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Les livres de Goéwin

Articles avec #temoignage catégorie

Publié le par Goéwin
Publié dans : #Animaux, #Témoignage, #Société, #Contemporain, #Famille, #Fourrière, #Abandon, #Chien, #Chats

Résumé :

Filou, un berger-allemand de deux ans, est abandonné au pied d'un arbre par ses maîtres.

Il reste ainsi durant plusieurs jours, en plein soleil, mourant de faim et de soif. Il finit par tenter de se libérer en rongeant sa laisse, alors qu'une femme le recueille et le dépose dans une fourrière, seul, triste, croyant toujours que ses maîtres vont venir le chercher.

Filou attend longuement et sagement dans sa cellule. Il croisera quelques-uns de ses congénères qui ont subi le même sort, qui l'aideront à renaître et à retrouver la joie.

Une histoire magnifique dans laquelle Cassandra nous oblige à nous glisser dans la peau d'un animal de compagnie, bien déçu par l'attitude de certains humains. Après cette lecture, vous ne regarderez plus votre chien ou votre chat du même œil...

Un texte très bien écrit et qui ravira les enfants, dès 9 ans.

 

Mon avis :

Un témoignage bouleversant et poignant. Un livre qui devrait être remis à toute personne qui adopte un animal.

Filou est un jeune berger allemand de deux ans qui a une confiance totale en ses maîtres. Aussi il ne s’inquiète pas lorsqu’ils l’abandonnent attaché à un arbre sur la route des vacances. Filou en est sûr, ses maîtres vont revenir le chercher même si c’est bizarre qu’ils l’aient laissé là et s’ils tardent, c’est certainement parce qu’ils se sont perdus en route. Seulement les heures passent et cela fait déjà deux longues journées à les attendre, à souffrir de la soif et de la faim, de la chaleur. Finalement il parvient à se détacher et est recueilli par une gentille dame qui le nourrit et le fait boire mais ensuite le dépose à la fourrière. Filou espère toujours le retour de ses maîtres. Heureusement il va faire la connaissance de son voisin de fourrière, un vieux colley du nom d’Alban, un sage qui va lui apprendre à survivre dans ce milieu mais aussi l’aider à comprendre qu’il est abandonné.

J’ai été totalement embarquée dans l’histoire de Filou et j’ai eu mal au cœur devant sa confiance totale en ses maîtres indignes, son espoir d’être adopté. J’ai été émue devant son amitié avec Alban le colley, avec Lou le petit chaton, eu le cœur serré face à ses espoirs déçus d’adoption, été folle de rage devant cet employé de la fourrière qui est une honte pour l’humanité. Les personnages que nous rencontrons dans ce livre ne nous rappellent que trop qu’en cette période des vacances, beaucoup de chiens et de chats partageront le sort de Filou.

Cassandra Bouclé a écrit un livre court qui plaira autant aux enfants qu’aux adultes. En peu de pages, elle nous rappelle qu’un animal n’est pas un objet ni un jouet mais un être vivant doté de sensibilité qui aime, souffre, espère… Ce livre devrait être remis à toute personne qui adopte un animal et peut-être qu’alors il y aurait moins d’abandons. Mais j’en doute hélas !

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Romance, #Suspense, #Comédie, #Témoignage, #Société

Résumé :

« Objet : Hola je m'appelle Celia. Et toi ? Je suis celle qui n'arrive pas à te parler sur Meetic. . . Mais tu vois, je ne suis pas totalement muette quand on m'en donne les moyens À bientôt peut être ? Celia » Si seulement j'avais su, au moment d'ouvrir ce mail le tournant que ma vie allait prendre. . . Beaucoup de mes proches n'ont jamais vraiment pu comprendre notre histoire. « Comment as-tu pu continuer à garder contact avec elle après tous les lapins qu'elle t'a mis ? Ne crois-tu pas que ça cache quelque chose ? » « Non, je ne crois pas. . . Sa vie est compliquée. . . La mienne n'est pas simple non plus. . . Et puis sa voix était tellement envoûtante. . . » « Les autres ne comprendront jamais notre histoire. . . Ne les écoute pas. . . Demain je serai là. . . Promis » Comment résister. . .

Mon avis :

Bluffant !

