu’avant, quelque part il m’a fait grandir. Il y aurait encore énormément à dire et je me sens incapable de rendre réellement justice à ce roman. Je ne peux que vous engager à le lire.

Gilles, tu es un grand auteur. Tu nous offres des personnages inoubliables et tellement humains qu’ils en sont bouleversants et qu’ils nous transforment. Tu donnes vie à ce que tu écris. « Les Larmes de Satan » sont un témoignage. Bien que ce soit une fiction, c’est de l’Histoire à l’état pur. Ce livre nous rappelle tous ces morts oubliés, ces héros anonymes, à qui nous devons notre liberté. Il fait mémoire de cette abomination qu’a été la Shoah, ces cinq à six millions de Juifs qui ont été exterminés uniquement parce qu’ils étaient juifs et ce, au mieux dans l’indifférence générale, au pire avec notre complicité. « Soit les deux tiers des Juifs d'Europe et environ 40 % des Juifs du monde ». Rien que pour cela et malgré la dureté des faits, il devrait être lu par tous.

Il y a bien des manières de résister, Myriam. La guerre est une horreur et nous y perdons tous notre âme.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Quelque chose ne tournait pas rond et son instinct lui dictait de prendre la fuite. Depuis longtemps, il avait appris que l’affolement paralysait les réflexes et, par conséquent, il se forçait à respirer profondément pour apaiser son angoisse.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Il y a un temps pour tout et la guerre était incompatible avec un sentiment amoureux.
[...] Antoine, ce n’est pas parce que ça s’est mal passé une fois que ça risque de se reproduire. Je sais parfaitement que tu veux me protéger, que tu as peur, mais je suis une grande fille. Et ce n’est pas à toi que je vais t’apprendre que…
Elle se pencha et lui fit un baiser léger.
— La peur n’évite pas le danger.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Il ne devait pas céder à ce mirage qui risquait de les tuer tous les deux. Aimer était devenu une interdiction, la guerre n’était pas finie et il fallait descendre de ce nuage trop beau pour l’enfer.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Je crois surtout que la guerre est le meilleur révélateur de la nature profonde des âmes humaines, car en temps de paix, on ne peut en mesurer toute la pourriture

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

En faisant ça, sombre idiot, tu ne vaux pas mieux que les Boches. Tu es là pour défendre ton pays et rendre justice à tes frères d’armes, mais certainement pas pour torturer nos compatriotes, même si ce sont des collabos ou des traîtres !

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Dans son esprit, un principe demeurait gravé comme une règle d’or. Plus c’était gros, dingue, absurde et farfelu, mieux ça fonctionne !

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Ne dis rien de plus. L’amour, c’est peut-être la seule arme qui te permettra de venir à bout d’Auschwitz, de la guerre et de ton destin. Je pense avoir compris quelle force t’animait.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Tu vas vraiment venir avec moi ?
— À ton avis ? Je n’ai pas oublié la petite Arlette dans ce bus de malheur. Pour nous sauver, elle a donné sa vie, sans hésiter. C’est la plus belle leçon de courage que l’on m’ait donnée. Alors oui, mon vieux, on rentrera dans cet enfer et on en reviendra ensemble.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Il fut ravi de retrouver son arme fétiche [...] Ce pistolet avait été de toutes les opérations jusqu’à présent et quand on n’a plus rien, dans la vie comme dans la guerre, on se rattache à n’importe quoi.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

— Je ne sais même plus me signer… je ne me souviens plus des prières… J’ai tout oublié. Je suis désolé… Ils ont tué votre fils, à vous aussi, alors vous devez pouvoir me comprendre et si vous existez, alors ma mère, Alice sont avec vous.
Il reprit son souffle et s’éclaircit la voix.
— Je viens devant vous trois pour faire une prière. Je sais… Je ne le fais pas assez souvent, mais ai-je vraiment eu le choix ? Vous le savez, vous qui voyez tout… Ils m’ont déjà tué tant de fois… Sa voix s’était brisée sur les derniers mots.
Tête basse, les larmes du combattant serpentaient sur ses joues marquées de cicatrices.
— Il faut m’écouter, je vous en conjure ! Par pitié, faites que je les retrouve vivantes et que je puisse les sortir de cet enfer, ne les abandonnez pas. Protégez mes amis, ce sont des braves et ils ne méritent pas de payer mes fautes. Je suis le seul coupable !
Son visage se releva vers la Vierge.
— Et s’il vous faut une vie, alors, prenez la mienne… moi, j’ai déjà tout perdu, ce n’est pas grave. Je suis déjà mort…
Puis Antoine s’accroupit avant de se rouler en boule sur le pavage glacial de la chapelle. La tête réfugiée sous ses bras, on n’entendait plus que ses sanglots et des paroles Un nom, un seul restait audible… Maman. Devant l’horreur, le combattant de l’ombre, redevenu l’enfant qu’il n’avait jamais pu être, implorait sa mère disparue, avec des mots déchirants incompréhensibles.
Un nom, un seul restait audible… Maman.
Devant l’horreur, le combattant de l’ombre, redevenu l’enfant qu’il n’avait jamais pu être, implorait sa mère disparue, avec des mots déchirants.

