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Au-pays-de-Goewin.over-blog.com

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Les livres de Goéwin

Publié le par Goéwin
Publié dans : #Thriller, #Gilles Milo-Vacéri, #Suspense, #Angoisse, #Meurtres en série, #Fantastique, #Enquête

Résumé :

Normandie, juin 2018.

Le SRPJ réclame le commandant Gerfaut, car des meurtres barbares terrorisent Rouen. Aurélie, nièce du divisionnaire Marcelli, a failli en être victime. Sa sœur jumelle, Céline, est responsable de Monet 2018, une exposition composée de vingt tableaux qui seront présentés dans la cathédrale. Enzo Battista, l’as de l’OCBC, est chargé de leur protection.

Tout va de travers… Les cadavres pleuvent, les journalistes parlent trop et les témoins se font tuer. Alors, quand une menace semble planer sur Céline et qu’elle disparaît brutalement, Gerfaut voit rouge. Si les indices ne donnent rien, c’est qu’il faut explorer le passé en déterrant d’anciens secrets, mais à force de remuer les vieilles légendes, on finit parfois par ouvrir la mauvaise porte et celle qui donne sur l’enfer se trouve souvent là où on ne l’attendait pas…

Entre le château de Robert-le-Diable et Notre-Dame de Rouen, Gerfaut ne sait plus à quel saint se vouer !

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Coup de cœur ! Une enquête encore plus complexe et trépidante où Gabriel Gerfaut prend tous les risques !

C’est toujours un véritable bonheur de retrouver le commandant Gabriel Gerfaut, son intelligence hors normes et ses colères ainsi que tous les membres de son équipe. Je remercie Anita Berchenko et Les Éditions du 38 sans oublier l’auteur, Gilles Milo-Vacéri, pour l’envoi de ce service presse qui m’a permis de les retrouver en avant-première.

Cela commence par un Prologue des plus intrigants… Dès le départ, la note est donnée. Ensuite nous retrouvons Gabriel Gerfaut en compagnie d’un ami, Fox. Tous deux profitent d’un week-end de liberté pour s’offrir des sauts en parachute. On sent que Gilles Milo-Vacéri nous partage une de ses passions, il m’a fait ressentir réellement l’impression de paix et de liberté que l’on éprouve à ce moment-là. Pour un peu, il m’aurait presque donné l’envie d’essayer. Mais malheureusement, comme chaque fois qu’il est en congé, Gerfaut va être rattrapé par son travail. Son divisionnaire l’appelle car sa nièce Aurélie a été victime d’une tentative de meurtre à Rouen. De plus, la SRPJ de cette même ville veut faire appel à lui car il y a déjà eu deux homicides étranges. Seule bonne nouvelle si je peux me permettre, notre commandant va avoir pour équipier son ami Enzo Battista de l’OCBC qui est en charge de la sécurité de vingt toiles de Claude Monet sur les cathédrales. Cette

exposition internationale de peinture aura lieu dans la cathédrale Notre-Dame de Rouen et la directrice n’est autre que la sœur d’Aurélie, la seconde nièce du divisionnaire. Autant dire que cela ne va pas être simple ! Et quand on sait que nos deux amis, Battista et Gerfaut, ont un caractère aussi explosif l’un que l’autre…

Disons-le tout de suite, cette sixième enquête est un régal. J’ai dévoré ce livre et l’ai lu d’une seule traite, impossible de le lâcher avant la fin : et une nuit blanche de plus, une ! J’y ai retrouvé l’ambiance chaleureuse due à l’amitié sans failles qui unit Gerfaut à Battista, à son divisionnaire, aux membres de son équipe. C’est plein d’humour, un humour bienvenu qui apporte une note de légèreté à une enquête bien sombre où les meurtres se succèdent, où le mystère ne cesse de s’épaissir et où, dès que l’on pense en apprendre un peu plus, le témoin se fait tuer ou bien disparaît. Gabriel est en pleine forme et ses déductions laissent ses collaborateurs de Rouen pantois et Adriana et Paul lui sont plus que jamais d’une grande aide même s’il faut avouer que Gerfaut est particulièrement frustrant car il a souvent tout compris avant qu’ils ne parlent. L’ambiance est électrique et même si le commandant Gerfaut partage ses déductions, on a bien du mal à arriver aux mêmes déductions que lui tant qu’il ne nous a pas tout expliqué.

