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Au-pays-de-Goewin.over-blog.com

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Les livres de Goéwin

guerre

Résumé :

Abandonné à la naissance, Antoine Boulan fuit l’orphelinat et tente de survivre en restant sur le droit chemin pour tenir une promesse. Rattrapé par l’époque, il sombre dans les cambriolages et se voit condamné au bagne par erreur. Quand la guerre éclate, il revient en France pour prendre les armes et traversera le conflit en courant désespérément après son pardon. Du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni aux plages de Dunkerque, à Paris puis dans le Loiret et enfin à Auschwitz Birkenau en Pologne, vous allez suivre pas à pas le destin d’un orphelin à qui la vie n’a fait aucun cadeau et qui deviendra, malgré lui, un héros de guerre.

(juillet 1940 - octobre 1941)

Après la diffusion des tracts et les missions de renseignements, Antoine est devenu un membre du Groupe Opéra sur qui on peut compter. Après une première exfiltration réussie, avec son ami Jean-Paul Mazières, ils doivent récupérer un camion chargé d’armes et de munitions qui les attend dans le Loiret afin de le ramener à Paris. S’ils réussissent, en plus du Groupe Opéra, ils pourront aider d’autres réseaux parisiens à s’armer…

 

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Coup de cœur ! Amour, guerre, barbarie… l’homme confronté à sa vérité ! Un second tome encore plus bouleversant, réaliste, addictif !

Dans ce second tome, Gilles Milo-Vacéri débute en transcrivant le « Discours du Maréchal Pétain » et l’ « Appel du 18 juin 1940 » du Général de Gaulle. Où serions-nous sans ces hommes et ces femmes courageux et méconnus qui ont répondu à cet appel du 18 juin ?

Antoine ne cesse de monter en puissance, en folie téméraire… Il est devenu un spécialiste des exfiltrations et des missions dangereuses. Nous le retrouvons dans une nouvelle opération suicidaire : récupérer et ramener à Paris un chargement d’armes, munitions, explosifs, faux papiers et tout ce qu’il faut pour imprimer sans oublier du matériel de radio ce qui équivaut à quatre tonnes de matériel environ. Et on peut dire que l’auteur s’en donne à cœur joie avec Antoine ! Il a de ces idées ! Complètement fou et plus c’est fou, plus ça marche ! Les morceaux de bravoure s’enchaînent mais en même temps ses personnages sont toujours profondément humains, avec toutes leurs faiblesses qu’ils dominent… ou pas, ce qui les rend touchants et nous bouleverse d’autant plus. Et le pire, c’est qu’avec cette tête de pioche d’Antoine, dès qu’on respire un peu, qu’on se dit « ouf ! il s’en est sorti », eh bien non, cette forte tête au courage complètement hallucinant se précipite dans un danger encore pire.

Gilles Milo-Vacéri nous dépeint l’humanité dans ce qu’elle a de pire et de meilleur. Il nous plonge dans la réalité de la guerre où les hommes et les femmes se découvrent face aux privations et aux horreurs, les conduisant aux pires des trahisons mais aussi à effectuer des actes de bravoure insensés. Et je me répète mais ils sont terriblement humains. C’est vraiment frustrant, je ne veux pas dévoiler l’histoire, mais il y a des personnages qui ne sont pas tout à fait du bon côté et qui vont faire le bon choix, d’autres qui vont vous émouvoir et certains vous briser le cœur… L’auteur a un véritable don pour dépeindre la psychologie de ces hommes et femmes emportés dans la tourmente. Tout est possible et Gilles Milo-Vacéri ne cesse de nous surprendre. De plus, extrêmement bien documenté, il nous offre un grand roman Historique avec un grand « H ». Il nous rend proches ces hommes et ces femmes, il nous les rend attachants et surtout tellement compréhensibles dans leurs réactions car rien n’arrive par hasard. Et Antoine déjà tellement blessé par tout ce qu’il a vécu va vivre l’enfer… Je ne veux pas en dire davantage mais croyez-moi c’est vraiment l’horreur et il y aura un avant et un après… L’auteur parvient à nous immerger dans la guerre, dans ce qu’elle a de plus atroce et on se sent affreusement mal, témoin impuissant, le cœur broyé, empli de colère et de rage… Et le pire du pire, c’est que l’on se doute que ça va encore empirer !

Côté Histoire, il nous parle du réseau Honneur – Police qui était un groupe de policiers résistants au sein de la Préfecture de Police de Paris. Il nous fait toucher du doigt le manque de coordination et d’organisation entre les différents réseaux de la Résistance qui la plupart du temps s’ignoraient. À cette occasion j’ai découvert — oui, je suis très ignorante sur cette période — que Londres préférait les FFL (Forces Françaises Libres) qui appartenaient à l’Armée et que la Résistance n’était pas très bien vue par elle. C’est là que nous retrouvons un grand homme, un héros, Jean Moulin, un grand résistant. C’est grâce à lui que tout a changé, c’est lui qui a unifié, coordonné les différents mouvements de la Résistance en France. À l’inverse, nous avons La Carlingue ou Gestapo Française composée de malfrats et de flics français ainsi que les “Comtesses” qui couchaient et espionnaient pour la Gestapo.

Pour terminer, j’espère vous avoir donné envie de découvrir Antoine et tous ceux qui l’entourent, envie de vous plonger dans Les larmes de Satan malgré mon impuissance à rendre tout ce que j’ai ressenti. Je ne suis pas satisfaite de cette chronique, j’ai l’impression de ne pas être parvenue à vous partager mes sentiments. Cette lecture a été tellement bouleversante émotionnellement que c’en est impossible à transcrire et Antoine est un des personnages les plus déchirants de l’auteur.

— C’est de l’hébreu et ça dit à peu près ceci : qui donne ne doit jamais s’en souvenir. Qui reçoit, ne doit jamais oublier.
Abel lui sourit.
— Ils m’ont simplement redonné le goût de vivre. Que Dieu les protège !

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Épuisé, il cacha son visage entre ses genoux et croisa les bras sur la tête pour empêcher le monde de l’atteindre. Il se réfugiait souvent dans sa citadelle même si celle-ci devenait de plus en plus fragile, avec des murs qui s’écroulaient à mesure que ses illusions disparaissaient. Qu’étaient donc devenus ses beaux rêves de liberté ? Des fantômes qui le fuyaient et des mirages qu’il devrait oublier. Un sanglot déchira sa poitrine et Antoine lâcha enfin prise. Il pleura à son tour.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

L’impuissance devant la barbarie était un poison qui rongeait lentement celui qui avait une conscience.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Marjorie, fais ce que tu crois être juste. Quant à la peur, nous la connaissons tous, c’est normal. On n’y peut rien, nous ne sommes que des êtres humains.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

La guerre les avait transformés en monstres sanguinaires, en êtres implacables et impitoyables, assoiffés de justice, de vengeance, baignant dans l’amertume et la rancune quotidienne tandis que la haine des Allemands les poussait toujours plus loin vers le pire de l’âme humaine.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

C’étaient des bêtes, des monstres sans âme que la Gestapo avait recrutés et leur carte les autorisait à toutes les exactions possibles sans qu’on puisse s’y opposer.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Je réciterai la prière des morts, je ne la connais qu’en hébreu, mais peu importent les prières et la religion, Dieu reste Dieu, pour tous les hommes de bonne volonté. Je ferai le nécessaire.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

C’était la première fois qu’il s’adressait à Dieu, la première fois qu’il osait l’implorer, le supplier, quémander une grâce et ce n’était même pas pour lui. La première fois de toute sa vie. Et Dieu n’entendit pas sa prière. Il reposa la tête sur elle et abandonna le combat. Vaincu et anéanti. Le diable avait dû détourner les yeux devant cette folle absurdité et même les larmes de Satan seraient impuissantes à lui rendre l’amour de sa vie.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Laisse donc les ans s’épuiser.
Que de larmes pour un baiser,
Que d’épines pour une rose !

