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Au-pays-de-Goewin.over-blog.com

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Les livres de Goéwin

Publié le par Goéwin
Publié dans : #Église, #Pédophilie

Résumé :

2016, année noire pour l’Église catholique française, confrontée aux plus grands scandales de pédophilie de son histoire.

Les auteurs ont enquêté pendant un an. De Lyon, où leur travail commence autour de l’affaire Barbarin, à la Guinée, en passant par Montauban, le Canada, Paris et Rome, ils révèlent de multiples affaires de prêtres pédophiles dissimulées par l’institution catholique.
Ils ont écouté de nombreuses victimes, interrogé des lanceurs d’alerte au sein de l’Église, rencontré des prêtres auteurs d’abus sexuels, interviewé des hiérarques ecclésiastiques et eu accès à des documents confidentiels.


Ils dessinent une stupéfiante machine à fabriquer du silence pour couvrir les crimes. Le livre raconte le système d’exfiltration mis en place par l’Église de France pour écarter les prêtres abuseurs… non pas des enfants mais des juges : mise au vert, mise en congé sabbatique, placement en abbayes ou mutation à l’étranger.


Comment l’institution s’est-elle protégée en couvrant ses prêtres, sans jamais les dénoncer à la justice ? Et si le scandale était, au-delà des faits eux-mêmes, ce système organisé pour l’étouffer ?


Un document essentiel pour comprendre l’engrenage du silence auquel ont été assignées des centaines de victimes.

 

Mon avis :

Un livre choc ! Des témoignages ahurissants de mauvaise foi.

Je remercie NetGalley ainsi que les Éditions Jean-Claude Lattès qui m’ont permis de lire ce livre en Service Presse. J’avais entendu parler de l’émission Cash Investigation, je me souvenais des critiques faites à Mgr Barbarin et j’étais curieuse d’en apprendre davantage pour me faire une opinion.

Tout d’abord bravo aux auteurs de ce livre ainsi qu’à tous ceux qui ont participé à l’enquête. Leur travail d’investigation a duré une année durant laquelle ils ont rencontré des prêtres agresseurs et leurs victimes. Les chiffres sont accablants pour l’Église et ses ministres. Plus que le nombre de prêtres coupables, ce sont les stratégies mises en place pour échapper au scandale et ne pas avertir la justice qui m’ont choquée. Des pédophiles, on en rencontre dans toutes les couches de la société, dans tous les milieux, famille, enseignement, sport… Seulement ce qui aggrave le cas de l’Église et de ses porte-parole, c’est qu’ils ne cessent de donner des leçons, ils sont censés montrer l’exemple et qu’ils sont restés dans la majeure partie des cas totalement insensibles au sort et à la souffrance des victimes qui étaient pour la plupart des enfants. Il aura fallu la pression médiatique, l’intervention de la Justice pour qu’ils bougent. Sinon les stratégies mises en place consistaient dans le silence, le déplacement, la mise en congé sabbatique, l’arrêt maladie, des promesses de “mesures conservatoires” non tenues, l’envoi à l’étranger, la disparition de documents faisant état de la dangerosité du religieux coupable (dans une communauté religieuse). Souvent la suspension n’interviendra que lorsque le prêtre sera mis en examen. Au total, 32 prêtres pédophiles, 25 évêques qui ont fermé les yeux et couvert les faits, 339 victimes dont 288 mineurs.

Et j’ai envie d’ajouter, ne soyons pas naïfs, combien d’autres cas encore méconnus ? Se pose également la question : que faire d’un prêtre pédophile lorsqu’il a purgé sa peine ? Doit-on le rendre à la vie civile ? Mais qui le surveillera alors ? En ce qui concerne les évêques qui ont fermé les yeux et qui bénéficient de la prescription, là aussi il y a un manque cruel de mesures à appliquer.

En conclusion, j’ajouterai que je suis atterrée par la duplicité de certains prêtres, religieux et évêques mis en cause. À une époque de ma vie, j’étais très impliquée dans l’église et j’ai eu l’occasion d’en côtoyer certains cités dans ce livre. Ils ne se rendent pas compte de la blessure qu’ils causent, de l’écœurement qu’ils procurent et de la perte de confiance et de foi dont ils sont responsables. Alors un grand MERCI à Daphné Gastaldi, Mathieu Martiniere et Mathieu Périsse pour ce livre. L’Église a besoin d’être secouée, remise en cause pour avancer.

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