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Au-pays-de-Goewin.over-blog.com

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Les livres de Goéwin

Articles avec #guerre catégorie

Publié le par Goéwin
Publié dans : #Guerre, #Génocide, #Arménie, #Témoignage, #Vécu

Résumé :

INÉDIT en France, Apocalypse Arménie relate l’incroyable histoire d’Aurora Mardiganian, jeune Arménienne âgée de 14 ans, dans le chaos qui s’empara  de l’Empire ottoman en 1915. Au prix de quatre évasions héroïques, Aurora parvint à s’échapper des colonnes de la mort : une fois en se jetant du haut d’une falaise dans l’Euphrate, une autre en poignardant un soldat qui l’agressait… Dans un empire en guerre livré au chaos et où les femmes étaient la cible de toutes les exactions, la jeune Aurora réussit à survivre près de deux ans. Puis, missionnée par le général Andranik, elle rejoignit New York pour dépêcher les secours et lever des fonds. Aurora a ainsi été surnommée la Jeanne d’Arc de l’Arménie.
Aurora Mardiganian, c’est à la fois « l’innocence d’Anne Frank et le réalisme de Primo Levi », portés par une force épique hors du commun. Aurora Mardiganian compte parmi les grands témoins de l’histoire de l’humanité et Apocalypse Arménie appartient à l’inconscient collectif mondial. Il manquait au génocide des Arméniens son récit emblématique et universel en français. Alors que la République d’Arménie a choisi de faire d’Aurora l’égérie de l’Aurora Prize for Awakening Humanity, il était temps que son témoignage, best-seller international, paraisse en France.

Mon avis :

Le témoignage déchirant d’une jeune fille, presqu’encore une enfant, qui parvint à survivre au génocide arménien.

Tout d’abord je veux remercier NetGalley et les Éditions Librinova pour ce Service Presse. Le génocide arménien, le premier du XXème siècle, est pratiquement méconnu en France et il était urgent que ce témoignage soit traduit en français. Apocalypse Arménie nous est raconté par Aurora Mardiganian. Elle a 14 ans en avril 1915 quand va commencer la plus terrible persécution du peuple arménien, un peuple profondément chrétien qui a toujours été martyrisé pour sa foi et dont l’intelligence et la supériorité morale et intellectuelle ont fait d’eux la force économique de l’empire turc. Dès le début de ce qui allait devenir un génocide, il leur est demandé de renier le Christ et devenir musulmans pour sauver leur vie. En l’espace de 24 heures, presque tous les hommes de la ville de Tchemech-Gedzak [ville où habitaient Aurora et toute sa famille] furent assassinés, souvent après avoir été torturés. Aurora va perdre son père et son frère de quinze ans, Poghos. Trois jours plus tard, c’est au tour de toutes les Arméniennes (femmes, jeunes filles, enfants) ainsi que les enfants restants qui doivent abandonner leurs domiciles. Commence alors une marche de la mort où conversions forcées, viols souvent jusqu’à ce que mort s’ensuive, tortures, enlèvements, ventes sur les marchés d’esclaves, massacres… ne cessent de se suivre. Aurora est séparée une première fois de sa famille, enlevée par les Kurdes et offerte à Kemal Effendi. Elle parvient à lui échapper en se jetant dans un fleuve et à rejoindre la longue marche des déportés et sa famille. Sa sœur Loussine meurt poignardée par un zaptié (officier de gendarmerie). Aurora parviendra à s’échapper encore trois autres fois mais tous les membres de sa famille ont péri. Quand enfin elle parviendra à rejoindre les Russes, elle n’a plus qu’une idée : venir en aide à son peuple. Le général Andranik, grand chef et héros arménien, l’envoie aux États-Unis pour qu’elle y témoigne et obtienne nourriture et argent pour les survivants.

Apocalypse Arménie est le livre le plus terrible que j’ai lu. Tout d’abord parce que rien n’est édulcoré et que tout est malheureusement vrai et prouvé malgré le refus du gouvernement turc de reconnaître le génocide. Le témoignage d’Aurora est d’une puissance rare et c’est un “miracle” qu’elle ait pu traverser les horreurs qu’elle a vécues sans y laisser sa raison. Il est impressionnant de voir qu’elle a pu conserver sa foi intacte et même rendre grâce à Dieu pour sa délivrance malgré toutes ses souffrances lors d’une dédicace.

