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Au-pays-de-Goewin.over-blog.com

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Les livres de Goéwin

temoignage

Résumé :

Jérôme Cordelier est parti à la rencontre de ces chrétiens, catholiques, protestants, orthodoxes qui résistèrent aux nazis et dont les rôles sont de nos jours minimisés.
On a souvent souligné les compromissions avec Pétain et le régime de Vichy des chefs des Églises, à raison, mais sans se souvenir que plusieurs d’entre eux furent aussi reconnus Justes pour avoir sauvé des juifs. On a oublié, surtout, que de nombreux prêtres, pasteurs, religieux, religieuses et une multitude de simples croyants furent parmi les premiers à se dresser contre l’occupant. Certains ont agi sur le devant de l’Histoire – de Gaulle et Leclerc, au premier chef –, la plupart dans un secret absolu.
De la Corrèze jusqu’à Yad Vashem à Jérusalem, cette enquête de terrain, très documentée et nourrie des confidences de survivants, met l’accent sur ces femmes et ces hommes qui se sont engagés, parfois sacrifiés, pour la liberté, leur patrie mais aussi avec la haute idée qu’ils se font de l’humanité. Au nom d’un idéal qui guidait leur vie, ils se sont battus pour que leurs contemporains vivent la leur. Ils n’ont pas toujours combattu au nom de leur foi, mais celle-ci les a pétris, a été constitutive de leur vision du monde et les a soutenus à travers les épreuves. Ces grands témoins peuvent éclairer de leur halo de lumière nos chemins cabossés.

Chronique : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Passionnant et instructif : des témoignages lumineux porteurs d’espérance !

Tout d’abord je remercie Nicolas Hecht de Babelio Masse Critique ainsi que les Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et l’envoi de ce service presse.

Quand on se penche sur la Résistance et le rôle de l’Église durant l’Occupation, on a tendance à se souvenir surtout de la neutralité du Pape Pie XII qui a veillé à conserver des liens diplomatiques avec tous les régimes, y compris celui des nazis, dans le souci de préserver l’Église allemande et par crainte d’aggraver la situation des catholiques dans tous les pays occupés. Mis au courant des camps de concentration, il condamne les actes mais sans nommer les victimes et les coupables. Il refuse de prendre parti comme en témoigne cette phrase : « Nous laissons aux pasteurs en fonction sur place le soin d'apprécier si, et dans quelle mesure, le danger de représailles et de pressions, comme d'autres circonstances dues à la longueur et à la psychologie de la guerre, conseillent la réserve — malgré les raisons d'intervention — afin d'éviter des maux plus grands. C'est l'un des motifs pour lesquels nous nous sommes imposé des limites dans nos déclarations. » Néanmoins, dans l’ombre, il fait tout son possible pour protéger les Juifs d’Italie et grâce à son action discrète, une rafle sera suspendue et 4 000 Juifs de Rome trouveront asile dans des couvents et collèges catholiques. Ou encore on se rappelle que la grande majorité des évêques français a soutenu le régime de Vichy. Même si là encore, certains, tout en encensant le maréchal Pétain, protégeaient leurs prêtres et religieux actifs dans la Résistance.

Mais en se focalisant sur le Haut Clergé, on fait l’impasse sur la multitude de prêtres, religieux et religieuses, simples croyants, catholiques, protestants, orthodoxes, qui ont tout risqué pour s’opposer à l’Occupant, protéger et cacher des familles et des enfants juifs, organiser des filières d’évasion, faire passer des messages… Et cela était d’autant plus difficile que Vatican II n’était pas encore passé par là. L’obéissance aux supérieurs était la règle. Quant aux femmes, elles n’avaient pas encore obtenu le droit de vote et dépendaient entièrement d’un père, d’un frère, d’un mari. Même si la foi n’est pas forcément le motif premier de leur engagement, elle fait partie de ces hommes et de ces femmes et elle est indissociable de leur action, de leur idéal de liberté, de leur conception de l’humain.

J’ai énormément apprécié « L’espérance est un risque à courir ». Jérôme Cordelier a effectué un énorme travail de recherche et il fait revivre pour nous ces témoins courageux autant que modestes. J’ai été frappée  par leur simplicité et leur humilité. Dans leur esprit, ils n’ont rien fait d’extraordinaire et ont souvent gardé le secret sur leur engagement. Cette parole de saint François de Sales leur convient tout particulièrement : « le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit ». D’ailleurs, à part quelques exceptions, comme le général de Gaulle ou le maréchal Leclerc (de son vrai nom Philippe de Hauteclocque) qui ont occupé le devant de la scène, le père Jacques de Jésus qui est connu du grand public grâce au film « Au-revoir les enfants », le père Maximilien Kolbe canonisé par Jean-Paul II en 1982 ou le père Franz Stock qui accompagna des centaines de prisonniers sur le lieu de leur exécution, la plupart sont très peu connus, voire pas du tout. Même si plusieurs d’entre eux ont été déclarés « Justes parmi les nations » et ont vu leur nom inscrit au mémorial de Yad Vashem.

Au fil des pages, Jérôme Cordelier nous partage ses rencontres avec les témoins encore en vie ainsi que les fruits de ses recherches. Il nous dresse le portrait de ces hommes et de ces femmes discrets qui se sont dressés contre la barbarie. Même s’ils n’en avaient pas forcément conscience, l’espérance était leur moteur. Cette petite fille espérance que Charles Péguy décrit dans « Le porche de la deuxième vertu » : « L'Espérance voit ce qui n'est pas encore et qui sera. Elle aime ce qui n'est pas encore et qui sera dans le futur du temps et de l'éternité. » Et je terminerai par ces phrases de Georges Bernanos dans sa conférence de 1945 qui est trop belle et que je citerai donc intégralement : « Qui n’a pas vu la route, à l’aube entre deux rangées d’arbres, toute fraîche, toute vivante, ne sait pas ce que c’est que l’espérance. L’espérance est une détermination héroïque de l’âme, et sa plus haute forme est le désespoir surmonté.
On croit qu’il est facile d’espérer. Mais n’espèrent que ceux qui ont eu le courage de désespérer des illusions et des mensonges où ils trouvaient une sécurité qu’ils prennent faussement pour de l’espérance. L’espérance est un risque à courir, c’est même le risque des risques. L’espérance est la plus grande et la plus difficile victoire qu’un homme puisse remporter sur son âme…

On ne va jusqu’à l’espérance qu’à travers la vérité, au prix de grands efforts. Pour rencontrer l’espérance, il faut être allé au-delà du désespoir. Quand on va jusqu’au bout de la nuit, on rencontre une autre aurore. Le démon de notre cœur s’appelle « À quoi bon ! ». L’enfer, c’est de ne plus aimer. Les optimistes sont des imbéciles heureux, quant aux pessimistes, ce sont des imbéciles malheureux. On ne saurait expliquer les êtres par leurs vices, mais au contraire par ce qu’ils ont gardé d’intact, de pur, par ce qui reste en eux de l’enfance, si profond qu’il faille chercher. Qui ne défend la liberté de penser que pour soi-même est déjà disposé à la trahir.

Si l’homme ne pouvait se réaliser qu’en Dieu ? si l’opération délicate de l’amputer de sa part divine – ou du moins d’atrophier systématiquement cette part jusqu’à ce qu’elle tombe desséchée comme un organe où le sang ne circule plus – aboutissait à faire de lui un animal féroce ? ou pis peut-être, une bête à jamais domestiquée ? Il n’y a qu’un sûr moyen de connaître, c’est d’aimer.