Le temps qui s’écoule fait bien ;
Et mourir ne doit être rien,
Puisque vivre est si peu de chose.

François Coppée

La Carlingue ou la Gestapo Française

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Seconde Guerre mondiale, #Littérature, #Historique, #Occupation, #Résistance, #Gilles Milo-Vacéri, #Guerre

Résumé :

Abandonné à la naissance, Antoine Boulan fuit l’orphelinat et tente de survivre en restant sur le droit chemin pour tenir une promesse. Rattrapé par l’époque, il sombre dans les cambriolages et se voit condamné au bagne par erreur. Quand la guerre éclate, il revient en France pour prendre les armes et traversera le conflit en courant désespérément après son pardon. Du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni aux plages de Dunkerque, à Paris puis dans le Loiret et enfin à Auschwitz Birkenau en Pologne, vous allez suivre pas à pas le destin d’un orphelin à qui la vie n’a fait aucun cadeau et qui deviendra, malgré lui, un héros de guerre.

(juin 1917 - juillet 1940)

Antoine est un adolescent qui a appris à souffrir en silence. Grâce à sœur Charlotte, sa mère de substitution, il survit à ses premières années au sein de l’orphelinat. Quand il fuit les Enfants Trouvés, il multiplie les métiers et pour manger à sa faim, devient un voleur réputé sur Pigalle. Jugé à tort pour meurtre, la justice le condamne au bagne. Quand la guerre éclate, il saisit sa chance et revient en volontaire sur les plages de Dunkerque…

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Le premier tome d’une trilogie puissante, bouleversante, à lire absolument !

Gilles Milo-Vacéri a le don de donner vie à des personnages inoubliables et Antoine Boulan est sans conteste l’un des plus attachants et bouleversants. J’avais lu la première version éditée de « Les larmes de Satan » et j’avais été très touchée par ce livre dont l’action se situe pendant la Seconde Guerre mondiale, plus particulièrement durant l’Occupation, et qui nous rappelle le devoir de mémoire afin que plus jamais ça ! Mais justement, ayant aimé ce texte, je suis plus que ravie que l’auteur l’ait repris et complètement réécrit en mettant l’accent sur Antoine qui en devient encore plus humain et réel. Il pourrait tout à fait avoir existé. De plus l’auteur a développé la narration, rendant son texte encore plus frappant. La trame est la même mais c’est encore mieux, encore plus émouvant et c’est édité en trois tomes.

Dans sa préface, Gilles Milo-Vacéri nous explique pourquoi il a écrit « Les larmes de Satan ». Il nous rappelle le devoir de mémoire qui est le nôtre pour que tous ceux qui sont morts au nom de la Liberté, soldats, déportés, Juifs, résistants, ne soient pas morts en vain. Personnellement j’ajouterai qu’on en a besoin aujourd’hui plus que jamais au vu de certains faits d’actualité et paroles de gouvernants. Puis il a mis en exergue un extrait du magnifique Chant des Partisans (j’ai ainsi appris que les paroles françaises étaient de Joseph Kessel et Maurice Druon) ainsi qu’un extrait du Discours du transfert des Cendres de Jean Moulin au Panthéon prononcé par André Malraux.

Ensuite, nous entrons dans l’histoire de la vie d’Antoine et dès les premières lignes, nous avons le cœur serré par la douleur de cette mère obligée d’abandonner son enfant. En quelques phrases, Gilles Milo-Vacéri ressuscite un temps où il ne faisait pas bon s’écarter du chemin d’une stricte morale et où une fille-mère était systématiquement condamnée et rejetée. À l’Hôpital

Hôpital des Enfants Trouvés

des Enfants Trouvés, la supérieure Sœur Evelyne est un vrai chameau. Heureusement il y a la douce Sœur Charlotte ; c’est elle qui fournira son identité à Antoine Boulan, qui l’aimera et lui donnera une forte éducation avec des valeurs d’honneur. C’est grâce à elle qu’il survivra à seize années d’orphelinat qui n’ont été qu’une suite de brimades et d’injustes corrections car Sœur Evelyne — maudite soit-elle ! — en a fait son souffre-douleur. À 16 ans, Antoine, surnommé respectueusement Le Silencieux par ses camarades, fuit l’Hôpital et commence à travailler en tant qu’apprenti boulanger. Hélas, la mort de Sœur Charlotte lui brise le cœur et il laisse tout tomber. Commence alors pour lui une vie de misère. Pour ne pas mourir de faim, malgré son désir de devenir quelqu’un de bien pour que Sœur Charlotte soit fière de lui, il devient cambrioleur mais il ne vole que les riches et ne porte pas d’arme. Antoine aurait pu continuer longtemps sa vie de voleur s’il n’avait pas été rattrapé par sa promesse faite à Sœur Charlotte et les valeurs d’honnêteté, justice, solidarité et respect de l’humain qu’elle lui a inculquées. Victime d’une

Cayenne - Bagne de Saint-Laurent-du-Maroni

lamentable erreur, il est accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis et condamné aux travaux forcés à perpétuité au bagne de Cayenne. Quand la guerre éclate, sa rencontre avec le directeur du bagne, le colonel Pierre de Maranches, qui lui propose de rentrer en France pour défendre son pays contre l’Allemagne et qui va être le premier à croire à son histoire et à son innocence, va lui permettre de reprendre sa vie en mains et d’entamer son chemin de rédemption.

Disons-le de suite, « Les larmes de Satan » c’est de l’émotion à l’état pur.  Gilles Milo-Vacéri nous offre un roman d’une grande puissance. C’est un roman mais les faits qu’il raconte se sont effectivement passés. Au fil de la narration, j’ai été émue par la bonté de certains de ses personnages ; j’ai eu envie de prendre Antoine dans mes bras et de le serrer fort pour le consoler, le protéger, le défendre ; j’ai maudit l’auteur lors de sa condamnation. Une malchance pareille, un tel enchaînement de circonstances et je ne vous dis pas tout… Et combien j’ai aimé Pierre de Maranches pour avoir cru à son innocence et lui avoir tendu la main ! Le récit de la bataille de Dunkerque est

Dunkerque

d’un réalisme incroyable et Antoine a un comportement exemplaire dès le début. L’auteur nous le rend encore plus attachant et humain ; ce n’est pas un surhomme mais il montre le vrai courage des âmes bien nées, celui qui vous fait agir malgré la peur parce que c’est ce qu’il faut faire. Et cela va le mener très loin. Il ne renonce jamais, quel que soit l’obstacle ou la difficulté. Antoine, c’est l’honneur, le respect de la parole donnée, le sens du devoir. Son moteur, c’est l’amour et la recherche de la rédemption car il ne se pardonne pas son passé de voleur. Dans la France de l’Occupation, il va découvrir les horreurs de la guerre et du comportement des nazis. Combien de fois me suis-je demandée si les exactions rapportées étaient vraies tant j’étais révulsée par ce que je lisais tout en sachant que l’auteur ne disait que la vérité et me demandant avec lui où était Dieu à ce moment-là, que faisait-il ? Antoine, devenu un combattant de l’ombre à 23 ans a toute la fougue de la jeunesse et ses idées pour remplir une mission… Waouh ! c’est quelque chose ! Et je peux vous certifier que vous en oublierez de respirer.

