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Les livres de Goéwin

Articles avec #thriller psychologique catégorie

Publié le par Goéwin
Publié dans : #Thriller psychologique, #Suspense, #Meurtre, #Policier, #Enquête

Résumé :

Marnie Logan a souvent la sensation d’être épiée. Comme une sensation diffuse : un souffle sur sa nuque, une ombre au coin de l’œil, et voilà que son existence se fige.
Son mari Daniel a disparu depuis plus d’un an. Toujours déprimée et désespérée, elle décide de demander l’aide du psychologue Joe O’Loughlin.

Alors que Joe s’interroge sur la répugnance de Marnie à évoquer son passé, celle-ci découvre un livre rempli de photos et de témoignages d’anciens amis, collègues et professeurs, que Daniel lui préparait pour son anniversaire. Ce cadeau était censé célébrer sa vie, mais il raconte une toute autre histoire…

 
Un roman qui joue avec votre esprit, un thriller psychologique qui vous emporte dans une course effrénée et palpitante, par l’un des meilleurs auteurs de suspense d’aujourd’hui. 

Traduit de l’anglais par Carole Delporte

 

Mon avis :

Diabolique !

Malheur à ceux qui s’en prennent à elle ! Elle l’ignore encore mais il s’est donné pour tâche de veiller sur elle depuis qu’elle est enfant. Après la disparition de son mari Daniel qui lui a “légué” ses dettes de jeu, Marnie se bat pour survivre. Elle se fait aider par un psychologue Joe O’Loughlin. De temps en temps, elle a l’impression de sentir un regard peser sur elle. Lorsqu’elle parvient enfin à récupérer les affaires de Daniel, elle a la surprise de découvrir ce qu’il lui préparait pour son anniversaire.

Un grand merci à NetGalley et aux Éditions Jean-Claude Lattès pour ce Service Presse. Le suspense augmente au fur et à mesure que nous tournons les pages. Michael Robotham a un véritable talent pour faire monter l’angoisse. Nous suivons Marnie dans sa vie de tous les jours, dans sa lutte constante pour s’en sortir avec deux enfants : Zoé en pleine crise d’adolescence et Elijah, un petit garçon en retard dans sa croissance. Qu’est devenu Daniel ? Il n’est pas facile de vivre en ignorant ce qu’il s’est passé d’autant plus qu’il lui est impossible d’avoir accès à son compte en banque, de toucher l’assurance vie car elle ne peut prouver sa mort : a-t-il choisi de disparaître pour fuir ses dangereux créanciers ? Est-il parti avec une autre ou pire est-il mort dans un accident, assassiné ? Et qui se cache derrière celui qui l’épie, qui se vante d’être « le chef d’orchestre de sa symphonie. » ? L’auteur donne régulièrement la parole à celui qui s’est fait son “ange gardien” mais un ange gardien dangereux qui lui attire problèmes et ennemis. Autour de Marnie, les évènements étranges se succèdent, des gens disparaissent, d’autres sont assassinés et toujours elle a un lien avec l’affaire ce qui la rend suspecte aux yeux de la police. Je n’en dirai pas plus pour ne pas dévoiler l’intrigue.

L’auteur a su ménager le suspense jusqu’au bout et vous n’êtes pas au bout de vos surprises. Les révélations, les rebondissements et les retournements de situation rendent la lecture addictive. Marnie est une jeune femme attachante et nous partageons son angoisse. Face aux évènements qui se découvrent, nous ne savons plus que croire. Épiée est un bon thriller psychologique qui se lit facilement, une excellente découverte.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Policier, #Enquête, #Thriller psychologique

Résumé :

Une superbe jeune femme est retrouvée assassinée chez elle, au pied de sa table dressée pour un dîner romantique. L’inspecteur Antoinette Conway, de la brigade criminelle de Dublin, est chargée de l’enquête avec Stephan Moran. Il est son seul allié dans un quotidien fait de mesquineries et d’humiliations – pas facile d’être une femme flic en Irlande.