Apocalypse Arménie devrait être lu par une majorité parce que nous avons un devoir de mémoire. J’aimerais dire « pour que plus jamais ça » mais malheureusement, l’Histoire nous a appris que depuis le génocide arménien, bien d’autres se sont produits encore : Amérindiens, Aborigènes d’Australie, Rwandais en Afrique, Chinois, Juifs, Russes, Cambodgiens, Tibétains, Ukrainiens, Soudanais, Kurdes… et j’ai bien peur que cette liste ne soit pas exhaustive. N’apprendrons-nous jamais rien ?

Alors oui, ce livre fait mal, il risque de vous choquer, de heurter votre sensibilité, mais certainement moins que si vous l’aviez vécu vous-même.

« Apocalypse Arménie » par Aurora Mardiganian — Éditions Librinova

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Fantastique, #Fantôme, #Historique, #Guerre, #Paranormal, #Littérature

Résumé :

Janvier 1985. Tout commence par un message laissé sur le répondeur d'Alan Lambin, enquêteur spécialiste en phénomènes de hantises. Une maison, dans un village de la Somme, semble hantée par un esprit qui effraie la famille qui y vit. En quittant sa chère Bretagne, Alan ignore encore l'enquête bouleversante qui l'attend et les cauchemars qui vont le projeter au cœur des tranchées de 1915. Bloqué par une tempête de neige, sous le regard perçant d'un étrange corbeau, Alan réussira-t-il à libérer cette maison de ce qui la tourmente ?

Mon avis :

Un véritable coup de foudre ! Une magnifique histoire de revenants mais également un superbe roman historique sur la Grande Guerre.

En ce début de janvier 1985, la famille Anneraux habite depuis six mois une maison de maîtres dans la Somme, à l’écart du village de Villers-Bretonneux. Le père est absent pour une dizaine de jours, il s’est rendu à Bordeaux pour un voyage d’affaires et Hélène, son épouse, est inquiète car elle ne parvient pas à le joindre. Depuis son départ, la famille doit faire face à toute une série de phénomènes bizarres et angoissants. Thomas, leur petit garçon de cinq ans se réveille toutes les nuits vers cinq heures en hurlant, il dit voir un homme dans sa chambre. Par ailleurs, ils entendent des bruits de pas, de pleurs féminins. Hélène décide de faire appel à Alan Lambin, un enquêteur en phénomènes paranormaux. Celui-ci va se trouver confronté à une enquête qui va dépasser tout ce qu’il aurait pu imaginer et qui va l’entraîner dans les tranchées de la guerre de 14/18.

J’ai découvert la plume de Jean-Marc Dhainaut et il m’a totalement subjuguée. Ce livre est une petite merveille qui unit plusieurs genres. Tout d’abord l’auteur nous conte une magnifique histoire de maison hantée mais où les phénomènes étranges sont étudiés de manière scientifique. Dès les premières pages, l’auteur nous plonge dans une ambiance angoissante, nous ne savons pas encore ce qui se cache derrière les murs de cette maison mais nous partageons toutes les craintes des habitants. Alan est un chasseur de fantômes sérieux et honnête qui ne cède absolument pas à la facilité. Les explications que nous donne l’auteur sont extrêmement bien documentées. Alan est un personnage très sympathique et surtout très humain. C’est vraiment un homme d’honneur, plein d’empathie et très intelligent. Il reste très prudent dans ses affirmations et n’est pas dénué de peur. Sa première rencontre avec la famille a lieu sous l’œil un peu trop attentif d’un corbeau pour être totalement naturel.

La famille Anneraux est beaucoup plus difficile à apprécier. Hélène, la mère, est une femme forte, admirable de courage pour préserver l’équilibre et la tranquillité de ses enfants mais elle a un caractère jaloux qui la pousse à se montrer très dure avec leur domestique Mélanie, une jeune femme d’une grande beauté et douceur dont le charme émeut Alan qui aimerait bien lui venir en aide et améliorer son sort. La fille aînée, Peggy est une adolescente revêche et agressive qui dans un premier temps refuse la présence d’Alan. Elle se conduit comme une véritable peste et je l’ai vraiment trouvée antipathique. Quant à Thomas, c’est un petit garçon terrorisé et trop calme, très attachant, qui donne envie de le prendre dans ses bras pour le rassurer. Jean-Marc Dhainaut a une écriture limpide, précise et il nous dépeint à merveille la psychologie de tous ses personnages. Il parvient à nous faire ressentir la peur, les angoisses d’Alan et de cette famille, à nous oppresser avec ses descriptions poétiques de la nature et de la neige qui rend leur solitude et isolement encore plus tangibles.