Tout comme l’auteur que je remercie au passage pour ce Service Presse, je me suis laissée prendre par cette histoire, j’ai continué ma lecture parce que je voulais savoir s’il allait enfin rencontrer sa Celia. Je me suis littéralement retrouvée à sa place et c’est hallucinant car Celia a vraiment réponse à tout. C’est la reine des manipulatrices, elle arrive toujours à le mettre en tort. Je l’ai trouvée exaspérante, insupportable, traitée de malade, de perverse narcissique, je me suis promis d’arrêter ma lecture, sûre que de toute façon elle n’allait pas venir au rendez-vous, qu’elle trouverait bien un nouveau prétexte. Oui, mais si finalement elle ne mentait pas ? Et si elle venait ?

Voilà, vous en savez autant que moi et malgré toute ma volonté, je suis pratiquement certaine qu’à la mi-juin, je guetterai la sortie de la partie II… C’est cela le talent de Pierre-Etienne Bram. Avec des mots simples, bien choisis, il parvient à nous émouvoir, à nous rendre accro à sa Celia. On se met à sa place et on se rend compte qu’on n’aurait pas fait mieux. Oui, j’ai eu envie de le secouer et comme “sœurette” j’ai eu envie de lui dire qu’il se faisait avoir, qu’il était temps qu’il mette un terme à cette histoire… Et j’ai aussi compris qu’il n’y parvienne pas.

Conclusion : rendez-vous à la mi-juin !

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Cinéma, #Hollywood, #Stars, #Biographie, #Témoignage, #Ségrégation, #Avortement

Résumé :

Quatre beautés à perdre la tête. Quatre déesses qui partagent tout, les amants, les fous rires, les coupes de champagne.
Si Lana Turner, Ava Gardner, Grace Kelly et Lena Horne ont des vies de légende, l’histoire de leur bande tient du conte de fées, qui commence dans l’Amérique oubliée des années 1940-1950. Lana, fille d’ouvriers, rencontre Ava, échappée du Sud profond. Perdues dans les studios de la MGM, elles deviennent inséparables. Mêmes soirées, mêmes robes, même réveil à 5 heures pour avoir, à midi, l’éclat que l’on attend d’une star. Bientôt Lena Horne, première égérie noire du cinéma américain, les rejoint. Avec Ava, Grace Kelly, bon chic bon genre qui n’est pas encore princesse, s’autorise elle aussi bien des audaces.
Suivez ces indomptables dans un Hollywood vénéneux qui se joue des interdits. Au gré de leurs chemins de traverse, elles vous feront goûter le vent de la liberté.

Mon avis :

 

Splendeurs et misères de quatre stars hollywoodiennes.

Je remercie NetGalley ainsi que les Éditions Fayard pour ce Service Presse qui m’a permis de découvrir les biographies croisées de Lana Turner, Ava Gardner, Lena Horne et Grace Kelly lorsqu'elles étaient actrices pour la MGM à l’âge d’or d’Hollywood.

Lana Turner a 16 ans lorsqu’elle est repérée dans un bar par un reporter qui lui propose de la recommander auprès des studios de la MGM. Ava Gardner a 19 ans lorsqu’un chercheur de talents flashe sur un de ses portraits. Quant à Lena Horne, elle est la première femme Afro-américaine à être engagée par la MGM. Grace  Kelly se joindra au trio une dizaine d’années plus tard.

Lana, Ava et Lena ont en commun une enfance difficile. La MGM va totalement les “fabriquer”. Lana a dû changer son prénom, à l’origine elle s’appelait Judy, elle doit apprendre sa biographie inventée de toutes pièces par la MGM, abandonner son accent, veiller à la couleur de sa chevelure. Cela prendra 5 ans. Ava est une magnifique sauvageonne qui adore aller pieds nus, a un accent épouvantable et est terrorisée par la caméra. Elle  commencera à boire pour surmonter sa nervosité.  Avec Lana, elles deviennent inséparables et découvriront Lena Horne lors d’une soirée. Pour Lena, rien n’est facile. Nous sommes en pleine Ségrégation, elle est trop blanche pour les Noirs et trop noire pour les Blancs. Toutes les trois vont partager les amants, les maris — je pense en particulier à Artie Shaw, Franck Sinatra — les nuits trop arrosées, les confidences. Plus tard, Grace Kelly les rejoindra et Clark Gable deviendra l’un de leurs partages. Une seule règle : “chacune attend que l’autre en ait fini avec l’amant ou le mari du moment”.