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Jacek contempla ses hommes s’affairer alors qu’ils rassemblaient le matériel nécessaire. C’était sans doute pour cela qu’ils finiraient un jour par gagner la guerre. Ils n’avaient pas la puissance de feu de l’ennemi, ils étaient bien moins nombreux, mais tous avaient ce petit plus qui faisait la différence. Au fond de leur cœur, ils avaient tous ce courage si particulier de se battre pour la liberté, cette rare abnégation et l’oubli total de soi pour que le bien triomphe du mal. [...] Cette cohésion altruiste était la meilleure preuve que leur engagement ne serait jamais vain

Les Larmes de Satan Tome 3 Aux portes de l'enfer

Pasteur Martin Niemöller (1892-1984)

 

Denise Vernay, née Jacob (1924-2013)

 

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Résumé :

Abandonné à la naissance, Antoine Boulan fuit l’orphelinat et tente de survivre en restant sur le droit chemin pour tenir une promesse. Rattrapé par l’époque, il sombre dans les cambriolages et se voit condamné au bagne par erreur. Quand la guerre éclate, il revient en France pour prendre les armes et traversera le conflit en courant désespérément après son pardon. Du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni aux plages de Dunkerque, à Paris puis dans le Loiret et enfin à Auschwitz Birkenau en Pologne, vous allez suivre pas à pas le destin d’un orphelin à qui la vie n’a fait aucun cadeau et qui deviendra, malgré lui, un héros de guerre.

(juillet 1940 - octobre 1941)

Après la diffusion des tracts et les missions de renseignements, Antoine est devenu un membre du Groupe Opéra sur qui on peut compter. Après une première exfiltration réussie, avec son ami Jean-Paul Mazières, ils doivent récupérer un camion chargé d’armes et de munitions qui les attend dans le Loiret afin de le ramener à Paris. S’ils réussissent, en plus du Groupe Opéra, ils pourront aider d’autres réseaux parisiens à s’armer…

 

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Coup de cœur ! Amour, guerre, barbarie… l’homme confronté à sa vérité ! Un second tome encore plus bouleversant, réaliste, addictif !

Dans ce second tome, Gilles Milo-Vacéri débute en transcrivant le « Discours du Maréchal Pétain » et l’ « Appel du 18 juin 1940 » du Général de Gaulle. Où serions-nous sans ces hommes et ces femmes courageux et méconnus qui ont répondu à cet appel du 18 juin ?

Antoine ne cesse de monter en puissance, en folie téméraire… Il est devenu un spécialiste des exfiltrations et des missions dangereuses. Nous le retrouvons dans une nouvelle opération suicidaire : récupérer et ramener à Paris un chargement d’armes, munitions, explosifs, faux papiers et tout ce qu’il faut pour imprimer sans oublier du matériel de radio ce qui équivaut à quatre tonnes de matériel environ. Et on peut dire que l’auteur s’en donne à cœur joie avec Antoine ! Il a de ces idées ! Complètement fou et plus c’est fou, plus ça marche ! Les morceaux de bravoure s’enchaînent mais en même temps ses personnages sont toujours profondément humains, avec toutes leurs faiblesses qu’ils dominent… ou pas, ce qui les rend touchants et nous bouleverse d’autant plus. Et le pire, c’est qu’avec cette tête de pioche d’Antoine, dès qu’on respire un peu, qu’on se dit « ouf ! il s’en est sorti », eh bien non, cette forte tête au courage complètement hallucinant se précipite dans un danger encore pire.

Gilles Milo-Vacéri nous dépeint l’humanité dans ce qu’elle a de pire et de meilleur. Il nous plonge dans la réalité de la guerre où les hommes et les femmes se découvrent face aux privations et aux horreurs, les conduisant aux pires des trahisons mais aussi à effectuer des actes de bravoure insensés. Et je me répète mais ils sont terriblement humains. C’est vraiment frustrant, je ne veux pas dévoiler l’histoire, mais il y a des personnages qui ne sont pas tout à fait du bon côté et qui vont faire le bon choix, d’autres qui vont vous émouvoir et certains vous briser le cœur… L’auteur a un véritable don pour dépeindre la psychologie de ces hommes et femmes emportés dans la tourmente. Tout est possible et Gilles Milo-Vacéri ne cesse de nous surprendre. De plus, extrêmement bien documenté, il nous offre un grand roman Historique avec un grand « H ». Il nous rend proches ces hommes et ces femmes, il nous les rend attachants et surtout tellement compréhensibles dans leurs réactions car rien n’arrive par hasard. Et Antoine déjà tellement blessé par tout ce qu’il a vécu va vivre l’enfer… Je ne veux pas en dire davantage mais croyez-moi c’est vraiment l’horreur et il y aura un avant et un après… L’auteur parvient à nous immerger dans la guerre, dans ce qu’elle a de plus atroce et on se sent affreusement mal, témoin impuissant, le cœur broyé, empli de colère et de rage… Et le pire du pire, c’est que l’on se doute que ça va encore empirer !

Côté Histoire, il nous parle du réseau Honneur – Police qui était un groupe de policiers résistants au sein de la Préfecture de Police de Paris. Il nous fait toucher du doigt le manque de coordination et d’organisation entre les différents réseaux de la Résistance qui la plupart du temps s’ignoraient. À cette occasion j’ai découvert — oui, je suis très ignorante sur cette période — que Londres préférait les FFL (Forces Françaises Libres) qui appartenaient à l’Armée et que la Résistance n’était pas très bien vue par elle. C’est là que nous retrouvons un grand homme, un héros, Jean Moulin, un grand résistant. C’est grâce à lui que tout a changé, c’est lui qui a unifié, coordonné les différents mouvements de la Résistance en France. À l’inverse, nous avons La Carlingue ou Gestapo Française composée de malfrats et de flics français ainsi que les “Comtesses” qui couchaient et espionnaient pour la Gestapo.