Tout condamne a priori le nouveau petit ami de la victime, et les autres inspecteurs font pression sur Antoinette pour qu’elle le mette derrière les barreaux, or elle résiste, persuadée que l’affaire n’est pas si évidente que le laissent présager les apparences. C’est alors que le crime prend une tournure bien moins banale…

 

Mon avis :

Un polar très noir à l’atmosphère étouffante.

Il ne fait pas bon être une femme flic en Irlande. L’inspecteur Antoinette Conway a pour seul allié son équipier Stephan Moran. Tous deux se voient chargés d’une enquête à priori simple, un cas classique de violence conjugale : une jeune femme a été retrouvée morte chez elle et tout semble indiquer que c’est son petit ami, Rory, le coupable. Sauf que le commissaire leur a adjoint un inspecteur plus ancien pour les épauler, Breslin, qui va tout mettre en œuvre pour faire condamner Rory. Il va se montrer tellement insistant qu’il va éveiller les soupçons d’Antoinette dont la vie à la brigade est une succession de moqueries et humiliations de la part de ses partenaires masculins à l’exception de Stephan.

Je remercie NetGalley ainsi que les Éditions Calmann-Levy pour ce Service Presse. Depuis longtemps j’avais envie de découvrir cet auteur mais je dois avouer que je suis déçue. J’ai eu beaucoup de mal à terminer ce livre qui fait quand même plus de 500 pages. Et pendant plus de 400 pages, l’enquête piétine et surtout j’ai trouvé que le personnage principal, Antoinette, était dure, aigrie, agressive, dénuée d’empathie et de compassion. Et je ne parle même pas de l’inspecteur Breslin qui est tout à fait déplaisant. La manière dont ils voient le suspect est malsaine, irrespectueuse. Le seul qui se montre humain, c’est Stephan, le co-équipier. Par contre lorsqu’ils auditionnent le véritable coupable, tout le talent de Tana French se découvre. Le meurtrier se révèle féroce lors de son interrogatoire mais je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir mal pour lui quand il découvre à quel point il a pu être abusé.

Nous avons donc une enquête dans laquelle nous sommes immergés et que l’auteur nous fait vivre comme si nous y étions. Elle a un don pour l’étude psychologique de ses personnages qui sont très fouillés.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Littérature, #Roman, #Blessures du passé, #Secrets de famille, #Suspense, #Thriller psychologique

« Mer agitée » de Christine Desrousseaux — Éditions Kero

Résumé :

Sur une plage désertée par les estivants, Jean se plonge dans l’eau glacée. Quel que soit le temps, il part nager, pour oublier son corps trop vieux, oublier son petit-fils Léo, enfermé dans sa chambre et replié sur lui-même depuis son retour d’Afghanistan. Léo qui crie la nuit, Léo qui lui fait peur. À quel moment s’est envolé l’enfant rieur dont il était si proche ? Le jour où sa mère a disparu sans laisser de traces ? Ou lors de l’une de ses missions ?
Un soir, Léo, ivre, agresse une jeune fille. Il s’en tire à condition de présenter ses excuses. Mais quand une adolescente disparaît quelques jours plus tard, Jean va devoir affronter les gens du village qui voient en Léo un suspect idéal et deviennent de plus en plus hostiles. Lui-même commence à douter : et si ce petit-fils tant aimé avait commis l’irréparable ?
 
Sur une presqu’île battue par les vents du Nord, un homme essaie de prouver l’innocence de son petit-fils, envers et contre tout. Christine Desrousseaux nous offre un roman prenant et émouvant, rythmé par les saisons et les marées.