Le grand malheur de cette société moderne, sa malédiction, c’est qu’elle s’organise visiblement pour se passer d’espérance comme d’amour ; elle s’imagine y suppléer par la technique, elle attend que ses économistes et ses législateurs lui apportent la double formule d’une justice sans amour et d’une sécurité sans espérance. »

Il y aurait encore beaucoup à dire, tout particulièrement sur ces magnifiques témoins méconnus de la résistance, mais j’espère vous avoir donné envie de les découvrir par vous-même en lisant « L’espérance est un risque à courir ».

Les informations utiles

Parution : 14 avril 2021

Versions : numérique & broché

Pages : 292

Prix version numérique : 12,99 €

Prix version broché : 18,50 €

Les liens d’achat

Amazon Kindle : https://www.amazon.fr/dp/B08ZYQFYL5/ref=dp-kindle-redirect?_encoding=UTF8&btkr=1

Amazon broché :https://www.amazon.fr/Lesp%C3%A9rance-est-risque-courir-r%C3%A9sistants/dp/270216675X/ref=tmm_pap_swatch_0?_encoding=UTF8&qid=&sr=

Kobo : https://www.kobo.com/fr/fr/ebook/l-esperance-est-un-risque-a-courir

Éditeur : https://calmann-levy.fr/livre/lesperance-est-un-risque-courir-9782702166758

 

N'hésitez pas à cliquer sur les images afin d'être redirigés sur le site et découvrir les textes qui les accompagnent.

Edmond Michelet

 

Germain Auboiroux

 

https://avantlapree.hypotheses.org/17525
Capitaine de cavalerie Guillaume d'Ussel

 

Pie XII

 

L'appel du Pasteur Boegner en faveur des Juifs en 1942

 

Pasteur Aimé Bonifas

 

Mgr Jules-Géraud Saliège

 

Odile de Vasselot de Régné

 

https://www.cairn.info/revue-archives-juives1-2007-1-page-100.htm

 

Père Maximilien Kolbe

 

Abbé Roger Derry

 

Père Pierre Bockel

 

Abbé Charles Prévost

 

Pasteur Laurent Olivès

 

Abbé Paul Parguel

 

Paul Petit

 

Georges Bernanos

 

Hans et Sophie Scholl

 

Henri Fertet

 

Berty Albrecht

 

Anatole Lewitsky

 

Alice Ferrières

 

Jacques Renouvin

 

Germaine Ribière

 

Jacqueline Fleury-Marié

 

Les Rochambelles : De gauche à droite, en haut: Edith Vézy, Michette Duhamel, Zizon Sicot, Danielle Heintz, Christiane Petit. En bas: Lucie Delplancke, Arlette d'Hautefeuille, Suzanne Torrès, Nicole Mangini

 

Marie-Rose Gineste

 

Mère Marie Skobtsova

 

Sœur Jeanne Chérer

 

Madeleine Barot

 

Maître Charles Bedos

 

Alix Bedos

 

Marietta Martin

 

Véra Obolensky

 

Hélène Roederer

 

Mère Elisabeth de l'Eucharistie

 

Geneviève de Gaulle-Anthonioz

 

Charles de Gaulle

 

Philippe Leclerc de Hautecloque

 

 

Franz Stock Le séminaire des barbelés

 

Yad Vashem

 

Yad Vashem Le Jardin des Justes

 

Charles Péguy

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Essai, #Psychologie, #Psychiatrie, #Psychanalyse, #Témoignage, #Médecine

Résumé :

« - Et vous, qu'est-ce que vous faites dans la vie ? - Eh bien, je suis psychiatre. Très souvent, j'observe que mon interlocuteur a un léger mouvement de recul... »

Les psychiatres suscitent de la méfiance ; ne sont-ils pas un peu manipulateurs ? Et puis, comment être sûr de choisir le bon ?

Avec beaucoup de bienveillance et de pédagogie, le docteur Sylvie Wieviorka donne des clefs pour ouvrir les bonnes portes : quelles sont les questions importantes à se poser avant de consulter ; à qui s'adresser (psychiatre, psychothérapeute, psychanalyste...) ; les avantages et les limites des différentes thérapies.

Au travers de cas pratiques vécus, elle nous fait entrer dans le huis-clos fascinant entre le psychothérapeute et son patient, et dans sa propre tête, ses questionnements, ses doutes et les solutions trouvées.  

Un livre dont la lecture fait déjà du bien.

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥

Un livre qui peut répondre à certaines questions.

Tout d'abord, je remercie Babelio Masse Critique ainsi que les Éditions HumenSciences pour l'envoi de ce livre en service presse.

Que l’on recherche un psy ou que l’on en rencontre un, le premier réflexe n’est pas celui d’une confiance illimitée. Le ou la psy intrigue, inquiète, il semble être en possession d’un savoir mystérieux qui nous rendrait totalement vulnérable et transparent à ses yeux. Le Dr Sylvie Wieviorka remet les pendules à l’heure avec beaucoup de finesse.

Cela paraît bête à dire mais derrière un psy se trouve d’abord un être humain avec sa vie et ses croyances. Sylvie Wieviorka est médecin psychiatre, formée à la psychothérapie familiale et spécialisée dans les soins aux toxicomanes. J’ai énormément apprécié tout ce qu’elle nous a partagé sur sa vie personnelle. Dès les premières pages, nous découvrons la femme qu’elle est et le chemin qui l’a menée à devenir psychiatre.

Elle nous explique ensuite les différences entre psychologue, psychiatre et psychanalyste ; elle nous aide également à nous retrouver entre les diverses psychothérapies — nous retrouvons des noms célèbres tels Freud, Bernheim, Charcot, Dolto, etc. — et nous précise les questions à nous poser avant d’opter pour une méthode et de choisir de suivre une psychothérapie. Elle nous dresse un tableau historique des différentes méthodes, de leur évolution. Elle nous offre même un chapitre très intéressant sur le développement personnel et la méthode Coué. Et puis, surtout, elle nous donne des exemples, elle nous partage son vécu, ses rencontres avec certains patients, ce qui rend la lecture passionnante.

La plume de Sylvie Wieviorka est précise, ses mots bien choisis, le ton juste et frappant. Le vocabulaire n’est pas trop spécialisé, encore qu’un dictionnaire ne soit pas inutile. Elle dépeint à merveille la psychologie de ses patients et a su choisir ses exemples pour que nous nous sentions concernés et nous faire réfléchir. Le lecteur découvrira en particulier qu’il n’est pas nécessaire d’être malade pour consulter et qu’une psychothérapie peut être entreprise pour aider à supprimer ou soulager une souffrance. Elle nous parle également de l’importance de l’empathie.

Pour conclure, un livre très intéressant qui m’a touchée. C’est une sorte de guide pratique qui intéressera non seulement ceux qui envisagent de consulter mais aussi tous ceux qui s’interrogent sur le métier.

■ Date de parution : 06/01/2021

■ Collection Quoi de neuf en sciences?

■ EAN : 9782379313202

■ Nombre de pages : 208

■ Prix Broché : 18.00 €

■ Prix Kindle et epub : 12,99 €

Il y a un dicton qui dit : « On sait ce que l’on perd, on ne sait pas ce que l’on trouve. » Cet adage se vérifie en thérapie : la souffrance est ce qui pousse les patients à vouloir un changement, mais la crainte de ce même changement est ce qui les en empêche.

Dans la tête de ma psy et comment choisir le sien, p 32

Mon travail consiste pour partie à remettre en mouvement les capacités des personnes qui s’adressent à moi, d’augmenter la palette des choix possibles, de sortir de la répétition sans jugement de valeur.

Dans la tête de ma psy et comment choisir le sien, p 38

L’importance de l’empathie. Même un chien peut être thérapeutique, si sa présence console de la solitude et de la tristesse.

