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Les livres de Goéwin

Articles avec #thriller psychologique catégorie

Publié le par Goéwin
Publié dans : #Thriller, #Thriller psychologique, #Corruption, #Manipulation, #Éthique, #Politique Fiction, #Suspense

Résumé :

Le crime était une maladie. On a découvert le traitement.
Qu'y a-t-il dans la tête de Franck Corsa, le psychopathe le plus dangereux de France ?
Pour la première fois, grâce aux progrès fulgurants de l'imagerie cérébrale, quelques scientifiques peuvent le savoir. Ils proposent alors un marché au prisonnier : effacer les causes du mal dans son cerveau par une opération chirurgicale jamais tentée à ce jour.
Lorsque Corsa se réveille, il n'est plus le même homme. Bonté, compassion, douleur : toute une gamme de sentiments humains lui est brusquement révélée.
Seul problème : être un homme bon ne faisait pas partie de ses plans.

Mon avis :

Un thriller foisonnant, addictif, mais pas toujours crédible.

Je remercie NetGalley ainsi que les Éditions Robert Laffont pour ce Service Presse. Je regrette de ne pas avoir fait attention au fait qu’il s’agissait d’un second tome faisant suite à Neuroland. Cela ne gêne en rien la compréhension de l’intrigue mais on sent quand même que certains éléments nous manquent. Par exemple, qu’est-il arrivé exactement à Franck Corsa pour qu’il soit obligé d’être bandé des pieds à la tête ?

Franck Corsa est l’un des pires psychopathes de France et face à sa victime, Maria, non seulement il n’a aucun remords mais il a l’intention de recommencer dès qu’il sera libre. C’est pour cela qu’il accepte de se soumettre aux analyses ainsi qu’à l’opération du cerveau et au traitement qui lui sont proposés : on lui implantera dans le cerveau des cellules souches qui viendront réparer les causes de sa psychopathie. Franck n’y croit absolument pas ; d’abord pour lui, son cerveau est parfaitement normal et donc l’implantation de cellules souches ne modifiera en rien son comportement. Mais s’il n’y a que cela pour se retrouver libre, aucun problème, il jouera la comédie. Sauf que ces fameuses cellules sont bien en train de le transformer et cela le rend fou de rage de se découvrir plein d’empathie, de remords, de désir de se racheter.

Sébastien Bohler a écrit un thriller dense, foisonnant, débordant d’intrigues et de rebondissements. Maria et son fiancé Vincent sont pratiquement les seuls personnages attachants du livre avec Olga la psychiatre. Quant aux autres, nous avons le choix entre les politiciens qui n’ont aucun sens moral et qui acceptent des rétrocommissions, un médecin qui est une véritable ordure pratiquant le viol et la traite humaine, un directeur de laboratoire plus préoccupé par l’obtention du Prix Nobel que par le respect de la vie humaine et des lois.

Maria est une toute jeune femme qui a connu l’enfer à cause de Franck et qui est profondément marquée. À cause des viols subis, elle ne parvient pas à avoir de relations physiques avec Vincent malgré tout leur amour. Elle manifeste un courage absolument hallucinant en continuant à côtoyer Franck. Elle est à l’origine de l’expérience visant à lui implanter des cellules souches car elle est persuadée que si elle parvient à comprendre ses motivations, elle pourra guérir. Et effectivement, Franck commence à manifester de l’empathie, à regretter ses actes et à vouloir se racheter. Dès qu’il montre des marques de repentir, Maria est guérie, comme ça, en un clin d’œil. Bien que je le lui souhaite, cela ne me paraît pas très crédible. De même, l’opération que Franck pratique sur lui-même me semble totalement irréaliste.

Il y a encore bien d’autres passages où il me semble que l’auteur n’a fait que survoler les problèmes. Je pense que cela est dû à la nécessité de tout faire contenir dans un seul volume. Sébastien Bohler nous conte tellement d’histoires différentes qui à elles seules auraient presque mérité un tome séparé pour être traitées en profondeur : la proposition de loi de réforme de santé pénale ; le passé de Franck qui nous permet de comprendre en partie ce qu’il est devenu ; les expériences menées sur le cerveau, comment en est-on arrivé là ? y a-t-il eu des expériences menées avant de les tester sur des cobayes humains ? à moins que cela ait été indiqué dans le premier tome ? ; la neurosophie ainsi que le rôle de Carlo et ses techniques de méditation ; Vincent et sa découverte du code neural…

L’auteur dénonce également l’exploitation éhontée de la misère existant dans certains pays par les grandes puissances. Ainsi nous faisons la connaissance du docteur Andrew Nichols, un médecin qui non seulement est complice de ceux qui empoisonnent l’eau du fleuve au Nicaragua mais en plus profite de son ascendant pour se livrer à des actes de viol et d’avortements forcés pour se procurer des cellules souches.