 

Mon avis :

Quand tout est contre vous…

Jean, le narrateur, décide de se baigner tous les jours maintenant que les vacanciers ont déserté les plages. Il tient un Journal de ses baignades qui l’aident à se réapproprier son corps, à faire le point mais aussi à tenter de comprendre son petit-fils Léo rentré d’Afghanistan qui ne va pas bien du tout. Il ne dort pas, fait des cauchemars, est d’une humeur très sombre, il est presque devenu un étranger pour son grand-père qui ne reconnaît pas l’enfant qui venait passer ses vacances auprès de lui chaque année. Pire encore, un soir qu’il était ivre Léo a agressé et frappé une jeune fille. L’affaire n’a pas de suites, Léo ayant accepté de présenter ses excuses aux parents et à la jeune fille. Mais lorsque quelques jours plus tard, une autre jeune fille est retrouvée violée et étranglée non loin de leur demeure, il n’en faut pas plus pour que tout le village considère Léo comme coupable.

Je remercie NetGalley ainsi que les Éditions Kero pour la lecture de ce Service Presse. Dès le départ, nous découvrons que Léo souffre de stress post-traumatique et nous nous demandons quels évènements il a pu vivre même si nous nous en doutons plus ou moins vu qu’il rentre d’Afghanistan mais comme il refuse de parler ou de se soigner, le suspense demeure. Ensuite, autre blessure très importante, sa mère Antonia a disparu alors qu’il avait six ans et nul ne sait ce qu’elle est devenue. Léo reste la plupart du temps enfermé dans sa chambre et l’une de ses rares sorties s’est soldée par l’agression d’une jeune femme qu’il a frappée et poursuivie de ses insultes alors qu’il avait trop bu. Aussi quand le cadavre d’une adolescente est retrouvé, nous ne pouvons pas nous empêcher de nous demander : « et si c’était Léo ? » Nous ne voulons pas qu’il soit coupable mais le doute demeure.

Les personnages créés par Christine Desrousseaux sont attachants et proches de nous. Chacun a ses failles et fait au mieux pour vivre avec. Jean, le grand-père de près de soixante-dix ans, refuse de se laisser vaincre par la vieillesse et il se baigne dans la Mer du Nord quel que soit le temps, quelle que soit la température. La Mer est ici un personnage à part entière et elle ajoute sa poésie et sa sauvagerie au texte. Léo est touchant même si parfois j’ai eu envie de le secouer pour le faire réagir et j’ai croisé les doigts pour qu’il ne soit pas le coupable.

L’auteur décrit magnifiquement le climat qui peut exister dans une communauté qui vit repliée sur elle-même. Dès que le meurtre est découvert, tout le monde se retrouve suspect. Et il est tellement plus facile d’accuser et de condamner le dernier venu que de chercher la vérité. Mais cela va beaucoup plus loin et cela devient franchement méprisable : c’est dans l’adversité que la lâcheté et la bêtise humaines se révèlent alors pleinement. Pour tout le village, cela ne fait aucun doute, Léo est le coupable et ils ne vont pas chercher plus loin. Jenny et Magali sont également deux autres personnages bouleversants d’humanité.

Christine Desrousseaux nous décrit tout en finesse la psychologie des différents protagonistes. Elle nous raconte l’histoire de Léo et de Jean avec simplicité, d’une plume fluide et élégante. Les scènes qu’elle dépeint sont d’une grande force et nous touchent en plein cœur. Mer agitée est avant tout un excellent roman mais il peut aussi être classé dans les thrillers psychologiques car l’auteur maintient le suspense jusqu’à la fin.