Gilles Milo-Vacéri multiplie les fausses pistes, ne cesse d’accumuler les difficultés, son meurtrier est particulièrement machiavélique et Gabriel Gerfaut a bien du mal à conserver son sang-froid. Malheur à ceux qui s’attaquent à ses amis ! Il est d’une fidélité sans faille à leur égard. Heureusement qu’il peut compter sur Adriana et son équilibre sans oublier les sentiments qui les unissent. La question reste posée : les verrons-nous un jour ensemble ? Avec son ami Enzo Battista, ils forment un tandem de choc et les idées ne leur manquent pas. La plume de l’auteur est toujours aussi addictive et c’est un régal de le lire. Il a effectué un important travail de recherche et grâce à lui, nous

Rouen, façade ouest et parvis de la cathédrale Notre Dame

découvrons Rouen, sa cathédrale Notre-Dame qui est un personnage à part entière de l’intrigue, la série des Cathédrales de Claude Monet, le château de Robert-le-Diable, sans oublier la librairie « Le Rêve de l’Escalier » et son libraire Michael Féron encore appelé Monsieur Rêve.

Même si ce tome peut se lire sans connaître les précédents, je vous conseille de tous vous les procurer. Au fur-et-à-mesure, on voit les personnages évoluer, on découvre leur histoire et comme ils deviennent vite des amis, on a envie de les suivre et de tout savoir d’eux. Comme toujours, Gilles Milo-Vacéri ajoute à son enquête une note de fantastique. J’ai adoré cette sixième enquête et j’ai vraiment hâte de découvrir la suite…

Plan de Notre-Dame de Rouen

 

Fox et Gerfaut

 

 

Claude Monet Auto-portrait

 

La série des Cathédrales de Monet

 

Position de kiba-dachi

 

 

Blocage nagashi-uke

 

mae-geri

 

morote-zuki

 

ND de Rouen Portail sud de la Calende

 

Michael Féron

 

Le rêve de l’Escalier

 

château de Robert-le-Diable

 

château de Robert-le-Diable

 

Le thyrse de Dionysos

 

Trois thyrses : Dionysos, Bacchus, lierre, vigne.

 

Crypte secrète de la cathédrale de Notre-Dame de Rouen

 

Crypte secrète de la cathédrale Notre-Dame de Rouen

 

Crypte secrète de la cathédrale de Notre-Dame de Rouen

 

Vue d'ensemble de la nef de la cathédrale de Rouen

 

La Nef et les Grandes Orgues

 

La Rose des Libraires, vitraux du transept Nord

 

La rose du transept NORD vue de l'extérieur

 

La louve qui recueille Rémus et Romulus

 

Moulineaux - Château de Robert-le-Diable - Près du monument aux morts

 

Chapelle Sainte Agathe

 

Vitraux de la Chapelle Sainte Agathe

 

Chapelle Saint Sever Cathédrale Notre-Dame de Rouen

 

Chapelle Saint Nicolas

 

Rouen, façade ouest et parvis de la cathédrale Notre Dame

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Roman, #Roman américain, #Littérature étrangère, #Petites Sœurs des Pauvres

Résumé :