Dans la tête de ma psy et comment choisir le sien, p 89

L’empathie, qui est la reconnaissance et la compréhension des sentiments et des émotions des autres individus, est une qualité utile pour être un thérapeute convenable. Cela ne s’apprend sans doute pas : il y a des empathiques nés. Mais les expériences vécues en formation peuvent contribuer à développer les capacités empathiques des étudiants. Se mettre à la place de l’autre participe de ce processus. Le travail sur soi, qu’il soit mené en thérapie ou en formation, va aider le futur psy à ne pas se vivre comme étant d’une nature différente des personnes qu’il aura en charge et à mieux appréhender ce qu’elles pensent et ressentent.

Dans la tête de ma psy et comment choisir le sien, p 117

Il reste ce que l’on appelle la « manipulation vertueuse ». Cela consiste à utiliser les techniques connues de manipulation pour le bien de celui auquel elles s’appliquent. À l’acmé de l’épidémie de Covid, on peut considérer que l’intense communication fondée sur la peur s’est apparentée à de telles pratiques. Égrener tous les soirs la litanie des morts et des malades en réanimation, montrer à la télévision des services hospitaliers débordés a largement contribué à faire accepter au plus grand nombre les rigueurs du confinement pour sauver des vies.
Pour un psy, le fait d’avoir pour mandat et pour objectif de soulager la souffrance autorise le recours à des techniques de psychothérapie que l’on peut considérer comme manipulatoires.

Dans la tête de ma psy et comment choisir le sien, p 136-137

Pourquoi changer si cela doit vous obliger à occuper une place qui ne vous convient pas ? La souffrance est pénible mais elle apporte son lot de bénéfices secondaires — prise en charge par les autres, possibilité de refuser les responsabilités, être celui qu’on plaint — auxquels il peut être difficile de renoncer.

Dans la tête de ma psy et comment choisir le sien, p 152

Ce n’est pas la même chose que le sentiment d’incurabilité d’une personne dépressive, qui ne met pas en cause les capacités du psy mais est en rapport avec la profondeur du vécu dépressif.

Dans la tête de ma psy et comment choisir le sien, p 163-164

Un livre, un morceau de musique, une odeur peuvent nous apporter l’apaisement et nous donner le courage d’affronter les difficultés.

Dans la tête de ma psy et comment choisir le sien, p 165

Je ne crois pas que l’absence de contrainte soit synonyme de liberté. La liberté consiste à choisir les contraintes que l’on s’impose.

Dans la tête de ma psy et comment choisir le sien, p 192

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Autobiographie, #Biographie, #Dalaï-lama, #Bouddhisme, #Tibet, #Inde, #Chine, #Non-violence, #Politique, #Mémoires, #Témoignage

Résumé :

« Lama Kewtsang Rinpoché, du monastère de Sera, était habillé pauvrement, mais il avait au cou un rosaire ayant appartenu au XIIIe dalaï-lama. L’enfant parut reconnaître le rosaire et demanda qu’on le lui donne. Le lama le lui promit s’il devinait qui il était, et le garçon répondit : “Sera-Aga”, ce qui, en dialecte local, signifiait “un lama de Sera”.

Le lama passa une journée entière à observer l’enfant avec un intérêt grandissant, jusqu’à l’heure du coucher. Tout le groupe passa la nuit dans la maison. Au petit matin, alors qu’ils se préparaient au départ, le garçon sortit de son lit et demanda à partir avec eux.

Cet enfant, c’était moi. »

Tenzin Gyatso, XIVe dalaï-lama

Chronique : ♥ ♥ ♥ ♥

Le témoignage bouleversant du dalaï-lama sur sa vie au Tibet avant d’être contraint à l’exil.

Le jeune Tenzin Gyatso, XIVe dalaï-lama

« Mon pays et mon peuple » est l’autobiographie de Tenzin Gyatso, XIVème dalaï-lama, publiée en 1962, alors qu’il vient de fuir le Tibet et que commence son long exil en Inde. C’est un témoignage sur le Tibet en même temps qu’un document politique sur l’invasion chinoise et le soulèvement du pays. Le but de cette biographie est de défendre la liberté du Tibet.

Le dalaï-lama commence par nous décrire son pays et plus particulièrement son village et ses traditions d’une plume empreinte de poésie. Les Tibétains sont avant toute chose des bouddhistes et ils forment un peuple heureux et paisible malgré des conditions de vie difficiles et un système féodal. On ne peut que ressentir l’amour que le dalaï-lama éprouve pour son peuple et sa terre.

Le Potala, le lieu le plus sacré du Tibet

C’est à l’âge de quatre ans et demi qu’il fut reconnu comme la réincarnation de Thupten Gyatso, le XIIIème dalaï-lama. Lorsqu’il atteint ses six ans, commence son éducation et on ne peut qu’être impressionné par le système éducatif tibétain. Le dalaï-lama expose avec beaucoup de clarté et de simplicité en quoi consistent ses convictions et sa foi en Bouddha : la réincarnation, la Loi du Karman, le Nirvana, la bouddhéité…

À 16 ans, alors qu’il n’a pas encore terminé son  apprentissage et qu’il ignore pratiquement tout de la politique, on lui demande de prendre le gouvernement du pays pour faire face à l’invasion communiste chinoise. Le Tibet se retrouve seul face à la Chine, abandonné par des Nations qu’il considérait comme amies, victime de son isolement et de sa méconnaissance des relations internationales.

Durant les neuf années qui vont suivre, le dalaï-lama va tout tenter pour préserver son peuple et son pays. Afin de lui éviter le pire, il acceptera le 23 mai 1951 de reconnaître un accord en dix-sept articles établissant que le Tibet faisait partie de la Chine, en contrepartie de l'engagement par celle-ci à ne remettre en cause ni la religion ni le gouvernement du pays, accord extorqué par la force et les menaces à la délégation tibétaine. Il choisit la non-violence et la collaboration avec l’espoir d’amener pacifiquement les Chinois à respecter leurs accords. Il accepte de se rendre en Chine et de rencontrer le fondateur et dirigeant de la république populaire de Chine, Mao Zedong, qui lui fit forte impression. Dans ses écrits, le dalaï-lama dit avoir eu « la certitude que lui, personnellement, n’utiliserait jamais la force pour convertir le Tibet au communisme. » Et lorsque les faits vont lui démontrer le contraire, il écrira : « mais j’ai encore de la peine à croire que cette oppression avait l’aval et l’appui de Mao Zedong lui-même. » Et lorsque ce même Mao lui déclare : « Je comprends très bien votre point de vue. Mais, croyez-moi, la religion est un poison. Elle a deux gros défauts : elle affaiblit une race et elle freine le progrès. Deux victimes : le Tibet et la Mongolie ont été contaminés par elle », le dalaï-lama ajoute : « Je savais bien sûr qu’il devait être un farouche ennemi de la religion ; et pourtant je le sentais sincèrement bienveillant, voire affectueux à mon égard. »

Malgré tous ses efforts pour maintenir son peuple dans la non-violence, la coexistence pacifique entre Chinois et Tibétains se révèle impossible. Dès 1956 la résistance armée s’organise, durement réprimée par l’armée d’occupation. Le nombre de victimes dans le peuple ne cesse d’augmenter jusqu’au 10 mars 1959. Persuadés que le gouvernement chinois a décidé d’enlever le dalaï-lama, les habitants de Lhassa le retiennent à l’intérieur du palais d’été alors que dans les rues la foule manifeste sa colère contre la domination chinoise. La riposte ne se fait pas attendre et le 17 mars, deux coups de canon sont tirés alors que de nombreuses rumeurs font état de la volonté chinoise de bombarder le palais. Il le sera d’ailleurs le 21 mars et la répression sera terrible.

En mars 1959, les Tibétains se rendent aux troupes chinoises à Lhassa, devant le Potala.