L’autre versant du roman, c’est la partie historique. Jean-Marc Dhainaut a effectué tout un travail de recherches généalogiques d’abord à titre personnel puis il s’en est servi dans son roman. Il souhaitait en effet retrouver la trace de ses ancêtres et ce faisant a découvert un disparu durant la Grande Guerre qui portait le même nom que lui bien que n’appartenant pas à ses aïeux. Je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler mais il nous plonge dans les tranchées de la Première Guerre Mondiale qui a fait tant de victimes et endeuillé tant de familles. Il nous rappelle également un épisode peu glorieux de l’Armée Française, celui des “fusillés pour l’exemple”. Environ 700 soldats ont été fusillés, qu’il s’agisse soit d’un combattant qui refusait d’avancer ou faisait marche arrière ou s’était mutilé volontairement, soit de mutineries devant l’ampleur des massacres. Je terminerai en ajoutant qu’il faut vous attendre à une belle surprise et de magnifiques retournements de situation mais pour en savoir plus, vous devrez lire le livre.

Jean-Marc Dhainaut a su me captiver de la première à la dernière page et j’ai vraiment fermé ce livre à regret. J’étais à la fois triste et heureuse pour ses personnages. Un livre que je recommande vivement.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Témoignage, #Guerre, #Syrie, #Réfugiés

Résumé :

Juin 2015, Alep sombre dans le chaos. Comme des centaines de milliers de civils, Joude Jassouma décide de fuir avec sa femme Aya et leur petite fille Zaine.

Depuis trois ans, la Syrie a basculé dans la guerre civile. Les affrontements entre l’armée de Bachar al-Assad et les forces rebelles emmenées par les djihadistes du Front al-Nosra et de l’État islamique deviennent quotidiens. Joude, jeune professeur de français au lycée, refuse de choisir son camp dans un conflit qui n’est pas le sien. Avec sa famille, il se cache, déménage quatre fois pour éviter les bombardements. Puis se résout à l’exil.

Des rives du Levant aux côtes bretonnes, en passant par Istanbul et les camps de refugiés de l’île de Leros, ce livre raconte l’exode d’un enfant des quartiers pauvres d’Alep, amoureux de Flaubert et d’Éluard. L’odyssée d’un héros anonyme qui, au péril de sa vie, a traversé la mer Égée à bord d’un canot en plastique en quête d’une terre d’asile.

Pour la première fois, la plus importante crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale nous est racontée de l’intérieur, à travers le regard d’un réfugié ordinaire.

Ce livre a été écrit avec Laurence de Cambronne

Mon avis :

La quête bouleversante d’un homme à la recherche de la paix.

Joude Jassouma est syrien. En trois ans de guerre, il déjà dû abandonner quatre fois son habitation détruite par les bombardements. Mais en 2015, ce qui va faire de lui un exilé, c’est la vision d’un chien portant dans sa gueule la tête décapitée d’un homme. Commence alors un long chemin semé d’embûches pour quitter la Syrie et être accueilli en France.

« Je viens d’Alep » est le témoignage d’un homme qui avec simplicité, sans recherche d’effets dramatiques, nous raconte sa vie et celle de ses proches, ses espoirs, ses attentes. Depuis qu’il est enfant, Joude a soif de liberté, de s’instruire et d’aller à l’université. À 9 ans, son père lui apprend qu’il est temps pour lui de participer aux dépenses de la maison et à 12 ans, il le place comme ouvrier dans un atelier de confection où il travaille 12 heures par jour. Mais Joude ne veut pas arrêter ses études et grâce à son entêtement, à un emploi du temps dément, il obtiendra son bac pro et son bac littéraire qui lui permettra d’entrer à l’université. Il finira par devenir professeur de français dans un lycée syrien. Amoureux de la langue française et de ses écrivains, Joude a toujours vécu avec des chrétiens, des musulmans chiites, alaouites, sunnites, et comme bien d’autres, il ne se retrouve absolument pas dans la guerre qui est en train de détruire son pays.