Florence Colombani à travers les biographies de ces quatre stars fait revivre toute une époque et c’est passionnant. Sa plume fluide et limpide, sa parfaite connaissance du sujet donnent vie à ces quatre femmes qui ont marqué plusieurs générations et continuent à nous émouvoir.

Leo le lion est la mascotte du studio hollywoodien Metro-Goldwyn-Mayer.

Leo le lion est la mascotte du studio hollywoodien Metro-Goldwyn-Mayer.

Lana Turner Sweater

Lana Turner Sweater

Lana Turner aux jambes interminables

Lana Turner aux jambes interminables

Artie Shaw et Lana Turner

Artie Shaw et Lana Turner

« Les indomptables » par Florence Colombani — Éditions Fayard
Ava Gardner et Mickey Rooney

Ava Gardner et Mickey Rooney

Ava Gardner et Artie Shaw

Ava Gardner et Artie Shaw

Lana Turner et Ava Gardner

Lana Turner et Ava Gardner

Lena Horne

Lena Horne

Lena Horne dans La pluie qui chante (1946)

Lena Horne dans La pluie qui chante (1946)

« Les indomptables » par Florence Colombani — Éditions Fayard
« Les indomptables » par Florence Colombani — Éditions Fayard
Le train sifflera trois fois : Grace Kelly et Gary Cooper

Le train sifflera trois fois : Grace Kelly et Gary Cooper

Mogambo : Grace Kelly, Ava Gardner et Clark Gable

Mogambo : Grace Kelly, Ava Gardner et Clark Gable

Mogambo

Mogambo

Grace Kelly

Grace Kelly

« Les indomptables » par Florence Colombani — Éditions Fayard

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Témoignage, #Guerre, #Syrie, #Réfugiés

Résumé :

Juin 2015, Alep sombre dans le chaos. Comme des centaines de milliers de civils, Joude Jassouma décide de fuir avec sa femme Aya et leur petite fille Zaine.

Depuis trois ans, la Syrie a basculé dans la guerre civile. Les affrontements entre l’armée de Bachar al-Assad et les forces rebelles emmenées par les djihadistes du Front al-Nosra et de l’État islamique deviennent quotidiens. Joude, jeune professeur de français au lycée, refuse de choisir son camp dans un conflit qui n’est pas le sien. Avec sa famille, il se cache, déménage quatre fois pour éviter les bombardements. Puis se résout à l’exil.

Des rives du Levant aux côtes bretonnes, en passant par Istanbul et les camps de refugiés de l’île de Leros, ce livre raconte l’exode d’un enfant des quartiers pauvres d’Alep, amoureux de Flaubert et d’Éluard. L’odyssée d’un héros anonyme qui, au péril de sa vie, a traversé la mer Égée à bord d’un canot en plastique en quête d’une terre d’asile.

Pour la première fois, la plus importante crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale nous est racontée de l’intérieur, à travers le regard d’un réfugié ordinaire.

Ce livre a été écrit avec Laurence de Cambronne

Mon avis :

La quête bouleversante d’un homme à la recherche de la paix.

Joude Jassouma est syrien. En trois ans de guerre, il déjà dû abandonner quatre fois son habitation détruite par les bombardements. Mais en 2015, ce qui va faire de lui un exilé, c’est la vision d’un chien portant dans sa gueule la tête décapitée d’un homme. Commence alors un long chemin semé d’embûches pour quitter la Syrie et être accueilli en France.