Jim, jeune homme aux grands yeux bleus qui a dû mal à se lever le matin, vient d'être congédié de son emploi aux chemins de fer. Il referme la porte derrière sa femme Annie qu'il a envoyée faire des courses, puis enroule soigneusement son pardessus "dans le sens de la longueur" pour le poser au pied de la porte. Quand Annie reviendra, elle manquera de faire sauter la maison entière en craquant une allumette dans l'appartement rempli de gaz. Malgré la fatigue et ses chevilles enflées, Sœur Saint-Sauveur, en chemin vers le couvent voisin après une journée à faire l'aumône, prend la relève des pompiers auprès de la jeune femme enceinte et des voisins sinistrés de ce petit immeuble de Brooklyn. Elle tente de faire jouer ses relations pour que Jim soit enterré dans le cimetière catholique où le couple avait acheté une concession, mais la nouvelle du suicide est déjà parue dans le journal. Il lui reste à veiller son corps, en compagnie de l'acariâtre Sœur Lucy et de la novice Sœur Jeanne, en attendant que le croque-mort l'emporte à la fosse commune...

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥

Un livre au charme prenant.

Tout commence par un drame : Jim, un jeune homme qui aime être maître de son temps ce qui l’entraîne à refuser de se lever lorsque son réveil sonne, à se présenter à son travail lorsqu’il l’a décidé, c’est-à-dire en retard, a été renvoyé de son emploi « pour manque de fiabilité et insubordination ». Il a décidé de mettre fin à ses jours et deux semaines après son renvoi, il se suicide au gaz, laissant sa jeune femme enceinte, Annie.

Alice McDermott fait revivre tout un quartier de Brooklyn au début des années 1900 et nous allons suivre Annie, sa fille Sally, mais surtout le quotidien des Petites Sœurs Soignantes des Pauvres Malades et c’est passionnant. Les sœurs ont offert un emploi à Annie à la laverie du couvent et vont l’aider à élever Sally. Celle-ci va tisser des liens avec certaines sœurs et nous découvrons avec amusement chez certaines, une petite rivalité cachée pour être la préférée de cette enfant. Élevée dans un couvent, quoi de plus naturel pour Sally que de penser à se faire religieuse. Mais n’a pas la vocation qui veut et elle se rendra vite compte que là n’est pas sa voie. L’auteure nous découvre toute la misère de ces immigrés irlandais et la dure condition de la femme à cette époque. Elle a un véritable don pour brosser le portrait de ses personnages en quelques traits. J’ai beaucoup aimé Sœur Saint-Sauveur qui n’hésite pas à contourner les lois pour privilégier le cœur ainsi que la pétillante et touchante Sœur Jeanne. Tous les personnages de « La Neuvième Heure » sont pleins de bienveillance, il n’y a aucun jugement. Les sœurs sont très humaines, ni anges ni démons et d’un dévouement admirable. C’est la vie dans tout son réalisme et l’auteure nous parle de l’amour mère/fille, de vocation, de don de soi, de sacrifice mais aussi de l’Église toute-puissante et de ses prêtres. Le travail des religieuses est dur et épuisant ; les malades, les nécessiteux ne manquent pas.

Je remercie Babelio Masse Critique ainsi que les Éditions Quai Voltaire pour l’envoi de ce service presse qui appartient à la Rentrée Littéraire. Sans eux, je serais certainement passée à côté et cela aurait été dommage. J’ai ainsi découvert la plume délicate d’Alice McDermott et ce livre surprenant et attachant.

 

 

 

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Résumé :

Traditions, lois ancestrales, lorsque les codes de vie sont régis par le passé sans tenir compte des évolutions.
Des centaines, voire des milliers d'hommes et d'enfants vivent cloîtrés de peur d'être les cibles de la Gjakmarrja, vendetta albanaise héritée du Moyen-Âge.
Daran et ses parents ont subi, il y a presque vingt ans, la reprise de sang inscrite dans les codes du Kanun, pour une faute commise par un membre de leur famille.
Après avoir fui son pays et la mort, le voilà de retour, au terme de 18 années d'absence, de nouveau confronté à ces lois d'un autre âge.