Conclusion : lisez « Les larmes de Satan », même si vous avez lu la première version. C’est un livre magnifique, avec des personnages bouleversants, des valeurs qui vous feront chaud au cœur. Prévoyez néanmoins quelques mouchoirs car je ne doute pas que vous serez ébranlés, touchés, émus, affligés… De l’émotion à l’état pur je vous dis !

La guerre efface le respect dû aux morts, de la même manière qu’elle plonge dans l’oubli, les identités, les visages, les souvenirs de chacun. Une monstruosité.

Chapitre VI 29 mai 1940 France - Au large de Dunkerque, Mer du Nord - À bord de La Martinière

Le courage frôlait parfois l’héroïsme et la témérité ne se mesurait pas au grade ou selon l’âge. Antoine contempla longuement ces soldats qui donnaient leur vie pour que d’autres puissent survivre et un profond sentiment de respect naquit en lui. C’étaient des hommes d’honneur, des braves et il se promit de les imiter pour en avoir la même trempe.

Chapitre VI 29 mai 1940 France - Au large de Dunkerque, Mer du Nord - À bord de La Martinière

Bombardements et mitraillages étaient devenus si fréquents que l’on ne se demandait plus qui ou comment, mais plus simplement quand viendrait son tour. Encore une triste leçon pour Antoine qui fit sienne, une devise qu’il n’entendait que trop souvent : va où tu veux, meurs où tu dois. Si ce fatalisme, teinté d’un réalisme sordide, n’évitait pas la mort, au moins, il permettait de moins subir sa peur.

Chapitre VII 30 mai 1940 France - Mer du Nord - À bord de La Martinière

Ainsi, l’amour d’une mère ne souffrait pas le retard, ne connaissait ni la peur ni le déséquilibre et pouvait affronter toutes les armées du monde.

Chapitre VII 30 mai 1940 France - Mer du Nord - À bord de La Martinière

— Ne t’écoute pas. Tu n’as pas mal et tout va bien. Maintenant, marche ou crève, soldat ! s’encouragea-t-il. Les premiers pas furent hésitants, puis la force de la jeunesse prit le dessus sur l’épuisement. Le sergent avançait. Lentement, en serrant les dents, mais il marchait à nouveau.

Chapitre VIII 31 mai 1940 France - Mer du Nord - Sur une plage inconnue

Il savait déjà qu’Alice serait importante dans sa vie et sans tergiversation, il décida de tout lui raconter, même si certains épisodes de sa vie n’allaient pas le mettre à l’honneur. Dire la vérité est toujours une bonne chose ! répétait inlassablement sœur Charlotte et il avait déjà compris qu’il ne cacherait jamais rien à Alice.

Chapitre XVI 26 juin 1940 Paris IXe - Quartier Opéra - Palais Garnier

On n’abandonne jamais un homme derrière soi.

Chapitre XVII 27 juin 1940 Paris IXe - Quartier Opéra - Palais Garnier

Pourtant, ça pourrait bien fonctionner, votre truc ! C’est dingue et plus c’est dingue, mieux ça marche.

Chapitre XXIII 31 juillet 1940 Loiret - Sainte-Madeleine - Ferme des Jandart

Alors, Antoine se dit que chacun avait ses raisons de s’engager dans la Résistance et de porter des coups à l’ennemi, en fonction de ses moyens. Toutefois, si l’on grattait le vernis, si l’on oubliait les apparences ou les vérités trop vite proclamées, on comprenait qu’au fond, la seule vraie raison de se battre relevait de l’attachement à de vraies valeurs et, par-dessus tout, au respect de la Liberté de tous.
À chacun sa croix, souvent trop lourde et pour tous ces braves, le sentiment absolu de devoir défendre la patrie au péril de sa vie. Telle était l’étrange alchimie de ces combattants anonymes, perdus dans l’ombre de la clandestinité, ne recevant ni honneur ni gloire, et qui pourtant donnaient tout, sans jamais réfléchir ni hésiter.

Chapitre XXIII 31 juillet 1940 Loiret - Sainte-Madeleine - Ferme des Jandart

Hôpital des Enfants Trouvés

 

Rue Pigalle

 

 

Le La Martinière

 

Guyane - Cayenne - Bagne de Saint-Laurent-du-Maroni

 

Bagne de Saint-Laurent-du-Maroni - Cellule

 

Bataille de Dunkerque

 

Dunkerque : embarquement des troupes

 

Amiens sous les bombes

 

Amiens sous les bombes

 

Carte de démembrement de la France sous l'Occupation allemande

 

Deux enfants juifs

 

L'exode

 

Exode de civils français sur une route de campagne. 1940

 

Quartier Pigalle

 

Ausweis

 

Des drapeaux nazis accrochés à la façade du Palais Garnier

 

Hitler à Paris

 

Paris sous l'occupation

 

Une colonne de soldats Allemands marche dans Paris

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Littérature, #Saga, #Historique, #Famille, #Guerre, #Guerre de 14-18, #Amour, #Policier, #Enquête

Résumé :

1920. Sur le site minier de Faymoreau en Vendée, un coup de grisou a provoqué l’effondrement d’une galerie. Apprenant la tragédie, Isaure Millet, la fille des métayers du château, s’est précipitée sur les lieux. Thomas Marot, l’homme qu’elle aime depuis toujours, fait partie des mineurs pris au piège. Les secours s’activent. Thomas est sauvé mais le soulagement d’Isaure est de courte durée : le jeune homme est déjà fiancé à une ouvrière polonaise. Comment pourra-t-elle se résoudre à renoncer à lui ?
Les suites de la catastrophe prennent une tournure inattendue: l’une des victimes retrouvées sans vie au fond de la mine a, en fait, été assassinée d’une balle dans le dos… L’enquête bute sur le mutisme des témoins. La belle Isaure, qui lutte pour dissimuler les sentiments qu’elle voue à Thomas, en sait-elle plus qu’elle ne prétend ? Quel secret cache la petite communauté de gueules noires ?


Marie-Bernadette Dupuy est l’auteur d’une œuvre extrêmement riche et variée, traduite jusqu’en Russie, qui lui a permis de conquérir le cœur de nombreux lecteurs. Elle revient avec une époustouflante saga, dédiée au monde de la mine, sur les pas d’une héroïne extraordinairement attachante.

Mon avis : ✯ ✯ ✯ ✯ ✯

Le début d’une belle saga.

Nous sommes le 11 novembre 1920 en Vendée. Suite à un coup de grisou,

Mine de Faymoreau

la mine de Faymoreau s’est effondrée tuant 3 mineurs et retient prisonniers Thomas et Pierre, un jeune garçon de 15 ans, frère de Jolenta, la fiancée de Thomas. Lorsqu’elle découvre le drame dans un journal, Isaure qui aime passionnément Thomas en secret depuis des années quitte son emploi et prend le premier train pour se rendre sur place. Or il apparaît très vite que l’un des mineurs n’a pas été tué par l’effondrement de la galerie : Alfred Boucard, contremaître, a été assassiné d’une balle dans le dos. L’inspecteur Justin Devers va devoir faire la lumière sur ce meurtre et se heurter au silence de tous.

Je remercie NetGalley ainsi que les Éditions Calmann-Lévy pour ce Service Presse. Marie-Bernadette Dupuy

Marie-Bernadette Dupuy

nous offre une nouvelle saga qui se déroule en Vendée et nous fait découvrir le monde des gueules noires. Comme d’habitude l’auteure s’est extrêmement bien documentée et ses personnages sont attachants, tout particulièrement Isaure. C’est une jeune fille ravissante, un peu perdue. Privée d’affection depuis sa naissance, elle cherche sa place dans le monde et a reporté tout son amour sur Thomas qui la considère comme une petite sœur. Elle va faire la connaissance de l’inspecteur Justin Devers qui ne restera pas insensible à son charme et à sa beauté. Nous sommes en 1920 et l’auteure nous rappelle les conséquences qu’a engendrées la terrible guerre de 14/18 avec ses morts mais aussi ses blessés revenus du front terriblement marqués dans leur chair et leur esprit.