Au final, une lecture bercée par le chant des vagues et addictive.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Thriller, #Téléréalité, #Survie, #Thriller psychologique

Résumé :

Elle croyait participer à un jeu. Elle ne pensait pas que ça irait aussi loin…
Ils sont douze à participer à un challenge de survie en pleine nature sauvage, dans un coin reculé de la côte est des États-Unis. Tous ont été prévenus : ils seront mis à l’épreuve jusqu’aux limites du supportable. La faim, la solitude, l’épuisement physique et psychologique… Mais au fur et à mesure que Zoo, l’une des candidates, avance dans son périple, le doute s’insinue dans son esprit. Ces villages déserts, ces pièges de plus en plus vicieux, ces accessoires d’un réalisme déroutant : s’agit-il vraiment d’une mise en scène parfaite ? Que se passe-t-il loin du regard des caméras ?
Découvrir la vérité ne sera que le début du défi qui attend Zoo…
 
" D’un suspense implacable, aussi brillant que troublant, Jusqu’au bout interroge de manière provocante ce qu’il faut pour survivre. Actuel et dérangeant. "
The Guardian

Mon avis :

Bluffant ! Quand téléréalité et réalité se confondent…

Ils sont douze à s’être embarqués dans cette aventure qu’ils croient être une course d’orientation et de vitesse mais qui se révèlera être un jeu de survie ayant pour but de faire craquer les concurrents. Mais cela ils l’ignorent. Tout comme ce qui se passe dans le monde. Parviendront-ils à sortir vivants de l’aventure ?

Dans Jusqu’au bout Alexandra Oliva dénonce la télé-réalité avec son obsession de l’audimat qui fait des candidats, des exhibitionnistes et des téléspectateurs, des voyeurs. Les candidats sont d’ailleurs totalement déshumanisés par la production qui ne les nomme que par un surnom, cela permet de les instrumentaliser sans état d’âme. Par ailleurs ils ont soigneusement été choisis. C’est ainsi que nous avons Traqueur, le candidat hyper-compétent que rien n’arrête ; le rôle de la bimbo sans cervelle a été dévolu à Serveuse ; Rancho fait office de Mexicain et Air Force est le militaire de service ; Petite Asiatique deviendra Charpentière grâce à ses talents pour construire un abri ; il y a également un homosexuel Pom Pom Boy ainsi qu’une lesbienne Biologie ; Exorciste a le rôle d’amuseur et ses compagnons auront bien du mal à le supporter ; Docteur, Ingénieur et Banquier participent aussi à l’aventure ; j’ai gardé pour la fin Zoo, la fille sympa au sourire chaleureux qui défend les animaux. Tous seront les victimes des mensonges et manipulations de la production.

Jusqu’au bout est construit sur l’alternance de chapitres concernant la production et les candidats et ceux basés uniquement sur Zoo. Cela nous permet de comprendre petit à petit ce qui s’est passé, de faire connaissance avec tous les candidats et de les voir interagir, ce qui n’est pas triste. Et puis avec Zoo nous découvrons ce qui peut se passer dans la tête d’un candidat abandonné à lui-même et persuadé d’être toujours dans un jeu et sous l’œil des caméras.

Alexandra Oliva se révèle machiavélique car tout comme son personnage principal, nous ne savons plus trop discerner la réalité de l’émission, ce qui nous fait tourner les pages les unes après les autres dans notre soif de savoir. En plus, Zoo a brisé ses lunettes ce qui la rend quasiment aveugle, elle ne voit plus que de vagues formes ce qui rend difficile son appréhension et sa compréhension du réel. C’est impressionnant, elle est tellement dans le jeu qu’elle parvient à trouver une explication logique à tout ce qui lui arrive. Confrontée à une épidémie, des cadavres, des villes complètement vides et des enfants abandonnés, c’est hallucinant sa capacité à transformer la réalité : elle pense avoir affaire à une fausse épidémie, des faux cadavres, des animatroniques et même si elle trouve que la production exagère, elle met ça sur le compte de leur volonté de voir jusqu’où iront les candidats. « Le cerveau est un organe merveilleux et terrifiant, prêt à tout pour survivre. » Quand elle commencera à comprendre, Zoo va revoir toutes ses priorités et son échelle de valeurs.

Avec les candidats, nous apprenons quelques techniques de survie. Par contre, beurk ! je n’ai vraiment pas apprécié les descriptions de dépeçage des animaux. Et puis surtout, la scène du chalet m’a vraiment perturbée, d’autant plus que Zoo ne cesse d’y revenir, ceux qui ont lu le livre comprendront ce que je veux dire.