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

♥ Coup de cœur ! ♥ Quand le passé s’invite au présent par le biais des lois ancestrales du Kanun et tellement plus…

Dès les premières lignes, dans sa Préface, Cetro nous explique ce qu’est le

Kanun, une loi ancestrale qui régit la vendetta en Albanie. Daran, alors qu’il avait 15 ans en a été victime ainsi que ses parents. Lui seul a survécu grâce à son exfiltration en France. Dix-huit ans après, il retourne chez lui, à la demande de Sœur Christina qui lui avait sauvé la vie en le faisant fuir et de nouveau, il va se trouver confronté au Kanun : ses deux meilleurs amis ont un énorme différent et l’un d’entre eux, Mehmet, veut appliquer les codes du Kanun à l’autre, Pashko. Sr Christina espère que Daran pourra les réconcilier et éviter de nouveaux crimes.

L’auteur a pris soin de nous préciser dès le début qu’il s’agit d’une histoire qu’il a inventée mais il nous offre une telle galerie de personnages, une intrigue tellement réaliste que cela pourrait tout à fait exister. « Kanun », c’est une histoire d’amour et de haine, d’amitié et de trahisons. C’est également un pays, l’Albanie, et Cetro se fait poète par la bouche de

Daran qui retrouve son pays pour lequel il éprouve un amour passionné malgré les souvenirs douloureux. Les paysages sont magnifiques et donnent envie de les découvrir.

« Kanun », c’est encore un livre addictif à 200 % : une fois commencé, vous ne pourrez plus le lâcher et je lui dois une nuit blanche, de celles que connaissent tous les amoureux de la lecture : « allez, encore un chapitre… Impossible de m’arrêter là… ». Car Cetro, avec le talent qui le caractérise, est un maître manipulateur, un magicien, une plume à nulle autre pareille. Vous pensiez lire une histoire de vengeance mais il y a bien plus que cela et il ne cesse de nous surprendre tout au long de la lecture et ce, jusqu’à la dernière page !

Il nous offre des personnages inoubliables et qui vous touchent, vous bouleversent. Il y a Daran bien sûr, le héros principal, un jeune homme au grand cœur, qui va essayer de faire la paix avec son passé. Puis il y a Sœur Christina, une bonne sœur de choc, qui n’a peur de rien et n’a pas la langue dans sa poche. Mais j’ai surtout craqué pour Zamir, un petit bonhomme de 10 ans, une véritable bouille à bisous pleine d’espièglerie, qui a une relation bouleversante avec sa grand-mère. Cetro a su garder son cœur d’enfant et il a un don pour faire revivre cette innocence, cette beauté, dans ses jeunes personnages.

Lire Cetro, c’est chaque fois s’embarquer pour une aventure humaine. Au-delà de l’intrigue, c’est de la vie qu’il s’agit. Ici, il nous fait découvrir le Kanun. Je ne sais pas vous,  mais moi c’était la première fois que j’en entendais parler et découvrir qu’aujourd’hui encore il était d’actualité et que des familles entières vivaient prisonnières dans leurs maisons, terrifiées et complètement impuissantes, a été un choc. Et comme toujours, l’auteur dénonce une situation intolérable. Mais il nous parle aussi avec beaucoup de délicatesse et de pudeur, d’amour et de souffrance, d’amitié et de fidélité, de trahison, du poids des non-dits, des secrets qui se cachent dans le passé.

Que vous connaissiez Cetro ou non, je n’ai qu’une chose à dire : foncez ! « Kanun » est une véritable pépite mais chacun de ses livres l’est. À chaque fois, il nous conte une histoire totalement différente, il nous emporte dans son univers où se mêlent tendresse et douleur, colère et pardon, rédemption… Et tout cela d’une plume qui sait se faire poétique, pleine d’humour, mais aussi tranchante et crue. C’est un coup de cœur et je remercie l’auteur pour m’avoir une fois de plus transportée, émue, bouleversée… et complètement surprise.