Un début de saga qui dresse le portrait des mineurs mais aussi des survivants de la Grande Guerre et raconte la vie de leurs familles. S’y ajoute une enquête difficile et pleine de rebondissements.

Mineurs au puits

Mineurs au puits

« La galerie des jalousies Tome 1 » par Marie-Bernadette Dupuy — Éditions Calmann-Lévy
« La galerie des jalousies Tome 1 » par Marie-Bernadette Dupuy — Éditions Calmann-Lévy
Les gueules noires

Les gueules noires

« La galerie des jalousies Tome 1 » par Marie-Bernadette Dupuy — Éditions Calmann-Lévy
« La galerie des jalousies Tome 1 » par Marie-Bernadette Dupuy — Éditions Calmann-Lévy
Puits de la Centrale de Faymoreau

Puits de la Centrale de Faymoreau

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Fantastique, #Historique, #Avalon, #Magie, #Légendes, #Guerre, #Celtes, #Trahison, #Dieux, #Mythologie, #Amour, #Amitié, #Sara Greem

Résumé :

Les Épopées Avaloniennes se déroulent autour du VIe siècle après J.-C. Les légendes arthuriennes content l’ascension du roi Arthur, fils d’Uther Pendragon et d’Ygerne, qui se convertit au christianisme grâce à sa femme, Guenièvre. Le mage Merlin prédit la souveraineté de la « nouvelle religion » au détriment de celle des dieux multiples avec la mort d’Arthur. Et l’île d’Avalon disparut dans les brumes afin de protéger l’un des derniers piliers de la religion druidique.

Certains éléments des Épopées Avaloniennes sont historiques. D’autres font partie de la tradition orale que transmirent les bardes. Et d’autres encore n’ont simplement jamais été exprimés.

Mais une chose demeure réelle : la magie des druides et le secret de leurs rituels.

Voici l’histoire de la prêtresse-ovate Hérodias qui constitue une légende parmi les maints contes celtes écrits, imaginés ou juste inspirés des mystères d’Avalon. La mythologie celtique se mêle au récit d’une épopée qui modifia le cours de l’histoire.

Hérodias d’Athènes vit sur l’île d’Avalon, l’île sacrée protégée par ses brumes depuis bien avant la mort du roi Arthur, et gérée par le Conseil des Anciennes composé des Grandes Prêtresses Viviane, Morgane et Dana.

Mais depuis quelque temps, il semble que les brumes se désagrègent peu à peu, rendant l'île d’Avalon dangereusement visible à ses ennemis. Hérodias, qui a reçu l’appel de la grande Déesse et du dieu cornu, Cernunnos, afin qu’elle accomplisse sa destinée à travers la nuit rituelle de Beltane et devienne à son tour Grande Prêtresse, a des visions récurrentes d’horreur et de mort. Une guerre se prépare. Les chrétiens, désireux d’éradiquer tout type de religion païenne, usent de trahisons et de magie occulte à l’encontre des derniers adorateurs des dieux multiples.

Hérodias devra renforcer sa magie et ses pouvoirs pour la sauvegarde d’Avalon. Mais quel est le rôle exact que le destin lui réserve ? Et qui est le mystérieux guerrier au linceul que les dieux ont placé sur sa route ?

 

Mon avis : ✯ ✯ ✯ ✯ ✯

Coup de cœur ! Magique, ensorcelant, envoûtant !

Hérodias d’Athènes appelée aussi la Bâtarde par cette peste de Deirdre est orpheline. Elle a été abandonnée sur l’île d’Avalon

Avalon

alors qu’elle n’était encore qu’un bébé et recueillie par les grandes

Viviane

prêtresses d’Avalon : Viviane, Morgane et Dana. Elle a une marque de naissance sur l’épaule qui représente un corbeau couleur rouge sang qu’elle a appelé Lug et qui saigne régulièrement. Indépendante, éprise de liberté, désobéissante et ne suivant que les élans de son cœur, Hérodias a été choisie par  la grande Déesse et son époux, Cernunnos, le dieu cornu, pour accomplir l’initiation de la nuit de Beltane. Certaine de l’imminence de la guerre, la nuit elle se rend dans les bois pour apprendre à se battre, là encore en opposition à la tradition qui interdit aux femmes les activités masculines. Seul le mage Merlin la comprend parfaitement et elle peut compter sur le soutien de sa meilleure amie, la jeune prêtresse Lena. La haine que les chrétiens éprouvent pour les dieux multiples et leurs adorateurs est sans cesse alimentée par le moine Gwenolé qui veut éradiquer tous les païens par le fer et le feu. Lors d’un voyage sur le continent, la barque d’Hérodias est poussée par la Grande Déesse vers un mystérieux navire étranger dont tout l’équipage est mort à l’exception d’un énigmatique chevalier, Kai, et de son ami, Yuan. À cette occasion, un corbeau va choisir de suivre Hérodias et va devenir son compagnon fidèle. Elle le nommera Hermès.

Je remercie Anita Berchenko ainsi que Les Éditions du 38 pour m’avoir permis de lire ce livre magnifique en avant-première. J’avais été séduite par la splendide couverture de cet ouvrage et attirée par le titre : « Épopées Avaloniennes ». Je suis incapable de résister à Avalon et à ses sortilèges.

Morgane

J’ai tout de suite été happée par l’atmosphère envoûtante et empreinte de poésie du texte. Sara Greem a un talent extraordinaire pour faire revivre la mythique Avalon et ses druidesses. Elle ressuscite les croyances aux Anciens Dieux et Déesses, c’est un retour aux sources de la foi. J’ai vraiment apprécié la magie et la poésie de ces fêtes tellement en accord avec la Nature et j’ai regretté une nouvelle fois la violence et l’intolérance de certains chrétiens qui ont anéanti tellement de civilisations et de cultes au nom du Dieu Unique. Par le charme de sa plume, l’auteure a su me transporter et me donner l’impression de me retrouver à Avalon et suivre Hérodias et Hermès son corbeau.

Hérodias est un personnage des plus attachants. C’est une jeune femme impulsive, courageuse, au caractère bien trempé. Elle hait les chrétiens alors qu’en tant que prêtresse, elle ne devrait être que pleine

Statue représentant Kerridwen

d’amour pour tous les êtres et ne surtout pas prendre parti. On lui dit qu’elle va devoir apprendre à renoncer à sa colère et sa haine. Je compatis de tout mon cœur avec elle car face aux exactions commises par eux, à leur alliance avec les forces du Mal, j’ai plutôt tendance à prendre fortement parti contre ces soi-disant adorateurs du Dieu Unique qui en fait ne sont poussés que par la soif de sang, de luxure et de pouvoir. Hérodias est vraiment unique, même sa nuit de Beltane ne ressemble à aucune autre.

Autour d’Hérodias gravitent bien d’autres personnages aussi attachants que

Merlin

singuliers. Je pense en particulier aux grandes prêtresses Viviane et Morgane, au sage Merlin, à la prêtresse Lena, à la généreuse cuisinière Malvina, au mystérieux chevalier au linceul, Kai, à leur allié le chef Viking Adalrik, et bien d’autres encore. J’ai adoré découvrir les rituels d’Avalon mais également les croyances et rites de leurs partenaires, leurs différentes techniques de combat. Et que dire des créatures monstrueuses qui apportent leur concours à leurs ennemis !