J’ai trouvé très intéressantes les réactions des téléspectateurs qui sont mentionnées à la fin de certains chapitres. Nous en apprenons davantage sur les clauses du contrat que chaque participant a dû signer. Certains commentaires sont vraiment à vomir et cela illustre bien le voyeurisme de certains.

Je remercie NetGalley ainsi que les Éditions Kero qui m’ont permis de lire ce livre en Service Presse et de découvrir la plume d’Alexandra Oliva. Jusqu’au bout est son premier roman et c’est une réussite. L’auteure a su ménager le suspense “jusqu’au bout” avec une intrigue qui tient la route et des personnages que l’on n’oubliera pas. Son écriture est fluide et agréable et elle a su rendre ses personnages attachants ce qui fait qu’on ne lâche pas le livre avant de savoir ce qui leur est arrivé.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Thriller, #Thriller psychologique, #Corruption, #Manipulation, #Éthique, #Politique Fiction, #Suspense

Résumé :

Le crime était une maladie. On a découvert le traitement.
Qu'y a-t-il dans la tête de Franck Corsa, le psychopathe le plus dangereux de France ?
Pour la première fois, grâce aux progrès fulgurants de l'imagerie cérébrale, quelques scientifiques peuvent le savoir. Ils proposent alors un marché au prisonnier : effacer les causes du mal dans son cerveau par une opération chirurgicale jamais tentée à ce jour.
Lorsque Corsa se réveille, il n'est plus le même homme. Bonté, compassion, douleur : toute une gamme de sentiments humains lui est brusquement révélée.
Seul problème : être un homme bon ne faisait pas partie de ses plans.

Mon avis :

Un thriller foisonnant, addictif, mais pas toujours crédible.

Je remercie NetGalley ainsi que les Éditions Robert Laffont pour ce Service Presse. Je regrette de ne pas avoir fait attention au fait qu’il s’agissait d’un second tome faisant suite à Neuroland. Cela ne gêne en rien la compréhension de l’intrigue mais on sent quand même que certains éléments nous manquent. Par exemple, qu’est-il arrivé exactement à Franck Corsa pour qu’il soit obligé d’être bandé des pieds à la tête ?

Franck Corsa est l’un des pires psychopathes de France et face à sa victime, Maria, non seulement il n’a aucun remords mais il a l’intention de recommencer dès qu’il sera libre. C’est pour cela qu’il accepte de se soumettre aux analyses ainsi qu’à l’opération du cerveau et au traitement qui lui sont proposés : on lui implantera dans le cerveau des cellules souches qui viendront réparer les causes de sa psychopathie. Franck n’y croit absolument pas ; d’abord pour lui, son cerveau est parfaitement normal et donc l’implantation de cellules souches ne modifiera en rien son comportement. Mais s’il n’y a que cela pour se retrouver libre, aucun problème, il jouera la comédie. Sauf que ces fameuses cellules sont bien en train de le transformer et cela le rend fou de rage de se découvrir plein d’empathie, de remords, de désir de se racheter.

Sébastien Bohler a écrit un thriller dense, foisonnant, débordant d’intrigues et de rebondissements. Maria et son fiancé Vincent sont pratiquement les seuls personnages attachants du livre avec Olga la psychiatre. Quant aux autres, nous avons le choix entre les politiciens qui n’ont aucun sens moral et qui acceptent des rétrocommissions, un médecin qui est une véritable ordure pratiquant le viol et la traite humaine, un directeur de laboratoire plus préoccupé par l’obtention du Prix Nobel que par le respect de la vie humaine et des lois.