« Je viens d’Alep » est le témoignage d’un homme qui avec simplicité, sans recherche d’effets dramatiques, nous raconte sa vie et celle de ses proches, ses espoirs, ses attentes. Depuis qu’il est enfant, Joude a soif de liberté, de s’instruire et d’aller à l’université. À 9 ans, son père lui apprend qu’il est temps pour lui de participer aux dépenses de la maison et à 12 ans, il le place comme ouvrier dans un atelier de confection où il travaille 12 heures par jour. Mais Joude ne veut pas arrêter ses études et grâce à son entêtement, à un emploi du temps dément, il obtiendra son bac pro et son bac littéraire qui lui permettra d’entrer à l’université. Il finira par devenir professeur de français dans un lycée syrien. Amoureux de la langue française et de ses écrivains, Joude a toujours vécu avec des chrétiens, des musulmans chiites, alaouites, sunnites, et comme bien d’autres, il ne se retrouve absolument pas dans la guerre qui est en train de détruire son pays.

J’ai trouvé cette première partie de « Je viens d’Alep » primordiale et j’aimerais que ce livre soit mis entre toutes les mains car il nous ouvre les yeux sur la guerre civile qui sévit  en Syrie. Il donne un visage aux victimes. Trop souvent la télévision déshumanise et nous devenons tellement habitués aux images de guerre que plus rien ne nous touche. Je suis profondément reconnaissante à NetGalley et aux Éditions Allary  qui m'ont fait connaître ce livre bouleversant grâce au Service Presse.

Refusant de prendre parti dans une guerre qui n’est pas la sienne, Joude Jassouma est devenu un déserteur qui, s’il est pris sera condamné à mort et torturé. Il se réfugie donc en Turquie auprès d’autres membres de sa famille et son épouse Aya et sa fille Zaine l’y rejoindront trois mois plus tard. Mais il a beau travailler 14 heures par jour, il ne parvient pas à subvenir aux besoins de la famille et il décide alors de trouver un passeur pour traverser la mer Égée et rejoindre la Grèce.

L’auteur nous fait prendre conscience que pour un réfugié, la décision de s’exiler est loin d’être simple, que souvent elle n’est prise que lorsqu’il n’y a plus d’autres solutions et que ce n’est certes pas une solution de facilité. C’est au contraire une prise de risque énorme puisqu’il est tout à fait possible d’y perdre la vie. « Tous les soirs, nous nous préparons à ce qui pourrait nous arriver. Aya sait nager. Moi aussi. « Je te le redis, Jehad, je peux nager, mais je ne peux pas m’occuper de Zaine Alsham. Si tu t’en charges, moi je me débrouillerai. » Nous repassons en boucle toutes les situations. Le bateau se dégonfle. Nous tombons à l’eau. Il faut nager. Faut-il rester près du canot ou essayer de rejoindre la côte à la nage ? Nous en parlons des heures et des heures. »

Après avoir payé une somme conséquente à un passeur qui les laissera se débrouiller tous seuls, Joude et sa famille vont se retrouver dans un canot en plastique avec une quarantaine d’autres exilés. Pour eux, tout va bien se passer et ils vont atteindre la Grèce sans problème mais cela n’a pas été le cas d’une autre embarcation qui a sombré. Le 7 mars 2016 la famille Jassouma est en sécurité en Grèce et il faudra trois mois avant qu’ils ne se retrouvent en France. Le 9 juin 2016, ils sont accueillis en Bretagne, au village de Martigné-Ferchaud.

Joude, Aya et Zaine Alsham ont eu la chance de tomber dans un petit village qui avait demandé à accueillir des réfugiés. Grâce à eux, la France n’a pas revêtu son visage islamophobe de rejet des émigrants. Mais en cette période électorale, je ne peux m’empêcher de m’inquiéter devant le discours de certains. Je voudrais que ce livre puisse toucher chaque français et chaque française, qu’il soit étudié en classe pour que notre regard sur chaque réfugié, chaque demandeur d’asile soit celui d’un frère, d’une sœur. À l’heure actuelle, Joude s’est vu refuser le statut de réfugié car selon l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) Joude n’est pas « personnellement » menacé en retournant dans son pays. Je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’ils n’ont pas compris dans « je pouvais être arrêté par les soldats de Bachar à tout moment, être envoyé au combat ou pire, être jeté en prison comme déserteur, c’est-à-dire traître à la nation. Je savais très bien ce qui m’attendait, je serais torturé et exécuté, je ferais partie des disparus, comme des milliers d’autres jeunes Syriens depuis cinq ans. » J’espère du fond du cœur que ce statut lui sera octroyé. En attendant, Joude poursuit ses études de Langues à l’université de Rennes. Il a 34 ans, c’est un déraciné qui s’inquiète quotidiennement du sort de sa famille restée en Syrie, il espère trouver un travail. Mais il est surtout heureux, il a trouvé la paix et la liberté. « Désormais, mon rêve est de m’intégrer à la France, de m’adapter à sa culture. Je veux vivre à la française. Vivre comme les Français. »