Le dalaï-lama décide alors de fuir caché sous l’habit d’un soldat, il réussit à quitter le palais avec sa famille, ses ministres et ses précepteurs, protégés par des guerriers tibétains. Après une longue marche harassante et périlleuse à travers l’Himalaya, ils parviendront à échapper à l’armée chinoise et à franchir la frontière pour se réfugier en Inde, le 31 mars 1959. Depuis cette date, il y réside, à Dharamsala, avec des dizaines de milliers de Tibétains fuyant le génocide organisé par les Chinois et il y a fondé le gouvernement tibétain en exil. Depuis il n’a cessé de lutter pour que les droits des Tibétains soient reconnus et pour trouver des appuis.

Le dalaï-lama est mondialement connu et est une personnalité très aimée. J’ai lu plusieurs de ses livres et j’ai toujours été très marquée par sa bienveillance, sa compassion et surtout par son pardon face aux exactions et horreurs commises par les Chinois. Dans cette autobiographie, je reconnais que j’ai eu du mal à comprendre son parti-pris favorable à Mao, mais cela n’engage que moi. Tout comme j’admire sa non-violence même si je me sens acquise à ceux qui ont choisi de résister. Par contre, j’ai eu du mal à comprendre tous les paragraphes concernant la politique et j’ai eu très envie de les sauter. Quant aux appendices, bien que très instructifs, j’avoue avoir fait l’impasse après avoir lu quelques lignes.

Cette autobiographie est très intéressante car elle nous fait découvrir toute la jeunesse du dalaï-lama ainsi que ses pensées au moment de l’invasion chinoise. Il fait revivre le Tibet d’avant. Cela dit, je comprends tout-à-fait ceux qui n’ont pas admis certaines de ses positions.

Je remercie les Éditions de L’Archipel ainsi que Babelio Masse Critique pour l’envoi de ce livre qui m’a permis de découvrir les jeunes années d’un homme remarquable qui n’a jamais cessé de combattre de façon non-violente pour que vive le Tibet et que soient reconnus ses droits face à la Chine communiste et des Nations scandaleusement indifférentes face à l’agonie d’un peuple pacifique.

Des conceptions humanitaires et un amour sincère pour tous les êtres ne peuvent être que le résultat d’une bonne perception de la substance de la religion. Peu importe le nom de celle-ci, sa compréhension et sa pratique sont le fondement d’un esprit paisible, et par conséquent d’un monde paisible. Si le calme ne règne pas en soi-même, il ne peut y avoir de paix dans l’approche d’autrui, et donc pas de relations pacifiques entre individus ou entre nations.

Mon pays et mon peuple, page 5

 

Le jeune dalaï-lama

 

La famille du 14ème dalaï-lama

 

 

7 septembre 1959 : Le 14ème dalaï-lama, Tenzin Gyatso, souverain spirituel et temporel du Tibet, arrive à Delhi, lors de sa première visite dans la capitale indienne depuis qu'il a demandé l'asile.

 

Le palais du Potala

 

Le palais du Potala

 

Sa Sainteté lors de ses examens finals de Guéshé Lharampa qui eurent lieu à partir de l’été 1958 jusqu’au mois de février 1959 à Lhassa, au Tibet

 

Zhou Enlai, le Panchen-Lama, Mao Zedong et Sa Sainteté le Dalaï Lama en 1956 à Beijing, en Chine.

 

Tenzin Gyatso (14e dalaï-lama), en compagnie de Mao Zedong et de Choekyi Gyaltsen, (10e panchen-lama) à Pékin en 1954

 

En mars 1959, les Tibétains se rendent aux troupes chinoises à Lhassa, devant le Potala.

 

Le Dalaï-lama et Gandhi, même combat : la non-violence.

 

La communauté tibétaine de l'Inde, Dharamsala

 

Dharamsala

 

Sa sainteté le Dalaï-lama en 2017

 

SS le dalaï-lama

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Yézidis, #Génocide, #Yézidisme, #Témoignage, #Vécu, #Daech, #Viol, #Djihadisme, #Esclavage sexuel

Résumé :

La vie de Nadia Murad a basculé le 15 octobre 2014, lorsque les djihadistes de Daech sont entrés dans le petit village de Kocho, en Irak. Ce jour-là, après avoir rassemblé tous les habitants de cette communauté yézidie dans l’école, les terroristes les ont méthodiquement tués ou kidnappés. L’horreur avait été programmée : les hommes qui refusaient de se convertir à l’islam devaient rejoindre dans les fosses les femmes jugées trop vieilles pour servir. Et parmi elles, la mère de Nadia Murad.
La jeune Yézidie est emmenée à Mossoul avec des milliers d’autres jeunes fi lles pour y être vendue. Servante, esclave sexuelle, elle devient la prisonnière de combattants de l’État islamique, jusqu’à sa fuite miraculeuse, grâce à l’aide d’une famille irakienne sunnite.
Nadia Murad, meurtrie par la disparition de tant des siens et par ce qu’elle a subi, vit aujourd’hui en Allemagne. Malgré les humiliations, elle a décidé de prendre la plume pour tout raconter. Pas pour elle, puisqu’il est déjà trop tard, mais pour tous les Yézidis et pour toutes les autres femmes victimes de violences.
Aujourd’hui, Nadia Murad n’a qu’un seul souhait : « Être la dernière fille au monde à avoir à raconter une histoire pareille. »
Ce livre est son histoire.

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Un livre que l’on devrait mettre entre toutes les mains, pour que plus jamais ça !!!

Chaque fois que je tombe sur un témoignage dénonçant un génocide, comme celui de Nadia Murad, j’essaie de le lire, non que je sois attirée par la souffrance ou poussée par une sorte de curiosité malsaine, mais je pense qu’il est primordial d’en parler. Il faut que cela se sache. Il faut le dénoncer. Plus il y aura de personnes au courant, plus il y aura de chances que cela ne se reproduise pas. Et à chaque fois, je désespère car je sais pertinemment que cela continue aujourd’hui et qu’à l’instant où j’écris ces lignes, des massacres, des viols, des enlèvements ont lieu. Et cela me révolte… Alors, achetez ce livre « Pour que je sois la dernière », lisez-le, prêtez-le ! Ce n’est peut-être qu’une goutte d’eau dans l’océan ou un grain de sable dans le désert mais ne dit-on pas que « le battement d’ailes d’un papillon peut provoquer une tornade ».

Je remercie NetGalley ainsi que Les Éditions Fayard qui m’ont envoyé ce service presse qui m’a permis de découvrir le témoignage de Nadia Murad. De tout temps, les Yézidis ont été persécutés et victimes d’exterminations à cause de leur religion. Le yézidisme est une religion monothéiste très ancienne qui se transmet oralement. Nadia dans la première partie de son livre nous raconte sa vie toute simple dans le village de Kocho, au nord de l’Irak. Une vie rude mais heureuse car elle était entourée de sa famille. Elle nous explique également les grands principes de sa religion. « Le mariage en dehors de notre religion n’est pas autorisé, la conversion non plus. » Avec elle, nous assistons à la montée de L'EILL (l’"État Islamique en Irak et au Levant"), ancêtre de l’EI que nous appelons Daech. Le 3 août 2014, ils sont aux portes de Kocho. Dans la seconde partie, Nadia nous dévoile le calvaire de son peuple, comment des centaines d’hommes furent assassinés en quelques heures et parmi eux six de ses frères, comment sa mère ainsi que soixante-dix-neuf femmes plus âgées furent exécutées, comment toutes les jeunes femmes et jeunes filles furent enlevées pour être vendues comme esclaves sexuelles, et tout cela dans l’indifférence la plus totale de leurs voisins quand ils n’étaient pas complices. Dès lors, Nadia n’est plus qu’une sabiyya, une fille que l’on peut vendre, acheter, offrir, torturer, tuer… Elle n’a plus aucun droit sauf celui de subir et de se taire. Frappée, brûlée avec des cigarettes, fouettée, humiliée, déshumanisée, obligée de porter le niqab ou de se déguiser en prostituée, de faire semblant de se convertir pour survivre, les trois mois que Nadia a passés prisonnière de Daech ne sont que souffrance et abomination. Dans la troisième partie, Nadia échappe à l’enfer, d’abord en s’enfuyant malgré les risques qu’elle court, puis grâce à une famille sunnite qui la prend en pitié.