Pour terminer, j’espère vous avoir donné envie de découvrir Antoine et tous ceux qui l’entourent, envie de vous plonger dans Les larmes de Satan malgré mon impuissance à rendre tout ce que j’ai ressenti. Je ne suis pas satisfaite de cette chronique, j’ai l’impression de ne pas être parvenue à vous partager mes sentiments. Cette lecture a été tellement bouleversante émotionnellement que c’en est impossible à transcrire et Antoine est un des personnages les plus déchirants de l’auteur.

— C’est de l’hébreu et ça dit à peu près ceci : qui donne ne doit jamais s’en souvenir. Qui reçoit, ne doit jamais oublier.
Abel lui sourit.
— Ils m’ont simplement redonné le goût de vivre. Que Dieu les protège !

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Épuisé, il cacha son visage entre ses genoux et croisa les bras sur la tête pour empêcher le monde de l’atteindre. Il se réfugiait souvent dans sa citadelle même si celle-ci devenait de plus en plus fragile, avec des murs qui s’écroulaient à mesure que ses illusions disparaissaient. Qu’étaient donc devenus ses beaux rêves de liberté ? Des fantômes qui le fuyaient et des mirages qu’il devrait oublier. Un sanglot déchira sa poitrine et Antoine lâcha enfin prise. Il pleura à son tour.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

L’impuissance devant la barbarie était un poison qui rongeait lentement celui qui avait une conscience.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Marjorie, fais ce que tu crois être juste. Quant à la peur, nous la connaissons tous, c’est normal. On n’y peut rien, nous ne sommes que des êtres humains.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

La guerre les avait transformés en monstres sanguinaires, en êtres implacables et impitoyables, assoiffés de justice, de vengeance, baignant dans l’amertume et la rancune quotidienne tandis que la haine des Allemands les poussait toujours plus loin vers le pire de l’âme humaine.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

C’étaient des bêtes, des monstres sans âme que la Gestapo avait recrutés et leur carte les autorisait à toutes les exactions possibles sans qu’on puisse s’y opposer.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Je réciterai la prière des morts, je ne la connais qu’en hébreu, mais peu importent les prières et la religion, Dieu reste Dieu, pour tous les hommes de bonne volonté. Je ferai le nécessaire.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

C’était la première fois qu’il s’adressait à Dieu, la première fois qu’il osait l’implorer, le supplier, quémander une grâce et ce n’était même pas pour lui. La première fois de toute sa vie. Et Dieu n’entendit pas sa prière. Il reposa la tête sur elle et abandonna le combat. Vaincu et anéanti. Le diable avait dû détourner les yeux devant cette folle absurdité et même les larmes de Satan seraient impuissantes à lui rendre l’amour de sa vie.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Laisse donc les ans s’épuiser.
Que de larmes pour un baiser,
Que d’épines pour une rose !

Le temps qui s’écoule fait bien ;
Et mourir ne doit être rien,
Puisque vivre est si peu de chose.

François Coppée

La Carlingue ou la Gestapo Française

 

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Résumé :

À  16 ans, Edith Eger est déportée à Auschwitz avec sa famille. Repérée par Joseph Mengele, elle est choisie pour rejoindre la troupe de danseuse du camp. Elle survivra et réussira avec le temps à transformer le choc de l’horreur en formidable énergie de vie au service des traumatisés de l’existence : soldats en plein chaos, femmes battues ou violées, enfants en profonde souffrance.
La vie du Dr Eger est une succession de choix pour s’échapper de son passé. Elle s’installe aux États-Unis en 1947, suit des études de psychologie pour comprendre le moteur de sa survie et celui des monstres qu’elle a fréquentés, choisit de donner la vie alors que les médecins le  lui interdisent, s’occupe de grands blessés de la vie pour leur insuffler l’extraordinaire énergie et volonté qu’elle s’est forgée.
Comment aider ses patients à faire le choix de la vie, de la reconstruction, c’est tout l’enjeu de la mission que le Dr Eger s’est donnée et qu’elle restitue dans cet ouvrage à partir de nombreux témoignages profondément émouvants de patients qu’elle a soignés et pour certains sauvés.
« Le Choix est une extraordinaire chronique de l’héroïsme et de la guérison, de la résilience et de la compassion, de la survie dans la dignité, de force mentale et de courage moral. Nous avons tous quelque chose à apprendre des cas exemplaires traités par  le Dr Eger et de son histoire personnelle si bouleversante. Chacun pourra y puiser une source de guérison dans sa propre existence. » Pr Philip Zimbardo, Université de Stanford

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Méga-coup de ♥ ! Un livre magnifique, un témoignage d’une rare humanité, « source de guérison », « un hymne à la vie ».

Je remercie NetGalley ainsi que les Éditions Jean-Claude Lattès pour l’envoi de ce service presse qui m’a permis de découvrir en avant-première le témoignage de cette femme extraordinaire qu’est le docteur Edith Eger.