J’ai dévoré ce thriller politico-médical. Je me suis particulièrement attachée à Maria qui n’a peur de rien pour faire éclater la vérité ou défendre la justice. Comme j’ai vraiment envie de savoir ce qui lui est arrivé, je compte bien lire le premier tome Neuroland et j’attends avec impatience la suite de ses aventures. Idem pour Vincent qui se retrouve dans une position très inconfortable à la fin de ce livre. Quant à Franck, j’espère vraiment qu’on parviendra à le mettre hors d’état de nuire définitivement.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Thriller psychologique, #Suspense, #Famille, #Jumelles, #Blessures du passé, #Troubles bipolaires

Résumé :

Au départ, ce n'était qu'un jeu.

Helen et Ellie sont identiques. En apparence, du moins. Car, si ces jumelles de six ans se ressemblent comme deux gouttes d'eau, elles savent bien qu'elles sont différentes. Helen est la chef, Ellie son ombre. Helen décide, Ellie obéit. Helen invente des jeux, Ellie y participe. Jusqu'au jour où Helen en propose un plus original : intervertir leurs rôles, juste pour une journée. La farce fonctionne si bien que leur propre mère n'y voit que du feu. Et les deux fillettes s'amusent comme jamais. Mais le soir venu, alors que chacune devait reprendre sa place, Ellie, pour la première fois, dit non. Elle veut rester Helen. Pour cette dernière, c'est le début de la descente aux enfers.

Âpre et fascinant, ce thriller psychanalytique aux allures de mémoires explore les non-dits sur lesquels sont bâties bien des familles. Parce que, souvent, derrière les apparences se cachent des vérités inavouables.

 

Mon avis :

Un thriller qui sort des sentiers battus.

Helen et Ellie sont deux jumelles de 6 ans. Si elles se ressemblent physiquement, il en va autrement pour le caractère. Helen est entreprenante, vive et fait tout parfaitement. Ellie au contraire est toujours à la traîne que ce soit à l’école, en famille ou dans leurs jeux. L’explication serait qu’elle est née avec le cou entouré du cordon ombilical. Pour rire, Helen propose à Ellie d’intervertir leurs rôles, Helen devient Ellie, Ellie devient Helen. Et cela réussit au-delà de leurs espérances, elles parviennent à tromper amies, voisines et jusqu’à leur mère. Seulement lorsqu’arrive le soir et le moment de reprendre chacune son identité, Ellie refuse. Commence alors pour Helen une lente et interminable descente aux enfers.

Ann Morgan a une écriture tranquille, fluide, qui nous fait admirablement ressentir la pesanteur de la vie d’Helen qui est la principale narratrice. Il a suffi de rien, juste un jeu, un échange de personnalité, pour que tout bascule à jamais. Helen/Smudge se retrouve enfermée dans un rôle qui n’est pas le sien à cause de l’aveuglement des adultes et c’est hallucinant de voir comme tous ses actes se retournent contre elle parce que sa mère a décidé qu’elle était toxique. Hallucinante également la malchance qui ne la quitte pas. Le sort s’acharne vraiment sur elle : dès qu’elle pense qu’elle va s’en sortir, que les choses semblent s’arranger, il se produit un évènement pour la faire replonger.

Ann Morgan nous conte également la vie d’une famille et à travers elle nous découvrons les ravages des secrets, des non-dits. Et au fur et à mesure que l’on  tourne les pages, on pressent qu’ils sont multiples et on espère trouver la clé du comportement de la “vraie” Ellie devenue Helen, mais aussi de la mère, on découvre ce que cache la “Regrettable Décision” du père et on souffre avec la “vraie” Helen devenue Ellie/Smudge.

Et quand on arrive à la fin, la première réaction c’est : tout ça pour ça ? Et on se dit que l’auteure nous a bien eus, qu’elle nous a menés de main de maître là où elle le voulait et qu’il est temps d’avancer, de vivre l’instant présent et de laisser le passé là où il est c’est-à-dire derrière soi.

Je suis sortie de ma lecture totalement déroutée, Ann Morgan a su maintenir le suspense jusqu’au bout et il me reste un malaise, il a suffi de tellement peu pour tout bouleverser, c’est tellement fragile l’équilibre d’une vie… Je ne peux que vous conseiller de lire « À sa place » pour vous faire votre propre opinion et je remercie Masse Critique Babelio ainsi que les Éditions Presse de la Cité pour ce Service Presse.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Thriller psychologique, #Enlèvement, #Folie, #Vengeance

Résumé :

Elle est belle, attirante, disponible. Il n’a pas hésité à la suivre pour prendre un dernier verre.

À présent il est seul, dans une cave, enfermé dans une cage. Isolé. Sa seule compagnie ? Sa séductrice et son bourreau. Et elle a décidé de faire durer son plaisir très longtemps. De le faire souffrir lentement.
Pourquoi lui ? Dans ce bras de fer rien n’est dû au hasard. Et la frontière entre tortionnaire et victime est bien mince…

« Un roman glaçant, qui ferait passer le Misery de Stephen King pour un roman d’ados ! »Bien dans ma vie !