Le Kanun

 

Le pont du village de Mes

 

Ruines du château de Rozafa à Shkodër

 

Ruines du château de Rozafa à Shkodër

 

Carte de l'Albanie

 

Carte détaillée Shkodër, Albanie

 

Lac de Shkodra

 

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Publié le par Goéwin
Publié dans : #Roman, #Roman Ados, #Handicap, #Surdité, #Langue des Signes, #Adolescence

Résumé :

Ma mère m'a mis le deal entre les mains dès la fin du premier trimestre de seconde : soit je remontais ma moyenne générale de deux points, soit j'étais inscrit d'office à une option cette année. Il aurait suffi que je bosse un peu... Mais ça ! Faut croire que mes profs ont raison, je suis partisan du moindre effort. Le seul truc auquel j'ai échappé, c'est d'aller faire du russe ou du badminton dans un lycée à l'autre bout de Paris. Quitte à me taper une option, je voulais pas me faire des transports en plus. Résultat des courses : LSF. - Quoi ? j'ai dit la première fois que ma mère m'a parlé de ça. - LSF, langue des signes française. - Mais pour quoi faire ? C'est pour les sourds, la langue avec les mains. Je suis pas sourd. Franchement, j'ai même jamais croisé un sourd de ma vie. A quoi ça va me servir d'apprendre la LSF ? - A avoir des points au bac ! - Mais maman...!

 

Mon avis :   ♥ ♥ ♥ ♥

Une belle découverte.

Tim l’a vraiment mauvaise ! Non seulement c’est la rentrée mais encore il a dû s’inscrire à une option pour le bac et il vient de découvrir qu’elle aura lieu le vendredi de seize heures trente à dix-huit heures trente. Et quelle option ! La LSF ou langue des signes française alors qu’il n’est ni sourd ni malentendant et qu’il s’en fiche éperdument. C’est ainsi que notre jeune ado récalcitrant de 17 ans va débarquer sur une planète inconnue, celle des sourds qui s’expriment avec leurs mains. Il va aller de surprise en surprise et de découverte en découverte. Et nous aussi.

C’est Tim qui raconte et Florence Medina a choisi d’utiliser le langage familier correspondant à l’âge de son personnage, ce qui nous donne un roman pétillant et plein d’humour. Très vite nous nous attachons à ce jeune garçon bien de son temps, d’un naturel et d’une spontanéité désarmants ce qui lui jouera bien des tours et lui vaudra son nom signé de “Direct du cœur”. Sa mère l’élève seule et il a une magnifique relation avec elle, pleine de respect et de confiance. En ce qui concerne son père, c’est beaucoup plus compliqué. Et puis Tim est amoureux et l’élue de son cœur est loin d’être facile à apprivoiser…

Ayant vécu une grande partie de ma vie auprès d’un père complètement sourd, non appareillé et ignorant tout de la langue des signes, mais qui lisait plus ou moins sur les lèvres, c’est avec enthousiasme que j’ai répondu à cette opération Masse Critique de Babelio que je remercie chaleureusement ainsi que les Éditions Magnard. J’ai appris énormément de choses, découvert que la langue des signes était une langue vivante et à ma grande surprise qu’elle n’était pas internationale. Il existe toute une culture du monde des sourds et ils ne se considèrent pas forcément comme victimes d’un handicap. L’auteure nous fait découvrir leur quotidien, les préjugés auxquels ils sont en butte. Elle nous ouvre les yeux et le cœur.

Ce livre qui s’adresse en principe d’abord aux jeunes sera tout autant apprécié par les adultes. Le monde des sourds et malentendants est beaucoup trop méconnu et je remercie Florence Medina pour ce magnifique roman plein de sensibilité et qui parle de tout ce qui fait la vie.

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Résumé :

Abandonné à la naissance, Antoine Boulan fuit l’orphelinat et tente de survivre en restant sur le droit chemin pour tenir une promesse. Rattrapé par l’époque, il sombre dans les cambriolages et se voit condamné au bagne par erreur. Quand la guerre éclate, il revient en France pour prendre les armes et traversera le conflit en courant désespérément après son pardon. Du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni aux plages de Dunkerque, à Paris puis dans le Loiret et enfin à Auschwitz Birkenau en Pologne, vous allez suivre pas à pas le destin d’un orphelin à qui la vie n’a fait aucun cadeau et qui deviendra, malgré lui, un héros de guerre.