J’ai trouvé cette première partie de « Je viens d’Alep » primordiale et j’aimerais que ce livre soit mis entre toutes les mains car il nous ouvre les yeux sur la guerre civile qui sévit  en Syrie. Il donne un visage aux victimes. Trop souvent la télévision déshumanise et nous devenons tellement habitués aux images de guerre que plus rien ne nous touche. Je suis profondément reconnaissante à NetGalley et aux Éditions Allary  qui m'ont fait connaître ce livre bouleversant grâce au Service Presse.

Refusant de prendre parti dans une guerre qui n’est pas la sienne, Joude Jassouma est devenu un déserteur qui, s’il est pris sera condamné à mort et torturé. Il se réfugie donc en Turquie auprès d’autres membres de sa famille et son épouse Aya et sa fille Zaine l’y rejoindront trois mois plus tard. Mais il a beau travailler 14 heures par jour, il ne parvient pas à subvenir aux besoins de la famille et il décide alors de trouver un passeur pour traverser la mer Égée et rejoindre la Grèce.

L’auteur nous fait prendre conscience que pour un réfugié, la décision de s’exiler est loin d’être simple, que souvent elle n’est prise que lorsqu’il n’y a plus d’autres solutions et que ce n’est certes pas une solution de facilité. C’est au contraire une prise de risque énorme puisqu’il est tout à fait possible d’y perdre la vie. « Tous les soirs, nous nous préparons à ce qui pourrait nous arriver. Aya sait nager. Moi aussi. « Je te le redis, Jehad, je peux nager, mais je ne peux pas m’occuper de Zaine Alsham. Si tu t’en charges, moi je me débrouillerai. » Nous repassons en boucle toutes les situations. Le bateau se dégonfle. Nous tombons à l’eau. Il faut nager. Faut-il rester près du canot ou essayer de rejoindre la côte à la nage ? Nous en parlons des heures et des heures. »

Après avoir payé une somme conséquente à un passeur qui les laissera se débrouiller tous seuls, Joude et sa famille vont se retrouver dans un canot en plastique avec une quarantaine d’autres exilés. Pour eux, tout va bien se passer et ils vont atteindre la Grèce sans problème mais cela n’a pas été le cas d’une autre embarcation qui a sombré. Le 7 mars 2016 la famille Jassouma est en sécurité en Grèce et il faudra trois mois avant qu’ils ne se retrouvent en France. Le 9 juin 2016, ils sont accueillis en Bretagne, au village de Martigné-Ferchaud.

Joude, Aya et Zaine Alsham ont eu la chance de tomber dans un petit village qui avait demandé à accueillir des réfugiés. Grâce à eux, la France n’a pas revêtu son visage islamophobe de rejet des émigrants. Mais en cette période électorale, je ne peux m’empêcher de m’inquiéter devant le discours de certains. Je voudrais que ce livre puisse toucher chaque français et chaque française, qu’il soit étudié en classe pour que notre regard sur chaque réfugié, chaque demandeur d’asile soit celui d’un frère, d’une sœur. À l’heure actuelle, Joude s’est vu refuser le statut de réfugié car selon l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) Joude n’est pas « personnellement » menacé en retournant dans son pays. Je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’ils n’ont pas compris dans « je pouvais être arrêté par les soldats de Bachar à tout moment, être envoyé au combat ou pire, être jeté en prison comme déserteur, c’est-à-dire traître à la nation. Je savais très bien ce qui m’attendait, je serais torturé et exécuté, je ferais partie des disparus, comme des milliers d’autres jeunes Syriens depuis cinq ans. » J’espère du fond du cœur que ce statut lui sera octroyé. En attendant, Joude poursuit ses études de Langues à l’université de Rennes. Il a 34 ans, c’est un déraciné qui s’inquiète quotidiennement du sort de sa famille restée en Syrie, il espère trouver un travail. Mais il est surtout heureux, il a trouvé la paix et la liberté. « Désormais, mon rêve est de m’intégrer à la France, de m’adapter à sa culture. Je veux vivre à la française. Vivre comme les Français. »