Prix SNCF du polar français, Prix Intramuros et Prix du festival international du Roman noir

 

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Un thriller qui fait froid dans le dos !

« Les Morsures de l’ombre », c’est l’histoire de la descente aux enfers d’un homme, le commandant Benoît Lorand, de sa longue et douloureuse agonie. Incapable de rester fidèle à son épouse et de résister à une belle femme, il a suivi Lydia chez elle. C’est une magnifique rousse à la beauté envoûtante. Il reprend conscience enfermé dans une cave et Lydia s’est transformée en une geôlière implacable, l’accusant d’un crime dont il dit être innocent et exigeant ses aveux.

Karine Giebel nous offre ici un huis-clos terrifiant. Au fur et à mesure que l’on tourne les pages, on plonge dans la folie de Lydia. Benoît est totalement à la merci de sa persécutrice, il ne contrôle plus rien et Lydia est de plus en plus habitée par sa vengeance, sa haine, son désir de lui arracher des aveux. Pour cela elle se transforme en bourreau sadique. Cela devient de plus en plus glauque. En même temps, l’auteur nous fait prendre conscience de la fragilité et de la souffrance qui habitent Lydia.

Et je me suis sentie prise en otage avec Benoît, incapable que j’étais de m’arracher à la lecture de ce roman : je voulais savoir, même si j’étais rebutée, si Benoît allait résister et finir par convaincre Lydia, si Lydia allait se laisser toucher, éprouver du remords, de l’horreur devant ses actes et plus que tout qui avait orchestré tout cela.

J’ai refermé ce livre avec un goût amer dans la bouche. L’écriture de Karine Giebel est redoutablement efficace et toute entière au service de l’intrigue. Rien ne vient nous distraire. C’est un thriller implacable pour tous les amoureux de romans noirs, très très noirs. Mais je le déconseille aux personnes trop sensibles.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Littérature, #Thriller psychologique, #Psychiatrie, #Schizophrènie, #Roman noir

Résumé :

« Régis aime la littérature et l'automne, les décibels et l'errance. Il n'a pas choisi le mal qui le ronge. Vivant la plupart du temps en lui-même, il perçoit une réalité déformée et angoissante, où tout fait sens. Dans sa psychose, il s'accroche à de fragiles repères : des personnages sans nom, des impressions sans fondement, des chansons sans espoir... Pourtant, peu de temps avant les attentats du 13 novembre 2015, le retour d'un mystérieux persécuteur va faire vaciller son équilibre précaire... Jusqu'au point de non-retour. »

Mon avis :

Bouleversant, perturbant et totalement addictif !

Lire « Régis » c’est plonger dans l’univers d’un hôpital psychiatrique et surtout dans le quotidien de Régis, dans ses délires, ses combats pour tenter de s’en sortir. Régis est attachant, fragile et il nous attire dans son monde de malade psychotique. Nous faisons sa connaissance alors qu’il vient de quitter l’isolement — après une tentative d’assassinat de Prédateur — et fête ses 32 ans. C’est aussi le jour des attentats sur Paris et au Bataclan. Régis est très sensible à tout ce qui se passe autour de lui et il passe tout « au prisme de ses interprétations ». Il adore la musique très sombre. James Osmont rythme le récit avec les paroles traduites des morceaux qu’écoute Régis et qui apportent un nouvel éclairage à ses délires.

Régis a un seul ami, Amine, qui lui rend visite régulièrement et jamais ne le juge. Il lui apporte de nouveaux morceaux de musique et lui partage également les actualités. Et j’ai beaucoup aimé que l’auteur dénonce le pouvoir tout-puissant des médias qui nous manipulent, l’instrumentalisation de l’islam mais aussi les carences du système carcéral et psychiatrique.

Et puis il y a Sandrine, l’infirmière psychiatrique qui suit Régis et qui progressivement a perdu le recul nécessaire à une soignante. Quand elle prend conscience qu’elle s’est trop attachée à Régis, il est déjà trop tard.

Je n’en dirai pas plus car je ne veux pas spoiler mais c’est un roman d’une incroyable richesse. James Osmont a une écriture pleine de poésie et on sent le vécu derrière chaque phrase. Je suis émerveillée par tout le travail qu’il a fait pour trouver les paroles de chansons qui collent au récit, pour ses traductions et pour la playlist qu’il nous a offert. Mention spéciale pour la couverture du roman qui nous met tout de suite dans l’ambiance.

Régis restera pour moi un petit frère que je n’oublierai pas tant son histoire m’a fascinée mais aussi touchée, bouleversée. Et je vais m’empresser de lire Sandrine.

Le temps emporte sur son aile et le printemps et l’hirondelle, et la vie et les jours perdus. Tout s’en va comme la fumée. L’espérance et la renommée.

Alfred de Musset « À Juana » Premières poésies.

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