Maria est une toute jeune femme qui a connu l’enfer à cause de Franck et qui est profondément marquée. À cause des viols subis, elle ne parvient pas à avoir de relations physiques avec Vincent malgré tout leur amour. Elle manifeste un courage absolument hallucinant en continuant à côtoyer Franck. Elle est à l’origine de l’expérience visant à lui implanter des cellules souches car elle est persuadée que si elle parvient à comprendre ses motivations, elle pourra guérir. Et effectivement, Franck commence à manifester de l’empathie, à regretter ses actes et à vouloir se racheter. Dès qu’il montre des marques de repentir, Maria est guérie, comme ça, en un clin d’œil. Bien que je le lui souhaite, cela ne me paraît pas très crédible. De même, l’opération que Franck pratique sur lui-même me semble totalement irréaliste.

Il y a encore bien d’autres passages où il me semble que l’auteur n’a fait que survoler les problèmes. Je pense que cela est dû à la nécessité de tout faire contenir dans un seul volume. Sébastien Bohler nous conte tellement d’histoires différentes qui à elles seules auraient presque mérité un tome séparé pour être traitées en profondeur : la proposition de loi de réforme de santé pénale ; le passé de Franck qui nous permet de comprendre en partie ce qu’il est devenu ; les expériences menées sur le cerveau, comment en est-on arrivé là ? y a-t-il eu des expériences menées avant de les tester sur des cobayes humains ? à moins que cela ait été indiqué dans le premier tome ? ; la neurosophie ainsi que le rôle de Carlo et ses techniques de méditation ; Vincent et sa découverte du code neural…

L’auteur dénonce également l’exploitation éhontée de la misère existant dans certains pays par les grandes puissances. Ainsi nous faisons la connaissance du docteur Andrew Nichols, un médecin qui non seulement est complice de ceux qui empoisonnent l’eau du fleuve au Nicaragua mais en plus profite de son ascendant pour se livrer à des actes de viol et d’avortements forcés pour se procurer des cellules souches.

J’ai dévoré ce thriller politico-médical. Je me suis particulièrement attachée à Maria qui n’a peur de rien pour faire éclater la vérité ou défendre la justice. Comme j’ai vraiment envie de savoir ce qui lui est arrivé, je compte bien lire le premier tome Neuroland et j’attends avec impatience la suite de ses aventures. Idem pour Vincent qui se retrouve dans une position très inconfortable à la fin de ce livre. Quant à Franck, j’espère vraiment qu’on parviendra à le mettre hors d’état de nuire définitivement.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Thriller psychologique, #Suspense, #Famille, #Jumelles, #Blessures du passé, #Troubles bipolaires

Résumé :

Au départ, ce n'était qu'un jeu.

Helen et Ellie sont identiques. En apparence, du moins. Car, si ces jumelles de six ans se ressemblent comme deux gouttes d'eau, elles savent bien qu'elles sont différentes. Helen est la chef, Ellie son ombre. Helen décide, Ellie obéit. Helen invente des jeux, Ellie y participe. Jusqu'au jour où Helen en propose un plus original : intervertir leurs rôles, juste pour une journée. La farce fonctionne si bien que leur propre mère n'y voit que du feu. Et les deux fillettes s'amusent comme jamais. Mais le soir venu, alors que chacune devait reprendre sa place, Ellie, pour la première fois, dit non. Elle veut rester Helen. Pour cette dernière, c'est le début de la descente aux enfers.

Âpre et fascinant, ce thriller psychanalytique aux allures de mémoires explore les non-dits sur lesquels sont bâties bien des familles. Parce que, souvent, derrière les apparences se cachent des vérités inavouables.

 

Mon avis :

Un thriller qui sort des sentiers battus.

Helen et Ellie sont deux jumelles de 6 ans. Si elles se ressemblent physiquement, il en va autrement pour le caractère. Helen est entreprenante, vive et fait tout parfaitement. Ellie au contraire est toujours à la traîne que ce soit à l’école, en famille ou dans leurs jeux. L’explication serait qu’elle est née avec le cou entouré du cordon ombilical. Pour rire, Helen propose à Ellie d’intervertir leurs rôles, Helen devient Ellie, Ellie devient Helen. Et cela réussit au-delà de leurs espérances, elles parviennent à tromper amies, voisines et jusqu’à leur mère. Seulement lorsqu’arrive le soir et le moment de reprendre chacune son identité, Ellie refuse. Commence alors pour Helen une lente et interminable descente aux enfers.