Elle a seize ans, elle est amoureuse, elle a rencontré son âme sœur, c’est

Photo d'Edith prise par Eric

une artiste et une athlète qui prépare les Jeux Olympiques. Seulement, nous sommes en 1943 et Edith est juive ce qui entraîne son exclusion de l’équipe olympique. Arrêtée par les nazis avec ses parents et sa sœur Magda, elle est déportée à Auschwitz où ses parents seront gazés dès le départ. Sur l’ordre de Joseph Mengele, elle va danser pour lui et découvrira qu’elle est libre en se rappelant ces paroles de sa mère : « Souviens-toi juste que personne ne peut t’enlever ce que tu t’es mis dans l’esprit. » De même, elle se remémorera les paroles d’Eric, le jeune homme qu’elle aime et qu’elle espère retrouver. Elle se répétera également ces mots qui reviennent comme un leitmotiv tout au long de son emprisonnement : « Si je survis aujourd’hui, demain je serai libre. » C’est ainsi qu’avec sa sœur Magda, Edith va survivre durant une longue année. Elles connaîtront la faim, le froid, les coups, l’horreur, les longues Marches de la mort dans la neige lorsqu’elles seront envoyées à Mauthausen puis Gunskirchen, elles échapperont aux files de la mort et parviendront à ne jamais être séparées. Elles arriveront même à rire tout au long de leur captivité.

Edith Eger nous partage tout ce qu’elle a vécu avec beaucoup de pudeur. Son témoignage est poignant mais il n’y a aucune exagération, elle ne cherche pas à nous émouvoir, elle ne tire pas sur la corde du pathos, elle nous conte son histoire tout simplement et cela nous touche d’autant plus.

« Le choix d’Edith » est un livre d’autant plus marquant qu’il nous parle de l’après, de toute la difficulté à recommencer à vivre après avoir vécu l’enfer. L’antisémitisme est toujours aussi présent. Il faut commencer à faire le deuil de tous ceux qui ont disparu, qui sont morts, se refaire une santé. Et tout comme elle a survécu à la déportation, Edith va faire des choix tout au long de sa vie. Le choix de revivre et de donner la vie : Edith se marie et choisit

Trois générations

de porter son enfant à naître jusqu’au bout, contre l’avis des médecins. Pour fuir le communisme, le choix de la paix et d’émigrer en Amérique plutôt qu’en Israël qui est une zone de guerre. Là, elle découvrira qu’elle est peut-être libre physiquement mais psychologiquement elle est toujours prisonnière. Le choix de reprendre des études de psychologie pour dépasser ses limites. La découverte de la logothérapie avec le livre « Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie, » par Viktor Frankl, puis la rencontre de son auteur vont être une révélation, elle découvre qu’elle a le choix. Grâce à lui, elle va commencer à élaborer sa propre méthode de thérapie pour venir en aide aux immigrés, aux victimes de traumas, anciens combattants du Vietnam, paraplégiques, couples en difficulté, enfant anorexique… Chaque patient, chaque patiente vont lui apprendre quelque chose sur elle-même et lui permettre d’avancer.

Le docteur Edith Eger est une femme extraordinaire, d’un courage, d’une humanité exemplaires. À travers tous les exemples, les témoignages qu’elle nous partage, nous découvrons son parcours, ses combats admirables de dévouement et de dignité.

Je crois que ce qui m’aura le plus marquée dans ce livre, c’est la découverte que nous avons toujours le choix quelle que soit la situation dans laquelle

Docteur Edith Eva Eger

nous nous trouvons : nous pouvons toujours choisir la manière dont nous allons réagir. « Nous ne pouvons choisir de nous évanouir dans le noir, mais nous pouvons choisir d’allumer une lumière. » Également que la guérison n’est jamais facile et qu’elle est souvent le travail de toute une vie.

Un livre bouleversant et d’une richesse extraordinaire que chacun devrait lire, un chemin de guérison.

Mais avec le temps, j’ai appris que j’avais la latitude de choisir comment réagir au passé. J’ai la faculté de me rendre malheureuse, ou de rester pleine d’espoir, d’être déprimée, ou heureuse. Nous conservons toujours ce choix, cette latitude de maîtrise.

Le choix d'Edith

Loin d’atténuer la douleur, ce que nous refusons d’accepter nous enferme, et il devient aussi impossible d’y échapper que de s’évader de murs en briques et de barreaux en acier. Quand nous ne nous autorisons pas à faire le deuil de nos pertes, de nos blessures et de nos déceptions, nous nous condamnons à les revivre. Être libre réside dans le fait d’apprendre à faire nôtre ce qui s’est passé. Être libre signifie que nous puisons en nous le courage de démanteler la prison, brique après brique.

Le choix d'Edith

C’est la première fois que je m’aperçois que nous avons le choix : prêter attention à ce que nous avons perdu, ou prêter attention à ce que nous avons encore.

Le choix d'Edith

Ma transgression, c’est la vie.

Le choix d'Edith

Je tentais de bannir mes souvenirs du passé. Je pensais que c’était une question de survie. Ce n’est qu’après de nombreuses années que j’ai fini par comprendre que la fuite ne guérit pas la souffrance. Elle l’aggrave. En Amérique, j’étais plus éloignée que jamais, géographiquement, de mon ancienne prison. Mais ici, j’étais emprisonnée psychologiquement, plus que jamais auparavant. En fuyant le passé, et ma peur, je ne trouvais pas la liberté. Je transformais ma frayeur en cellule, et j’en fermais la serrure par le silence.