Nadia Murad est pour moi une jeune femme d’un courage hallucinant. Son témoignage est bouleversant et il en appelle à chacun, chacune d’entre nous. Cela ne s’est pas passé dans un autre siècle, cela se passe aujourd’hui ! Alors pour que les Yézidis ne soient plus décimés, pour que leur religion soit reconnue et ses fidèles protégés, lisez ce livre et faites-le connaître ! Pour que Nadia Murad soit la dernière fille au monde à avoir à raconter une histoire pareille !

Nadia Murad au Conseil de Sécurité

 

2017 : 3 ans après le génocide des yézidis les parties arabes et kurdes ont partagé la région de Sinjar, aujourd'hui nous sommes étrangers sur nos terres.

 

Tawusi Melek l'ange paon

 

La vallée de Lalish en Irak

 

L'entrée du sanctuaire de Lalish

 

Le symbole de la religion Yézidi

 

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Résumé :

À  16 ans, Edith Eger est déportée à Auschwitz avec sa famille. Repérée par Joseph Mengele, elle est choisie pour rejoindre la troupe de danseuse du camp. Elle survivra et réussira avec le temps à transformer le choc de l’horreur en formidable énergie de vie au service des traumatisés de l’existence : soldats en plein chaos, femmes battues ou violées, enfants en profonde souffrance.
La vie du Dr Eger est une succession de choix pour s’échapper de son passé. Elle s’installe aux États-Unis en 1947, suit des études de psychologie pour comprendre le moteur de sa survie et celui des monstres qu’elle a fréquentés, choisit de donner la vie alors que les médecins le  lui interdisent, s’occupe de grands blessés de la vie pour leur insuffler l’extraordinaire énergie et volonté qu’elle s’est forgée.
Comment aider ses patients à faire le choix de la vie, de la reconstruction, c’est tout l’enjeu de la mission que le Dr Eger s’est donnée et qu’elle restitue dans cet ouvrage à partir de nombreux témoignages profondément émouvants de patients qu’elle a soignés et pour certains sauvés.
« Le Choix est une extraordinaire chronique de l’héroïsme et de la guérison, de la résilience et de la compassion, de la survie dans la dignité, de force mentale et de courage moral. Nous avons tous quelque chose à apprendre des cas exemplaires traités par  le Dr Eger et de son histoire personnelle si bouleversante. Chacun pourra y puiser une source de guérison dans sa propre existence. » Pr Philip Zimbardo, Université de Stanford

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Méga-coup de ♥ ! Un livre magnifique, un témoignage d’une rare humanité, « source de guérison », « un hymne à la vie ».

Je remercie NetGalley ainsi que les Éditions Jean-Claude Lattès pour l’envoi de ce service presse qui m’a permis de découvrir en avant-première le témoignage de cette femme extraordinaire qu’est le docteur Edith Eger.

Elle a seize ans, elle est amoureuse, elle a rencontré son âme sœur, c’est

Photo d'Edith prise par Eric

une artiste et une athlète qui prépare les Jeux Olympiques. Seulement, nous sommes en 1943 et Edith est juive ce qui entraîne son exclusion de l’équipe olympique. Arrêtée par les nazis avec ses parents et sa sœur Magda, elle est déportée à Auschwitz où ses parents seront gazés dès le départ. Sur l’ordre de Joseph Mengele, elle va danser pour lui et découvrira qu’elle est libre en se rappelant ces paroles de sa mère : « Souviens-toi juste que personne ne peut t’enlever ce que tu t’es mis dans l’esprit. » De même, elle se remémorera les paroles d’Eric, le jeune homme qu’elle aime et qu’elle espère retrouver. Elle se répétera également ces mots qui reviennent comme un leitmotiv tout au long de son emprisonnement : « Si je survis aujourd’hui, demain je serai libre. » C’est ainsi qu’avec sa sœur Magda, Edith va survivre durant une longue année. Elles connaîtront la faim, le froid, les coups, l’horreur, les longues Marches de la mort dans la neige lorsqu’elles seront envoyées à Mauthausen puis Gunskirchen, elles échapperont aux files de la mort et parviendront à ne jamais être séparées. Elles arriveront même à rire tout au long de leur captivité.

Edith Eger nous partage tout ce qu’elle a vécu avec beaucoup de pudeur. Son témoignage est poignant mais il n’y a aucune exagération, elle ne cherche pas à nous émouvoir, elle ne tire pas sur la corde du pathos, elle nous conte son histoire tout simplement et cela nous touche d’autant plus.

« Le choix d’Edith » est un livre d’autant plus marquant qu’il nous parle de l’après, de toute la difficulté à recommencer à vivre après avoir vécu l’enfer. L’antisémitisme est toujours aussi présent. Il faut commencer à faire le deuil de tous ceux qui ont disparu, qui sont morts, se refaire une santé. Et tout comme elle a survécu à la déportation, Edith va faire des choix tout au long de sa vie. Le choix de revivre et de donner la vie : Edith se marie et choisit

Trois générations

de porter son enfant à naître jusqu’au bout, contre l’avis des médecins. Pour fuir le communisme, le choix de la paix et d’émigrer en Amérique plutôt qu’en Israël qui est une zone de guerre. Là, elle découvrira qu’elle est peut-être libre physiquement mais psychologiquement elle est toujours prisonnière. Le choix de reprendre des études de psychologie pour dépasser ses limites. La découverte de la logothérapie avec le livre « Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie, » par Viktor Frankl, puis la rencontre de son auteur vont être une révélation, elle découvre qu’elle a le choix. Grâce à lui, elle va commencer à élaborer sa propre méthode de thérapie pour venir en aide aux immigrés, aux victimes de traumas, anciens combattants du Vietnam, paraplégiques, couples en difficulté, enfant anorexique… Chaque patient, chaque patiente vont lui apprendre quelque chose sur elle-même et lui permettre d’avancer.

Le docteur Edith Eger est une femme extraordinaire, d’un courage, d’une humanité exemplaires. À travers tous les exemples, les témoignages qu’elle nous partage, nous découvrons son parcours, ses combats admirables de dévouement et de dignité.

Je crois que ce qui m’aura le plus marquée dans ce livre, c’est la découverte que nous avons toujours le choix quelle que soit la situation dans laquelle

Docteur Edith Eva Eger

nous nous trouvons : nous pouvons toujours choisir la manière dont nous allons réagir. « Nous ne pouvons choisir de nous évanouir dans le noir, mais nous pouvons choisir d’allumer une lumière. » Également que la guérison n’est jamais facile et qu’elle est souvent le travail de toute une vie.

Un livre bouleversant et d’une richesse extraordinaire que chacun devrait lire, un chemin de guérison.

Mais avec le temps, j’ai appris que j’avais la latitude de choisir comment réagir au passé. J’ai la faculté de me rendre malheureuse, ou de rester pleine d’espoir, d’être déprimée, ou heureuse. Nous conservons toujours ce choix, cette latitude de maîtrise.

Le choix d'Edith

Loin d’atténuer la douleur, ce que nous refusons d’accepter nous enferme, et il devient aussi impossible d’y échapper que de s’évader de murs en briques et de barreaux en acier. Quand nous ne nous autorisons pas à faire le deuil de nos pertes, de nos blessures et de nos déceptions, nous nous condamnons à les revivre. Être libre réside dans le fait d’apprendre à faire nôtre ce qui s’est passé. Être libre signifie que nous puisons en nous le courage de démanteler la prison, brique après brique.