Ann Morgan a une écriture tranquille, fluide, qui nous fait admirablement ressentir la pesanteur de la vie d’Helen qui est la principale narratrice. Il a suffi de rien, juste un jeu, un échange de personnalité, pour que tout bascule à jamais. Helen/Smudge se retrouve enfermée dans un rôle qui n’est pas le sien à cause de l’aveuglement des adultes et c’est hallucinant de voir comme tous ses actes se retournent contre elle parce que sa mère a décidé qu’elle était toxique. Hallucinante également la malchance qui ne la quitte pas. Le sort s’acharne vraiment sur elle : dès qu’elle pense qu’elle va s’en sortir, que les choses semblent s’arranger, il se produit un évènement pour la faire replonger.

Ann Morgan nous conte également la vie d’une famille et à travers elle nous découvrons les ravages des secrets, des non-dits. Et au fur et à mesure que l’on  tourne les pages, on pressent qu’ils sont multiples et on espère trouver la clé du comportement de la “vraie” Ellie devenue Helen, mais aussi de la mère, on découvre ce que cache la “Regrettable Décision” du père et on souffre avec la “vraie” Helen devenue Ellie/Smudge.

Et quand on arrive à la fin, la première réaction c’est : tout ça pour ça ? Et on se dit que l’auteure nous a bien eus, qu’elle nous a menés de main de maître là où elle le voulait et qu’il est temps d’avancer, de vivre l’instant présent et de laisser le passé là où il est c’est-à-dire derrière soi.

Je suis sortie de ma lecture totalement déroutée, Ann Morgan a su maintenir le suspense jusqu’au bout et il me reste un malaise, il a suffi de tellement peu pour tout bouleverser, c’est tellement fragile l’équilibre d’une vie… Je ne peux que vous conseiller de lire « À sa place » pour vous faire votre propre opinion et je remercie Masse Critique Babelio ainsi que les Éditions Presse de la Cité pour ce Service Presse.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Thriller psychologique, #Enlèvement, #Folie, #Vengeance

Résumé :

Elle est belle, attirante, disponible. Il n’a pas hésité à la suivre pour prendre un dernier verre.

À présent il est seul, dans une cave, enfermé dans une cage. Isolé. Sa seule compagnie ? Sa séductrice et son bourreau. Et elle a décidé de faire durer son plaisir très longtemps. De le faire souffrir lentement.
Pourquoi lui ? Dans ce bras de fer rien n’est dû au hasard. Et la frontière entre tortionnaire et victime est bien mince…

« Un roman glaçant, qui ferait passer le Misery de Stephen King pour un roman d’ados ! »Bien dans ma vie !

Prix SNCF du polar français, Prix Intramuros et Prix du festival international du Roman noir

 

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Un thriller qui fait froid dans le dos !

« Les Morsures de l’ombre », c’est l’histoire de la descente aux enfers d’un homme, le commandant Benoît Lorand, de sa longue et douloureuse agonie. Incapable de rester fidèle à son épouse et de résister à une belle femme, il a suivi Lydia chez elle. C’est une magnifique rousse à la beauté envoûtante. Il reprend conscience enfermé dans une cave et Lydia s’est transformée en une geôlière implacable, l’accusant d’un crime dont il dit être innocent et exigeant ses aveux.

Karine Giebel nous offre ici un huis-clos terrifiant. Au fur et à mesure que l’on tourne les pages, on plonge dans la folie de Lydia. Benoît est totalement à la merci de sa persécutrice, il ne contrôle plus rien et Lydia est de plus en plus habitée par sa vengeance, sa haine, son désir de lui arracher des aveux. Pour cela elle se transforme en bourreau sadique. Cela devient de plus en plus glauque. En même temps, l’auteur nous fait prendre conscience de la fragilité et de la souffrance qui habitent Lydia.