Le choix d'Edith

Je ne sais pas que dissimuler ses peurs n’a pour effet que de les faire croître plus intensément. J’ignore que mon habitude de me prémunir, de concilier, ou de faire semblant, ne peut qu’aggraver notre situation.

Le choix d'Edith

Chaque moment constitue un choix. Si frustrant, ennuyeux, contraignant, douloureux ou oppressant que soit ce que nous vivons, nous avons toujours la possibilité de choisir notre manière de réagir. Et je commence enfin à comprendre que j’ai moi aussi le choix. Cette prise de conscience va changer ma vie.

Le choix d'Edith

Si tu veux vivre, tu dois défendre quelque chose.

Le choix d'Edith

L’idée de ma liberté de choisir ma réaction propre à toute situation.

Le choix d'Edith

Toutefois, ainsi que mes semblables, les autres survivants, me l’ont appris, vous pouvez vivre pour venger le passé, ou vous pouvez vivre pour enrichir le présent. Vous pouvez vivre dans la prison du passé, ou vous pouvez permettre au passé de devenir le tremplin qui vous aide à atteindre la vie que vous avez envie de vivre, au présent.

Le choix d'Edith

nous avons la latitude de choisir d’être nos propres geôliers, ou celle de choisir d’être libres.

Le choix d'Edith

Nous pouvons choisir d’endosser la responsabilité de nos épreuves et de nos guérisons. Nous pouvons choisir d’être libres.

Le choix d'Edith

Pour moi, il n’est toujours pas simple de parler du passé. Il demeure profondément douloureux de chaque fois se confronter à tout ce sentiment de peur et de perte, chaque fois que je me remémore ou que je raconte. Mais à compter de ce moment, j’ai compris que les émotions, si puissantes soient-elles, ne sont pas fatales. Et qu’elles sont temporaires. Refouler ses émotions ne fait que rendre plus ardu de s’en défaire. L’expression est l’opposé de la dépression.

Le choix d'Edith

Au lieu de tout reprocher aux autres, assumer la responsabilité de ses actes et de ses paroles. Avant de dire ou de faire quelque chose, se demander : Est-ce que c’est gentil ? Est-ce important ? Est-ce que ça peut aider ?

Le choix d'Edith

Faire ce qui est juste va rarement de pair avec faire ce qui est sans danger.

Le choix d'Edith

Edith à seize ans, photo prise par Eric

Edith à seize ans, photo prise par Eric

Trois générations

Trois générations

Docteur Edith Eva Eger

Docteur Edith Eva Eger

Docteur Edith Eva Eger

Docteur Edith Eva Eger

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Résumé :

Après le succès de L’Affaire Léon Sadorski, une nouvelle enquête du sinistre et fascinant inspecteur des Renseignements généraux.
Paris, 29 mai 1942 : une bombe explose devant le Palais de justice, dans un café fréquenté par les Brigades spéciales, faisant deux morts et plusieurs blessés. Quelques jours plus tard, le cadavre d’une inconnue est découvert en banlieue. Crime passionnel ou politique ?
Chargé d’enquêter sur ces deux affaires, l’inspecteur Léon Sadorski voit ses projets de vacances contrariés  ̶  d’autant plus qu’il doit bientôt participer à la grande rafle du Vél d’Hiv, exigée par les nazis et confiée à la police française. Un destin tragique menace désormais sa jeune voisine Julie Odwak, la lycéenne juive qu’il convoite en secret et dont il a fait interner la mère.

« Sobriété avant tout : Simenon n’est pas loin. Mais, ici, le crime est de masse. » Frédéric Pagès, Le Canard enchaîné.
« Un énorme pavé dans le bourbier de la collaboration. Romain Slocombe nous bouscule et réveille notre vigilance. » Valérie Caffier, librairie Le Divan, Paris.

Mon avis :

Une immersion dans la sombre période de l’Occupation dont on ne sort pas indemne.

Je remercie NetGalley ainsi que les Éditions Robert Laffont, Collection La Bête Noire pour m’avoir envoyé ce Service Presse qui m’a permis de découvrir l’inspecteur Léon Sadorski.

Ce livre a été un choc. C’est une chose de savoir ce qui s’est passé sous l’Occupation, c’en est une autre de le vivre de l’intérieur.  L’inspecteur Léon Sadorski est un personnage tout à fait détestable : pétainiste, antisémite, raciste, pervers et j’en passe. Mais il est capable d’actes de générosité intéressée et il est terriblement humain ce qui le rend malgré tout fascinant.

L’histoire de « L’étoile jaune de l’inspecteur Sadorski » se déroule en 1942 au moment où le port de l’étoile jaune devient une obligation pour tous les Juifs âgés de 6 ans et plus et à l’époque de la rafle du Vél d’Hiv. L’inspecteur poursuit deux enquêtes : l’une concernant l’attentat du 29 mai 1942 perpétré dans un bistrot et qui a causé deux morts et quelques blessés ; l’autre celle de la découverte du corps d’une femme exécutée dans la forêt de Notre-Dame. Quand Léon Sadorski est sur une piste, il est pire qu’un pitbull et il ne lâche pas l’affaire. Tout lui est bon pour la faire progresser, mensonges, menaces, chantage, violences… De plus, les 16 et 17 juillet 1942, il va participer à la rafle du Vél d’Hiv.

