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Au-pays-de-Goewin.over-blog.com

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Les livres de Goéwin

Articles avec #communisme catégorie

Publié le par Goéwin
Publié dans : #Cambodge, #Guerre, #Communisme, #Amitié, #Témoignage, #Journalisme

Résumé :

« Cambodge, août 1973. La guerre fait rage.
A Phnom-Penh grouille une société cosmopolite de diplomates, de réfugiés, de journalistes. Parmi eux Sydney Schanberg, du New York Times, un de ces hommes intègres, passionnés de vérité, et à ses côtés le Cambodgien Dith Pran, doux, acharné et efficace, fasciné par le métier de reporter.


Début 1975. Les Khmers rouges progressent, l'ambassade américaine plie bagages dans un vent de panique. Dans la capitale sans défense, c'est l'entrée triomphale des Khmers rouges, portés par un espoir insensé de la population, bien vite battu en brèche par le début d'une sanglante répression. La haine a pris le pouvoir, et c'est pour le Cambodge le commencement d'un voyage au bout de l'enfer. Pris dans la tourmente, Schanberg et Pran parcourent la ville meurtrie pour témoigner, jusqu'au jour où les derniers étrangers sont évacués.


Fin 1975-1979. Pran n'a pu s'échapper. Dans les camps de travail de Pol-Pot, il entame sa descente personnelle au fond du gouffre. Délation, famine, absence de sommeil, massacres... Angka travaille les corps pour briser les âmes. L’image la plus hallucinante, peut-être, est celle de ces tueurs de douze ans, abreuvés de haine, devant lesquels, par peur, les hommes courbent la tête. Mais Pran est de la race de ceux qui survivent. Il s'évadera et retrouvera Schanberg.

Christopher Hudson a emprunté l'œil et le style du reporter pour nous donner un récit vivant, sobre, plein de pages émouvantes et fortes, extraordinaire document sur l'un des épisodes les plus tragiques de l'histoire contemporaine. Ce témoignage sur la dissolution d'une société et l'avènement toujours possible du règne de la terreur a été à l'origine d'un grand film salué comme un chef-d’œuvre par la presse unanime. »

Mon avis :

Un témoignage bouleversant ! Un livre déchirant ! Une amitié plus forte que la guerre, que la mort !

Ce que je peux haïr la politique et les politiciens, les extrémistes et extrémismes de tout bord ! Personne ne devrait avoir le droit de jouer avec la vie humaine pour des questions d’intérêt ou autres ! C’est à l’agonie de tout un peuple que nous assistons dans le désintérêt le plus total des grandes puissances. Et quand les Khmers Rouges sont au pouvoir, c’est un véritable génocide. Quant aux séances d’endoctrinement, elles sont hallucinantes.

Mais c’est également un témoignage de l’incroyable capacité de l’homme à survivre dans les pires des conditions et surtout de l’amitié extraordinaire qui unissait Dith Pran et Sydney Schanberg.

« La Déchirure » est un livre dur, sans concessions mais je vous le recommande ainsi que le film du même nom. C’est une page de l’humanité dans ce qu’elle a de pire et de meilleur.

On estime que trois millions de personnes sont mortes au Cambodge… et malheureusement notre propre pays a apporté une spectaculaire contribution à cette tragédie. Les hommes qui siègent à la Maison Blanche ne considéraient pas les Cambodgiens comme des personnes réelles, comme des êtres humains en chair et en os. Ils les voyaient, eux et le Cambodge, comme de simples abstractions qui pouvaient servir le dessein de l’Administration en Indochine. Jamais ils n’ont demandé aux Cambodgiens ce qu’ils souhaitaient — ils le leur ont dit, puis ont en secret bombardé leur pays. La Maison-Blanche a soutenu que les sept milliards de dollars dépensés à bombarder le Cambodge avaient été nécessaires pour démembrer les sanctuaires et places fortes de Hanoï installés dans le pays, de façon que les troupes américaines puissent être retirées sans trop de douleur du Sud-Vietnam. Ainsi donc nous nous sommes servis d’eux et les avons payés, et ils se sont battus pour nos propres intérêts, à notre place, et ils sont morts, et nous n’avons rien vu de mal à tout cela parce qu’ils n’étaient que des abstractions. Mais ces bombardements atroces ont aggravé l’affrontement, ont détruit la fragile neutralité du Cambodge, ont introduit une guerre en pleine fleur dans le pays, l’ont divisé contre lui-même, et ont ainsi créé les conditions de haine, de peur et de chaos, qui ont rendu possibles l’arrivée au pouvoir et la montée de la terreur des Khmers Rouges, qui en 1970 n’étaient qu’une force minime et désorganisée. Certes, le Cambodge ne représente pas le monde dans son entier, mais c’est un assez fidèle microcosme, et il nous rappelle combien les grandes puissances font inconsidérément fi des conséquences humaines que peuvent entraîner leurs actions en faveur de quelque intérêt de politique intérieure ou de politique étrangère défini de manière étroite. (pages 200-201)

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