Ce livre est un formidable témoignage d’espoir qui nous ouvre les yeux sur la réalité de la guerre et des demandeurs d’asile, qui nous fait prendre conscience que nous sommes d’incroyables privilégiés. J’espère vous avoir donné envie de le lire et de le partager à votre tour.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Journalisme, #Témoignage, #Guerre, #Irak, #Amitié

Résumé :

En vacances à Paris, Jules, seize ans, doit suivre sa tante journaliste, appelée à réaliser au plus vite un reportage à Bagdad ! À l'hôtel Palestine, il découvre le quotidien des journalistes ; dehors, il y a, en vrai, ce qu'il a vu tant de fois à la télévision : des chars, des hommes armés, des Américains... Il fait aussi la connaissance de Bilal, un jeune Irakien. Et quand Jules découvre que son nouvel ami s'est fait enlever, il décide de lui venir en aide par tous les moyens.

Mon avis :

Un témoignage passionnant et instructif sur le métier de reporter et la réalité d’un pays en guerre.

C’est le début des vacances pour Jules, 16 ans, et il se réjouit de les passer à Paris, aux côtés de sa tante Magali, grand reporter pour Paris Match. Alors qu’il est enthousiasmé à l’idée d’admirer la tapisserie de La Dame à la Licorne au musée du Moyen-Age, Magali est envoyée en reportage à Bagdad par son rédacteur en chef. N’ayant trouvé personne à qui confier Jules, elle est contrainte de l’emmener avec elle malgré le danger.

Avec Jules nous allons découvrir l’envers du décor, ce qui se cache derrière les reportages que nous lisons dans les quotidiens et les magazines ou voyons à la télévision. À Bagdad, bien que sa tante lui ait fait promettre de rester à l’intérieur de l’hôtel, il ne peut s’empêcher de sortir rejoindre des jeunes de son âge et se lie d’amitié avec Bilal, un jeune irakien qui parle français. Et lorsqu’il réalise en visionnant des photos qu’il a prises que ce dernier s’est fait enlever par deux hommes en djellaba blanche et aux barbes noires, il va tout faire pour lui venir en aide.

Ce livre est passionnant car Olivier Ravanello nous permet de découvrir le quotidien des journalistes dans un pays en guerre. En utilisant des phrases courtes et incisives, il nous communique l’atmosphère électrique, le stress et l’adrénaline dans lesquels ils vivent. Les reporters sont dans une tension continuelle et l’auteur nous fait partager leur vision qui consiste à vivre au maximum l’instant présent et à profiter de tous les bons moments qui se présentent avant qu’ils ne disparaissent. Sous une forme romancée, il nous fait toucher du doigt l’absurdité de la guerre et la vie des populations en butte aux attaques permanentes, aux attentats et aux bombardements. Nous pouvons suivre pratiquement heure par heure certains évènements qui se sont réellement produits en Irak entre Mai 2003 et Mai 2006. Les annexes contribuent encore plus à nous faire toucher du doigt cette réalité. La façon dont une dépêche AFP évolue en fonction des évènements est tout-à-fait fascinante ainsi que les copies des carnets de l’auteur.

La confrontation de Jules à une réalité qu’il ne connaissait qu’à travers la télévision est elle aussi très intéressante même si je trouve totalement irresponsable et peu crédible de la part de sa tante d’avoir emmené avec elle un adolescent dans un pays en guerre. Jules va se prendre de plein fouet la réalité de la guerre avec l’enlèvement de son ami et la mort omni présente avec un attentat auquel il échappera de justesse.