Romain Slocombe nous plonge dans la vie quotidienne sous l’Occupation et nous fait découvrir à quel point les Français sont coupables de collaboration. Les Allemands sont loin d’être responsables de toutes les victimes. C’est la police et la gendarmerie française qui ont organisé la rafle du Vél d’Hiv, certes sur la demande des nazis, mais ce sont eux qui ont procédé aux arrestations sans tenir compte de l’âge des enfants, des mères enceintes, de l’état des malades et des blessés, ce sont eux qui ont décidé de déporter tous les enfants, eux qui frappaient et torturaient dans les locaux des brigades. Les témoignages sont accablants et ne laissent place à aucun doute.

Le personnage de Léon Sadorski est troublant. C’est un anti-héros par excellence. Il est vraiment une ordure qui n’hésite jamais à jouer la comédie, se faisant passer pour un résistant auprès de jeunes femmes qu’il a envie de mettre dans son lit. Par un subtil mélange de chantage et de menaces, il n’a aucun scrupule à forcer une jeune femme juive à coucher avec  lui. Il “adore” sa femme mais cela ne l’empêche pas de la tromper sans vergogne. Malheur à ceux et celles qui parlent trop devant lui, trompés par sa bonhomie factice ou ses déguisements. Il n’a aucun scrupule à dénoncer ceux qu’il soupçonne d’accointances avec les communistes ou les résistants. Il est passé maître dans l’envoi de lettres anonymes. Par contre, j’ai vraiment apprécié les rares moments où empêtré dans ses mensonges, Sadorski s’est retrouvé à faire une bonne action malgré lui.

La propagande antisémite est à vomir et l’arrestation des milliers de Juifs, les mauvais traitements qu’on leur fait subir, leur internement à Drancy, Les Tourelles, au Vél d’Hiv m’ont révulsée. J’ai eu plusieurs fois l’envie d’arrêter ma lecture et de ne pas la reprendre mais j’avais le sentiment qu’au nom de la vérité, je devais continuer.

L’écriture de l’auteur est captivante et c’est saisissant. J’ai vraiment eu l’impression d’être de retour des années en arrière et de me retrouver en 1942. Romain Slocombe a fait un important travail de recherche, il n’hésite pas à retranscrire des circulaires de l’époque, à citer des personnages historiques, ce qui contribue à rendre encore plus réaliste son récit.

Un polar historique très très noir, des personnages d’époque haïssables, une lecture dure et sans compromis mais totalement addictive.

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Résumé :

L’ÉCRITURE PEUT-ELLE SAUVER UN HOMME ?
 

Dans un Paris plus que jamais miroir aux vanités, l’extrême droite est sur le point de remporter les élections. William Kenfcet, journaliste à l’indépendance farouche, sent que le pire va advenir. Il l’a écrit et fait savoir. Est-ce pour cela qu’un soir il se fait salement agresser devant les grilles du jardin du Luxembourg ? Et que, voulant le sauver, un jeune couple est assassiné ?


Quand William se réveille à l’hôpital, il s’effondre. Écrasé par son histoire familiale, rongé par ses démons et par l’âge qui avance, il décide de partir à New York sur la tombe du jeune homme mort pour le secourir.
Un matin, dans le journal, il découvre l’histoire de Harvey Miller, un homme que le déclassement social a transformé en monstre — il a tué sa femme et ses quatre enfants — et qui vomit la morale de la société américaine. Cette histoire, William s’en empare, et le livre qu’il se met à écrire lui permettra de creuser ses propres zones d’ombre.


Roman gigogne, noir comme l’encre, où se mêlent les destins de ces personnages en fuite, Où cours-tu William… est aussi un polar politique, une réflexion sur la filiation, la transmission, et le pouvoir de la littérature.

Mon avis : ✯ ✯ ✯ ✯ ✯

Un livre émouvant, très sombre, une critique féroce de l’hypocrisie de nos sociétés capitalistes et plus particulièrement de l’Amérique.

Alors qu’il sort d’une émission de télévision, William Kenfcet se fait violemment agresser par deux hommes. Un couple de jeunes gens, John et Marie, se porte à son secours et est abattu par les deux criminels. Roué de coups et traumatisé par cette agression et surtout par la mort de ces deux jeunes courageux, William se remémore son passé et décide de se rendre à New York pour se recueillir sur la tombe de John.

« Où cours-tu William… » est un livre qui est composé de plusieurs histoires. D’abord celle de John et Marie, ces deux jeunes qui avaient toute leur vie devant eux s’ils n’avaient eu le malheur de croiser le chemin de deux assassins. Marie est française et John est américain. N’ayant pu se rendre à leurs obsèques, William est hanté par leur mort et le besoin de comprendre le pourquoi de ce crime. Mais il se sent également coupable de ce qui est arrivé, c’est pour cela qu’il va se recueillir sur la tombe de Marie et qu’il décide de partir pour New York où le corps de John a été rapatrié.