Le choix d'Edith

C’est la première fois que je m’aperçois que nous avons le choix : prêter attention à ce que nous avons perdu, ou prêter attention à ce que nous avons encore.

Le choix d'Edith

Ma transgression, c’est la vie.

Le choix d'Edith

Je tentais de bannir mes souvenirs du passé. Je pensais que c’était une question de survie. Ce n’est qu’après de nombreuses années que j’ai fini par comprendre que la fuite ne guérit pas la souffrance. Elle l’aggrave. En Amérique, j’étais plus éloignée que jamais, géographiquement, de mon ancienne prison. Mais ici, j’étais emprisonnée psychologiquement, plus que jamais auparavant. En fuyant le passé, et ma peur, je ne trouvais pas la liberté. Je transformais ma frayeur en cellule, et j’en fermais la serrure par le silence.

Le choix d'Edith

Je ne sais pas que dissimuler ses peurs n’a pour effet que de les faire croître plus intensément. J’ignore que mon habitude de me prémunir, de concilier, ou de faire semblant, ne peut qu’aggraver notre situation.

Le choix d'Edith

Chaque moment constitue un choix. Si frustrant, ennuyeux, contraignant, douloureux ou oppressant que soit ce que nous vivons, nous avons toujours la possibilité de choisir notre manière de réagir. Et je commence enfin à comprendre que j’ai moi aussi le choix. Cette prise de conscience va changer ma vie.

Le choix d'Edith

Si tu veux vivre, tu dois défendre quelque chose.

Le choix d'Edith

L’idée de ma liberté de choisir ma réaction propre à toute situation.

Le choix d'Edith

Toutefois, ainsi que mes semblables, les autres survivants, me l’ont appris, vous pouvez vivre pour venger le passé, ou vous pouvez vivre pour enrichir le présent. Vous pouvez vivre dans la prison du passé, ou vous pouvez permettre au passé de devenir le tremplin qui vous aide à atteindre la vie que vous avez envie de vivre, au présent.

Le choix d'Edith

nous avons la latitude de choisir d’être nos propres geôliers, ou celle de choisir d’être libres.

Le choix d'Edith

Nous pouvons choisir d’endosser la responsabilité de nos épreuves et de nos guérisons. Nous pouvons choisir d’être libres.

Le choix d'Edith

Pour moi, il n’est toujours pas simple de parler du passé. Il demeure profondément douloureux de chaque fois se confronter à tout ce sentiment de peur et de perte, chaque fois que je me remémore ou que je raconte. Mais à compter de ce moment, j’ai compris que les émotions, si puissantes soient-elles, ne sont pas fatales. Et qu’elles sont temporaires. Refouler ses émotions ne fait que rendre plus ardu de s’en défaire. L’expression est l’opposé de la dépression.

Le choix d'Edith

Au lieu de tout reprocher aux autres, assumer la responsabilité de ses actes et de ses paroles. Avant de dire ou de faire quelque chose, se demander : Est-ce que c’est gentil ? Est-ce important ? Est-ce que ça peut aider ?

Le choix d'Edith

Faire ce qui est juste va rarement de pair avec faire ce qui est sans danger.

Le choix d'Edith

Edith à seize ans, photo prise par Eric

Edith à seize ans, photo prise par Eric

Trois générations

Trois générations

Docteur Edith Eva Eger

Docteur Edith Eva Eger

Docteur Edith Eva Eger

Docteur Edith Eva Eger

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Alpinisme, #Littérature, #Roman, #Aventure, #Amitié, #Témoignage, #Montagne, #Humour, #Voyage

Résumé :

Quand Jean-Christophe Rufin et Sylvain Tesson
emmènent un éditeur sujet au vertige
à 4800 mètres d’altitude…

Éditeur parisien, Ludovic Escande est plus habitué aux salons littéraires qu’aux bivouacs en haute montagne. Un soir, il confie à son ami Sylvain Tesson qu’il traverse une période difficile, l’écrivain lui lance : « Mon cher Ludovic, on va t’emmener au sommet du mont Blanc ! ».

Il n’a jamais pratiqué l’alpinisme et souffre du vertige. Pourtant il accepte, sans réfléchir. S’il veut atteindre le toit de l’Europe, il devra affronter les glaciers à pic, les parois vertigineuses, la haute altitude et le manque d’oxygène. La voie que lui font emprunter Sylvain Tesson et Jean-Christophe Rufin est périlleuse pour un débutant. Mais c’est le plus court chemin pour retrouver goût au bonheur.

Avec sincérité et humour, Ludovic Escande raconte cette folle ascension qui est aussi et surtout une formidable aventure amicale, littéraire et spirituelle.

Mon avis : ✯ ✯ ✯ ✯ ✯

Un livre réjouissant sur le dépassement de soi-même et la vertu curative de l’effort.

Alors qu’il partage un repas au restaurant avec son ami Sylvain Tesson et qu’il lui apprend que son couple bat de l’aile, celui-ci décide de l’emmener au sommet du mont Blanc. Cela ne s’annonce pas facile car Ludovic n’est pas alpiniste et surtout a une peur bleue du vide. Mais Sylvain a réponse à tout et lui prépare un programme d’exercices pour qu’il soit prêt le jour J.

Écrivain, aventurier, alpiniste, stégophile, grand voyageur, rien ne fait peur à

Sylvain Tesson

Sylvain Tesson et surtout pas d’emmener avec lui conquérir le mont Blanc un néophyte ayant peur du vide, Ludovic Escande. Nous sommes en juillet 2014. Complètement déprimé par la séparation d’avec sa femme et bien que s’étant entraîné, Ludovic qui est d’abord un éditeur plus habitué des bureaux que des murs d’escalade, carbure à la cigarette, l’alcool, les somnifères et les anxiolytiques. Avec Sylvain et Daniel Du Lac,

Daniel Du Lac

champion du monde d’escalade et guide de haute montagne,

Ludovic Escande

Ludovic attaque sa première montée qui culmine à 2 752 mètres et doit durer environ 8 heures : le but, parvenir en haut de la pointe Percée. Froid, appel du vide, angoisse, panique, avec l’aide de ses amis, Ludovic parviendra  à l’Aiguille percée. Après une journée d’entraînement aux parois de Contamines censée lui avoir appris toutes les techniques de grimpe, nos trois lascars auxquels s’est ajouté Jean-Christophe Ruffin, médecin, écrivain académicien, alpiniste, et une autre journée d’escalade des glaciers dans le massif des Cosmiques, se lancent dans la conquête du mont Blanc.

Avec une préparation pour le moins farfelue fortement teintée de nuits courtes, tabac, alcool, « L’ascension du mont Blanc » est un hommage à « l’amitié mais plus encore [au] goût du risque et [aux] joies du débordement.

Durant toute ma lecture j’ai été partagée entre l’amusement et l’inquiétude pour Ludovic : quelle inconscience ou quelle témérité ! Mais aussi quel courage ! Il parvient à dominer ses crises de panique et de découragement, son vertige, la douleur causée par une blessure au pied. Cela dit, je pense que l’auteur a écrit avec beaucoup d’humilité et que sa forme physique, sa force étaient quand même bien meilleures que ce qu’il laisse entendre.

Jean-Christophe Rufin

Les descriptions sont superbes et l’écriture précise et pleine d’humour. J’ai énormément apprécié les aventures de nos quatre héros, des hommes simples et passionnés qui ont su nous faire partager leur amour de la montagne et leur goût du dépassement.

Un livre qui vous met la joie au cœur, qui vous rend léger, un magnifique témoignage d’amitié, de courage et de bonne humeur et une thérapie contre le mal-être.

Un grand merci à NetGalley et aux Éditions Allary pour cette belle lecture.