« Paris Bagdad » est l’œuvre d’un homme que l’on sent passionné par son métier et heureux de nous faire partager son expérience.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Témoignage, #Ghetto, #Seconde Guerre mondiale, #Antisémitisme, #Nazisme

Résumé :

« C'est la lecture de ce roman vrai qui a inspiré Steven Spielberg pour réaliser son célèbre film La Liste de Schindler. Comme l'a écrit le Guardian, " c'est une chose de rassembler des documents historiques et des témoignages. C'en est une autre de les ramener à la vie comme l'a fait Thomas Keneally ". Et en effet, l'auteur reconstitue l'histoire d'Oskar Schindler – industriel allemand qui dirigeait une usine rattachée à un camp de concentration durant la Seconde Guerre mondiale – dans des termes si précis que l'on devient le témoin de l'extraordinaire acte de bravoure que ce dernier a accompli en sauvant des centaines d'ouvriers juifs. Qui a vu le film de Spielberg n'en a pas oublié les images ; les pages du roman de Keneally, elles, résonneront longtemps dans la mémoire de leurs lecteurs. »

Mon avis :

Un livre témoignage que je ne suis pas près d’oublier !

Thomas Keneally fait littéralement revivre sous nos yeux Oskar Schindler et ses prisonniers juifs, les camps de concentration ainsi que les SS mais aussi toute cette époque de la Seconde Guerre mondiale. J’avoue être ressortie de cette lecture complètement atterrée. Je ne comprends pas : comment peut-on froidement décider d’anéantir tout un peuple ? Et en plus avec la complicité des populations ? Le pire étant que de nos jours encore, l’antisémitisme continue à faire des adeptes.

Cela ne rend que plus admirable l’incroyable courage d’Oskar Schindler. Noceur doté d’un charme magnétique et d’une générosité proverbiale, il aimait les femmes, la bonne chère, la boisson, les beaux costumes et les smokings... À l’époque où commence le récit, il possède une manufacture de matériel de cuisine et n’hésite jamais à boire en compagnie de ceux qui peuvent lui être utiles même s’il les méprise. Il ajoutera plus tard un secteur munitions, fabrique d’obus pour donner l’impression de participer à l’effort de guerre.

Après avoir été prévenu d’une descente des SS sur le quartier juif par Oskar, Itzhak Stern, un juif polonais, est désormais certain que celui-ci est à la fois un goy et un juste. Les justes d’après la légende du Talmud apparaissent à chaque moment important de l’Histoire.

Oskar Schindler joue un jeu dangereux et il sera plusieurs fois arrêté : fin 1941, il sera interrogé par la Gestapo. Il est libéré le lendemain grâce à ses amis hauts placés ; le 29 avril 1942 : au lendemain de son anniversaire, alors qu’il vient de fêter ses 34 ans, un employé le dénonce pour avoir embrassé une femme juive. Arrêté par deux membres de la gestapo pour violation de la loi raciale en vigueur, il sera de nouveau sauvé grâce à ses amis puissants. Enfin en 1944, nouvelle arrestation par les SS. On l’interroge sur l’argent qu’il aurait éventuellement offert à Amon Goeth, commandant du camp de travaux forcés de Plaszow, pour qu’il ménage les juifs. Sa détention durera une semaine. Au final, grâce à son intelligence, ses magouilles, sa générosité illimitée, il parviendra à sauver plus d’un millier de juifs qui témoigneront pour lui.

Je tenais à lire le livre avant de voir le film et je pense que c’est un livre dur, poignant mais que tout le monde devrait le lire. On y voit à quel point l’homme peut se révéler d’une cruauté inimaginable, inhumaine mais aussi heureusement, on en découvre d’autres qui permettent de croire encore en l’humanité.

Celui qui sauve un seul homme sauve le monde entier.

Citation du Talmud

Un juif qui représente un potentiel économique est un juif à l’abri.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Cambodge, #Guerre, #Communisme, #Amitié, #Témoignage, #Journalisme

Résumé :

« Cambodge, août 1973. La guerre fait rage.
A Phnom-Penh grouille une société cosmopolite de diplomates, de réfugiés, de journalistes. Parmi eux Sydney Schanberg, du New York Times, un de ces hommes intègres, passionnés de vérité, et à ses côtés le Cambodgien Dith Pran, doux, acharné et efficace, fasciné par le métier de reporter.