Ce livre est un formidable témoignage d’espoir qui nous ouvre les yeux sur la réalité de la guerre et des demandeurs d’asile, qui nous fait prendre conscience que nous sommes d’incroyables privilégiés. J’espère vous avoir donné envie de le lire et de le partager à votre tour.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Journalisme, #Témoignage, #Guerre, #Irak, #Amitié

Résumé :

En vacances à Paris, Jules, seize ans, doit suivre sa tante journaliste, appelée à réaliser au plus vite un reportage à Bagdad ! À l'hôtel Palestine, il découvre le quotidien des journalistes ; dehors, il y a, en vrai, ce qu'il a vu tant de fois à la télévision : des chars, des hommes armés, des Américains... Il fait aussi la connaissance de Bilal, un jeune Irakien. Et quand Jules découvre que son nouvel ami s'est fait enlever, il décide de lui venir en aide par tous les moyens.

Mon avis :

Un témoignage passionnant et instructif sur le métier de reporter et la réalité d’un pays en guerre.

C’est le début des vacances pour Jules, 16 ans, et il se réjouit de les passer à Paris, aux côtés de sa tante Magali, grand reporter pour Paris Match. Alors qu’il est enthousiasmé à l’idée d’admirer la tapisserie de La Dame à la Licorne au musée du Moyen-Age, Magali est envoyée en reportage à Bagdad par son rédacteur en chef. N’ayant trouvé personne à qui confier Jules, elle est contrainte de l’emmener avec elle malgré le danger.

Avec Jules nous allons découvrir l’envers du décor, ce qui se cache derrière les reportages que nous lisons dans les quotidiens et les magazines ou voyons à la télévision. À Bagdad, bien que sa tante lui ait fait promettre de rester à l’intérieur de l’hôtel, il ne peut s’empêcher de sortir rejoindre des jeunes de son âge et se lie d’amitié avec Bilal, un jeune irakien qui parle français. Et lorsqu’il réalise en visionnant des photos qu’il a prises que ce dernier s’est fait enlever par deux hommes en djellaba blanche et aux barbes noires, il va tout faire pour lui venir en aide.

Ce livre est passionnant car Olivier Ravanello nous permet de découvrir le quotidien des journalistes dans un pays en guerre. En utilisant des phrases courtes et incisives, il nous communique l’atmosphère électrique, le stress et l’adrénaline dans lesquels ils vivent. Les reporters sont dans une tension continuelle et l’auteur nous fait partager leur vision qui consiste à vivre au maximum l’instant présent et à profiter de tous les bons moments qui se présentent avant qu’ils ne disparaissent. Sous une forme romancée, il nous fait toucher du doigt l’absurdité de la guerre et la vie des populations en butte aux attaques permanentes, aux attentats et aux bombardements. Nous pouvons suivre pratiquement heure par heure certains évènements qui se sont réellement produits en Irak entre Mai 2003 et Mai 2006. Les annexes contribuent encore plus à nous faire toucher du doigt cette réalité. La façon dont une dépêche AFP évolue en fonction des évènements est tout-à-fait fascinante ainsi que les copies des carnets de l’auteur.

La confrontation de Jules à une réalité qu’il ne connaissait qu’à travers la télévision est elle aussi très intéressante même si je trouve totalement irresponsable et peu crédible de la part de sa tante d’avoir emmené avec elle un adolescent dans un pays en guerre. Jules va se prendre de plein fouet la réalité de la guerre avec l’enlèvement de son ami et la mort omni présente avec un attentat auquel il échappera de justesse.

« Paris Bagdad » est l’œuvre d’un homme que l’on sent passionné par son métier et heureux de nous faire partager son expérience.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Cambodge, #Guerre, #Communisme, #Amitié, #Témoignage, #Journalisme

Résumé :

« Cambodge, août 1973. La guerre fait rage.
A Phnom-Penh grouille une société cosmopolite de diplomates, de réfugiés, de journalistes. Parmi eux Sydney Schanberg, du New York Times, un de ces hommes intègres, passionnés de vérité, et à ses côtés le Cambodgien Dith Pran, doux, acharné et efficace, fasciné par le métier de reporter.