(juillet 1940 - octobre 1941)

Après la diffusion des tracts et les missions de renseignements, Antoine est devenu un membre du Groupe Opéra sur qui on peut compter. Après une première exfiltration réussie, avec son ami Jean-Paul Mazières, ils doivent récupérer un camion chargé d’armes et de munitions qui les attend dans le Loiret afin de le ramener à Paris. S’ils réussissent, en plus du Groupe Opéra, ils pourront aider d’autres réseaux parisiens à s’armer…

 

Mon avis : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Coup de cœur ! Amour, guerre, barbarie… l’homme confronté à sa vérité ! Un second tome encore plus bouleversant, réaliste, addictif !

Dans ce second tome, Gilles Milo-Vacéri débute en transcrivant le « Discours du Maréchal Pétain » et l’ « Appel du 18 juin 1940 » du Général de Gaulle. Où serions-nous sans ces hommes et ces femmes courageux et méconnus qui ont répondu à cet appel du 18 juin ?

Antoine ne cesse de monter en puissance, en folie téméraire… Il est devenu un spécialiste des exfiltrations et des missions dangereuses. Nous le retrouvons dans une nouvelle opération suicidaire : récupérer et ramener à Paris un chargement d’armes, munitions, explosifs, faux papiers et tout ce qu’il faut pour imprimer sans oublier du matériel de radio ce qui équivaut à quatre tonnes de matériel environ. Et on peut dire que l’auteur s’en donne à cœur joie avec Antoine ! Il a de ces idées ! Complètement fou et plus c’est fou, plus ça marche ! Les morceaux de bravoure s’enchaînent mais en même temps ses personnages sont toujours profondément humains, avec toutes leurs faiblesses qu’ils dominent… ou pas, ce qui les rend touchants et nous bouleverse d’autant plus. Et le pire, c’est qu’avec cette tête de pioche d’Antoine, dès qu’on respire un peu, qu’on se dit « ouf ! il s’en est sorti », eh bien non, cette forte tête au courage complètement hallucinant se précipite dans un danger encore pire.

Gilles Milo-Vacéri nous dépeint l’humanité dans ce qu’elle a de pire et de meilleur. Il nous plonge dans la réalité de la guerre où les hommes et les femmes se découvrent face aux privations et aux horreurs, les conduisant aux pires des trahisons mais aussi à effectuer des actes de bravoure insensés. Et je me répète mais ils sont terriblement humains. C’est vraiment frustrant, je ne veux pas dévoiler l’histoire, mais il y a des personnages qui ne sont pas tout à fait du bon côté et qui vont faire le bon choix, d’autres qui vont vous émouvoir et certains vous briser le cœur… L’auteur a un véritable don pour dépeindre la psychologie de ces hommes et femmes emportés dans la tourmente. Tout est possible et Gilles Milo-Vacéri ne cesse de nous surprendre. De plus, extrêmement bien documenté, il nous offre un grand roman Historique avec un grand « H ». Il nous rend proches ces hommes et ces femmes, il nous les rend attachants et surtout tellement compréhensibles dans leurs réactions car rien n’arrive par hasard. Et Antoine déjà tellement blessé par tout ce qu’il a vécu va vivre l’enfer… Je ne veux pas en dire davantage mais croyez-moi c’est vraiment l’horreur et il y aura un avant et un après… L’auteur parvient à nous immerger dans la guerre, dans ce qu’elle a de plus atroce et on se sent affreusement mal, témoin impuissant, le cœur broyé, empli de colère et de rage… Et le pire du pire, c’est que l’on se doute que ça va encore empirer !