Ensuite nous avons la vie de William ou plutôt “ses” vies. Il est le fils unique de Noémie, une ashkénaze dont la famille fut massacrée par les SS en 1944, et d’André qui aidait la Résistance. Arrêté, torturé, envoyé à Dachau la même année, André survécut jusqu’à fin 1948. Noémie ne se maria jamais et éleva William dans le souvenir de son père et de ses ancêtres juifs. Cela a fait de lui un homme farouchement indépendant, un grand journaliste défenseur de la liberté et un lucide dénonciateur du retour de l’antisémitisme, de la montée de l’extrême droite et de la barbarie islamiste, ce qui lui a attiré bien des ennemis.

Dans son désir de comprendre mais aussi d’apprivoiser ses démons, William Kenfcet va se lancer dans l’écriture d’un roman ayant pour base un fait divers dans lequel un homme, Harvey Miller, symbole de la réussite sociale américaine, heureux en ménage, père de quatre enfants, ingénieur en informatique, le meilleur dans sa partie a abattu toute sa famille deux mois après son licenciement. Il espère ainsi parvenir à appréhender ce qui fait basculer un homme dans le crime et se demande si tout le monde peut devenir un meurtrier. Il ira très loin dans cette recherche au risque de se perdre.

Denis Jeambar

Denis Jeambar nous livre une critique féroce de la société. Il dénonce l’hypocrisie dans laquelle nous vivons mais également notre aveuglement.

L’écriture est superbe et l’auteur nous offre matière à réflexion. Sa plume est précise, incisive et j’ai été captivée durant toute ma lecture même s’il s’agit d’un récit très sombre. L’histoire d’Harvey Miller est glaçante et William Kenfcet ne recule devant rien dans sa quête de compréhension. Il y aurait encore beaucoup à dire et j’espère que cela vous incitera à découvrir cet ouvrage.

Un livre d’actualité qui dénonce les exactions de l’extrême-droite représentée ici par le parti Sinistre, l’antisémitisme, les crimes commis par les islamistes radicaux, qui parle également de la mort, de la vieillesse, de la difficile communication avec ses proches.

Un grand merci à NetGalley et aux Éditions Calmann-Lévy pour cette belle découverte.

Je suis un Juif. Est-ce qu’un Juif n’a pas des yeux ? Est-ce qu’un Juif n’a pas des mains, des organes, des proportions, des sens, des affections, des passions ? Est-ce qu’il n’est pas nourri des mêmes aliments, blessé par les mêmes armes, sujet aux mêmes maladies, guéri par les mêmes moyens, échauffé et refroidi par le même été et par le même hiver qu’un chrétien ? Si vous nous piquez, ne saignons-nous pas ? Si vous nous chatouillez, ne rions-nous pas ? Si vous nous empoisonnez, ne mourons-nous pas ? Et si vous nous outragez, ne nous vengeons-nous pas ? Si nous nous ressemblons en tout le reste, nous vous ressemblons aussi en cela ?

Le Marchand de Venise de William Shakespeare

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Témoignage, #Ghetto, #Seconde Guerre mondiale, #Antisémitisme, #Nazisme

Résumé :

« C'est la lecture de ce roman vrai qui a inspiré Steven Spielberg pour réaliser son célèbre film La Liste de Schindler. Comme l'a écrit le Guardian, " c'est une chose de rassembler des documents historiques et des témoignages. C'en est une autre de les ramener à la vie comme l'a fait Thomas Keneally ". Et en effet, l'auteur reconstitue l'histoire d'Oskar Schindler – industriel allemand qui dirigeait une usine rattachée à un camp de concentration durant la Seconde Guerre mondiale – dans des termes si précis que l'on devient le témoin de l'extraordinaire acte de bravoure que ce dernier a accompli en sauvant des centaines d'ouvriers juifs. Qui a vu le film de Spielberg n'en a pas oublié les images ; les pages du roman de Keneally, elles, résonneront longtemps dans la mémoire de leurs lecteurs. »

Mon avis :

Un livre témoignage que je ne suis pas près d’oublier !

Thomas Keneally fait littéralement revivre sous nos yeux Oskar Schindler et ses prisonniers juifs, les camps de concentration ainsi que les SS mais aussi toute cette époque de la Seconde Guerre mondiale. J’avoue être ressortie de cette lecture complètement atterrée. Je ne comprends pas : comment peut-on froidement décider d’anéantir tout un peuple ? Et en plus avec la complicité des populations ? Le pire étant que de nos jours encore, l’antisémitisme continue à faire des adeptes.

Cela ne rend que plus admirable l’incroyable courage d’Oskar Schindler. Noceur doté d’un charme magnétique et d’une générosité proverbiale, il aimait les femmes, la bonne chère, la boisson, les beaux costumes et les smokings... À l’époque où commence le récit, il possède une manufacture de matériel de cuisine et n’hésite jamais à boire en compagnie de ceux qui peuvent lui être utiles même s’il les méprise. Il ajoutera plus tard un secteur munitions, fabrique d’obus pour donner l’impression de participer à l’effort de guerre.

Après avoir été prévenu d’une descente des SS sur le quartier juif par Oskar, Itzhak Stern, un juif polonais, est désormais certain que celui-ci est à la fois un goy et un juste. Les justes d’après la légende du Talmud apparaissent à chaque moment important de l’Histoire.