Début 1975. Les Khmers rouges progressent, l'ambassade américaine plie bagages dans un vent de panique. Dans la capitale sans défense, c'est l'entrée triomphale des Khmers rouges, portés par un espoir insensé de la population, bien vite battu en brèche par le début d'une sanglante répression. La haine a pris le pouvoir, et c'est pour le Cambodge le commencement d'un voyage au bout de l'enfer. Pris dans la tourmente, Schanberg et Pran parcourent la ville meurtrie pour témoigner, jusqu'au jour où les derniers étrangers sont évacués.


Fin 1975-1979. Pran n'a pu s'échapper. Dans les camps de travail de Pol-Pot, il entame sa descente personnelle au fond du gouffre. Délation, famine, absence de sommeil, massacres... Angka travaille les corps pour briser les âmes. L’image la plus hallucinante, peut-être, est celle de ces tueurs de douze ans, abreuvés de haine, devant lesquels, par peur, les hommes courbent la tête. Mais Pran est de la race de ceux qui survivent. Il s'évadera et retrouvera Schanberg.

Christopher Hudson a emprunté l'œil et le style du reporter pour nous donner un récit vivant, sobre, plein de pages émouvantes et fortes, extraordinaire document sur l'un des épisodes les plus tragiques de l'histoire contemporaine. Ce témoignage sur la dissolution d'une société et l'avènement toujours possible du règne de la terreur a été à l'origine d'un grand film salué comme un chef-d’œuvre par la presse unanime. »

Mon avis :

Un témoignage bouleversant ! Un livre déchirant ! Une amitié plus forte que la guerre, que la mort !

Ce que je peux haïr la politique et les politiciens, les extrémistes et extrémismes de tout bord ! Personne ne devrait avoir le droit de jouer avec la vie humaine pour des questions d’intérêt ou autres ! C’est à l’agonie de tout un peuple que nous assistons dans le désintérêt le plus total des grandes puissances. Et quand les Khmers Rouges sont au pouvoir, c’est un véritable génocide. Quant aux séances d’endoctrinement, elles sont hallucinantes.

Mais c’est également un témoignage de l’incroyable capacité de l’homme à survivre dans les pires des conditions et surtout de l’amitié extraordinaire qui unissait Dith Pran et Sydney Schanberg.

« La Déchirure » est un livre dur, sans concessions mais je vous le recommande ainsi que le film du même nom. C’est une page de l’humanité dans ce qu’elle a de pire et de meilleur.

On estime que trois millions de personnes sont mortes au Cambodge… et malheureusement notre propre pays a apporté une spectaculaire contribution à cette tragédie. Les hommes qui siègent à la Maison Blanche ne considéraient pas les Cambodgiens comme des personnes réelles, comme des êtres humains en chair et en os. Ils les voyaient, eux et le Cambodge, comme de simples abstractions qui pouvaient servir le dessein de l’Administration en Indochine. Jamais ils n’ont demandé aux Cambodgiens ce qu’ils souhaitaient — ils le leur ont dit, puis ont en secret bombardé leur pays. La Maison-Blanche a soutenu que les sept milliards de dollars dépensés à bombarder le Cambodge avaient été nécessaires pour démembrer les sanctuaires et places fortes de Hanoï installés dans le pays, de façon que les troupes américaines puissent être retirées sans trop de douleur du Sud-Vietnam. Ainsi donc nous nous sommes servis d’eux et les avons payés, et ils se sont battus pour nos propres intérêts, à notre place, et ils sont morts, et nous n’avons rien vu de mal à tout cela parce qu’ils n’étaient que des abstractions. Mais ces bombardements atroces ont aggravé l’affrontement, ont détruit la fragile neutralité du Cambodge, ont introduit une guerre en pleine fleur dans le pays, l’ont divisé contre lui-même, et ont ainsi créé les conditions de haine, de peur et de chaos, qui ont rendu possibles l’arrivée au pouvoir et la montée de la terreur des Khmers Rouges, qui en 1970 n’étaient qu’une force minime et désorganisée. Certes, le Cambodge ne représente pas le monde dans son entier, mais c’est un assez fidèle microcosme, et il nous rappelle combien les grandes puissances font inconsidérément fi des conséquences humaines que peuvent entraîner leurs actions en faveur de quelque intérêt de politique intérieure ou de politique étrangère défini de manière étroite. (pages 200-201)

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