Sara Greem nous offre une épopée flamboyante, de feu et de sang, qui mêle amour et haine, violence et tendresse, héroïsme et lâcheté, fidélité et trahisons... J’espère vous avoir donné envie de la découvrir. En ce qui me concerne, j’ai fermé mon livre à regret, un peu de mon cœur est resté à Avalon et j’ai hâte de découvrir la suite des « Épopées Avalanoniennes ».

Sara Greem

Sara Greem

Cernunnos, le dieu cornu

Cernunnos, le dieu cornu

Déesse Bellisama

Déesse Bellisama

Korrigan

Korrigan

Taranis dieu de la foudre

Taranis dieu de la foudre

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Guerre, #Génocide, #Rwanda, #Littérature, #Culpabilité, #Mer

Résumé :

Il y a des choses que même un soldat endurci n’oublie pas. Surtout quand il se sent partiellement responsable d’un désastre – et quel désastre ! Étienne aurait-il pu éviter le massacre de Bisesero, au Rwanda, lorsqu’il y était déployé en 1994 ? Mille deux cents Tutsis massacrés en trois jours sans que l’armée française n’intervienne… Évidemment non : la décision de ne pas bouger était venue de plus haut. Homme d’action, il a dû compter les victimes.


De retour en Bretagne, Étienne s’abîme dans une perdition intime. Sa passion pour son métier d’officier, les camarades de son unité d’élite, sa femme, ses enfants, rien ne peut atténuer la honte qui le ronge et son besoin de s’avilir. Il largue les amarres, au propre comme au figuré. Naviguer avec Gilliatt, son voilier, pour trouver une autre existence, pour que le vent du large chasse le souvenir de l’odeur de la mort dans la chaleur suffocante de Bisesero. C’est dans des eaux naufrageuses où sa vie ne compte plus qu’il défiera enfin les fantômes des défaillances du passé…

 

Le triangle d’incertitude Un roman magistral sur la culpabilité et la rédemption. C’est aussi un roman d’action, où le mano a mano avec la mer fait écho à une autre lutte, celle qui oppose un homme d’honneur à l’image qu’il se faisait de lui-même, et dont le combat le plus difficile sera de retrouver les siens.

 

Mon avis : ✯ ✯ ✯ ✯ ✯

« Honneur Devoir Fidélité » Un livre coup de poing !

Quand on est un homme d’honneur d’action et de cœur, il y a des évènements qui sont insupportables. Étienne, un officier commando marine, de retour de l’Opération Turquoise, traumatisé par ce qu’il a vécu au Rwanda est aspiré dans une spirale de culpabilité qui le pousse à s’autodétruire. Seuls son voilier Gilliatt et son combat contre les éléments parviendront à l’aider à se reconstruire.

27 juin 1994 : Bisesero, Rwanda, 2000 rescapés Tutsus sont découverts par une patrouille de soldats français qui promet de les secourir dans les trois jours. 30 juin 1994 : sur les 2000 rescapés, il n’en reste plus que 800, 1200 civils Tutsus ont été assassinés par les Hutus. Étienne est hanté par ce qu’il a vu mais plus que tout il a honte. Honte de n’avoir rien pu faire lui qui est un homme d’action. Honte d’avoir laissé faire même s’il n’avait aucun pouvoir décisionnaire. Les ordres venaient d’en-haut.

Cette lecture a été éprouvante tant je me suis posée de questions, j’ai essayé de ne porter aucun jugement mais cela a été très dur. En particulier au moment où Étienne fait le choix d’abandonner un nourrisson en sachant qu’il le condamne à une mort lente par déshydratation, faim et épuisement parce que « Une mission ne peut être remise en question que par un impératif supérieur. » J’avoue ne pas avoir compris, l’opération Turquoise ayant pour but d’empêcher les massacres et de venir au secours de la population.

Étienne souffre de stress post-traumatique d’après les psys de la Marine. De retour en France, il n’aspire qu’à se perdre, à s’avilir. Deux ans se sont écoulés durant lesquels il a sombré dans une “morbidité obsessionnelle” qui le pousse à rechercher et lire tout ce qui a trait à des génocides et nous avons droit à un catalogue des horreurs commises par l’homme dans le monde. Il cherche l’oubli dans la boisson et multiplie les aventures avec des femmes de rencontre, des prostituées. Il sabote son couple, sa famille. Pierre Brunet, qui s’est rendu au Rwanda dans le cadre d’une mission humanitaire, dépeint à merveille la psychologie des protagonistes qu’il s’agisse d’Étienne ou de son épouse. J’ai mesuré les difficultés qui doivent se poser à tout soldat de retour du front et à sa famille, le fossé à combler qui existe, l’impossibilité de partager son expérience avec le conjoint ou pour le conjoint de comprendre et d’accepter. Il doit y falloir beaucoup d’amour.

L’auteur se fait poète lorsqu’il décrit la nature, la mer. Gilliatt, le voilier est personnage à part entière. Seul bémol en ce qui me concerne, j’ai regretté qu’il n’y ait pas de notes concernant le vocabulaire marin qui est omniprésent dans le récit. J’ai trouvé cela lassant comme si le livre ne s’adressait qu’à des navigateurs. On alterne les passages de navigation et les réminiscences d’Étienne. On voit Étienne reprendre vie petit à petit grâce à Gilliatt, à sa lutte contre les tempêtes qu’elles soient intérieures ou extérieures, à la fraternité des gens de mer.

Je remercie NetGalley ainsi que les Éditions Calmann-Lévy pour cette lecture. Un livre douloureux, difficile mais qui nous permet de mieux appréhender la vie de nos soldats.

Les soldats sont censés regarder en face ce que les autres ne regardent pas.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Guerre, #Génocide, #Arménie, #Témoignage, #Vécu

Résumé :

INÉDIT en France, Apocalypse Arménie relate l’incroyable histoire d’Aurora Mardiganian, jeune Arménienne âgée de 14 ans, dans le chaos qui s’empara  de l’Empire ottoman en 1915. Au prix de quatre évasions héroïques, Aurora parvint à s’échapper des colonnes de la mort : une fois en se jetant du haut d’une falaise dans l’Euphrate, une autre en poignardant un soldat qui l’agressait… Dans un empire en guerre livré au chaos et où les femmes étaient la cible de toutes les exactions, la jeune Aurora réussit à survivre près de deux ans. Puis, missionnée par le général Andranik, elle rejoignit New York pour dépêcher les secours et lever des fonds. Aurora a ainsi été surnommée la Jeanne d’Arc de l’Arménie.
Aurora Mardiganian, c’est à la fois « l’innocence d’Anne Frank et le réalisme de Primo Levi », portés par une force épique hors du commun. Aurora Mardiganian compte parmi les grands témoins de l’histoire de l’humanité et Apocalypse Arménie appartient à l’inconscient collectif mondial. Il manquait au génocide des Arméniens son récit emblématique et universel en français. Alors que la République d’Arménie a choisi de faire d’Aurora l’égérie de l’Aurora Prize for Awakening Humanity, il était temps que son témoignage, best-seller international, paraisse en France.

Mon avis : ✯ ✯ ✯ ✯ ✯

Le témoignage déchirant d’une jeune fille, presqu’encore une enfant, qui parvint à survivre au génocide arménien.