Sylvain Tesson et Jean-Christophe Rufin

Sylvain Tesson et Jean-Christophe Rufin

Jean-Christophe Rufin

Jean-Christophe Rufin

La Pointe Percée

La Pointe Percée

La Pointe Percée

La Pointe Percée

Notre-Dame de Paris détail flêche

Notre-Dame de Paris détail flêche

Flêche Notre-Dame de Paris

Flêche Notre-Dame de Paris

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Guerre, #Génocide, #Arménie, #Témoignage, #Vécu

Résumé :

INÉDIT en France, Apocalypse Arménie relate l’incroyable histoire d’Aurora Mardiganian, jeune Arménienne âgée de 14 ans, dans le chaos qui s’empara  de l’Empire ottoman en 1915. Au prix de quatre évasions héroïques, Aurora parvint à s’échapper des colonnes de la mort : une fois en se jetant du haut d’une falaise dans l’Euphrate, une autre en poignardant un soldat qui l’agressait… Dans un empire en guerre livré au chaos et où les femmes étaient la cible de toutes les exactions, la jeune Aurora réussit à survivre près de deux ans. Puis, missionnée par le général Andranik, elle rejoignit New York pour dépêcher les secours et lever des fonds. Aurora a ainsi été surnommée la Jeanne d’Arc de l’Arménie.
Aurora Mardiganian, c’est à la fois « l’innocence d’Anne Frank et le réalisme de Primo Levi », portés par une force épique hors du commun. Aurora Mardiganian compte parmi les grands témoins de l’histoire de l’humanité et Apocalypse Arménie appartient à l’inconscient collectif mondial. Il manquait au génocide des Arméniens son récit emblématique et universel en français. Alors que la République d’Arménie a choisi de faire d’Aurora l’égérie de l’Aurora Prize for Awakening Humanity, il était temps que son témoignage, best-seller international, paraisse en France.

Mon avis : ✯ ✯ ✯ ✯ ✯

Le témoignage déchirant d’une jeune fille, presqu’encore une enfant, qui parvint à survivre au génocide arménien.

Tout d’abord je veux remercier NetGalley et les Éditions Librinova pour ce Service Presse. Le génocide arménien, le premier du XXème siècle, est pratiquement méconnu en France et il était urgent que ce témoignage soit traduit en français. Apocalypse Arménie nous est raconté par Aurora Mardiganian. Elle a 14 ans en avril 1915 quand va commencer la plus terrible persécution du peuple arménien, un peuple profondément chrétien qui a toujours été martyrisé pour sa foi et dont l’intelligence et la supériorité morale et intellectuelle ont fait d’eux la force économique de l’empire turc. Dès le début de ce qui allait devenir un génocide, il leur est demandé de renier le Christ et devenir musulmans pour sauver leur vie. En l’espace de 24 heures, presque tous les hommes de la ville de Tchemech-Gedzak [ville où habitaient Aurora et toute sa famille] furent assassinés, souvent après avoir été torturés. Aurora va perdre son père et son frère de quinze ans, Poghos. Trois jours plus tard, c’est au tour de toutes les Arméniennes (femmes, jeunes filles, enfants) ainsi que les enfants restants qui doivent abandonner leurs domiciles. Commence alors une marche de la mort où conversions forcées, viols souvent jusqu’à ce que mort s’ensuive, tortures, enlèvements, ventes sur les marchés d’esclaves, massacres… ne cessent de se suivre. Aurora est séparée une première fois de sa famille, enlevée par les Kurdes et offerte à Kemal Effendi. Elle parvient à lui échapper en se jetant dans un fleuve et à rejoindre la longue marche des déportés et sa famille. Sa sœur Loussine meurt poignardée par un zaptié (officier de gendarmerie). Aurora parviendra à s’échapper encore trois autres fois mais tous les membres de sa famille ont péri. Quand enfin elle parviendra à rejoindre les Russes, elle n’a plus qu’une idée : venir en aide à son peuple. Le général Andranik, grand chef et héros arménien, l’envoie aux États-Unis pour qu’elle y témoigne et obtienne nourriture et argent pour les survivants.

Apocalypse Arménie est le livre le plus terrible que j’ai lu. Tout d’abord parce que rien n’est édulcoré et que tout est malheureusement vrai et prouvé malgré le refus du gouvernement turc de reconnaître le génocide. Le témoignage d’Aurora est d’une puissance rare et c’est un “miracle” qu’elle ait pu traverser les horreurs qu’elle a vécues sans y laisser sa raison. Il est impressionnant de voir qu’elle a pu conserver sa foi intacte et même rendre grâce à Dieu pour sa délivrance malgré toutes ses souffrances lors d’une dédicace.

Apocalypse Arménie devrait être lu par une majorité parce que nous avons un devoir de mémoire. J’aimerais dire « pour que plus jamais ça » mais malheureusement, l’Histoire nous a appris que depuis le génocide arménien, bien d’autres se sont produits encore : Amérindiens, Aborigènes d’Australie, Rwandais en Afrique, Chinois, Juifs, Russes, Cambodgiens, Tibétains, Ukrainiens, Soudanais, Kurdes… et j’ai bien peur que cette liste ne soit pas exhaustive. N’apprendrons-nous jamais rien ?

Alors oui, ce livre fait mal, il risque de vous choquer, de heurter votre sensibilité, mais certainement moins que si vous l’aviez vécu vous-même.

« Apocalypse Arménie » par Aurora Mardiganian — Éditions Librinova

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Résumé :

Lucide et sans mièvrerie, porté par une écriture pleine de poésie, un témoignage bouleversant sur les mécanismes de la dépression et les liens uniques qui se nouent avec nos animaux de compagnie.

Julie Barton a 22 ans lorsqu'elle se retrouve paralysée d'angoisse sur le sol de sa cuisine new-yorkaise. Sa mère qui l'aide à faire ses bagages et la ramène auprès des siens, dans l'Ohio. Personne ne comprend ce qui lui arrive, elle-même ne se reconnaît pas. Le diagnostic tombe : c'est la dépression. Commence alors un long et douloureux cheminement pour comprendre et recouvrer la santé... Psychanalystes, psychiatres, parents, tous désespèrent de la voir sortir de cet état d'autodestruction qui la tient prisonnière. C'est l'adoption de Bunker, un golden retriever, et l'amour inconditionnel qui l'unit très rapidement au chiot, qui va changer son destin, modifier sa perception d'elle-même et des autres, et lui permettre de comprendre la cause refoulée de son mal-être.

Un témoignage bouleversant, qui fouille la prégnance des traumatismes infantiles, démontre la nécessité du pardon et la capacité de l'humain à surmonter les plus difficiles épreuves. Un texte plein d'espérance, qui dépeint le combat acharné d'une jeune femme pour vivre.

Mon avis :

Coup de cœur ! Ce livre est une merveille.

Avant toute chose je veux remercier les Éditions Belfond ainsi que NetGalley pour ce Service Presse bouleversant. Dog Médecine c’est l’histoire de Julie, 22 ans, qui un soir s’est effondrée sur le sol de son appartement totalement submergée par des idées dépréciatives et suicidaires, incapable de réagir. Par chance, elle a réussi à joindre sa mère qui aussitôt a pris la route pour venir la chercher. Jusqu’à ce que sa dépression soit diagnostiquée, tous se sentent désarmés et ne savent pas trop comment l’aider. La jeune femme va se battre pour s’en sortir mais n’y parviendra réellement qu’après l’adoption d’un adorable chiot golden retriever. Immédiatement c’est le coup de foudre entre Bunker et Julie. Tous deux, aidés de psychiatres vont entamer un long chemin de reconstruction.