Début 1975. Les Khmers rouges progressent, l'ambassade américaine plie bagages dans un vent de panique. Dans la capitale sans défense, c'est l'entrée triomphale des Khmers rouges, portés par un espoir insensé de la population, bien vite battu en brèche par le début d'une sanglante répression. La haine a pris le pouvoir, et c'est pour le Cambodge le commencement d'un voyage au bout de l'enfer. Pris dans la tourmente, Schanberg et Pran parcourent la ville meurtrie pour témoigner, jusqu'au jour où les derniers étrangers sont évacués.


Fin 1975-1979. Pran n'a pu s'échapper. Dans les camps de travail de Pol-Pot, il entame sa descente personnelle au fond du gouffre. Délation, famine, absence de sommeil, massacres... Angka travaille les corps pour briser les âmes. L’image la plus hallucinante, peut-être, est celle de ces tueurs de douze ans, abreuvés de haine, devant lesquels, par peur, les hommes courbent la tête. Mais Pran est de la race de ceux qui survivent. Il s'évadera et retrouvera Schanberg.

Christopher Hudson a emprunté l'œil et le style du reporter pour nous donner un récit vivant, sobre, plein de pages émouvantes et fortes, extraordinaire document sur l'un des épisodes les plus tragiques de l'histoire contemporaine. Ce témoignage sur la dissolution d'une société et l'avènement toujours possible du règne de la terreur a été à l'origine d'un grand film salué comme un chef-d’œuvre par la presse unanime. »

Mon avis :

Un témoignage bouleversant ! Un livre déchirant ! Une amitié plus forte que la guerre, que la mort !

Ce que je peux haïr la politique et les politiciens, les extrémistes et extrémismes de tout bord ! Personne ne devrait avoir le droit de jouer avec la vie humaine pour des questions d’intérêt ou autres ! C’est à l’agonie de tout un peuple que nous assistons dans le désintérêt le plus total des grandes puissances. Et quand les Khmers Rouges sont au pouvoir, c’est un véritable génocide. Quant aux séances d’endoctrinement, elles sont hallucinantes.

Mais c’est également un témoignage de l’incroyable capacité de l’homme à survivre dans les pires des conditions et surtout de l’amitié extraordinaire qui unissait Dith Pran et Sydney Schanberg.

« La Déchirure » est un livre dur, sans concessions mais je vous le recommande ainsi que le film du même nom. C’est une page de l’humanité dans ce qu’elle a de pire et de meilleur.

On estime que trois millions de personnes sont mortes au Cambodge… et malheureusement notre propre pays a apporté une spectaculaire contribution à cette tragédie. Les hommes qui siègent à la Maison Blanche ne considéraient pas les Cambodgiens comme des personnes réelles, comme des êtres humains en chair et en os. Ils les voyaient, eux et le Cambodge, comme de simples abstractions qui pouvaient servir le dessein de l’Administration en Indochine. Jamais ils n’ont demandé aux Cambodgiens ce qu’ils souhaitaient — ils le leur ont dit, puis ont en secret bombardé leur pays. La Maison-Blanche a soutenu que les sept milliards de dollars dépensés à bombarder le Cambodge avaient été nécessaires pour démembrer les sanctuaires et places fortes de Hanoï installés dans le pays, de façon que les troupes américaines puissent être retirées sans trop de douleur du Sud-Vietnam. Ainsi donc nous nous sommes servis d’eux et les avons payés, et ils se sont battus pour nos propres intérêts, à notre place, et ils sont morts, et nous n’avons rien vu de mal à tout cela parce qu’ils n’étaient que des abstractions. Mais ces bombardements atroces ont aggravé l’affrontement, ont détruit la fragile neutralité du Cambodge, ont introduit une guerre en pleine fleur dans le pays, l’ont divisé contre lui-même, et ont ainsi créé les conditions de haine, de peur et de chaos, qui ont rendu possibles l’arrivée au pouvoir et la montée de la terreur des Khmers Rouges, qui en 1970 n’étaient qu’une force minime et désorganisée. Certes, le Cambodge ne représente pas le monde dans son entier, mais c’est un assez fidèle microcosme, et il nous rappelle combien les grandes puissances font inconsidérément fi des conséquences humaines que peuvent entraîner leurs actions en faveur de quelque intérêt de politique intérieure ou de politique étrangère défini de manière étroite. (pages 200-201)

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