Tout d’abord je veux remercier NetGalley et les Éditions Librinova pour ce Service Presse. Le génocide arménien, le premier du XXème siècle, est pratiquement méconnu en France et il était urgent que ce témoignage soit traduit en français. Apocalypse Arménie nous est raconté par Aurora Mardiganian. Elle a 14 ans en avril 1915 quand va commencer la plus terrible persécution du peuple arménien, un peuple profondément chrétien qui a toujours été martyrisé pour sa foi et dont l’intelligence et la supériorité morale et intellectuelle ont fait d’eux la force économique de l’empire turc. Dès le début de ce qui allait devenir un génocide, il leur est demandé de renier le Christ et devenir musulmans pour sauver leur vie. En l’espace de 24 heures, presque tous les hommes de la ville de Tchemech-Gedzak [ville où habitaient Aurora et toute sa famille] furent assassinés, souvent après avoir été torturés. Aurora va perdre son père et son frère de quinze ans, Poghos. Trois jours plus tard, c’est au tour de toutes les Arméniennes (femmes, jeunes filles, enfants) ainsi que les enfants restants qui doivent abandonner leurs domiciles. Commence alors une marche de la mort où conversions forcées, viols souvent jusqu’à ce que mort s’ensuive, tortures, enlèvements, ventes sur les marchés d’esclaves, massacres… ne cessent de se suivre. Aurora est séparée une première fois de sa famille, enlevée par les Kurdes et offerte à Kemal Effendi. Elle parvient à lui échapper en se jetant dans un fleuve et à rejoindre la longue marche des déportés et sa famille. Sa sœur Loussine meurt poignardée par un zaptié (officier de gendarmerie). Aurora parviendra à s’échapper encore trois autres fois mais tous les membres de sa famille ont péri. Quand enfin elle parviendra à rejoindre les Russes, elle n’a plus qu’une idée : venir en aide à son peuple. Le général Andranik, grand chef et héros arménien, l’envoie aux États-Unis pour qu’elle y témoigne et obtienne nourriture et argent pour les survivants.

Apocalypse Arménie est le livre le plus terrible que j’ai lu. Tout d’abord parce que rien n’est édulcoré et que tout est malheureusement vrai et prouvé malgré le refus du gouvernement turc de reconnaître le génocide. Le témoignage d’Aurora est d’une puissance rare et c’est un “miracle” qu’elle ait pu traverser les horreurs qu’elle a vécues sans y laisser sa raison. Il est impressionnant de voir qu’elle a pu conserver sa foi intacte et même rendre grâce à Dieu pour sa délivrance malgré toutes ses souffrances lors d’une dédicace.

Apocalypse Arménie devrait être lu par une majorité parce que nous avons un devoir de mémoire. J’aimerais dire « pour que plus jamais ça » mais malheureusement, l’Histoire nous a appris que depuis le génocide arménien, bien d’autres se sont produits encore : Amérindiens, Aborigènes d’Australie, Rwandais en Afrique, Chinois, Juifs, Russes, Cambodgiens, Tibétains, Ukrainiens, Soudanais, Kurdes… et j’ai bien peur que cette liste ne soit pas exhaustive. N’apprendrons-nous jamais rien ?

Alors oui, ce livre fait mal, il risque de vous choquer, de heurter votre sensibilité, mais certainement moins que si vous l’aviez vécu vous-même.

« Apocalypse Arménie » par Aurora Mardiganian — Éditions Librinova

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Fantastique, #Fantôme, #Historique, #Guerre, #Paranormal, #Littérature

Résumé :

Janvier 1985. Tout commence par un message laissé sur le répondeur d'Alan Lambin, enquêteur spécialiste en phénomènes de hantises. Une maison, dans un village de la Somme, semble hantée par un esprit qui effraie la famille qui y vit. En quittant sa chère Bretagne, Alan ignore encore l'enquête bouleversante qui l'attend et les cauchemars qui vont le projeter au cœur des tranchées de 1915. Bloqué par une tempête de neige, sous le regard perçant d'un étrange corbeau, Alan réussira-t-il à libérer cette maison de ce qui la tourmente ?

Mon avis :

Un véritable coup de foudre ! Une magnifique histoire de revenants mais également un superbe roman historique sur la Grande Guerre.

En ce début de janvier 1985, la famille Anneraux habite depuis six mois une maison de maîtres dans la Somme, à l’écart du village de Villers-Bretonneux. Le père est absent pour une dizaine de jours, il s’est rendu à Bordeaux pour un voyage d’affaires et Hélène, son épouse, est inquiète car elle ne parvient pas à le joindre. Depuis son départ, la famille doit faire face à toute une série de phénomènes bizarres et angoissants. Thomas, leur petit garçon de cinq ans se réveille toutes les nuits vers cinq heures en hurlant, il dit voir un homme dans sa chambre. Par ailleurs, ils entendent des bruits de pas, de pleurs féminins. Hélène décide de faire appel à Alan Lambin, un enquêteur en phénomènes paranormaux. Celui-ci va se trouver confronté à une enquête qui va dépasser tout ce qu’il aurait pu imaginer et qui va l’entraîner dans les tranchées de la guerre de 14/18.

J’ai découvert la plume de Jean-Marc Dhainaut et il m’a totalement subjuguée. Ce livre est une petite merveille qui unit plusieurs genres. Tout d’abord l’auteur nous conte une magnifique histoire de maison hantée mais où les phénomènes étranges sont étudiés de manière scientifique. Dès les premières pages, l’auteur nous plonge dans une ambiance angoissante, nous ne savons pas encore ce qui se cache derrière les murs de cette maison mais nous partageons toutes les craintes des habitants. Alan est un chasseur de fantômes sérieux et honnête qui ne cède absolument pas à la facilité. Les explications que nous donne l’auteur sont extrêmement bien documentées. Alan est un personnage très sympathique et surtout très humain. C’est vraiment un homme d’honneur, plein d’empathie et très intelligent. Il reste très prudent dans ses affirmations et n’est pas dénué de peur. Sa première rencontre avec la famille a lieu sous l’œil un peu trop attentif d’un corbeau pour être totalement naturel.

La famille Anneraux est beaucoup plus difficile à apprécier. Hélène, la mère, est une femme forte, admirable de courage pour préserver l’équilibre et la tranquillité de ses enfants mais elle a un caractère jaloux qui la pousse à se montrer très dure avec leur domestique Mélanie, une jeune femme d’une grande beauté et douceur dont le charme émeut Alan qui aimerait bien lui venir en aide et améliorer son sort. La fille aînée, Peggy est une adolescente revêche et agressive qui dans un premier temps refuse la présence d’Alan. Elle se conduit comme une véritable peste et je l’ai vraiment trouvée antipathique. Quant à Thomas, c’est un petit garçon terrorisé et trop calme, très attachant, qui donne envie de le prendre dans ses bras pour le rassurer. Jean-Marc Dhainaut a une écriture limpide, précise et il nous dépeint à merveille la psychologie de tous ses personnages. Il parvient à nous faire ressentir la peur, les angoisses d’Alan et de cette famille, à nous oppresser avec ses descriptions poétiques de la nature et de la neige qui rend leur solitude et isolement encore plus tangibles.

L’autre versant du roman, c’est la partie historique. Jean-Marc Dhainaut a effectué tout un travail de recherches généalogiques d’abord à titre personnel puis il s’en est servi dans son roman. Il souhaitait en effet retrouver la trace de ses ancêtres et ce faisant a découvert un disparu durant la Grande Guerre qui portait le même nom que lui bien que n’appartenant pas à ses aïeux. Je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler mais il nous plonge dans les tranchées de la Première Guerre Mondiale qui a fait tant de victimes et endeuillé tant de familles. Il nous rappelle également un épisode peu glorieux de l’Armée Française, celui des “fusillés pour l’exemple”. Environ 700 soldats ont été fusillés, qu’il s’agisse soit d’un combattant qui refusait d’avancer ou faisait marche arrière ou s’était mutilé volontairement, soit de mutineries devant l’ampleur des massacres. Je terminerai en ajoutant qu’il faut vous attendre à une belle surprise et de magnifiques retournements de situation mais pour en savoir plus, vous devrez lire le livre.