Côté Histoire, il nous parle du réseau Honneur – Police qui était un groupe de policiers résistants au sein de la Préfecture de Police de Paris. Il nous fait toucher du doigt le manque de coordination et d’organisation entre les différents réseaux de la Résistance qui la plupart du temps s’ignoraient. À cette occasion j’ai découvert — oui, je suis très ignorante sur cette période — que Londres préférait les FFL (Forces Françaises Libres) qui appartenaient à l’Armée et que la Résistance n’était pas très bien vue par elle. C’est là que nous retrouvons un grand homme, un héros, Jean Moulin, un grand résistant. C’est grâce à lui que tout a changé, c’est lui qui a unifié, coordonné les différents mouvements de la Résistance en France. À l’inverse, nous avons La Carlingue ou Gestapo Française composée de malfrats et de flics français ainsi que les “Comtesses” qui couchaient et espionnaient pour la Gestapo.

Pour terminer, j’espère vous avoir donné envie de découvrir Antoine et tous ceux qui l’entourent, envie de vous plonger dans Les larmes de Satan malgré mon impuissance à rendre tout ce que j’ai ressenti. Je ne suis pas satisfaite de cette chronique, j’ai l’impression de ne pas être parvenue à vous partager mes sentiments. Cette lecture a été tellement bouleversante émotionnellement que c’en est impossible à transcrire et Antoine est un des personnages les plus déchirants de l’auteur.

— C’est de l’hébreu et ça dit à peu près ceci : qui donne ne doit jamais s’en souvenir. Qui reçoit, ne doit jamais oublier.
Abel lui sourit.
— Ils m’ont simplement redonné le goût de vivre. Que Dieu les protège !

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Épuisé, il cacha son visage entre ses genoux et croisa les bras sur la tête pour empêcher le monde de l’atteindre. Il se réfugiait souvent dans sa citadelle même si celle-ci devenait de plus en plus fragile, avec des murs qui s’écroulaient à mesure que ses illusions disparaissaient. Qu’étaient donc devenus ses beaux rêves de liberté ? Des fantômes qui le fuyaient et des mirages qu’il devrait oublier. Un sanglot déchira sa poitrine et Antoine lâcha enfin prise. Il pleura à son tour.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

L’impuissance devant la barbarie était un poison qui rongeait lentement celui qui avait une conscience.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Marjorie, fais ce que tu crois être juste. Quant à la peur, nous la connaissons tous, c’est normal. On n’y peut rien, nous ne sommes que des êtres humains.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

La guerre les avait transformés en monstres sanguinaires, en êtres implacables et impitoyables, assoiffés de justice, de vengeance, baignant dans l’amertume et la rancune quotidienne tandis que la haine des Allemands les poussait toujours plus loin vers le pire de l’âme humaine.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

C’étaient des bêtes, des monstres sans âme que la Gestapo avait recrutés et leur carte les autorisait à toutes les exactions possibles sans qu’on puisse s’y opposer.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Je réciterai la prière des morts, je ne la connais qu’en hébreu, mais peu importent les prières et la religion, Dieu reste Dieu, pour tous les hommes de bonne volonté. Je ferai le nécessaire.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

C’était la première fois qu’il s’adressait à Dieu, la première fois qu’il osait l’implorer, le supplier, quémander une grâce et ce n’était même pas pour lui. La première fois de toute sa vie. Et Dieu n’entendit pas sa prière. Il reposa la tête sur elle et abandonna le combat. Vaincu et anéanti. Le diable avait dû détourner les yeux devant cette folle absurdité et même les larmes de Satan seraient impuissantes à lui rendre l’amour de sa vie.

Les larmes de Satan Tome 2 Dans l'ombre d'Alice

Laisse donc les ans s’épuiser.
Que de larmes pour un baiser,
Que d’épines pour une rose !

Le temps qui s’écoule fait bien ;
Et mourir ne doit être rien,
Puisque vivre est si peu de chose.

François Coppée

La Carlingue ou la Gestapo Française

 

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