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Au-pays-de-Goewin.over-blog.com

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Les livres de Goéwin

Publié le par Goéwin
Publié dans : #Essai, #Psychologie, #Psychiatrie, #Psychanalyse, #Témoignage, #Médecine

Résumé :

« - Et vous, qu'est-ce que vous faites dans la vie ? - Eh bien, je suis psychiatre. Très souvent, j'observe que mon interlocuteur a un léger mouvement de recul... »

Les psychiatres suscitent de la méfiance ; ne sont-ils pas un peu manipulateurs ? Et puis, comment être sûr de choisir le bon ?

Avec beaucoup de bienveillance et de pédagogie, le docteur Sylvie Wieviorka donne des clefs pour ouvrir les bonnes portes : quelles sont les questions importantes à se poser avant de consulter ; à qui s'adresser (psychiatre, psychothérapeute, psychanalyste...) ; les avantages et les limites des différentes thérapies.

Au travers de cas pratiques vécus, elle nous fait entrer dans le huis-clos fascinant entre le psychothérapeute et son patient, et dans sa propre tête, ses questionnements, ses doutes et les solutions trouvées.  

Un livre dont la lecture fait déjà du bien.

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥

Un livre qui peut répondre à certaines questions.

Tout d'abord, je remercie Babelio Masse Critique ainsi que les Éditions HumenSciences pour l'envoi de ce livre en service presse.

Que l’on recherche un psy ou que l’on en rencontre un, le premier réflexe n’est pas celui d’une confiance illimitée. Le ou la psy intrigue, inquiète, il semble être en possession d’un savoir mystérieux qui nous rendrait totalement vulnérable et transparent à ses yeux. Le Dr Sylvie Wieviorka remet les pendules à l’heure avec beaucoup de finesse.

Cela paraît bête à dire mais derrière un psy se trouve d’abord un être humain avec sa vie et ses croyances. Sylvie Wieviorka est médecin psychiatre, formée à la psychothérapie familiale et spécialisée dans les soins aux toxicomanes. J’ai énormément apprécié tout ce qu’elle nous a partagé sur sa vie personnelle. Dès les premières pages, nous découvrons la femme qu’elle est et le chemin qui l’a menée à devenir psychiatre.

Elle nous explique ensuite les différences entre psychologue, psychiatre et psychanalyste ; elle nous aide également à nous retrouver entre les diverses psychothérapies — nous retrouvons des noms célèbres tels Freud, Bernheim, Charcot, Dolto, etc. — et nous précise les questions à nous poser avant d’opter pour une méthode et de choisir de suivre une psychothérapie. Elle nous dresse un tableau historique des différentes méthodes, de leur évolution. Elle nous offre même un chapitre très intéressant sur le développement personnel et la méthode Coué. Et puis, surtout, elle nous donne des exemples, elle nous partage son vécu, ses rencontres avec certains patients, ce qui rend la lecture passionnante.

La plume de Sylvie Wieviorka est précise, ses mots bien choisis, le ton juste et frappant. Le vocabulaire n’est pas trop spécialisé, encore qu’un dictionnaire ne soit pas inutile. Elle dépeint à merveille la psychologie de ses patients et a su choisir ses exemples pour que nous nous sentions concernés et nous faire réfléchir. Le lecteur découvrira en particulier qu’il n’est pas nécessaire d’être malade pour consulter et qu’une psychothérapie peut être entreprise pour aider à supprimer ou soulager une souffrance. Elle nous parle également de l’importance de l’empathie.

Pour conclure, un livre très intéressant qui m’a touchée. C’est une sorte de guide pratique qui intéressera non seulement ceux qui envisagent de consulter mais aussi tous ceux qui s’interrogent sur le métier.

■ Date de parution : 06/01/2021

■ Collection Quoi de neuf en sciences?

■ EAN : 9782379313202

■ Nombre de pages : 208

■ Prix Broché : 18.00 €

■ Prix Kindle et epub : 12,99 €

Il y a un dicton qui dit : « On sait ce que l’on perd, on ne sait pas ce que l’on trouve. » Cet adage se vérifie en thérapie : la souffrance est ce qui pousse les patients à vouloir un changement, mais la crainte de ce même changement est ce qui les en empêche.

Dans la tête de ma psy et comment choisir le sien, p 32

Mon travail consiste pour partie à remettre en mouvement les capacités des personnes qui s’adressent à moi, d’augmenter la palette des choix possibles, de sortir de la répétition sans jugement de valeur.

Dans la tête de ma psy et comment choisir le sien, p 38

L’importance de l’empathie. Même un chien peut être thérapeutique, si sa présence console de la solitude et de la tristesse.

Dans la tête de ma psy et comment choisir le sien, p 89

L’empathie, qui est la reconnaissance et la compréhension des sentiments et des émotions des autres individus, est une qualité utile pour être un thérapeute convenable. Cela ne s’apprend sans doute pas : il y a des empathiques nés. Mais les expériences vécues en formation peuvent contribuer à développer les capacités empathiques des étudiants. Se mettre à la place de l’autre participe de ce processus. Le travail sur soi, qu’il soit mené en thérapie ou en formation, va aider le futur psy à ne pas se vivre comme étant d’une nature différente des personnes qu’il aura en charge et à mieux appréhender ce qu’elles pensent et ressentent.

Dans la tête de ma psy et comment choisir le sien, p 117

Il reste ce que l’on appelle la « manipulation vertueuse ». Cela consiste à utiliser les techniques connues de manipulation pour le bien de celui auquel elles s’appliquent. À l’acmé de l’épidémie de Covid, on peut considérer que l’intense communication fondée sur la peur s’est apparentée à de telles pratiques. Égrener tous les soirs la litanie des morts et des malades en réanimation, montrer à la télévision des services hospitaliers débordés a largement contribué à faire accepter au plus grand nombre les rigueurs du confinement pour sauver des vies.
Pour un psy, le fait d’avoir pour mandat et pour objectif de soulager la souffrance autorise le recours à des techniques de psychothérapie que l’on peut considérer comme manipulatoires.

Dans la tête de ma psy et comment choisir le sien, p 136-137

Pourquoi changer si cela doit vous obliger à occuper une place qui ne vous convient pas ? La souffrance est pénible mais elle apporte son lot de bénéfices secondaires — prise en charge par les autres, possibilité de refuser les responsabilités, être celui qu’on plaint — auxquels il peut être difficile de renoncer.

Dans la tête de ma psy et comment choisir le sien, p 152

Ce n’est pas la même chose que le sentiment d’incurabilité d’une personne dépressive, qui ne met pas en cause les capacités du psy mais est en rapport avec la profondeur du vécu dépressif.

Dans la tête de ma psy et comment choisir le sien, p 163-164

Un livre, un morceau de musique, une odeur peuvent nous apporter l’apaisement et nous donner le courage d’affronter les difficultés.

Dans la tête de ma psy et comment choisir le sien, p 165

Je ne crois pas que l’absence de contrainte soit synonyme de liberté. La liberté consiste à choisir les contraintes que l’on s’impose.

Dans la tête de ma psy et comment choisir le sien, p 192

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