Merci à Julie Barton pour ce témoignage d’espoir et à sa famille qui a autorisé sa publication. L’auteur a un véritable talent pour nous faire partager les pensées qui l’animent. On ressent tout son désespoir, son mal-être et cette terrible incapacité à s’en sortir malgré l’aide de ses proches. La réaction des parents dans le passé est difficilement compréhensible : très présents à leur fille sauf dans le cas des violences exercées par son frère devant lesquelles ils sont complètement dépassés et ne savent comment réagir. Julie Barton est une enfant rêveuse, pleine de magie. Ses descriptions de la Nature, des animaux sont empreintes de poésie. Son frère l’a totalement démolie et pas que physiquement ce qui a entraîné une relation malsaine avec les hommes qui avaient toute latitude de la traiter comme une serpillère.

Le parallèle qu’elle établit entre tous ces jours où elle ne trouve le soulagement que dans l’hypersomnie et les premiers jours de chiot de Bunker est saisissant. J’ai été bouleversée par son récit de la vie et de la mort des différents chiens qui ont partagé sa vie durant son enfance dans sa famille. Sa rencontre avec Bunker est poignante et il se révèle un magnifique éducateur de vie. Grâce à lui, nous assistons  à la difficile reconstruction de Julie toujours à la merci d’une rechute. C’est particulièrement dramatique lorsqu’elle rencontre un homme bien qu’elle peut aimer et qui l’aime et qu’elle cède à ses réflexes autodestructeurs.

Julie Barton dans ce livre nous montre ce qu’est la dépression, une maladie encore trop souvent considérée comme honteuse et dont on parle peu. Elle nous révèle également l’importance d’être soutenue par la famille, les amis mais aussi par des professionnels de la santé et des médicaments qui aujourd’hui ont faits leurs preuves. Et puis elle rend un hommage touchant à nos animaux dits de compagnie dont l’amour sans faille nous aide sur ce chemin difficile. Je crois que je me souviendrai longtemps de Bunker. La zoothérapie encore bien trop décriée commence à être étudiée sérieusement.

Un livre courageux et plein d’espoir qui peut aider non seulement ceux qui souffrent de dépression mais aussi ceux qui les entourent. Un livre à mettre entre toutes les mains.

Julie et Bunker

Julie et Bunker

« Dog Médecine » de Julie Barton — Belfond
« Dog Médecine » de Julie Barton — Belfond
« Dog Médecine » de Julie Barton — Belfond

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Animaux, #Témoignage, #Société, #Contemporain, #Famille, #Fourrière, #Abandon, #Chien, #Chats

Résumé :

Filou, un berger-allemand de deux ans, est abandonné au pied d'un arbre par ses maîtres.

Il reste ainsi durant plusieurs jours, en plein soleil, mourant de faim et de soif. Il finit par tenter de se libérer en rongeant sa laisse, alors qu'une femme le recueille et le dépose dans une fourrière, seul, triste, croyant toujours que ses maîtres vont venir le chercher.

Filou attend longuement et sagement dans sa cellule. Il croisera quelques-uns de ses congénères qui ont subi le même sort, qui l'aideront à renaître et à retrouver la joie.

Une histoire magnifique dans laquelle Cassandra nous oblige à nous glisser dans la peau d'un animal de compagnie, bien déçu par l'attitude de certains humains. Après cette lecture, vous ne regarderez plus votre chien ou votre chat du même œil...

Un texte très bien écrit et qui ravira les enfants, dès 9 ans.

 

Mon avis :

Un témoignage bouleversant et poignant. Un livre qui devrait être remis à toute personne qui adopte un animal.

Filou est un jeune berger allemand de deux ans qui a une confiance totale en ses maîtres. Aussi il ne s’inquiète pas lorsqu’ils l’abandonnent attaché à un arbre sur la route des vacances. Filou en est sûr, ses maîtres vont revenir le chercher même si c’est bizarre qu’ils l’aient laissé là et s’ils tardent, c’est certainement parce qu’ils se sont perdus en route. Seulement les heures passent et cela fait déjà deux longues journées à les attendre, à souffrir de la soif et de la faim, de la chaleur. Finalement il parvient à se détacher et est recueilli par une gentille dame qui le nourrit et le fait boire mais ensuite le dépose à la fourrière. Filou espère toujours le retour de ses maîtres. Heureusement il va faire la connaissance de son voisin de fourrière, un vieux colley du nom d’Alban, un sage qui va lui apprendre à survivre dans ce milieu mais aussi l’aider à comprendre qu’il est abandonné.

J’ai été totalement embarquée dans l’histoire de Filou et j’ai eu mal au cœur devant sa confiance totale en ses maîtres indignes, son espoir d’être adopté. J’ai été émue devant son amitié avec Alban le colley, avec Lou le petit chaton, eu le cœur serré face à ses espoirs déçus d’adoption, été folle de rage devant cet employé de la fourrière qui est une honte pour l’humanité. Les personnages que nous rencontrons dans ce livre ne nous rappellent que trop qu’en cette période des vacances, beaucoup de chiens et de chats partageront le sort de Filou.

Cassandra Bouclé a écrit un livre court qui plaira autant aux enfants qu’aux adultes. En peu de pages, elle nous rappelle qu’un animal n’est pas un objet ni un jouet mais un être vivant doté de sensibilité qui aime, souffre, espère… Ce livre devrait être remis à toute personne qui adopte un animal et peut-être qu’alors il y aurait moins d’abandons. Mais j’en doute hélas !

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Romance, #Suspense, #Comédie, #Témoignage, #Société

Résumé :

« Objet : Hola je m'appelle Celia. Et toi ? Je suis celle qui n'arrive pas à te parler sur Meetic. . . Mais tu vois, je ne suis pas totalement muette quand on m'en donne les moyens À bientôt peut être ? Celia » Si seulement j'avais su, au moment d'ouvrir ce mail le tournant que ma vie allait prendre. . . Beaucoup de mes proches n'ont jamais vraiment pu comprendre notre histoire. « Comment as-tu pu continuer à garder contact avec elle après tous les lapins qu'elle t'a mis ? Ne crois-tu pas que ça cache quelque chose ? » « Non, je ne crois pas. . . Sa vie est compliquée. . . La mienne n'est pas simple non plus. . . Et puis sa voix était tellement envoûtante. . . » « Les autres ne comprendront jamais notre histoire. . . Ne les écoute pas. . . Demain je serai là. . . Promis » Comment résister. . .

Mon avis :

Bluffant !

Tout comme l’auteur que je remercie au passage pour ce Service Presse, je me suis laissée prendre par cette histoire, j’ai continué ma lecture parce que je voulais savoir s’il allait enfin rencontrer sa Celia. Je me suis littéralement retrouvée à sa place et c’est hallucinant car Celia a vraiment réponse à tout. C’est la reine des manipulatrices, elle arrive toujours à le mettre en tort. Je l’ai trouvée exaspérante, insupportable, traitée de malade, de perverse narcissique, je me suis promis d’arrêter ma lecture, sûre que de toute façon elle n’allait pas venir au rendez-vous, qu’elle trouverait bien un nouveau prétexte. Oui, mais si finalement elle ne mentait pas ? Et si elle venait ?

Voilà, vous en savez autant que moi et malgré toute ma volonté, je suis pratiquement certaine qu’à la mi-juin, je guetterai la sortie de la partie II… C’est cela le talent de Pierre-Etienne Bram. Avec des mots simples, bien choisis, il parvient à nous émouvoir, à nous rendre accro à sa Celia. On se met à sa place et on se rend compte qu’on n’aurait pas fait mieux. Oui, j’ai eu envie de le secouer et comme “sœurette” j’ai eu envie de lui dire qu’il se faisait avoir, qu’il était temps qu’il mette un terme à cette histoire… Et j’ai aussi compris qu’il n’y parvienne pas.

Conclusion : rendez-vous à la mi-juin !

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