Et je me suis sentie prise en otage avec Benoît, incapable que j’étais de m’arracher à la lecture de ce roman : je voulais savoir, même si j’étais rebutée, si Benoît allait résister et finir par convaincre Lydia, si Lydia allait se laisser toucher, éprouver du remords, de l’horreur devant ses actes et plus que tout qui avait orchestré tout cela.

J’ai refermé ce livre avec un goût amer dans la bouche. L’écriture de Karine Giebel est redoutablement efficace et toute entière au service de l’intrigue. Rien ne vient nous distraire. C’est un thriller implacable pour tous les amoureux de romans noirs, très très noirs. Mais je le déconseille aux personnes trop sensibles.

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Littérature, #Thriller psychologique, #Psychiatrie, #Schizophrènie, #Roman noir

Résumé :

« Régis aime la littérature et l'automne, les décibels et l'errance. Il n'a pas choisi le mal qui le ronge. Vivant la plupart du temps en lui-même, il perçoit une réalité déformée et angoissante, où tout fait sens. Dans sa psychose, il s'accroche à de fragiles repères : des personnages sans nom, des impressions sans fondement, des chansons sans espoir... Pourtant, peu de temps avant les attentats du 13 novembre 2015, le retour d'un mystérieux persécuteur va faire vaciller son équilibre précaire... Jusqu'au point de non-retour. »

Mon avis :

Bouleversant, perturbant et totalement addictif !

Lire « Régis » c’est plonger dans l’univers d’un hôpital psychiatrique et surtout dans le quotidien de Régis, dans ses délires, ses combats pour tenter de s’en sortir. Régis est attachant, fragile et il nous attire dans son monde de malade psychotique. Nous faisons sa connaissance alors qu’il vient de quitter l’isolement — après une tentative d’assassinat de Prédateur — et fête ses 32 ans. C’est aussi le jour des attentats sur Paris et au Bataclan. Régis est très sensible à tout ce qui se passe autour de lui et il passe tout « au prisme de ses interprétations ». Il adore la musique très sombre. James Osmont rythme le récit avec les paroles traduites des morceaux qu’écoute Régis et qui apportent un nouvel éclairage à ses délires.

Régis a un seul ami, Amine, qui lui rend visite régulièrement et jamais ne le juge. Il lui apporte de nouveaux morceaux de musique et lui partage également les actualités. Et j’ai beaucoup aimé que l’auteur dénonce le pouvoir tout-puissant des médias qui nous manipulent, l’instrumentalisation de l’islam mais aussi les carences du système carcéral et psychiatrique.

Et puis il y a Sandrine, l’infirmière psychiatrique qui suit Régis et qui progressivement a perdu le recul nécessaire à une soignante. Quand elle prend conscience qu’elle s’est trop attachée à Régis, il est déjà trop tard.

Je n’en dirai pas plus car je ne veux pas spoiler mais c’est un roman d’une incroyable richesse. James Osmont a une écriture pleine de poésie et on sent le vécu derrière chaque phrase. Je suis émerveillée par tout le travail qu’il a fait pour trouver les paroles de chansons qui collent au récit, pour ses traductions et pour la playlist qu’il nous a offert. Mention spéciale pour la couverture du roman qui nous met tout de suite dans l’ambiance.

Régis restera pour moi un petit frère que je n’oublierai pas tant son histoire m’a fascinée mais aussi touchée, bouleversée. Et je vais m’empresser de lire Sandrine.

Le temps emporte sur son aile et le printemps et l’hirondelle, et la vie et les jours perdus. Tout s’en va comme la fumée. L’espérance et la renommée.

Alfred de Musset « À Juana » Premières poésies.

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