Oskar Schindler joue un jeu dangereux et il sera plusieurs fois arrêté : fin 1941, il sera interrogé par la Gestapo. Il est libéré le lendemain grâce à ses amis hauts placés ; le 29 avril 1942 : au lendemain de son anniversaire, alors qu’il vient de fêter ses 34 ans, un employé le dénonce pour avoir embrassé une femme juive. Arrêté par deux membres de la gestapo pour violation de la loi raciale en vigueur, il sera de nouveau sauvé grâce à ses amis puissants. Enfin en 1944, nouvelle arrestation par les SS. On l’interroge sur l’argent qu’il aurait éventuellement offert à Amon Goeth, commandant du camp de travaux forcés de Plaszow, pour qu’il ménage les juifs. Sa détention durera une semaine. Au final, grâce à son intelligence, ses magouilles, sa générosité illimitée, il parviendra à sauver plus d’un millier de juifs qui témoigneront pour lui.

Je tenais à lire le livre avant de voir le film et je pense que c’est un livre dur, poignant mais que tout le monde devrait le lire. On y voit à quel point l’homme peut se révéler d’une cruauté inimaginable, inhumaine mais aussi heureusement, on en découvre d’autres qui permettent de croire encore en l’humanité.

Celui qui sauve un seul homme sauve le monde entier.

Citation du Talmud

Un juif qui représente un potentiel économique est un juif à l’abri.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Seconde Guerre mondiale, #Femmes pilotes américaines, #Amitié, #Courage, #Antisémitisme

Résumé :

Un roman sur le courage de ces femmes oubliées de l’Histoire qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont participé à l’effort de guerre.
 

A 87 ans, Mary Browning sent que le temps est venu pour elle de raconter son histoire et les secrets qu’elle garde enfouis depuis de si longues années. En fait, depuis le jour où un parachutiste est tombé dans le jardin de ses parents, faisant éclore son rêve : devenir aviatrice. Cette passion, Mary l’a vécue intensément, à chaque seconde de sa vie. Mais, en retour, elle a payé le prix fort, allant jusqu’à renier ses origines juives et sa famille pour suivre son destin. 

A qui confier et transmettre le récit de ce qui fut à la fois son feu sacré et sa grande faute ? La réponse arrive en la personne d’une très jeune fille. En elle, Mary croit retrouver les traits de Sarah, sa sœur adorée qu’elle a dû abandonner. Un signe du destin qui marque le début d’une amitié aussi belle qu’improbable, faite de confidences et de récits extraordinaires jusqu’à l’émouvante révélation finale...

 

Ce roman est inspiré de faits réels — le rôle courageux et désintéressé joué par les femmes pilotes américaines pendant la Seconde Guerre mondiale, longtemps tenu secret. En 2009, Barack Obama leur a rendu hommage devant le Congrès.

 

Mon avis :

Un véritable coup de cœur pour ce roman historique qui nous révèle une page gardée longtemps secrète de la Seconde Guerre mondiale.

Mary Browning, 87 ans, est la responsable d’un groupe d’écriture dont les participants sont tous âgés. C’est alors que se présente Elyse, une jeune fille de 15 ans pour participer au groupe.

Peu de temps après, Mary tombe sur un article annonçant que le Congrès allait offrir une médaille aux femmes pilotes ayant appartenu aux Women Airforce Service Pilotes : ces femmes pilotes entraînées par l’armée transportaient l’approvisionnement et livraient des avions aux bases aériennes en remplacement des hommes partis à la guerre. Malgré leur courage et leur dévouement, elles ne sont pas acceptées par certains qui n’hésitent pas à saboter leurs avions et à la fin de la guerre, elles sont renvoyées dans leurs foyers et leur existence demeure secrète. Une photo accompagne cet article et Mary se reconnaît : à l’époque elle s’appelait Miriam Lichtenstein et était juive. Elle décide alors d’écrire ses mémoires et demande à Elyse qui lui rappelle sa sœur Sarah de les dactylographier pour elle.

Une profonde amitié va unir Mary à Elyse et Maggie Leffler nous partage leurs vies. Elyse va tomber amoureuse mais aussi être confrontée à la séparation de ses parents, à la mort. À travers les mémoires de Mary/Miri, nous découvrons la vie d’une jeune fille juive de l’époque, sa passion pour l’aviation mais aussi la discrimination institutionnelle à l’encontre des juifs et des femmes. En 1944 une femme en pantalon pouvait être arrêtée pour racolage si elle n’était pas accompagnée par un homme. Miri nous raconte  également sa vie alors qu’elle ne peut plus voler, son combat pour être libre, l’amour qui va l’unir à son mari, la famille qu’elle a fondée, les raisons qui l’ont poussée à rejeter ses racines juives et qui l’ont conduite à être reniée par sa famille. Quant à la fin, elle est tout simplement magnifique.

J’ai adoré ce livre et ces personnages de femmes fortes et courageuses à une époque qui ne leur faisait pas de cadeau. J’ai partagé leurs combats et leurs révoltes. L’auteur a une écriture fluide et sait nous émouvoir. C’est aussi une chronique douce-amère de la vie avec ses joies mais aussi toutes les souffrances qu’elle génère : mort, cancer, tuberculose, divorce, mésentente familiale, difficultés des rapports mère-fille, problèmes d’adolescence mais le talent de l’auteur est tel que ce n’est pas un livre triste, au contraire. C’est un livre plein d’espoir qui donne envie de se battre. Un livre à découvrir absolument !

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