Jean-Marc Dhainaut a su me captiver de la première à la dernière page et j’ai vraiment fermé ce livre à regret. J’étais à la fois triste et heureuse pour ses personnages. Un livre que je recommande vivement.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Témoignage, #Guerre, #Syrie, #Réfugiés

Résumé :

Juin 2015, Alep sombre dans le chaos. Comme des centaines de milliers de civils, Joude Jassouma décide de fuir avec sa femme Aya et leur petite fille Zaine.

Depuis trois ans, la Syrie a basculé dans la guerre civile. Les affrontements entre l’armée de Bachar al-Assad et les forces rebelles emmenées par les djihadistes du Front al-Nosra et de l’État islamique deviennent quotidiens. Joude, jeune professeur de français au lycée, refuse de choisir son camp dans un conflit qui n’est pas le sien. Avec sa famille, il se cache, déménage quatre fois pour éviter les bombardements. Puis se résout à l’exil.

Des rives du Levant aux côtes bretonnes, en passant par Istanbul et les camps de refugiés de l’île de Leros, ce livre raconte l’exode d’un enfant des quartiers pauvres d’Alep, amoureux de Flaubert et d’Éluard. L’odyssée d’un héros anonyme qui, au péril de sa vie, a traversé la mer Égée à bord d’un canot en plastique en quête d’une terre d’asile.

Pour la première fois, la plus importante crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale nous est racontée de l’intérieur, à travers le regard d’un réfugié ordinaire.

Ce livre a été écrit avec Laurence de Cambronne

Mon avis :

La quête bouleversante d’un homme à la recherche de la paix.

Joude Jassouma est syrien. En trois ans de guerre, il déjà dû abandonner quatre fois son habitation détruite par les bombardements. Mais en 2015, ce qui va faire de lui un exilé, c’est la vision d’un chien portant dans sa gueule la tête décapitée d’un homme. Commence alors un long chemin semé d’embûches pour quitter la Syrie et être accueilli en France.

« Je viens d’Alep » est le témoignage d’un homme qui avec simplicité, sans recherche d’effets dramatiques, nous raconte sa vie et celle de ses proches, ses espoirs, ses attentes. Depuis qu’il est enfant, Joude a soif de liberté, de s’instruire et d’aller à l’université. À 9 ans, son père lui apprend qu’il est temps pour lui de participer aux dépenses de la maison et à 12 ans, il le place comme ouvrier dans un atelier de confection où il travaille 12 heures par jour. Mais Joude ne veut pas arrêter ses études et grâce à son entêtement, à un emploi du temps dément, il obtiendra son bac pro et son bac littéraire qui lui permettra d’entrer à l’université. Il finira par devenir professeur de français dans un lycée syrien. Amoureux de la langue française et de ses écrivains, Joude a toujours vécu avec des chrétiens, des musulmans chiites, alaouites, sunnites, et comme bien d’autres, il ne se retrouve absolument pas dans la guerre qui est en train de détruire son pays.

J’ai trouvé cette première partie de « Je viens d’Alep » primordiale et j’aimerais que ce livre soit mis entre toutes les mains car il nous ouvre les yeux sur la guerre civile qui sévit  en Syrie. Il donne un visage aux victimes. Trop souvent la télévision déshumanise et nous devenons tellement habitués aux images de guerre que plus rien ne nous touche. Je suis profondément reconnaissante à NetGalley et aux Éditions Allary  qui m'ont fait connaître ce livre bouleversant grâce au Service Presse.

Refusant de prendre parti dans une guerre qui n’est pas la sienne, Joude Jassouma est devenu un déserteur qui, s’il est pris sera condamné à mort et torturé. Il se réfugie donc en Turquie auprès d’autres membres de sa famille et son épouse Aya et sa fille Zaine l’y rejoindront trois mois plus tard. Mais il a beau travailler 14 heures par jour, il ne parvient pas à subvenir aux besoins de la famille et il décide alors de trouver un passeur pour traverser la mer Égée et rejoindre la Grèce.

L’auteur nous fait prendre conscience que pour un réfugié, la décision de s’exiler est loin d’être simple, que souvent elle n’est prise que lorsqu’il n’y a plus d’autres solutions et que ce n’est certes pas une solution de facilité. C’est au contraire une prise de risque énorme puisqu’il est tout à fait possible d’y perdre la vie. « Tous les soirs, nous nous préparons à ce qui pourrait nous arriver. Aya sait nager. Moi aussi. « Je te le redis, Jehad, je peux nager, mais je ne peux pas m’occuper de Zaine Alsham. Si tu t’en charges, moi je me débrouillerai. » Nous repassons en boucle toutes les situations. Le bateau se dégonfle. Nous tombons à l’eau. Il faut nager. Faut-il rester près du canot ou essayer de rejoindre la côte à la nage ? Nous en parlons des heures et des heures. »

Après avoir payé une somme conséquente à un passeur qui les laissera se débrouiller tous seuls, Joude et sa famille vont se retrouver dans un canot en plastique avec une quarantaine d’autres exilés. Pour eux, tout va bien se passer et ils vont atteindre la Grèce sans problème mais cela n’a pas été le cas d’une autre embarcation qui a sombré. Le 7 mars 2016 la famille Jassouma est en sécurité en Grèce et il faudra trois mois avant qu’ils ne se retrouvent en France. Le 9 juin 2016, ils sont accueillis en Bretagne, au village de Martigné-Ferchaud.

Joude, Aya et Zaine Alsham ont eu la chance de tomber dans un petit village qui avait demandé à accueillir des réfugiés. Grâce à eux, la France n’a pas revêtu son visage islamophobe de rejet des émigrants. Mais en cette période électorale, je ne peux m’empêcher de m’inquiéter devant le discours de certains. Je voudrais que ce livre puisse toucher chaque français et chaque française, qu’il soit étudié en classe pour que notre regard sur chaque réfugié, chaque demandeur d’asile soit celui d’un frère, d’une sœur. À l’heure actuelle, Joude s’est vu refuser le statut de réfugié car selon l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) Joude n’est pas « personnellement » menacé en retournant dans son pays. Je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’ils n’ont pas compris dans « je pouvais être arrêté par les soldats de Bachar à tout moment, être envoyé au combat ou pire, être jeté en prison comme déserteur, c’est-à-dire traître à la nation. Je savais très bien ce qui m’attendait, je serais torturé et exécuté, je ferais partie des disparus, comme des milliers d’autres jeunes Syriens depuis cinq ans. » J’espère du fond du cœur que ce statut lui sera octroyé. En attendant, Joude poursuit ses études de Langues à l’université de Rennes. Il a 34 ans, c’est un déraciné qui s’inquiète quotidiennement du sort de sa famille restée en Syrie, il espère trouver un travail. Mais il est surtout heureux, il a trouvé la paix et la liberté. « Désormais, mon rêve est de m’intégrer à la France, de m’adapter à sa culture. Je veux vivre à la française. Vivre comme les Français. »

Ce livre est un formidable témoignage d’espoir qui nous ouvre les yeux sur la réalité de la guerre et des demandeurs d’asile, qui nous fait prendre conscience que nous sommes d’incroyables privilégiés. J’espère vous avoir donné envie de le lire et de le partager à votre tour.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Journalisme, #Témoignage, #Guerre, #Irak, #Amitié

Résumé :

En vacances à Paris, Jules, seize ans, doit suivre sa tante journaliste, appelée à réaliser au plus vite un reportage à Bagdad ! À l'hôtel Palestine, il découvre le quotidien des journalistes ; dehors, il y a, en vrai, ce qu'il a vu tant de fois à la télévision : des chars, des hommes armés, des Américains... Il fait aussi la connaissance de Bilal, un jeune Irakien. Et quand Jules découvre que son nouvel ami s'est fait enlever, il décide de lui venir en aide par tous les moyens.

Mon avis :

Un témoignage passionnant et instructif sur le métier de reporter et la réalité d’un pays en guerre.

C’est le début des vacances pour Jules, 16 ans, et il se réjouit de les passer à Paris, aux côtés de sa tante Magali, grand reporter pour Paris Match. Alors qu’il est enthousiasmé à l’idée d’admirer la tapisserie de La Dame à la Licorne au musée du Moyen-Age, Magali est envoyée en reportage à Bagdad par son rédacteur en chef. N’ayant trouvé personne à qui confier Jules, elle est contrainte de l’emmener avec elle malgré le danger.

Avec Jules nous allons découvrir l’envers du décor, ce qui se cache derrière les reportages que nous lisons dans les quotidiens et les magazines ou voyons à la télévision. À Bagdad, bien que sa tante lui ait fait promettre de rester à l’intérieur de l’hôtel, il ne peut s’empêcher de sortir rejoindre des jeunes de son âge et se lie d’amitié avec Bilal, un jeune irakien qui parle français. Et lorsqu’il réalise en visionnant des photos qu’il a prises que ce dernier s’est fait enlever par deux hommes en djellaba blanche et aux barbes noires, il va tout faire pour lui venir en aide.

Ce livre est passionnant car Olivier Ravanello nous permet de découvrir le quotidien des journalistes dans un pays en guerre. En utilisant des phrases courtes et incisives, il nous communique l’atmosphère électrique, le stress et l’adrénaline dans lesquels ils vivent. Les reporters sont dans une tension continuelle et l’auteur nous fait partager leur vision qui consiste à vivre au maximum l’instant présent et à profiter de tous les bons moments qui se présentent avant qu’ils ne disparaissent. Sous une forme romancée, il nous fait toucher du doigt l’absurdité de la guerre et la vie des populations en butte aux attaques permanentes, aux attentats et aux bombardements. Nous pouvons suivre pratiquement heure par heure certains évènements qui se sont réellement produits en Irak entre Mai 2003 et Mai 2006. Les annexes contribuent encore plus à nous faire toucher du doigt cette réalité. La façon dont une dépêche AFP évolue en fonction des évènements est tout-à-fait fascinante ainsi que les copies des carnets de l’auteur.

La confrontation de Jules à une réalité qu’il ne connaissait qu’à travers la télévision est elle aussi très intéressante même si je trouve totalement irresponsable et peu crédible de la part de sa tante d’avoir emmené avec elle un adolescent dans un pays en guerre. Jules va se prendre de plein fouet la réalité de la guerre avec l’enlèvement de son ami et la mort omni présente avec un attentat auquel il échappera de justesse.

« Paris Bagdad » est l’œuvre d’un homme que l’on sent passionné par son métier et heureux de nous faire partager son expérience.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Cambodge, #Guerre, #Communisme, #Amitié, #Témoignage, #Journalisme

Résumé :

« Cambodge, août 1973. La guerre fait rage.
A Phnom-Penh grouille une société cosmopolite de diplomates, de réfugiés, de journalistes. Parmi eux Sydney Schanberg, du New York Times, un de ces hommes intègres, passionnés de vérité, et à ses côtés le Cambodgien Dith Pran, doux, acharné et efficace, fasciné par le métier de reporter.


Début 1975. Les Khmers rouges progressent, l'ambassade américaine plie bagages dans un vent de panique. Dans la capitale sans défense, c'est l'entrée triomphale des Khmers rouges, portés par un espoir insensé de la population, bien vite battu en brèche par le début d'une sanglante répression. La haine a pris le pouvoir, et c'est pour le Cambodge le commencement d'un voyage au bout de l'enfer. Pris dans la tourmente, Schanberg et Pran parcourent la ville meurtrie pour témoigner, jusqu'au jour où les derniers étrangers sont évacués.


Fin 1975-1979. Pran n'a pu s'échapper. Dans les camps de travail de Pol-Pot, il entame sa descente personnelle au fond du gouffre. Délation, famine, absence de sommeil, massacres... Angka travaille les corps pour briser les âmes. L’image la plus hallucinante, peut-être, est celle de ces tueurs de douze ans, abreuvés de haine, devant lesquels, par peur, les hommes courbent la tête. Mais Pran est de la race de ceux qui survivent. Il s'évadera et retrouvera Schanberg.

Christopher Hudson a emprunté l'œil et le style du reporter pour nous donner un récit vivant, sobre, plein de pages émouvantes et fortes, extraordinaire document sur l'un des épisodes les plus tragiques de l'histoire contemporaine. Ce témoignage sur la dissolution d'une société et l'avènement toujours possible du règne de la terreur a été à l'origine d'un grand film salué comme un chef-d’œuvre par la presse unanime. »

Mon avis : ✯ ✯ ✯ ✯ ✯

Un témoignage bouleversant ! Un livre déchirant ! Une amitié plus forte que la guerre, que la mort !

Ce que je peux haïr la politique et les politiciens, les extrémistes et extrémismes de tout bord ! Personne ne devrait avoir le droit de jouer avec la vie humaine pour des questions d’intérêt ou autres ! C’est à l’agonie de tout un peuple que nous assistons dans le désintérêt le plus total des grandes puissances. Et quand les Khmers Rouges sont au pouvoir, c’est un véritable génocide. Quant aux séances d’endoctrinement, elles sont hallucinantes.

Mais c’est également un témoignage de l’incroyable capacité de l’homme à survivre dans les pires des conditions et surtout de l’amitié extraordinaire qui unissait Dith Pran et Sydney Schanberg.

« La Déchirure » est un livre dur, sans concessions mais je vous le recommande ainsi que le film du même nom. C’est une page de l’humanité dans ce qu’elle a de pire et de meilleur.

On estime que trois millions de personnes sont mortes au Cambodge… et malheureusement notre propre pays a apporté une spectaculaire contribution à cette tragédie. Les hommes qui siègent à la Maison Blanche ne considéraient pas les Cambodgiens comme des personnes réelles, comme des êtres humains en chair et en os. Ils les voyaient, eux et le Cambodge, comme de simples abstractions qui pouvaient servir le dessein de l’Administration en Indochine. Jamais ils n’ont demandé aux Cambodgiens ce qu’ils souhaitaient — ils le leur ont dit, puis ont en secret bombardé leur pays. La Maison-Blanche a soutenu que les sept milliards de dollars dépensés à bombarder le Cambodge avaient été nécessaires pour démembrer les sanctuaires et places fortes de Hanoï installés dans le pays, de façon que les troupes américaines puissent être retirées sans trop de douleur du Sud-Vietnam. Ainsi donc nous nous sommes servis d’eux et les avons payés, et ils se sont battus pour nos propres intérêts, à notre place, et ils sont morts, et nous n’avons rien vu de mal à tout cela parce qu’ils n’étaient que des abstractions. Mais ces bombardements atroces ont aggravé l’affrontement, ont détruit la fragile neutralité du Cambodge, ont introduit une guerre en pleine fleur dans le pays, l’ont divisé contre lui-même, et ont ainsi créé les conditions de haine, de peur et de chaos, qui ont rendu possibles l’arrivée au pouvoir et la montée de la terreur des Khmers Rouges, qui en 1970 n’étaient qu’une force minime et désorganisée. Certes, le Cambodge ne représente pas le monde dans son entier, mais c’est un assez fidèle microcosme, et il nous rappelle combien les grandes puissances font inconsidérément fi des conséquences humaines que peuvent entraîner leurs actions en faveur de quelque intérêt de politique intérieure ou de politique étrangère défini de manière étroite. (pages 200-201)

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